• 26 février 2009

    Arts numériques : Bill Vorn et ses « machines hystériques » aux festivals VIA et Exit

     

     

    Pionnier de l’art robotique, le créateur montréalais Bill Vorn présente ses « Machines hystériques » dans le cadre de l’exposition Nouveaux Monstres qui sera dévoilée, en mars, au festival international VIA à Maubeuge et sera ensuite à l'affiche du festival EXIT à Créteil.

    Cette installation robotique interactive explore la nature paradoxale de la vie artificielle à travers ses machines articulées, impressionnantes mécaniques fonctionnelles mues par des détecteurs de mouvement qui agissent sur leurs comportements en fonction des stimuli produits par la présence des visiteurs à proximité.

    Artiste œuvrant dans le domaine des arts numériques et robotiques depuis 1992, Bill Vorn est également concepteur sonore et compositeur. Titulaire d’un doctorat en communications de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), dont le thème est La vie artificielle comme média, il enseigne les nouvelles technologies à la Faculté des beaux-arts de l’Université Concordia où il dirige l’Artificial Life Art Lab (A-Lab), un laboratoire de recherche et de création en art robotique. Bill Vorn dirige également le département de robotique d’HEXAGRAM, un institut pour les arts technologiques administré conjointement par l’Université Concordia et l’UQAM.

    Ses travaux ont été présentés dans de nombreux événements internationaux dont Ars Electronica, Inter-Society of Electronic Arts, Dutch Electronic Art Festival, Art Futura, Sonar et Utopiales 2006. En 2002, Bill Vorn était conservateur avec Louis-Philippe Demers de la grande exposition robotique Es. Das Wesen der Maschine au European Media Art Festival. Il a reçu de nombreux prix à l’international et a collaboré à des projets artistiques avec plusieurs artistes dont Édouard Lock, Robert Lepage, Gilles Maheu et Monty Cantsin.

    Bill Vorn

    Du 12 au 22 mars
    Festival VIA/Le Manège
    Espace Sculfort
    Avenue Jean Jaurès
    Maubeuge (59)

    Du 26 mars au 5 avril
    Festival EXIT/Maison des Arts de Créteil
    Place Salvator Allende
    Créteil (94)

    © Gouvernement du Québec, 2009


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    Une aventure picturale<o:p></o:p>

    (ou une soirée avec Patrick Le Tuault)<o:p></o:p>

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    Bien peu de monde, ce lundi soir, pour échanger avec Patrick Le Tuault, qui expose actuellement à la chapelle des Bénédictines (Saint-Jean-d’Angély) ses œuvres autour de la croisière noire Citroën. L’artiste se dévoile sans fausse pudeur, et nous retrace son parcours :<o:p> </o:p>

     

    « La peinture est un beau mensonge » nous dit-il. Il nous fait part de ses interrogations (« pourquoi créer une nouvelle image dans un monde qui en regorge déjà ? ») et de ses réflexions (« il faut se servir des lois de la peinture pour avoir la liberté de créer » ; « plus on va vers soi-même, plus on s’éloigne des poncifs ») 


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    Après cinq ans passés à l’école des Arts Appliqués à Paris de 1965 à 1969 suivies d’une formation de cinq autres années à l’école des Beaux Arts, de 1969 à 1970. Il débute comme artiste abstrait, dans la mouvance de  l'Abstraction lyrique ; il n’a rien gardé de cette époque, sinon quelques photos.<o:p> </o:p>

     

    Il cesse de peindre (mais jamais de dessiner) pour s’orienter pendant quelques années vers la musique puis, vers 27/28 ans, vers les arts anciens. Il découvre à cette époque l’importance du toucher (il rencontre dans cette période une collectionneuse de porcelaines des XVIIème et XVIIIème siècles). Il se souvient de cette époque comme d’une période de crise identitaire douloureuse, dont il ne sortira que vers 40 ans.<o:p> </o:p>

     

    A l’âge de 35 ans, il rencontre Chantale Jouet qu’il ne quittera plus, et grâce à qui il peut entièrement se consacrer à son art. Ils passent une quinzaine d’année à Pont-Aven où Chantale tient la Galerie du Bois d’Amour avec sa collaboratrice Corinne, véritable « conservatrice de musée ». Il fera plusieurs expositions à thème :


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    -           « mes vols de nuit » inspirés par Antoine de Saint-Exupéry et que le hasard a fait naître au moment du centième anniversaire de la naissance de l’écrivain/pilote, exposition qui voyagera beaucoup pendant deux ans, en France, mais aussi au Canada, en Suisse, en Belgique et en Ecosse ;

     

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    -            « les maîtres de jeux », inspirés par Philippe Cady, auteur du roman de science-fiction éponyme ; 

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    -           une série de « faux-semblants ». Cette exposition a semble-t-il dérouté le public jusqu’à ce qu’un amateur d’art s’y intéresse ;

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    -           une série de toiles sur « les glaces polaires » qui eut un immense succès ;

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    -           puis une sur les « rencontres intemporelles » dans lesquelles, par exemple, des personnages de Weermer partagent l’espace avec l’avion du film de Michael Curtis « Casablanca »

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      La liste n’est pas exhaustive… Après une série d’œuvres sur un thème, suit une autre sur un thème beaucoup plus large, comme pour respirer un air de liberté après une période de captivité.<o:p></o:p>

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      Et la croisière noire ? Après quinze ans passés à Pont-Aven, en Bretagne, Patrick Le Tuault et Chantal Jouet sont venus s’installer à Burie, près de Saint-Jean-d’Angély. Louis Audouin-Dubreuil, parti pour l’Afrique avec les  autochenilles Citroën, était angérien. L’idée d’une exposition autour de cette aventure africaine était née, à la suite d’un concours de peinture organisé en 2005 pour le  musée Citroën. Patrick Le Tuault ne connaît pas l’Afrique, en dehors du Maroc. Il s’est donc documenté, et a imaginé. Il s’est servi de la maquette de voiture en vitrine à l’office du tourisme, et actuellement exposée à la chapelle des Bénédictines.

     

     
     
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    Patrick Le Tuault se désole de voir ce qu’est devenu l’art : les jeunes artistes qui viennent le voir se lamentent : « on n’apprend rien à l’école ». Il est conscient que « l’œil s’est modifié depuis une vingtaine d’année avec l’arrivée de l’informatique » ; il insiste sur l’importance du « milieu nous entourant qui nous permet de nous construire, mais qui peut devenir un poids quand on avance dans son chemin créateur, mais qu’il n’est pas nécessaire de faire la révolution tous les matins pour prouver qu’on est un artiste ». « On fabrique de grandes théories artistiques », nous dit-il, mais actuellement on est dans une déviance, une « folie furieuse ». Il rappelle qu’un bon violoniste est avant tout un musicien qui « a appris à jouer du violon, a fait ses gammes » avant de se lancer dans des interprétations personnelles. Il met en garde aussi face à ce qu’on fait dire aux artistes (Pablo Picasso n’a jamais, ni à l’âge de 19 ans, ni après sa période bleue, peint « à la façon de  Raphaël » ; de même, Paul Gauguin n’a jamais dit, comme on le prétend, qu’il utilisait des couleurs pures  mais qu’il « voulait retrouver le sauvage qui était en lui.) Il nous rappelle que les peintres, sous Napoléon III, formés aux portraits des membres de la classe bourgeoise, étaient très compétents sur le plan technique. Il déplore une totale déconstruction de l’apprentissage des jeunes artistes actuellement, et rappelle « qu’on ne crée rien dans le désordre, qu’on n’avance pas dans la destruction » ; la liberté vient après. Les jeunes sont de nos jours « sur-instruits » sur le plan théorique, alors que certains secteurs échappent totalement aux « théories sur papier ».<o:p> </o:p>

     

    Comment Patrick Le Tuault fait-il naître ses œuvres ? Par association de taches de couleurs sur la toile, la couleur n’ayant d’existence pour lui que par rapport à une autre couleur (il fait d’ailleurs travailler ses élèves sur des nuances de gris ; gris-rose, gris-vert, gris-bleu…). Puis l’œuvre prend forme, parmi les autres, et évolue jusqu’au moment de l’exposition (ce qui peut prendre un an). Il plonge dans sa toile jusqu’à risquer de « passer de l’autre côté ». Il a besoin de construire à partir d’une sorte de chaos originel.<o:p> </o:p>

     

    Patrick Le Tuault aura 60 ans dans un mois. Il lui est devenu vital de « passer son savoir ». Toutefois, il ne saurait envisager d’endosser la casquette d’enseignant. Il a opté pour une transmission par le biais de stages courts, de un ou deux jours, trois au maximum : « l’attirance des couleurs permet de générer des troubles profonds » ; il se sait « trop fragile psychiquement pour se consacrer à d’autres pendant trop de temps ». Il fait travailler ses stagiaires sur les coloris (« du rapport entre deux couleurs naît la vibration »), sur l’équilibre des masses. Quand il avait 20 ans, la mouvance était de penser que la peinture était morte. Maintenant, il est convaincu que « si l’on veut jouer dans la cour des grands, il faut y aller », Ainsi on avancera dans la quête de soi-même.<o:p></o:p>

     

    Et après ? Dans l’immédiat, Patrick Le Tuault a surtout le projet de « ne rien faire ». Il a besoin de reprendre des forces après cette aventure africaine. Il souhaite toutefois que cette exposition tourne, voyage.<o:p></o:p>

     

    Et puis, quoiqu’il en dise, Patrick Le Tuault a plein de projets dans la tête, et déjà pour le printemps.

     

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    A suivre….

     

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    <o:p> </o:p>Flonigogne<o:p></o:p>

     


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  • Une explication de l'art du fléché grâce à une rubrique du site de Bibiane Grenier, et des illustrations avec nos photos prises dans l'Ile-aux-Moulins à Terrebonne. <script type="text/javascript"></script>

     

     




      


    par Bibiane Grenier

    Récits, descriptions, entrevues, anectotes qui racontent des événements, des personnalités, des traditions, des coutumes de l'histoire du Québec.
    Cette rubrique n'est pas chronologique. Ces courts textes ont pour but de vous informer succinctement, parfois avec humour mais toujours avec rigueur sur la vie de nos ancêtres.
     




    La ceinture fléchée

    En septembre 2006, une ceinture fléchée a été vendue 13 500$ lors d'un encan à Port Dover, en Ontario. C'était une ceinture dite de " L'Assomption ".
    Surprenant, quand on sait que la popularité du port de cette ceinture refait surface une fois l'an seulement au Carnaval de Québec. Pour plusieurs, elle représente un symbole politique qu'on rattache aux Patriotes, pour d'autres c'est une pièce d'artisanat oubliée avec la disparition des métiers à tisser de nos grands-mères.
    Stéphane Champagne, du journal La Presse a voulu, en ce temps de carnaval, nous renseigner sur le sujet. Ce sont ses textes, parus dans le cahier Actuel du 30 janvier 2007 qui ont inspiré cette page.

    Ne manquez pas de lire, en archives ,  les autres pages de cette rubrique .

    Bibiane



    Si des troupes de danses folkloriques et les membres de certaines chorales la portent fièrement, pour la plupart d'entre-nous, c'est une pièce d'artisanat qu'on sort au temps du Carnaval . On peut se procurer une ceinture fléchée dans quelques boutiques d'artisanat à Québec ou dans les cabanes à sucre.  Pour les antiquaires, les ethnologues et les artisans, la ceinture fléchée, c'est beaucoup plus qu'une pièce d'artisanat. Le fléché est une technique séculaire, un savoir-faire unique. Et, selon eux, la ceinture fléchée est une tradition toujours vivante grâce au savoir-faire d'une centaine d'artisans qui perpétuent la technique ancestrale du " fléché ".

    Confectionnée pour la première fois il y a plus de 250 ans, la ceinture fléchée a son histoire.
    Ce fut tout d'abord un vêtement utile pour nos coureurs des bois. Elle est devenue une sorte de symbole pour les Patriotes de 1837.
    Pour les coureurs des bois et les voyageurs, la ceinture fléchée était très utile. Elle servait de vêtement qui aidait à garder au chaud bien sûr, mais elle aidait aussi à renforcer le bas du tronc au cours d'efforts physiques. La ceinture fléchée servait aussi de contenant pour transporter de menus objets tels couteau de poche, pipe et tabac, etc.

    La ceinture fléchée serait originaire de L'Assomption, dans la région de Lanaudière. Mais certains affirment que c'est à Québec, sous le régime français qu'on les retrouvera d'abord.

    L'art du fléché consiste à tresser aux doigts une étoffe décorée de motifs en forme de flèches. À une certaine époque, le fléché devint même une industrie qui fut très prospère grâce à la Compagnie de la Baie d'Hudson. Plus tard, à la fin du XIXe siècle, celle-ci importa de Coventry, en Angleterre, des imitations bon marché tissées au métier à cause de revendications des artisans qui se disaient sous-payés.
    Comme pour le tartan chez les Écossais, il existe des motifs de ceintures fléchées propres à certaines régions. Le plus connu est sans contredit celui de L'Assomption. On parle aussi de motifs dits Acadienne et Chenier. Chaque motif possède ses couleurs et son style.
    La ceinture fléchée était confectionnée avec de la "laine cirée ". Cette dernière rendait l'étoffe imperméable et assurait sa résistance. On pouvait s'en servir pour tirer et suspendre des objets et même pour transporter de l'eau.
    Aujourd'hui, les artisans la fabriquent avec de la laine retorse (laine tissée serré).

    On peut trouver plusieurs types de ceintures fléchées. La ceinture vendue durant le Carnaval de Québec ou dans les cabanes à sucre est fabriquée au métier à tisser. On peut s'en procurer à très bons prix.
    Il y a la ceinture tissée aux doigts selon la technique originale, mais fabriquée avec de la laine brute. Elle nécessite des dizaines d'heures de travail. Elle se vend entre 200$ et 600$.
    Et, il y a la ceinture haut de gamme. Cette dernière est fabriquée avec des laines importées d'Europe et demande près d'une année de travail. Elle est réservée aux collectionneurs et se vend jusqu'à 5 000$.
    Finalement, il y a les pièces rarissimes comme celles dites de L'Assomption. Elles ont été fabriquées il y a 100 et 200 ans et ont conservé leurs couleurs éclatantes. Celle vendue à 13 500$ à Port Dover mesurait quatre mètres  (incluant les franges) et était large d'environ vingt centimètres. L'étoffe aurait été confectionnée au XIXe siècle dans la région de Lanaudière et était en parfait état.

     


     

     


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