• Le Printemps des Poètes 2015

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  • Alphabet grec

    • Hier soir j’ai lu mon premier livre, dit Alpha.
    • Oh, mais pourquoi ? demande Bêta.
    • En tout cas tu irradies de bonheur aujourd’hui, s’exclame Gamma.
    • Je ne vois pas de différence, chuchote Delta.
    • Moi si, mais elle est minime, intervient Epsilon.
    • Ze suis d’accord, ajoute Dzêta.
    • Pas moi ! Dans quel état tu t’es mis ! explose Eta.
    • ‘That is not my problem’, s’excuseThêta.
    • Mettons les points sur les i, grommelle Iota.
    • Tu l’as eu par l’agence ? s’enquiert Kappa.
    • Ils ne nous connaissent pourtant pas là-bas, croit savoir Lambda.
    • Mais si ! dit Mu, tout ému par la situation.
    • C’est la vérité toute nue, martèle Nu.
    • Tu es revenu en taxi ? demande Xi.
    • Au micro on dit qu’il en a appelé un, susurre Omicron.
    • Et pis quoi encore ? s’agace Pi.
    • Robert, lui, aurait approuvé, glisse Rhô.
    • Sigma pense à la somme de connaissances que représente un livre.
    • Tau se rappelle qu’il a appris à lire sur le tard.
    • Upsilon se tait et se tient droit comme un i.
    • Phi s’attendait au défi d’Alpha.
    • Khi s’en doutait aussi ?
    • Pas besoin de Psi pour en être sûr !
    • Alpha a donc lu un livre, et son alter ego, Oméga, en éprouve une joie infinie…

    AlCaribouCâlisse !

    "Mots et Photos" 30 août 2010


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  • Le chat et le soleil

    Le chat ouvrit les yeux
    Le soleil y entra.


    Le chat ferma les yeux
    Le soleil y resta.


    Voilà pourquoi le soir,
    Quand le chat se réveille,
    J'aperçois dans le noir
    Deux morceaux de soleil.

    Maurice Carême


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  • Nous sommes en plein printemps de poètes... et notre ami Cyrille Grandcamp jongle avec les mots de temps en temps. Voici quelques unes de ses oeuvres :

    MON CHIEN

    Ta bonne tête blonde
    Posée au creux de mes genoux,
    Tu guettes la main oublieuse
    De celui qui reste ton maître ;
    Tes yeux  implorent la caresse
    Et les miens, brouillés ne te voient.

    Dans ma tristesse, tu es là
    Tu es l'ami qui me comprend,
    Celui à qui je dis ma peine
    Qui d'un coup de langue l'efface ;
    La prunelle de tes yeux noyée
    Par le chagrin qui me saisit.

    Tu es celui qui ne discute ;
    Celui qui est toujours présent ;
    Le fol compagnon de mes joies,
    L'attentif de mes jours de peines.
    Avec toi, point question d'argent
    Mais d'amour et de fidélité.

    Le peuple, te dit une bête
    Mais j'en connais plus parmi ceux-là
    Que chez tous ceux de ton espèce.
    Dans le malheur nous ne sommes qu'un,
    Nos bonheurs, nous les partageons
    Et un seul regard nous suffit ...

    Quand la mort nous séparera,
    Il restera dans le cœur seul 
    La brillante étincelle des yeux,
    Voilée par le brouillard bleuté :
    Frontière de l'au-delà ;
    De celui qui est parti
     

    ORAGE<o:p></o:p>

    De lourds nuages envahissent le ciel<o:p></o:p>
    Leurs cinglantes épées blessent le soleil.<o:p></o:p>
    Son épais sang rouge bleuit cette encre,<o:p></o:p>
    Qui roule comme une mer mugissante !
    <o:p></o:p>
    <o:p> </o:p>Les hurlements de cette armée céleste<o:p></o:p>
    Couvrent la voix du paysan qui peste !<o:p></o:p>
    Son poing vengeur menace cet ennemi<o:p></o:p>
    Qui va bientôt ravager ses semis.
    <o:p></o:p>
    <o:p> </o:p>L’azur est incendié par ce combat,<o:p></o:p>
    Lutte fratricide entre deux titans :<o:p></o:p>
    Phoebus contre Zeus, son frère, se bat,<o:p></o:p>
    Alors que leur mère impuissante attend !
    
    <o:p></o:p>La terre tremble à chacun de leurs coups<o:p></o:p>
    Et le ciel est incendié par à-coup !<o:p></o:p>
    La fureur de Zeus gronde dans les champs<o:p></o:p>
    Et leurs affronts éblouissent les gens !
    <o:p></o:p>
    Une fois encore, Phoebus a vaincu,<o:p></o:p>
    De son dard brûlant, son frère, il accule !<o:p></o:p>
    Celui-ci pleure de dépit et de honte<o:p></o:p>
    Avant que de prendre une fuite prompte !
    
    <o:p></o:p>Une fois le décor ainsi nettoyé,<o:p></o:p>
    Il reste à dénombrer tous les noyés,<o:p></o:p>
    Toutes les victimes de ce combat,<o:p></o:p>
    Tous les malheurs qui sur la terre s’abattent !
    
    <o:p></o:p><o:p> </o:p>Le Soleil peut contempler sa victoire :<o:p></o:p>
    Le spectacle n’est plus qu’un vieux grimoire !<o:p></o:p>
    Pour lui, sa mère : la terre, a souffert ;<o:p></o:p>
    Et les hommes n’ont plus qu’à tout refaire !
    
    
    

    SOUVENIR

    Tu es l'œuvre de notre mémoire et du temps
    Tu es la joie perdue qui nous réapparaît ;
    Ce qui n'a été oublié de la vie d'antan
    Mais aussi ce que nous voulons à ce qu'il paraît !

    Un jour tu seras la douceur suave de l'orgeat
    Et le lendemain l'acidité du vinaigre.
    Mon esprit croit saisir une image, mais, déjà,
    Souvenir tu t'estompes, comme un aigle royal

    Souvenir, tu es le miroir brisé de la vie :
    Tes feux ne réfléchissent que le plus important :
    Les lieux, les moments où nous sommes morts d'envie ;
    Le sourire éclatant de celle que nous aimions tant !

    Mais souvenir, tu ne nous es pas toujours amer ;
    Tu sais nous rappeler les instants les plus plaisants
    Les jours tristes tu es le sourire de notre mère,
    Tu sais devenir la beauté du jour naissant !

    Souvenir, c'est toi notre paradis intérieur.
    Pour nous, adultes, tu es notre malle au trésor :
    On y trouve les premiers chagrins, les jours les meilleurs !
    Tu resteras toujours l'échiquier de notre sort !

    Quand le rideau de la scène tombera sur nous,

    Quand nous deviserons seul devant un âtre éteint,
    Tu seras comme l'étincelle qui allume l'amadou
    Illuminant notre prunelle qui déjà s'éteint !

     

    A QUOI BON ?

    Père, mère, frère et terre ;
    Amour, haine,  désir, plaisir ;
    Beauté, laideur, joli, poli ;
    Que de mots, que d'idées : Pourquoi ?

    Quels sont leurs utilités,
    Alors que tu te contentes
    De bonjour, au revoir, merci ;
    De tout, de rien, ras-le-bol ! ?

    Sommes-nous avare ou distrait ?
    Ne serait-ce l'indifférence
    Qui plutôt nous conduit ici ?
    Oui, c'est çà, notre vrai malheur !

    Dans ce cas, pourquoi connaître
    Bonheur, joie et tous les autres ?
    Puisque est là l'indifférence
    Qui nous retient dans ses griffes !

    Peut-être, parce qu'un demain
    Viendra où notre courage,
    Nous permettra de décider
    De vivre ce que nous sommes ...

     

    EN VERTU D'UN ORDRE

    Le ciel s'obscurcit.
    Nous autres, tous les pilotes, sommes en état d'alerte.
    Dans nos cockpits,
    Grésille la radio :
    Une voix froide et sèche ordonne :
    " Ordre de décoller pour l'attaque ! "
    Une fois de plus, les moteurs vrombissent,
    Et, les avions se perdent dans l'obscurité.

    Les lumières de la ville trouent la nuit,
    La D.C.A. s'agite ...
    Mais rien ne peut nous arrêter :
    Nous avons un ordre.

    La cauchemardesque ronde s'organise :
    " Tout doit être détruit ! "
    Les bombes pleuvent sur la ville.
    Comme des bêtes, nous regardons fuir les gens,
    Dans cet enfer de feu et de flammes.

    " Tout doit être détruit ! "
    La population est terrorisée,
    Les rues se vident,
    Par centaines les gens sont déchiquetés
    Par le poids de leur maison
    Qui s'effondre sous nos bombes.

    " Tout doit être détruit ! "
    Alors nous nous acharnons pour massacrer les survivants
    Ces grappes d'hommes...
    Tombent ...
    Sous la mitraille.

    Tout est détruit !
    Tout.
    Alors,
    Sur le chemin du retour
    Une voix intérieure nous dit :

    " Pour un ordre
    Tu as massacré des milliers d'hommes
    Tu as massacré des milliers de vieillards
    Tu as massacré des milliers de femmes
    Tu as massacré des milliers d'enfants ! "

    " Pour un ordre
    Tu as détruit une ville,
    Tu as détruit des coutumes,
    Tu as détruit des traditions,
    Tu as détruit l'activité ! "
     
    " Pour un ordre
    Tu as détruit la vie ... "
     " On t'a dit : tue, et tu as tué ... "

    " En vertu de quoi ?
    En vertu de rien,
    En vertu d'un ordre ... "

     

    IVRESSE

    Eh, je crois que j'ai trop bu,
    Oui, plus qu'il n'aurait fallu.
    Déjà la tête me tourne
    Et mes idées ne sont plus.

    Oh ivresse délicieuse ...
    Abandon bien consenti ...
    Tout plane, tout est léger.
    Sentiment d'oubli total ...

    Règne de la volupté ...
    Oubli total de soi-même ...
    Plus de problème, plus rien ...
    Rien qu'un paradis fictif.

    Illusion d'un soir de joie.
    Oh ivresse, tendre ivresse ...
    Lors, loin de nous, nos soucis ...
    Vive cette haire idyllique.

    Tout nous paraît plus que joie,
    Désormais plus d'angle droit.
    Tout n'est que grâce voluptueuse,
    Tout défit les lois rigides.

    Je n'existe plus, je plane ...
    Oh, merci à toi Bacchus,
    Merci à ton ami : Pan,
    Pour cet éden magnifique !

     

    <o:p></o:p>


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