• 9 février 2009

    Importante mobilisation franco-québécoise dans le domaine du travail social

    Les Association France-Québec et Québec-France, les IRTS (Institut régional du travail social) de Bretagne, de Lorraine, de Poitou-Charentes et les Centres jeunesse de Québec - Institut universitaire, de la Montérégie et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine ont signé le 30 janvier 2009, à la Délégation générale du Québec à Paris, une entente de partenariat d'une durée de trois ans, qui permettra d'établir et de formaliser des liens entre les services de formation en action sociale en France et au Québec.

    Ce réseau devrait contribuer à la mobilité des idées, des actions et des personnes et concourir à une meilleure employabilité dans le domaine.

    Au chapitre de la mobilité étudiante et professionnelle, des stages pourront être offerts aux étudiants se formant aux métiers nouveaux et au développement de services d'aide à la personne ainsi qu'aux travailleurs sociaux en formation initiale.
    Les échanges d'expertises et de bonnes pratiques professionnelles, les activités de recherche avec les universités et la tenue de colloques franco-québécois traitant d'enjeux communs seront aussi favorisés.

    Rappelons qu'au Québec, les Centres jeunesse sont des établissements publics spécialisés dans l'intervention psychosociale et la réadaptation auprès des enfants, des adolescents et des familles en grande difficulté. Ces centres partagent un intérêt commun pour le développement de recherches appliquées à l'intervention sociale et éducative et l'amélioration constante de leurs pratiques.

    Quant aux IRTS français, ouverts à l'international depuis quelques années, ils favorisent la mobilité des étudiants, des enseignants et des chercheurs. Ils visent ainsi le développement des connaissances sur les réalités sociales auxquelles sont confrontés les travailleurs sociaux.

    22 janvier 2009

    Offre de stage à l'Assemblée nationale

    En collaboration avec l'Assemblée nationale du Québec, l'Association internationale des études québécoises (AIÉQ) offre à nouveau cette année à un étudiant de l'extérieur du Québec la possibilité de réaliser un stage de travail au sein de cette institution. L'objectif de ce stage est de permettre à un étudiant étranger d'appliquer les connaissances et habiletés acquises dans le cadre de ses

     

    études, tout en développant de meilleures connaissances sur le Québec, ses institutions parlementaires et ses pratiques en matière de démocratie.

    Ce stage rémunéré se fera en 2009 à la Division de la recherche de l'Assemblée nationale, du 31 août au 11 décembre. Il s'adresse aux étudiants étrangers inscrits dans un programme d'études universitaires exigeant la réalisation d'un ou de plusieurs stages pour l'obtention du diplôme. Les champs d'études visés sont l'économie, la sociologie, la science politique, l'histoire et l'administration publique.

    La date limite de dépôt de candidature est le 20 mars 2009. Le résultat du concours sera connu à la mi-avril.

    2 février 2009

    Une télésérie québécoise primée au FIPA 2009 de Biarritz

    La télé série « Les Lavigueur, la vraie histoire », produite par la société québécoise Locomotion Films, s'est vu décerner deux prix lors de sa participation au Festival international des programmes audiovisuels (FIPA) qui se tenait à Biarritz du 20 au 25 janvier.

    La télésérie a remporté le FIPA d'Argent dans la catégorie Feuilletons et séries, et le FIPA de la meilleure interprétation masculine pour le comédien Pierre Verville.

    La télésérie est librement inspirée d'un fait réel. Le destin de la famille Lavigueur qui, en 1986, ayant remporté à la loterie nationale le plus important lot de l'histoire du Québec, a suscité l'intérêt grandissant du grand public et subit d'innombrables déboires et déconvenues suite au harcèlement d'une presse à sensation parfois sans scrupule.

    Écrite par Jacques Savoie et réalisée par Sylvain Archambault, la série québécoise a remporté au Québec neuf Prix Gémeaux en 2008, en plus de récolter des cotes d'écoutes sans précédent lors de sa diffusion sur la chaîne de Radio-Canada.

    Ces deux récompenses tombent à point nommé pour toute l'équipe de production de Locomotion Films qui a récemment signé un contrat d'option pour le développement d'une adaptation française.

    29 janvier 2009

    Le bruit des os qui craquent de Suzanne Lebeau en première mondiale

    La compagnie Le Carrousel est en tournée en France du 13 janvier au 14 mars pour présenter sa dernière création Le bruit des os qui craquent.

    Cette pièce de la Québécoise Suzanne Lebeau raconte, avec sensibilité et réalisme, la fuite de deux jeunes enfants soldats dans un pays en guerre. Le bruit des os qui craquent a reçu le Prix des journées des auteurs de théâtre de Lyon 2007 et est récipiendaire de la Distinction de la Comédie-Française, au terme des Journées de lectures d'auteurs contemporains en 2008.

    La compagnie Le Carrousel se démarque depuis plus de trente ans, sur les scènes nationales et internationales, par le regard qu'il pose sur l'enfance et sur l'art. La question essentielle de savoir quoi dire aux enfants et comment, est au cœur de sa démarche artistique. Le Carrousel n'a de cesse de s'interroger et de nous interroger sur la place de l'enfant dans le monde. Cette approche singulière se manifeste aussi bien par la richesse et la rigueur de l'écriture de Suzanne Lebeau que par la facture résolument contemporaine des spectacles de Gervais Gaudreault. Ses mises en scène contribuent à magnifier leur point de vue. Cofondateurs en 1975 du Carrousel, Gervais Gaudreault et Suzanne Lebeau ont donné naissance à un imposant répertoire d'œuvres originales faisant appel au pouvoir évocateur du théâtre et considérées comme des repères importants dans l'histoire du théâtre jeune public.

    Le bruit des os qui craquent de Suzanne Lebeau - Mise en scène Gervais Gaudreault - Avec Emilie Dionne, Sébastien René, Lise Roy

    Une création de la compagnie Le Carrousel et du Théâtre d'Aujourd'hui (Montréal), en coproduction avec le Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine et la Fédération d'Associations de théâtre populaire, avec l'aide à la création du Centre national du théâtre et le soutien à l'auteur de la SACD (France).

    13/01 : Centre culturel Marcel Pagnol à Fos-sur-Mer (13)
    15-16/01 : Théâtre de Cavaillon (84)
    18-19-20/01 : Le Périscope à Nîmes (30)
    22/01 : Théâtre municipal de Villefranche-de-Rouergue (12)
    24/01 : Théâtre Na Loba à Pennautier (11)
    26/01 : Théâtre du Jeu de Paume à Aix-en-Provence (13)
    28/01 : Le Carré Saint-Vincent à Orléans (45)
    30-31/01 : Théâtre Jean-Vilar à Vitry-sur-Seine (94)
    1er-02/02 : Théâtre Jean-Vilar à Vitry-sur-Seine (94)
    05/02 : Théâtre municipal d'Épinal (88)
    24-25/02 : Espace Maurice Novarina à Thonon-les-Bains (74)
    27/02 : L'Hexagone de Meylan (38)
    03/03 : Théâtre des 4 saisons à Gradignan (33)
    05/03 : L'Atrium à Dax (40)
    06-07-08/03 : Le Colisée à Biarritz (64)
    10/03 : Théâtre municipal de Roanne (42)
    13-14/03 : La Filature de Mulhouse (68)

    Le Carrousel

     

    5 février 2009

    Les universités québécoises lancent leur image de marque

    Le ministre des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie, Pierre Arcand, a prononcé une allocution à l'occasion du lancement de l'image de marque des universités québécoises à la Délégation générale du Québec à Paris.

    Devant quelque 150 personnes, M. Arcand a partagé son enthousiasme de voir les universités québécoises s'unir pour maximiser leurs activités de promotion. Le ministre a souligné l'atout indéniable que constituent les universités pour la société québécoise et rappelé le rôle central de la coopération universitaire dans la relation entre la France et le Québec.

    Prenant acte de l'importance de la mobilité étudiante internationale, le ministre a indiqué qu'«en raison des retombées bénéfiques pour l'ensemble des institutions et des étudiants, le gouvernement du Québec souhaite augmenter le nombre d'étudiants étrangers dans ses établissements d'enseignement. Il souhaite aussi augmenter le nombre d'étudiants québécois qui effectuent un séjour d'études à l'étranger».

    De Québec, la ministre de l'Education, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, a d'ailleurs déclaré que «le dynamisme de la relation franco-québécoise en matière d'éducation ne s'est d'ailleurs jamais démenti depuis 1965, année de la première entente dans ce domaine entre le Québec et la France».

    Le lancement de l'image de marque des universités québécoises, une initiative de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ), s'inscrit dans la volonté gouvernementale d'agir collectivement sur la scène internationale afin de faire du Québec un lieu de choix pour les étudiants étrangers.

    Rappelons que le gouvernement du Québec, en collaboration avec les réseaux de l'éducation, a adopté en juin 2008 l'Initiative gouvernement - réseaux de l'éducation en matière de recrutement d'étudiantes et d'étudiants étrangers. Cette initiative vise à mettre en commun les efforts des différents acteurs en lien avec les étudiants étrangers et est assortie de plusieurs mesures de soutien financier.

    CREPUQ

    29 janvier 2009

    Deux oeuvres québécoises lauréates du Prix Roberval

    Prix francophone du livre et de la communication scientifique en technologie, le prix Roberval a pour objectif de favoriser le développement d'une culture technologique francophone et sa diffusion vers le grand public. Il est décerné aux auteurs d'œuvres consacrées à l'explication de la technologie dans quatre catégories : Grand public, Enseignement supérieur, Télévision et Multimédia.
    Cette année, sur les 25 œuvres en compétition, 5 provenaient du Québec.
    Parmi celles-ci, deux oeuvres ont été récompensées:
    Biostatique, de Bruno Scherrer, lauréat du Prix Roberval dans la catégorie "Enseignement Supérieur"; et Airbus A-380, le plus gros avion civil au monde de Daniel Carrière et Chantal Théorêt, qui ont reçu une mention dans la catégorie "Télévision" .
    La cérémonie de remise du prix a eu lieu le mercredi 21 janvier 2009 au Cercle national des Armées à Paris, sous le haut patronage de Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, en présence notamment des représentants de l'Université de Technologie de Compiègne, du Conseil général de l'Oise, de l'Agence universitaire de la Francophonie, du Sénat et de la Délégation générale du Québec à Paris.
    Organisé par l'Université de Technologie de Compiègne, le prix Roberval est décerné annuellement depuis 1987. Cette année, pour sa 22e édition, le prix aura reçu les candidatures de 613 auteurs provenant de 20 pays francophones. Depuis 1993, des Québécois participent au prix et ont été distingués à plusieurs reprises. Au cours des sept dernières années, les Québécois ont été présents dans les quatre catégories du prix. Le Québec est ainsi l'État participant le mieux représenté après la France.

    Prix Roberval
    Communiqué lauréats

    2 février 2009

    La France honore Jean Charest

    Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a reçu le 2 février à Paris les insignes de Commandeur de l'ordre de la Légion d'honneur des mains du président de la République française, Nicolas Sarkozy.

    L'Ordre national de la Légion d'honneur est la plus haute distinction accordée par l'État français à ses citoyens, mais également aux personnalités étrangères ayant servi les intérêts de la France. Dans son allocution, le premier ministre Jean Charest a insisté sur les liens historiques en retraçant certains jalons de la « relation directe et privilégiée » entre le Québec et la France. « L'honneur que vous me faites aujourd'hui est pour moi un moment de grand bonheur. Je le reçois comme le témoignage de l'amitié éternelle qui unit la France et le Québec », a déclaré le premier ministre.

    La remise de cette décoration au Palais de l'Élysée a été précédée d'un entretien entre MM. Charest et Sarkozy. Il s'agissait de leur première rencontre depuis la visite à Québec du président français en octobre dernier. À cette occasion, le premier ministre Charest et le président Sarkozy avaient notamment conclu une entente sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles destinée à répondre plus efficacement aux besoins de main-d'œuvre au Québec et en France.

    Était présent à la cérémonie le ministre des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie, Pierre Arcand. Celui-ci amorçait le jour même une première mission en sol européen à Paris, où il a rencontré le ministre des Affaires étrangères et européennes de France, Bernard Kouchner, ainsi que le Secrétaire d'État chargé de la Coopération et de la Francophonie, Alain Joyandet.

    Le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, et la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, étaient également sur place.

    Paris, le 2 février 2009 - Voici l'allocution du premier ministre du Québec, Jean Charest, alors qu'il a reçu aujourd'hui du président de la République française, Nicolas Sarkozy, les insignes de Commandeur de la Légion d'honneur. La version prononcée fait foi.

    « Monsieur le Président de la République,
    Monsieur le Premier Ministre de la France,
    Monsieur le Premier Ministre et Sénateur de la Vienne,
    Monsieur le Secrétaire général de la Francophonie,
    Monsieur le Secrétaire d'État chargé de la Coopération et de la Francophonie,
    Monsieur le Grand Chancelier de la Légion d'honneur,
    Distingués invités,

    L'honneur que vous me faites aujourd'hui est pour moi un moment de grand bonheur.

    Je le reçois comme le témoignage de l'amitié éternelle qui unit la France et le Québec.

    Je le reçois comme la reconnaissance de la contribution de mon gouvernement à cette relation séculaire qui unit nos peuples, « nos peuples frères », comme vous le dites, Monsieur le Président,  par-delà l'océan et les aléas de l'histoire.

    Je le reçois au nom de tous les miens qui, avec courage et détermination, ont gardé vivantes la langue et la culture françaises en terre d'Amérique pendant 400 ans.

    Je le reçois aussi avec le doux souvenir de mes premières découvertes de la France avec la famille de mon épouse Michèle. La famille Dionne et en particulier son père, le docteur Philippe Dionne, que je salue aujourd'hui, m'ont fait découvrir la France; le pays, son histoire, ses régions et ses accents.

    Cette langue que le docteur Dionne aimait au point de consacrer ses heures de loisirs à la traduction en français d'ouvrages médicaux.

    Ce pays où voyageait cette famille le plus souvent et le plus longtemps possible.

    Je le reçois avec ce doux souvenir que je partage avec mon épouse Michèle et que je lègue à mes enfants Amélie, Antoine et Alexandra.

    De la fondation de Québec, en 1608, à la fin du régime français, en 1760, c'est  plus de 10 000 fils et filles de France qui se sont installés chez nous. 

    C'est dire combien ils ont dû être déterminés, nos ancêtres communs, farouches et ardents aussi pour peupler le Québec et conserver leur héritage.

    Cela tient bien du prodige, Monsieur le Président, que nous soyons aujourd'hui côte à côte à parler français.

    De Montesquieu, à Voltaire, à Choiseul, ils ont été nombreux, les intellectuels et les ministres qui ont encouragé les rois, surtout Louis XV, à renoncer au projet coûteux de la Nouvelle-France.

    Voltaire en fera presque une croisade; il parlera de ce « pays couvert de neiges et de glaces huit mois dans l'année, habité par des barbares, des ours et des castors...».

    Soixante-dix ans plus tard, lors de son voyage initiatique aux États-Unis, Alexis de Tocqueville passera 15 jours au Canada. Il sera marqué par le Québec.

    À son correspondant, l'Abbé Le Sueur, il écrira ceci dans une lettre datée du 7 septembre 1831 :

    « Ce qui nous a intéressés le plus vivement au Canada, ce sont ses habitants. Je m'étonne que ce pays soit si inconnu en France. Il n'y a pas six mois, je croyais comme tout le monde que le Canada était devenu complètement anglais. [...]

    Aujourd'hui, il y a dans la seule province du Bas-Canada 600 000 descendants de Français. [...] Ils sont aussi Français que vous et moi. [...] Comme nous, ils sont vifs, alertes, intelligents, railleurs, emportés, grands parleurs et fort difficiles à conduire quand leurs passions sont allumées. »

    Et 178 ans plus tard, les Québécois n'ont pas beaucoup changé.

    Les relations entre la France et le Canada français ont été marquées par une longue période de silence.

    Le lien entre nos peuples n'a jamais été totalement rompu. La religion catholique, le commerce puis la littérature ont nourri le souvenir... et préparé l'avenir.

    C'est Adolphe Chapleau, premier ministre québécois, qui posera la première pierre d'une relation directe et privilégiée entre le Québec et la France.

    En 1882, il crée le poste d'agent général de la province de Québec à Paris, dont le premier titulaire sera le journaliste et libraire Hector Fabre. 

    Cette initiative diplomatique vaudra à Adolphe Chapleau de devenir le premier, premier ministre du Québec décoré de la Légion d'honneur.

    À partir de 1887, il y a assez de Canadiens français à Paris pour qu'on y célèbre la Saint-Jean-Baptiste. En 1893, les Québécois à Paris ont leur lieu de retrouvailles, un bar qui s'appelle La Boucane1.

    Quelques années plus tard, l'Europe s'embrase. Et pour la première fois, des fils du Québec font à rebours le chemin de leurs ancêtres et vont combattre à Verdun au nom de la liberté et de la justice.

    C'est dans ces années que Louis Hémon, né à Brest, écrit, depuis le Québec, Maria Chapdelaine. Ce livre connaîtra dans les années 20 un immense succès et fixera dans l'imaginaire français l'image du Québécois coureur des bois.

    Et puis, il y aura la guerre, encore la guerre.

    Monsieur le Président, en 2004, j'ai marché sur la plage Juno, cette plage de Normandie où 14 000 des nôtres sont débarqués le 6 juin 1944. Je me suis rendu au cimetière de Bény-Reviers.

    J'ai marché parmi les 2 049 pierres blanches qu'on trouve dans ce cimetière de Normandie. Les soldats qui y sont enterrés ont souvent l'âge de mes enfants et les noms de nos voisins.

    On les pleurait encore lorsque Félix Leclerc a traversé l'océan avec sa guitare et son P'tit bonheur.

    En 1964, avec l'ouverture de la Délégation générale du Québec à Paris, prend forme une véritable relation privilégiée et directe entre la France et le Québec.

    À cette époque où les Québécois se munissaient des outils de la modernité, le général de Gaulle, dans une visite historique, est venu nourrir l'élan nationaliste d'un peuple qui redécouvrait sa fierté.

    Depuis, chacun de vos prédécesseurs, Monsieur le Président, et chacun de mes prédécesseurs ont nourri cette relation qui embrasse maintenant tous les domaines de la vie économique, sociale et culturelle.

    Aujourd'hui, la relation entre la France et le Québec met en scène deux peuples adultes et libres, séparés par un océan, mais réunis par l'histoire, par le sang et par le cœur.

    Cette relation unique s'inscrit dans l'évolution de nos sociétés respectives. Elle reflète notre ambition, notre fierté et notre attachement à cet héritage que nous avons en commun et qui est plus qu'une langue, c'est le souffle d'une civilisation.

    Cette relation trouve son expression par la présence de nos artistes. Par les relations que nous avons nouées avec les régions de France; par tous ces groupes d'amitié qui s'inscrivent dans le sillon tracé depuis plus de 30 ans par l'Office franco-québécois pour la jeunesse.

    Cette amitié, cette fraternité, continue d'accumuler des précédents.

    En novembre 2004, avec le premier ministre Jean-Pierre Raffarin, nous avons porté pour la première fois la coopération France-Québec dans un pays tiers lors d'une mission économique conjointe au Mexique.

    En 2005, à l'UNESCO, le Québec, la France et le Canada ont fait front commun pour que soit adoptée une convention visant à protéger la diversité des expressions culturelles, affirmant ainsi que l'âme des peuples n'est pas un objet de commerce.

    ***

    Les explorateurs français qui ont fondé le Québec et donné naissance au peuple Québécois étaient à la recherche du Nouveau Monde.

    Le destin a voulu, 400 ans plus tard, que nous nous trouvions au cœur d'une crise financière internationale sans précédent et d'une crise environnementale qui menace l'avenir de l'humanité.

    Quatre cents ans plus tard, nous sommes appelés à la fondation d'un monde nouveau.

    Ce monde nouveau, nous allons y contribuer en créant un nouvel espace de liberté pour nos citoyens.

    Nous avons signé, en octobre dernier, dans notre Assemblée nationale, une entente sans égale dans le monde, une entente qui crée un  premier corridor de mobilité entre deux continents, une entente qui crée un espace de mobilité entre deux peuples.

    Ce nouveau monde, c'est un accord transatlantique ambitieux et sans précédent entre l'Union européenne et le Canada, qui donnera naissance à une collaboration intense sur les plans économique, social, institutionnel et culturel.

    Le Québec sera la porte d'entrée de l'Europe dans ce nouvel espace de coopération entre les deux continents.

    En nous tournant vers l'avenir pour fonder ce monde nouveau, nous nous tournons l'un vers l'autre.

    Pour l'avenir de ce nouveau monde, il n'est plus question de découverte de territoires, mais bien de la redécouverte de notre humanité, de la création d'un nouvel espace de vie commune.

    Quatre cents ans après la fondation de la ville de Québec par Samuel de Champlain, la France et le Québec marchent côte à côte, partageant des idéaux et une vision du progrès dont le monde a besoin.

    Par votre intermédiaire, Monsieur le Président, je rends hommage au peuple français, dont je salue le courage et le génie, et au nom de notre amitié, je vous remercie. »

    _____________
    1 FRANCE-CANADA-QUÉBEC 400 ANS DE RELATIONS D'EXCEPTION, Les Presses de l'Université de Montréal, 2008, p. 109

     

     


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  • DÉCLARATION DU PREMIER MINISTRE HARPER À L’OCCASION DU 400e ANNIVERSAIRE DE LA VILLE DE QUÉBEC


    Le 3 juillet 2008
    QUÉBEC

    Le Premier ministre Stephen Harper a fait aujourd’hui la déclaration suivante à l’occasion du 400e anniversaire de la ville de Québec :

    « Félicitations Québec!

    Rares sont les villes nord-américaines qui peuvent célébrer un tel passé. 1608 est une date historique pour vous, pour le Québec, et pour le Canada tout entier. Car c'est à partir du 3 juillet 1608, il y a exactement 400 ans aujourd’hui, que nous avons véritablement commencé à devenir ce que nous sommes aujourd'hui.

    Mes chers compatriotes, peut-être que j’ai grandi à Toronto, que j’ai choisi de vivre à Calgary avec ma famille, et que je travaille à Ottawa. Mais on dit chez nous que chaque être doit avoir deux villes dans son cœur : la sienne et Québec. Car c’est la plus belle ville du Canada, la plus enchanteresse. Une ville qui respire la joie de vivre.

    À son arrivée ici, Samuel de Champlain a rencontré des Autochtones, avec qui il a conclu une alliance. De cette alliance est né le nom de la ville, qui signifie « détroit », illustrant ainsi la majestueuse embouchure du Saint-Laurent.

    N’est-il pas merveilleux que notre grand pays, le Canada, ait aussi été baptisé par les Autochtones? En effet, Canada signifiait « village » - le village ici.

    Après avoir fondé Québec, Champlain a mené une dizaine d'expéditions au Canada, a exploré les côtes et les rivières de notre pays, le littoral de l'Acadie, la vallée du Saint-Laurent et la Baie Georgienne. Car Champlain et ses compagnons ont vu loin. Ils ont vu grand!

    Les graines semées ici il y a 400 ans aujourd’hui ont fleuri pour créer cette ville magnifique, une nation québécoise confiante et fière, et un grand pays canadien fort et libre. Quel héritage incroyable!

    Je dis aux gens, partout au pays, que Samuel de Champlain n’est pas uniquement le fondateur de ce pays. Son nom est gravé à Rideau Hall, la résidence du gouverneur général, en tant que premier d’une longue lignée de gouverneurs du Canada. Cet héritage appartient à tous les Canadiens, et nous devrions tous être fiers de ce que Champlain et ceux qui l’ont suivi nous ont laissé : notre plus bel endroit, Québec, à l’embouchure du majestueux Saint-Laurent, une nation francophone, les Québécois et Québécoises, au cœur même de notre continent, et un pays pacifique et prospère, le Canada, admiré dans le monde entier.

    Tout cela ne revient pas uniquement à Champlain et ses compagnons. Cela revient aussi aux pionniers qui ont cru à son rêve d’une Nouvelle France, qui ont su affronter les terribles épreuves lors de leurs premières années ici. Ça revient aussi aux enfants et petits-enfants de ces premiers habitants. Qui ont préservé leurs traditions et leurs institutions, leurs valeurs et leur identité, pleine de vitalité et bien vivante à ce jour. Ces héritiers, ces héritières du grand Champlain ont créé en Amérique du Nord un bastion de la langue française reconnu dans le monde entier.

    Et ces quatre siècles de persévérance et de détermination ont été couronnés le 22 novembre 2006, aussi une date historique, lorsque les députés de toutes les régions de notre grand pays, de l’Atlantique au Pacifique à l’Arctique, ont reconnu que les Québécois et les Québécoises forment une nation au sein d’un Canada uni.

    Ils ont dit oui à une vérité fondamentale du Canada. Et c’est grâce à ce fait historique irréfutable que notre pays est aussi unique et florissant aujourd’hui.

    Car ce qui définit le Canada, c’est d’être un pays qui est né en français, avec deux langues nationales parlées à travers le monde et qui s’avère être une terre de possibilités où tous, quelle que soit leur ethnie ou leur religion, travaillent, vivent et réussissent ensemble.

    Pour toujours, Québec trouvera une place dans leur cœur, une place qui les enchantera sans cesse. Et notre Canada, avec la nation Québécoise dans son cœur, progressera avec assurance vers notre avenir commun.

    Bonne fête Québec! »


    Cabinet du Premier ministre – Communications


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  • QUEBEC (AFP) - 03/07/08 09:15
    Québec en fête célèbre ses 400 ans
     

    La ville de Québec, radieuse dans ses habits de fête, célèbre jeudi le quadricentenaire de sa fondation, un anniversaire qui témoigne aussi de 400 ans de présence francophone en Amérique du Nord.

    Photographe : David Boily AFP/Archives :: Une rue de Québec décorée pour le 400e anniversaire de la ville, le 17 mai 2008

     

    photo : David Boily , AFP

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    Discours et concerts marqueront ce jour J, auquel la capitale québécoise se prépare depuis longtemps, mais la fête va se prolonger tout l'été.

    Les célébrations devaient commencer par un "salut à Champlain" devant la statue de l'explorateur et géographe français, arrivé le 3 juillet 1608 pour établir une "habitation" sur le site de ce qui est aujourd'hui la capitale québécoise.

    Plusieurs personnalités doivent y prendre la parole, dont le Premier ministre canadien Stephen Harper et son homologue français François Fillon, à la tête d'une importante délégation venue de France.

    Les anciens Premiers ministres Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin ont notamment fait le déplacement ainsi que Ségolène Royal. L'ex-candidate socialiste à la présidentielle française dirige la région Poitou-Charentes, où se trouve le lieu de naissance de Champlain.

    "Prouver que l'on peut tenir quatre siècles et encore aujourd'hui sur la culture et la langue française, moi je trouve ça fabuleux", a déclaré à l'AFP, Mme Royal, qui a souligné "le lien indéfectible et très personnel entre la France et le Québec".

    Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, a pour sa part souligné la "fraternité" entre le Québec et la France lors d'une cérémonie mercredi soir pour l'arrivée dans le port de Québec du Belém, le plus ancien grand voilier français.

    Vers 11 heures (15h00 GMT) jeudi, heure supposée de l'arrivée de Champlain à Québec il y a quatre siècles, des cloches doivent se mettre à sonner un peu partout au Canada.

    Suivront un grand spectacle commémoratif et un concert auquel participeront notamment les chanteurs Robert Charlebois et Diane Dufresne. Et la journée s'achèvera sur un spectacle pyrotechnique et musical lancé à partir de barges sur le fleuve Saint-Laurent, dont les organisateurs affirment qu'il sera le plus gros feu d'artifice jamais vu au Canada.

    Les festivités pourraient toutefois être perturbées par des protestations. Des syndicats d'employés municipaux en négociations sur le renouvellement de leurs conventions collectives ont indiqué qu'ils profiteraient de l'occasion et des groupes antimilitaristes ont annoncé leur intention de protester contre le défilé militaire prévu au programme des festivités.

    Un collectif "commémoration Québec 1608-2008" doit pour sa part saluer à sa façon quatre siècles de présence sur le continent au cours d'un spectacle organisé en marge des cérémonies officielles.

    Les promoteurs de cette initiative, dont le chanteur Luck Mervil, reprochent aux organisateurs d'avoir voulu évacuer le contenu historique de cet anniversaire en privilégiant uniquement le côté festif de la cérémonie.

    Certains reprochent en outre au gouvernement fédéral qui a payé une bonne partie de la facture des festivités de "récupérer" l'événement en affirmant que la fondation de Québec est aussi celle de l'Etat canadien, une thèse qui irrite au plus haut point les indépendantistes.

    Mais au-delà des polémiques, la foule nombreuse ne boudait pas son plaisir dans une ville qui a revêtu ses plus beaux atours. "Québec n'a jamais été aussi belle. On peut être très fiers de ce qu'on a fait", s'enthousiasmait mercredi Jean Charest, le Premier ministre de la "Belle Province".

    Après jeudi, Québec devait demeurer en ébullition pendant plusieurs jours avec des spectacles de rue, des piques-niques ou des concerts. Charles Aznavour doit se produire dimanche.

    Les festivités se poursuivront tout l'été avec comme points forts un concert de l'ex-Beatle Paul McCartney en juillet et un autre de Céline Dion en août.


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  • Le Drapeau<o:p></o:p>

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    Le drapeau rouge et blanc portant une feuille d'érable stylisée est proclamé drapeau national du Canada le 15 février 1965 par la reine Élisabeth II. Il est adopté à la suite de longues années de discussions, de centaines de propositions de modèles et des vives controverses du débat sur le drapeau au Parlement. <o:p></o:p>

    Son blason est de « gueules sur pal argent canadien, une feuille d'érable de la première couleur ».<o:p></o:p>

    Ses proportions sont de deux longueurs sur une largeur. Il comporte en son centre un carré blanc de la même largeur que le drapeau.Le Canada n'a pas de drapeau officiel avant 1965. Pendant le Régime français, le drapeau en usage est la bannière royale de France : « d'azur à trois fleurs de lys d'or, posées 2 et 1 ». Les lys d'or symbolisent la Sainte Trinité. Après la Conquête (1760), les drapeaux les plus couramment utilisés sont l'Union Flag (ou Union Jack) de la Grande-Bretagne et le Red Ensign canadien. Ce dernier est le drapeau de la marine marchande britannique : c'est un drapeau rouge portant l'Union Jack au guindant (c’est à dire près du mât). En 1892, l'amirauté britannique autorise les navires immatriculés à hisser ce drapeau, auquel doit être ajouté l'écu du Canada au battant. En 1924, un décret en conseil du Canada permet d'arborer ce drapeau sur les bâtiments du gouvernement canadien à l'étranger. Plus tard, le Red Ensign est porté par les athlètes canadiens aux Olympiques et par les troupes canadiennes pendant la Deuxième Guerre mondiale. En 1945, un autre décret en conseil permet d'installer le drapeau au-dessus des bâtiments fédéraux du pays. Beaucoup de Canadiens considèrent le Red Ensign comme le drapeau national, c'est pourquoi l'émotion est vive lorsque le Parlement propose de le remplacer par un nouveau drapeau.

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    Le Castor<o:p></o:p>

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    Le castor, étant l'animal le plus recherché à l'époque de la traite des fourrures, est rapidement considéré comme un emblème convenable pour représenter des parties des vastes territoires qui formeront le Canada au XIXe siècle. En 1621, le roi Jacques Ier concède la Nouvelle-Écosse à sir William Alexander. Lorsque celui-ci devient comte de Stirling et obtient le titre de « Viscount Canada », ses nouvelles armes affichent un castor pour symboliser son fief du Nouveau Monde.

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    La compagnie de la baie d’Hudson, qui obtient sa charte en 1670, possède à partir de 1678 un sceau héraldique représentant quatre castors et divisé en quartiers par une croix de Saint-Georges. À la même époque, Frontenac, gouverneur de la Nouvelle France, suggère le castor comme emblème qui conviendrait à la colonie, mais les armoiries souhaitées ne sont jamais autorisées. En 1690, pour commémorer la victoire de Frontenac, qui a défendu la  citadelle de Québec contre l'attaque navale de sir William Phips, on frappe la médaille Kebeca Liberata, qui représente une femme assise symbolisant la France et ayant à ses pieds un castor, qui symbolise le Canada.

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    Pendant la seconde moitié du XIXe siècle, le castor est moins utilisé comme emblème du Canada, peut-être parce que Montréal a cessé d'être un important entrepôt de fourrures. Sir Sandford fleming redonne de l'importance à l'emblème du castor lorsqu'il crée le modèle du premier timbre-poste canadien, le castor de trois sous de 1851. Le castor, réputé pour sa diligence et sa persévérance, qualités jugées bonnes à proposer en exemple au pays, illustre le revers de la pièce de monnaie canadienne de cinq cents.

    La feuille d'érable

    Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit Le long du Saint-Laurent, la feuille de l'érable commun du pays, en raison de sa forme caractéristique et de ses belles couleurs d'automne, semble avoir été considéré comme un emblème dès 1700. La première société Saint Jean-Baptiste, lors de sa fondation en 1834, adopte la feuille d'érable comme emblème. À Toronto, la publication littéraire annuelle du révérend John McCaul intitulée Maple Leaf indique en 1848 que la feuille d'érable est l'emblème choisi par le Canada. En 1860, la feuille d'érable est ajoutée à l'insigne du 100e Régiment (Royal Canadians) et est abondamment utilisée comme décoration pour la visite du prince de Galles.<o:p></o:p>

    En 1867, Alexander Muir compose The Maple Leaf Forever, qui sera considéré comme un hymne national pendant des dizaines d'années. Les modèles des armoiries attribuées à l'Ontario et au Québec par le mandat royal du 26 mai 1868 contiennent chacun trois feuilles d'érables sur une même tige. La feuille d'érable est l'insigne du Corps expéditionnaire canadien pendant la Première Guerre mondiale. Lorsque des armoiries nationales sont attribuées en 1921, les feuilles portées par une même tige en sont un élément important. Enfin, la feuille d'érable est l'élément central du nouveau drapeau national adopté en 1965.<o:p></o:p>

    Auteur BRUCE PEEL<o:p></o:p>

    Bibliographie : Conrad Swan, Canada: Symbols of Sovereignty(1977); Canada. Secrétariat d'État, Les Armoiries, drapeaux et emblèmes du Canada (1981).

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    Hymne national du Canada

    « Ô Canada » a été proclamé comme hymne national le 1er juillet 1980, un siècle après avoir été chanté pour la première fois, le 24 juin 1880. La musique est l'oeuvre de Calixa Lavallée, célèbre compositeur, et les paroles françaises sont de sir Adolphe-Basile Routhier. Le chant est devenu de plus en plus populaire et, au cours des années, il est apparu de nombreuses versions anglaises. La version anglaise officielle est basée sur celle composée en 1908 par le juge Robert Stanley Weir. Elle incorpore les changements apportés en 1968 par un comité mixte du Sénat et de la Chambre des communes. La version française n'a pas été modifiée.


    Genèse de «Ô Canada»

    «Ô Canada», en tant que chant national canadien, a été commandé par Son Honneur le lieutenant-gouverneur du Québec, l'honorable Théodore Robitaille, à l'occasion du Congrès national des Canadiens-Français, tenu en juin 1880, et qui devait culminer avec la célébration de la fête de saint Jean-Baptiste.

    Le lieutenant-gouverneur, soucieux à juste titre de décider d'un hymne national distinctif, demanda au juge Adolphe-Basile Routhier, de la Cour supérieure du Québec, d'écrire un poème dont il verrait par la suite à faire composer la musique. Robitaille remit ensuite le poème que Routhier avait intitulé «Ô Canada, terre de nos aïeux» à Calixa Lavallée, lui demandant de composer une musique qui l'accompagne. C’est la version que tous nous avons apprise. Cependant, une lettre de Routhier au Dr. T.B. Richardson, l'un des premiers à avoir adapté le poème en anglais, indique clairement que c'est M. Ernest Gagnon, un des meilleurs pianistes de son temps,qui a suggéré à Lavallée et Routhier de préparer un chant national pour le Congrès des Canadiens-Français de 1880. Lavallée aurait insisté auprès de Routhier pour composer la musique en premier, ce qui permit à Routhier d'écrire son poème en tenant compte de la mesure et du rythme.

    Une légende entoure l'histoire de la composition musicale d'«Ô Canada». Un jour que Lavallée s'était rendu à St-Hyacinthe pour y donner un concert, il s'isola le long de la rivière Yamaska. À un endroit précis le long du rivage, il aurait entendu des sons mystérieux. C'est à ce moment qu'il aurait été inspiré pour écrire «Ô Canada».

    Cependant, c'est dans sa résidence du 22 de la rue Couillard à Québec que, en une soirée, Lavallée composa la musique de ce qui devait être généralement accepté comme l'hymne national du Canada et proclamé cent ans plus tard l'hymne national officiel du pays.

    Il avait été entendu que la musique entraînante de Lavallée devait d'abord être jouée à la fin de la grand'messe de la Saint-Jean, le 24 juin 1880. Cependant, pour des raisons obscures, on décida de reporter l'audition de l'hymne au lendemain, lors d'une réception du lieutenant-gouverneur en l'honneur du gouverneur général, le Marquis de Lorne, dans les jardins de «Spencer Wood» (plus tard Bois-de-Coulonge).

    Comme les amis de Lavallée étaient d'avis qu'il eût été malheureux que le chant «Ô Canada» soit lancé lors d'une cérémonie où, en définitive, il y aurait relativement peu de spectateurs, on arrangea pour la soirée du 24 juin une occasion où pourrait être exécutée la mélodie de Lavallée.

    Ce fut à la fin du banquet qui devait couronner les fêtes de la Saint-Jean, et auquel participaient les plus hauts dignitaires de la Province, que l'«Ô Canada» allait retentir pour la première fois. Toutes les personnes présentes à ce moment dans le Pavillon des Patineurs, où se tenait le banquet, en restèrent électrisées.

    Il y a près de vingt versions anglaises (des adaptations plutôt que des traductions) des paroles composées par sir Adolphe-Basile Routhier. Parmi celles-ci, la version écrite par l'honorable Robert Stanley Weir à l'occasion du tricentenaire de la fondation de la ville de Québec, en 1908, et légèrement modifiée au fil du temps, est celle qui a été acceptée par la population canadienne.

    Les paroles du «Ô Canada», par R.S. Weir, doivent leur grande popularité au Canada au fait que dès 1911 elles figuraient à l'endos de la couverture de nombreux volumes scolaires dans plusieurs provinces canadiennes.

    Elles furent également publiées avec quelques modifications, de façon plus officielle, à l'occasion du soixantième anniversaire de la Confédération, en 1927, et à l'occasion de la visite royale de 1939.

    La musique de Calixa Lavallée a été arrangée pour être jouée au carillon de la Tour de la Paix du palais du Parlement.

     
    Calixa Lavallée

     Calixa (baptisé Calixte) Lavallée est né le 28 décembre 1842 à Verchères (Canada-Est), fils d'Augustin Paquet dit Lavallée, forgeron, puis facteur d'orgues chez les Casavant de Saint-Hyacinthe avant de devenir luthier, et de Marie-Caroline Valentine (de descendance écossaise).

    En 1855, le jeune Calixa est conduit à Montréal pour y étudier la musique. Deux ans plus tard, il s'enfuit à la Nouvelle-Orléans avec une troupe de théâtre. Ses succès dans des compétitions musicales lui valent un engagement pour une tournée au Brésil, aux Antilles et dans plusieurs États des États-Unis.

    Au retour de cette tournée, il s'engage comme chef d'orchestre dans l'armée du nord au cours de la Guerre civile américaine. Pendant son service, il est blessé dans un combat sur les bords de la rivière Potomac.

    Rétabli, il revient à Montréal où il donne des cours de piano et participe à des concerts. À la suite d'un concert qu'il donne à Montréal en 1863, le journal musical de Montréal «Les Beaux Arts» le décrit de la façon suivante:

    «Un musicien intelligent et de talent qui saura bientôt acquérir la confiance de la société montréalaise...»

    Cependant, Lavallée se lasse de la lenteur des événements dans le domaine artistique et décide de retourner aux États-Unis en 1865. Ce deuxième exil le conduit en Californie et ensuite au Massachusetts où il épouse en 1867 Josephine Gently, de Lowell. En 1870, il devient directeur du Grand Opera de New York, jusqu'en 1872.

    Mais le Canadien errant reviendra plus tard à Montréal où il sera acclamé comme artiste de calibre. Un article d'une revue montréalaise le décrit de la façon suivante, en 1872:

    «Essentiellement national et par conséquent populaire, le véritable musicien national du Canada.»

    En 1873, son mécène Léon Derome de même qu'un groupe d'amis décident de lui financer des études musicales à Paris. Ce rêve qu'il chérissait depuis déjà plusieurs années se réalise quelques mois plus tard alors qu'il a la chance d'étudier avec des maîtres de la trempe de Bazin, Boieldieu fils, et Marmontel.

    Le maître Marmontel lui envoya un témoignage digne de son talent à la suite d'une composition musicale qui fut interprétée par un orchestre parisien en 1874. La lettre de Marmontel se lisait ainsi:

    «Je compte sur vous pour transmettre à vos chers compatriotes les conseils que je vous ai donnés et que vous avez su apprécier. Faites aimer et comprendre la belle musique, faites estimer l'art et les artistes et prouvez aux envieux et aux détracteurs que vous avez un talent à l'abri de tout reproche. Je compte sur vous et je ne doute pas un instant de votre honneur et de votre délicatesse.
    Votre professeur et ami, Marmontel»

    De retour au Canada, il se fait le promoteur enthousiaste et infatigable des producteurs d'opéra à Montréal et à Québec. Lavallée compose la musique de «Ô Canada», qui fut jouée pour la première fois le 24 juin 1880.

    Déçu dans son espoir de fonder un conservatoire de musique au Canada, Calixa Lavallée retourne aux États-Unis à la fin de 1880 et s'établit à Boston en 1882, où il passa ses dernières années, enseignant la musique et participant à divers concerts. Il est mort à Boston le 21 janvier 1891.

    La dépouille mortelle du grand compositeur canadien, inhumée à Boston en 1891, a été transportée à Montréal au mois de juillet 1933, et mise en terre du cimetière de la Côte-des-Neiges.

    Sir Adolphe-Basile Routhier

    Né le 8 mai 1839 à Saint-Placide (Bas-Canada), Adolphe-Basile Routhier fit ses études en droit à l'Université Laval et pratiqua à Kamouraska.

    Routhier fut nommé juge à la Cour supérieure du Québec en 1873, et devint juge en chef du Québec de 1904 jusqu'à sa retraite en 1906.

    Il était probablement mieux connu en tant que poète plutôt que juge. On peut donc comprendre que l'honorable Théodore Robitaille, lieutenant-gouverneur du Québec, lui demanda d'écrire un hymne présenté au Congrès national des Canadiens-Francais en 1880. Son poème, « Ô Canada », fût un grand succès dès sa première présentation.

    Sir Adolphe fut fait Chevalier de l'Ordre du Bain (K.B.) en 1911. Il était membre fondateur du Société Royale du Canada, dont il fut le président en 1914-1915.

    Sir Adolphe-Basile Routhier est mort à Saint-Irenée-les-Bains(Québec) le 27 juin 1920.

    Robert Stanley Weir

    Né le 15 novembre 1856 à Hamilton (Canada-Ouest).

    Après des études à l'École normale McGill, R.S. Weir enseigne à Montréal avant d'étudier le droit à l'Université McGill.

    R.S. Weir pratiqua le droit à Montréal jusqu'en 1899, alors qu'il devint juge à la cour municipale.

    Weir était une autorité incontestée sur les aspects historiques du droit municipal. Il est l'auteur de plusieurs travaux de droit et de recueils de vers.

    L'honorable Robert Stanley Weir devint membre de la Société royale du Canada en 1923, et fut nommé à la Cour de l'Échiquier en 1926.

    Il est mort au Lac Memphremagog (Québec) le 20 août 1926.

    Démarche au Parlement

    Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en 1914, «Ô Canada» est le mieux connu de tous les chants patriotiques au Canada. En 1924, l'Association des «Canadian Clubs» adopte à l'unanimité une résolution recommendant la version Weir comme chant acceptable aux réunions des «Canadian Clubs».

    En 1927, une version d'«Ô Canada» est autorisée dans certaines écoles et réunions publiques.

    Le 27 juillet 1942, on demande au premier ministre William Lyon Mackenzie King s'il ne croit pas le moment favorable pour proclamer un hymne national. Il répond qu'on ne peut s'occuper de tout en même temps et qu'en temps de guerre, le Parlement a des questions plus importantes à régler et que l'on ferait peut-être bien de continuer à faire comme on a l'habitude de faire au Canada depuis quelques années, soit de considérer «Ô Canada» et «Dieu protège le Roi» comme hymnes nationaux.

    Quelques années plus tard, le premier ministre Louis St-Laurent faisait une déclaration semblable.

    En 1964 le gouvernement fédéral crée un comité spécial mixte chargé d'étudier le statut de «Dieu protège la Reine» et d'«Ô Canada».

    Le 31 janvier 1966, le premier ministre Lester B. Pearson inscrit un avis de motion au feuilleton: «Que le gouvernement soit autorisé à prendre les mesures nécessaires pour décréter que l'«Ô Canada» est l'hymne national du Canada tandis que le «Dieu protège la Reine» est l'hymne royal du Canada.»

    Le 15 mars 1967, un comité spécial mixte recommande à l'unanimité que le Gouvernement soit autorisé à adopter sans délai la musique composée pour «Ô Canada» par Calixa Lavallée comme musique de l'hymne national du Canada et que l'annotation «Dignement, mais pas trop lentement » soit inscrite sur la partition.

    Le Comité estime essentiel que le gouvernement prenne les mesures nécessaires pour acquérir les droits d'auteur sur la musique en décrétant qu'elle devienne à perpétuité la propriété de Sa Majesté du chef du Canada. Cette mesure comporterait également que nul autre n'ait le droit d'auteur sur cette musique, ni sur aucun arrangement ou adaptation de la dite musique.

    Le Comité recommande une autre étude des couplets. Il propose de garder la version française originale et d'utiliser la version anglaise de Weir en y apportant quelques légères modifications, c'est-à-dire le remplacement de deux vers de «Stand on Guard» par «From Far and Wide» et «God Keep Our Land». Les droits sur la version Weir ont été acquis par le gouvernement de la firme G.V.Thompson en 1970.

    Un relevé des Débats de la Chambre des communes depuis 1949 nous indique qu'il y a eu 14 projets de loi présentés soit par le gouvernement soit par des simples députés:

    • 1ère Session - 32e Législature (1980)
      • Bill Herbert
      • Bill MacMillan
    • 4e Session- 31e Législature (1979)
      • Bill Herbert (C-492)
    • 4e Session- 31e Législature (78-79)
      • Bill Herbert
      • Bill Jones
    • 3e Session- 30e Législature (77-78)
      • Bill Herbert
      • C-9 (gouv.)
    • 2e Session- 30e Législature (76-77)
      • C-10 (gouv.)
    • 1ère Session - 30e Législature (74-76)
      • C-11 (gouv.)
    • 4e Session- 28e Législature (1972)
      • C-158 (gouv.)
    • 2e Session- 27e Législature (67-68)
      • Bill Allard (C-134)
    • 1ère Session - 27e Législature (66-67)
      • Motion du premier ministre Pearson
      • Bill Ryan (C-54)
      • Bill Allard (C-31)
    • 2e Session- 26e Législature (64-65)
      • Bill Ryan (C-64)
    • 1ère Session - 26e Législature (1963)
      • Bill Ryan (C-55)
    • 1ère Session - 25e Législature (62-63)
      • Motion du député (débat)

    En février 1968, Le Comité spécial mixte recommande à l'unanimité que le gouvernement soit autorisé à adopter sans délai la musique composée par Lavallée, que les paroles françaises de Routhier soit adoptées sans amendement, et que les paroles de Weir soient modifiées.

    Le 28 février 1972, le secrétaire d'État, Gérard Pelletier, présente pour première lecture le Bill C-158. Ce projet de loi n'a pas fait l'objet de débats avant la fin de la quatrième session du 28e Parlement.

    Le 4 octobre 1974, le même projet de loi est présenté par le secrétaire d'État, Hugh Faulkner. Bill C-11 meurt au feuilleton de la première session du 30e Parlement.

    Le 21 octobre 1976, le secrétaire d'État, John Roberts, inscrit à nouveau un projet de loi relatif à l'hymne national. Bill C-10 n'est pas présenté en deuxième lecture avant la fin de la deuxième session.

    Le 28 octobre 1977, au début de la troisième session, M. Roberts présente à nouveau le texte de loi, Bill C-9, qui connaît le même sort que les trois premières versions.

    Le député H. Herbert a présenté le Bill C-438 le 10 avril 1978 visant à faire adopter comme hymne national les versions proposées par le gouvernement dans C-9, en remplaçant toutefois «native land» par «cherished land» dans la version anglaise. Cette mesure a connu le même succès que les autres relatives à «Ô Canada».

    Le 18 juin 1980, le secrétaire d'État, Francis Fox, présente un projet de loi semblable aux mesures précédentes du gouvernement, pour remplir une promesse qu'il faisait à la Chambre quelques jours plus tôt à l'effet de faire désigner «Ô Canada» en tant qu'hymne national officiel le plus tôt possible au cours de l'année du centenaire de l'oeuvre. Le bill est adopté à l'unanimité de la Chambre des communes et du Sénat le 27 juin et reçoit la sanction royale le même jour.

    Le 1er juillet 1980, le gouverneur général, Son Excellence le très honorable Edward Schreyer, proclame la loi sur l'hymne national faisant «Ô Canada» un des symboles officiels du pays au cours d'une cérémonie officielle publique tenue sur les pelouses du palais du Parlement à midi en présence de milliers de Canadiens. Des descendants de Weir et Routhier se trouvaient sur la tribune d'honneur, ainsi que le successeur de Robitaille, l'honorable Jean-Pierre Côté.

    Poème original de Routhier

    Poème d'Adolphe-Basile Routhier composé en 1880. Le premier couplet a été proclamé la version française officielle de l'hymne national du Canada en 1980.

    Ô Canada! Terre de nos aïeux,
    Ton front est ceint de fleurons glorieux!
    Car ton bras sait porter l'épée,
    Il sait porter la croix!
    Ton histoire est une épopée
    Des plus brillants exploits.
    Et ta valeur, de foi trempée,
    Protégera nos foyers et nos droits
    Protégera nos foyers et nos droits.

    Sous l'oeil de Dieu, près du fleuve géant,
    Le Canadien grandit en espérant,
    Il est né d'une race fière,
    Béni fut son berceau;
    Le ciel a marqué sa carrière
    Dans ce monde nouveau.
    Toujours guidé par Sa lumière,
    Il gardera l'honneur de son drapeau,
    Il gardera l'honneur de son drapeau.

    De son patron, précurseur du vrai Dieu,
    Il porte au front l'auréole de feu;
    Ennemi de la tyrannie,
    Mais plein de loyauté,
    Il veut garder dans l'harmonie
    Sa fière liberté.
    Et par l'effort de son génie,
    Sur notre Sol asseoir la vérité,
    Sur notre Sol asseoir la vérité!

    Amour sacré du trône et de l'autel
    Remplis nos coeurs de ton souffle immortel.
    Parmi les races étrangères
    Notre guide est la foi;
    Sachons être un peuple de frères,
    Sous le joug de la loi;
    Et répétons comme nos pères
    Le cri vainqueur: «Pour le Christ et le Roi»
    Le cri vainqueur: «Pour le Christ et le Roi».


    Traduction en français de la version anglaise de l'hymne national

    Ô Canada, notre patrie et pays natal
    Objet de l'amour patriotique de tous tes fils
    Le coeur heureux, nous te regardons grandir
    Pays du nord, puissant et libre
    De loin et de partout, Ô Canada
    Nous sommes prêts à tout pour toi
    Dieu garde notre patrie glorieuse et libre
    Ô Canada, nous sommes prêts à tout pour toi
    Ô Canada, nous sommes prêts à tout pour toi.

    Musique et lyrique

    Parce que la Loi concernant l'hymne national du Canada détermine seulement la mélodie pour l'hymne, les musiciens ont le loisir de faire les arrangements qui leur conviennent.

    Il n'y a pas de droits d'auteur sur la mélodie et les paroles de l'hymne national, la Loi les plaçant les uns et l'autre dans le domaine public. Il est toutefois possible d'obtenir des droits d'auteur sur les arrangements musicaux.

    Il est aussi possible de traduire dans d'autres langues que le français et l'anglais les paroles de l'hymne national. Il faut toutefois garder à l'esprit qu'il s'agira en ce cas de traduction, non d'une version officielle.


    Les hymnes nationaux lors d'événements

    Aucune règle spécifique ne dicte le moment approprié pour chanter l'hymne national à un événement. Il appartient aux organisateurs de déterminer si le « Ô Canada » sera chanté au début ou à la fin d'une cérémonie. Cependant, si deux hymnes sont joués au début d'un événement, le « Ô Canada » doit être joué en premier suivi de l'autre. Si les hymnes sont pour être joués à la fin de l'événement, le « Ô Canada » doit être le dernier.


    Étiquette durant l'hymne national

    Selon la tradition et par marque de respect, il est approprié d'être debout lorsque le « Ô Canada » est joué. La même étiquette s'applique lorsqu'il s'agit de l'hymne d'une autre nation.

    La tradition veut également que les hommes dans le civil retirent leur chapeau durant l'hymne national. Ce n'est pas le cas pour les femmes et les enfants.

    Il n'y a pas de loi ou de règles gouvernant l'hymne national; c'est laissé à la bonne volonté des personnes présentes à une manifestation publique.


    Utilisation commerciale

    « Ô Canada » est du domaine public et peut être utilisé sans autorisation préalable du gouvernement.

     articles trouvés dans le site "chez Maya"


    2 commentaires
  • Quessé qu'y disent, ces québécois ?

     

    Voici quelques expressions québécoises et leurs traductions.
    Ça va aider nos cousins de France à nous comprendre. 
     

    faire la baboune =  bouder
    y a des bidoux c'te gars-là  = avoir beaucoup d'argent
    des motons dans l'estomac = être angoissé
    j'ai la chienne =  j'ai peur
    coudon, as-tu la danse de St-Guy =  il bouge tout le temps
    y a de la mine dans le crayon = un gros appétit sexuel
    j'ai eu de la flouxe =  j'ai eu de la chance


    la guédille au nez  =  le nez qui coule
    t'es mieux de te tenir le corps raide et les oreilles molles =  tiens-toi tranquille
    j'ai le feu au cul = je suis enragé
    il a la gueule fendue jusqu'au oreilles =  il sourit largement
    j'ai le feu au passage = être en colère

    j'ai le flu = la diarrhée
    j'ai le moton = être ému
    les garcettes en l'air = gesticuler beaucoup
    avoir les yeux crasse = des yeux enjôleurs
    elle veut son biscuit = elle désire une relation sexuelle
     j'ai tu une poignée dans le dos ? = tu me prends pour un imbécile ?


    avoir un rapport =  faire un rot
    j'ai déjà vu neiger avant toi = j'ai de l'expérience
    un beau smatte =  un gars qui n'agit pas intelligemment
    beurrer épais = exagérer une situation

    branler dans le manche = difficulté à faire un choix
    broche à foin = quelque chose de mal organisé
    je suis lodé = j'ai plein de travaux à faire
    y é guerlot ce soir = il a trop bu
    être chicken = avoir peur


    partir sur un go = faire le party
    passer dans le beurre = manquer son coup
    y va manger ses bas = y va avoir de graves problèmes
    je suis rendu au boutte = je suis épuisé
    courir la galipotte = avoir de nombreuses aventures


    ça prend tout mon petit change = faire de gros efforts
    y a tu vu la binne ?  = as-tu vu son expression en parlant de quelqu'un
    té viré su'le top  =  t'as perdu la tête
    la vieille sacoche = en parlant d'un femme âgée peu aimable
    c'est un beau tireux de pipes = en parlant d'un blagueur

    tu me tapes sur le gros nerf = incapable d'endurer quelqu'un d'insupportable
    là... je tire la plogue  = j'en ai fini avec cette situation
    tire-toi une bûche =  viens t'asseoir
    il se pète les bretelles = il est très fier
    se poigner le moine =  être là à ne rien faire


    tu t'es mis sur ton 36 = tu as mis des beaux vêtements
    t'énerves pas le poil des jambes = panique pas
    s'enfarger dans les fleurs du tapis = s'arrêter à des détails insignifiants
    il sent le ouistiti = il pue
    je me fens le cul...  =  je fais de gros efforts

    je lui ai passé un petit Québec = je lui ai joué dans le dos
    on n'est pas sorti du bois = on est pas à bout de nos misères
    dégraye la table = desservir la table
    je vais la domper = je vais terminer notre relation
    as-tu vérifier les fiouses ? = as=tu vérifié les fusibles ?


    ça c'est une grosse menterie =  un gros mensonge
    elle a toute une paire de jos = elle a de gros seins
    quessé  = qu'est=ce que ?
    questa ? = qu'est=ce que tu as ?
    une vraie réguine = un truc qui fonctionne mal


    asteure  =  maintenant
    aller au batte =  affronter une situation difficile
    ousse que  j'ai mis barniques ? = chercher ses lunettes
    Bobépines =  pinces à cheveux
    Mon chandail bâré  =  chandail à rayures
    Y a tu vu le bazou ?  = vieille voiture

    Une bébitte à patates = une bête à bon Dieu
    Une bécosse qui pue  =  WC, des toilettes à l'extérieur
    Les beus  =  les policiers

    Une bière tablette = une bière à la température de la pièce
    Il est bizouneux = quelqu'un qui ne fait pas grand chose


    C'est un bon jack = quelqu'un de bien, gentil
    La boss de bécosses = quelqu'un qui donne des ordres
    Un botch de cigarette =  un mégot de cigarette
    Un boc de bière = un verre de bierre pression
    Mets ta bougrine =  manteau


    Une braoule = une grosse cuillère
    Un petit coup de fort = prendre de la boisson alcoolisée
    Elle a été bumpée =  elle a été rétrogradée à son travail
    Je l'ai câlé au travail = téléphoné au travail
    Un beau camail  =  beau chapeau

    Capot de chat = manteau en fourrure de chat sauvage
    Capoter = perdre les nerfs
    As-tu fini de chigner ?  = arrête de pleurnicher
    Les chnolles = les testicules
    Une bonne chotte de cognac=  un petit coup
    Champlures = les robinets

    avoir la falle basse = être fatigué
    ja vais aller gazer = aller mettre de l'essence


    tiré du site "MAYA"


     


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  • JE ME SOUVIENS...

       C'est à la descente de l'avion à Montréal que je découvris une drôle de phrase sur les plaques numéralogiques : "Je me souviens" précédée d'une fleur de lys.

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         Je crus d'abord à une fantaisie d'automobiliste avant d'apprendre qu'il s'agissait en fait de la devise nationale.

        La fleur de lys, OK, je connais. Clovis, Roi des Francs, l'a choisie comme emblême en 507, et elle devait à jamais symboliser la royauté française. Connaissant l'attachement de nos cousins du Nouveau Monde à leurs origines, il n'y avait là rien d'étonnant à ce qu'il conservent ce symbole. La signification de la devise devait par contre s'avérer beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît.

        La devise du Québec figure officiellement au bas des armoieries (depuis 1939), mais on la trouve pour la première fois sur la façade du Parlement du Québec

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        Eugène-Etienne Taché (1836-1912), l'architecte chargé de la construction du Palais Législatif de Québec, place les armoieries de la province au-dessus de l'entrée principale. Le 9 février 1883, date de la signature du contrat relatif à la constuction du Palais Législatif, donne un  caractère officiel à la devise "je me souviens".

        Mais que signifie-t-elle ? Ernest Gagnon (1834-1915), sous-ministre des Terres de la Couronne, l'aurait inspirée à Eugène-Etienne Taché. Les Québécois doivent se souvenir du passé et de ses leçons, glorieuses ou malheureuses., cette devise illustrant "la raison d'être du Canada de Champlain et de Maisonneuve comme province distincte dans la confédération".

        Conrad Laforte, ethnologue, y voit son origine dans le poème '"Paroles sur la dune" tiré des contemplations de Victor Hugo :

    J'entendais près de moi rire les jeunes hommes
    Et les graves vieillards dire : je me souviens
    Patrie ! ô concorde entre les citoyens

    ou dans la chanson "un canadien errant" (composée en 1842 par Antoine Gérin-Lajoie en souvenir des patriotes bannis) :

    Va, dis à mes amis
    Que je me souviens d'eux

    dit l'exilé au "courant fugitif".

        Hélène Pâquet, petite-fille de l'architecte, prétend quant à elle par une lettre adressée (en 1978) au journal Montreal Star, que "je me souviens" ne serait que le premier vers d'un tercet :

    Je me souviens
    Que né sous le lys
    Je croîs sous la rose

    que Pierre Champagne interprête comme suit : "je me garde d'oublier que, même si je suis né sous l'autorité du Roi de France, c'est sous l'autorité du Roi d'Angleterre que je grandis à mon aise". Mais aucune preuve n'est apportée à cette interprétation.

        D'aucuns affirment qu'il s'agit en fait de deux devises. Un projet de médaille commémorative du 300ème anniversaire de la fondation de Québec repésentait deux femmes assises au pied d'un arbre, l'une symbolisant la Nouvelle-France, indique du doigt les racines profondes de l'arbre qu'elle a plantées, l'autre le Canada, appuyée sur  l'écu royal de la Grande Bretagne, levant le doigt vers le sommet de l'arbre. Sur un cartouche on peut lire

    "Dieu aidant, l'oeuvre de Champlain née sous les lys a grandi sous les roses"

        Les deux devises auraient été réunies artificiellement, la première étant destinée au Québec, la seconde au Canada.

        Ce qui est certain, par contre, c'est que le gouvernement québécois adopta en 1939 les armoieries actuelles. Le blason est composé de trois fleurs de lys d'or (trois pour la Sainte Trinité, semble-t-il), d'azur, d'un léopard d'or, (identique à celui des armoieries britanniques) d'une branche d'érable à sucre à triple feuille de sinople, (la terre canadienne) le tout surmonté de la couronne royale, et souligné dun listel d'argent portant la devise : "Je me souviens".

        En 1976; le Parti québécois , favorable à la souveraineté du Québec, est porté au pouvoir. Deux ans plus tard, la phrase "je me souviens" est inscrite sur les plaques d'immatriculation et remplace "la Belle Province"

       
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    Florence Nalin - 10 avril 2008


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