• Marée noire en Louisiane : revue de presse du 18 juin 2010

    BP: Hayward va abandonner la gestion au quotidien de la marée noire (Svanberg)

    LONDRES — Le directeur général de BP Tony Hayward va abandonner la gestion quotidienne de la marée noire du Golfe du Mexique à un autre responsable du groupe pétrolier, Robert Dudley, a déclaré vendredi son président Carl-Henric Svanberg, dans un entretien à la chaîne Sky News.

    "Il (Tony Hayward) s'est rendu sur place juste après l'explosion", et après avoir passé huit semaines à diriger les mesures de crise, "il va maintenant transmettre la gestion des opérations au jour-le-jour à Robert Dudley", a déclaré M. Svanberg à la chaîne d'information britannique.

    M. Dudley est membre du conseil d'administration du groupe britannique, en charge des activités aux Amériques et en Asie. C'est un citoyen américain, entré chez BP au moment du rachat en 1998 par le groupe britannique de la compagnie pétrolière Amoco, au sein de laquelle il travaillait depuis vingt ans.

    Cependant, un porte-parole de BP aux Etats-Unis a tempéré cette annonce. Il a assuré que pour l'instant, Tony Hayward continuait de diriger les mesures de BP face à la marée noire, ajoutant que "M. Dudley et son équipe prendront le relais une fois que la crise immédiate sera passée".

    M. Hayward avait lui-même chargé M. Dudley au début du mois de prendre la direction d'une équipe chargée de gérer, avec les autorités locales et nationales, les conséquences à long terme de la marée noire, une fois que celle-ci aurait cessé.

    M. Svanberg a par ailleurs cherché à rassurer sur la capacité de BP à surmonter cette crise, qui a suscité ces dernières semaines d'énormes craintes parmi les investisseurs, tout en répétant que le groupe n'avait aucune idée du montant final de l'addition qu'il devra supporter.

    "BP est une entreprise très solide" et "nous y survivrons", a assuré le dirigeant. Une disparition du groupe à cause de cette catastrophe, "ne peut pas se produire", a-t-il ajouté.

    Le président russe Dmitri Medvedev avait exprimé jeudi son inquiétude au sujet de l'avenir de BP, présent en Russie à travers la coentreprise TNK-BP, troisième producteur d'or noir du pays, dans un entretien au Wall Street Journal, évoquant le danger d'une éventuelle "annihilation" du grouype britannique

     
    La marée noire pourrait diminuer la production mondiale de pétrole
    LEMONDE.FR avec AFP | 18.06.10 | 18h23

     

    a marée noire dans le golfe du Mexique pourrait amputer la production mondiale de pétrole de 900 000 barils par jour (b/j) par rapport au niveau qu'elle aurait dû atteindre en 2015, a déclaré vendredi 18 juin le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Nobuo Tanaka.

     

    Le président américain Barack Obama a décrété fin mai un moratoire de six mois sur l'octroi de permis de forages pétroliers en mer, après le naufrage de la plate-forme Deepwater Horizon exploitée par BP."Si d'autres pays tels que l'Angola, le Brésil et [les pays de] la mer du Nord suspendent les nouveaux projets de développement en mer […], l'impact sur la production mondiale de pétrole pourrait être de 800 000 à 900 000 barils par jour en 2015", a déclaré M. Tanaka, à la veille d'une réunion ministérielle de l'APEC (Coopération économique Asie-Pacifique) dans la ville japonaise de Fukui (ouest du pays).

    UN DÉCLIN "QUI NE PEUT ÊTRE IGNORÉ"

    Même si ce déclin de production ne représenterait que 1 % de l'offre mondiale, il ne "peut être ignoré", a-t-il ajouté. Début juin, l'AIE estimait dans un rapport que "le moratoire de six mois sur la plupart des forages en eaux profondes mis en place par l'administration américaine […] pourrait, s'il est prolongé, retirer jusqu'à 100 000 à 300 000 barils par jour de la prévision de production de brut américain dans le golfe du Mexique d'ici 2015".

    A cela, elle ajoutait un impact potentiel supplémentaire de 550 000 b/j du fait de risques sur la production du Brésil, de l'Angola et du Nigeria. Toutefois, "il n'y a actuellement aucune indication sur le fait que l'octroi de permis [de forage] dans ces pays puisse être affecté" par la marée noire, prévenait l'AIE. "Les procédures réglementaires et les conditions de production diffèrent d'un pays à l'autre" et extrapoler la situation dans le golfe du Mexique "à d'autres régions de production en eaux profondes a une valeur analytique limitée", ajoutait-elle.

    a marée noire dans le golfe du Mexique pourrait amputer la production mondiale de pétrole de 900 000 barils par jour (b/j) par rapport au niveau qu'elle aurait dû atteindre en 2015, a déclaré vendredi 18 juin le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Nobuo Tanaka.

     

     

    Le président américain Barack Obama a décrété fin mai un moratoire de six mois sur l'octroi de permis de forages pétroliers en mer, après le naufrage de la plate-forme Deepwater Horizon exploitée par BP."Si d'autres pays tels que l'Angola, le Brésil et [les pays de] la mer du Nord suspendent les nouveaux projets de développement en mer […], l'impact sur la production mondiale de pétrole pourrait être de 800 000 à 900 000 barils par jour en 2015", a déclaré M. Tanaka, à la veille d'une réunion ministérielle de l'APEC (Coopération économique Asie-Pacifique) dans la ville japonaise de Fukui (ouest du pays).

    UN DÉCLIN "QUI NE PEUT ÊTRE IGNORÉ"

    Même si ce déclin de production ne représenterait que 1 % de l'offre mondiale, il ne "peut être ignoré", a-t-il ajouté. Début juin, l'AIE estimait dans un rapport que "le moratoire de six mois sur la plupart des forages en eaux profondes mis en place par l'administration américaine […] pourrait, s'il est prolongé, retirer jusqu'à 100 000 à 300 000 barils par jour de la prévision de production de brut américain dans le golfe du Mexique d'ici 2015".

    A cela, elle ajoutait un impact potentiel supplémentaire de 550 000 b/j du fait de risques sur la production du Brésil, de l'Angola et du Nigeria. Toutefois, "il n'y a actuellement aucune indication sur le fait que l'octroi de permis [de forage] dans ces pays puisse être affecté" par la marée noire, prévenait l'AIE. "Les procédures réglementaires et les conditions de production diffèrent d'un pays à l'autre" et extrapoler la situation dans le golfe du Mexique "à d'autres régions de production en eaux profondes a une valeur analytique limitée", ajoutait-elle.

    La marée noire du Golfe du Mexique pourrait impacter l'offre de pétrole

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    Ce qui devait arriver arriva ...

    Si l'on en croit le directeur général de l'Agence internationale de l'Energie Nobuo Tanaka, la marée noire dans le golfe du Mexique pourrait nettement diminuer la production mondiale de pétrole. Une situation de nature à faire grimper le cours. Alors-même que le retour de l'Irak sur le devant de la scéne pétrolière devrait permettre d'accroître l'offre.

    Selon l'AIE, les conséquences du naufrage de la plate-forme de BP en Louisiane pourrait amputer la production mondiale de pétrole de 900.000 barils par jour (b/j) par rapport au niveau qu'elle aurait dû atteindre en 2015.

    Rappelons que suite à la catatsrophe, Barack Obama a décrété fin mai un moratoire de 6 mois sur l'octroi de permis de forages pétroliers en mer.

    Début juin, l'AIE estimait dans un rapport que les mesures prises par le Président américain pourrait, s'il est prolongé, retirer jusqu'à 100.000 à 300.000 b/j de la prévision de production de brut américain dans le golfe du Mexique d'ici 2015.

    Mais désormais, les chiffres sont revus à la hausse, d'autres pays pouvant emboîter le pas au Chef de l'Etat américain.

    "Si d'autres pays tels que l'Angola, le Brésil et la Mer du Nord suspendent les nouveaux projets de développement en mer (...), l'impact sur la production mondiale de pétrole pourrait être de 800.000 à 900.000 b/j en 2015", a ainsi déclaré M. Tanaka,.

    Même si ce déclin de production ne représenterait que 1% de l'offre mondiale, il ne "peut être ignoré", a-t-il ajouté. Une déclaration qui pourrait faire grimper le cours qui peine actuellement à progresser.

    Pourrait s'ajouter à cela un impact potentiel supplémentaire de 550.000 b/j du fait de risques sur la production du Brésil, de l'Angola et du Nigeria.

    Toutefois, "il n'y a actuellement aucune indication sur le fait que l'octroi de permis (de forage) dans ces pays puisse être affecté" par la marée noire, prévient l'AIE.

    Rappelons également que le retour de l'Irak sur l'échiquier pétrolier devrait mathématiquement provoquer une augmentation de l'offre de pétrole

    Fin mai, le porte-parole du ministère irakien du Pétrole Assim Jihad a indiqué à la presse russe que l''Irak envisageait d'augmenter de près d'un tiers sa production de pétrole en 2011.

    "Le ministère a décidé d'accroître la production pétrolière de 150.000 barils par jour en 2010 et d'environ 600.000 barils par jour au cours de l'année prochaine", a ainsi déclaré Assim Jihad à Ria Novosti.

    Fin 2009, les autorités irakiennes ont conclu avec des compagnies étrangères - dont les russes Lukoil et Gazprom Neft - une série de contrats portant sur la mise en valeur de champs pétrolifères. L'ensemble de ces accords devraient permettre d'accroître la production de pétrole irakienne de 10 à 12 millions de barils par jour en 2016.

    Mais l'ambition affichée par l'Irak de quintupler sa production d'ici à 2016 devrait rapidement créer des difficultés au sein de l'Opep et pourait même menacer la cohésion du cartel.

    L'Irak pourrait en effet redevenir un géant pétrolier de la taille de l'Arabie saoudite ... diminuant de facto les parts de marché des autres pays membres de l'Organisation et de la Russie.

    En contrepartie, Bagdad devrait se voir contraint - comme les autres États membres - à respecter un quota de production , obligation dont il est exempté depuis près de 20 ans en raison de la guerre et de l'embargo.

    "Je ne m'attends à aucune discussion sur la fixation de quotas avant que la production irakienne n'augmente de façon significative" avait affirmé en décembre 2009 ministre irakien du Pétrole, Hussein Chahristani, à l'avant-veille d'une réunion de l'Opep à Luanda (Angola). Le ministre avait toutefois laissé entendre que son pays entendait obtenir une autorisation de production élevée, à la mesure de ses besoins de reconstruction ...

     

    Barack Obama a parlé de la marée noire depuis son bureau ovale

    Publié le 18 juin 2010 par admin dans Brèves, tags: , , , ,

    Dans un discours prononcé le 15 juin depuis son bureau ovale de la Maison Blanche, une première depuis son élection à la présidence des Etats Unis, Barck Obama a promis de forcer le pétrolier BP à payer des indemnisations pour son imprudence, à l’origine de la marée noire dans le golf du Mexique.

    Alors que BP a toujours déclaré vouloir prendre en charge la réparation des dommages imputable à la fuite de pétrole , on peut se demander, si en parlant d’ imprudence, Barack Obama n’envisage pas de réclamer à BP , en plus de la prise en charge de tous les frais déjà engagé et à venir , les fameux « dommages punitifs », une véritable peine civile prononcée au profit des victimes, une particularité redoutable de la jurisprudence américaine.

    Dans cette hypothèse, la facture totale pour BP pourrait s’élever entre 30 et 100 milliards de dollars, ce qui rend plausible le risque d’une offre d’achat de la part d’un concurrent.

    Le président a également évoqué, en parlant de ses projets dans le cadre de la future loi sur l’énergie, l’avenir des forages en mer aux Etats-Unis, en se déclarant ouvert à toutes les propositions des démocrates comme des républicains pour réduire la dépendance américaine au pétrole, ce qui augure mal de leur expansion.

    BP: de gros moyens pour faire face au coût de la marée noire

    NEW YORK (AP) — British Petroleum a assez de pétrole dans ses réserves pour approvisionner à lui seul les Etats-Unis pendant deux ans, affiche un niveau d'endettement modeste et gagne plus d'argent qu'Apple et Google réunis. Aussi, quand la Maison Blanche lui a demandé de financer un fonds d'indemnisation de 20 milliards de dollars, les investisseurs ne se sont pas inquiétés.

    "Le gouvernement américain deviendra insolvable avant BP", ironise Bruce Lanni, un analyste de Nollenberg Capital Partners. La compagnie pétrolière britannique a enregistré l'an dernier un bénéfice de 17 milliards de dollars, contre 5,6 milliards pour Apple et 6,5 milliards pour Google. Au cours des trois dernières années, BP a dégagé une marge brute d'autofinancement de 91 milliards (73,6 milliards d'euros).

    Contrairement aux banques durant la crise financière, la compagnie n'est pas fortement endettée. Et ses réserves de 18 milliards de barils représentent deux fois la consommation annuelle de pétrole des Etats-Unis.

    La marée noire dans le golfe du Mexique lui a coûté jusqu'ici 1,8 milliard de dollars, et la facture pourrait s'alourdir considérablement. En cas de poursuites pénales, la compagnie pourrait avoir à payer des dizaines de milliards de dollars uniquement en frais de justice.

    Les analystes estiment que le coût total de la catastrophe pour BP devrait se situer entre 17 et 60 milliards de dollars (entre 13,8 et 48,5 milliards d'euros). Mais si les prédictions les plus pessimistes sur la fuite de pétrole se réalisent, la note pourrait dépasser les 100 milliards de dollars, selon une estimation de Goldman Sachs.

    En vertu d'un accord passé mercredi avec l'administration Obama, BP suspendra le versement de son dividende trimestriel jusqu'à la fin de l'année, libérant ainsi 8 milliards de dollars. Le groupe compte aussi vendre pour 10 milliards de dollars d'actifs. Et en puisant dans ses comptes bancaires et des investissements à court terme, il pourrait lever sans difficulté 25 milliards de dollars (20,2 milliards d'euros).

    Par ailleurs, BP devrait dégager un excédent brut d'exploitation de 30 milliards de dollars cette année si les prix du pétrole ne chutent pas. Une grande partie de cette somme doit être réinvestie dans la compagnie, mais une partie pourrait aussi servir à d'autres fins.

    Le groupe possède également une grosse marge de manoeuvre pour emprunter, avec un bémol toutefois: il aurait à payer des taux d'intérêt supérieurs au marché pour l'émission d'obligations ou la souscription d'un prêt.

    L'incertitude sur le coût de la marée noire a fait plonger l'action BP. L'accord sur le financement par BP d'un fonds de 20 milliards de dollars (16,2 milliards d'euros) pour indemniser les victimes, et les déclarations de Barack Obama, qui a affirmé que BP était un groupe "solide", et qu'il était dans l'intérêt de chacun qu'il le reste, ont semblé calmer un peu les investisseurs. Mais ils s'inquiètent toujours du montant final de la facture.

    Selon de nouvelles estimations, la fuite libère jusqu'à 9,4 millions de litres de pétrole par jour, soit le triple de l'estimation d'il y a une semaine. L'action BP a perdu 46% depuis l'explosion le 20 avril de la plate-forme Deepwater Horizon, à l'origine de la marée noire. Mais Fadel Gheit, d'Oppenheimer & Co, estime qu'elle atteindra 55 dollars d'ici la fin 2011, soit une progression de 75% par rapport à la cotation de mercredi. Une chute du prix du pétrole à 60, voire 55 dollars le baril serait "bien plus déstabilisante pour le groupe que toute plainte potentielle dans le Golfe", ajoute cet expert.

    Selon certains analystes, le temps pourrait être un allié précieux pour BP. Les affaires impliquant les grandes sociétés ont tendance à traîner des années dans le système judiciaire américain, et la complexité et les enjeux de la marée noire allongeront sans doute encore davantage la procédure. BP pourra ainsi étaler ses coûts dans le temps.

    Il serait étonnant que "toutes les plaintes civiles et pénales contre BP soient closes avant la fin de la décennie", estime David Logan, doyen de l'école de droit de l'université Roger Williams à Rhode Island.

    Et BP pourra peut-être étaler le paiement de la facture sur une période bien plus longue. Dans le cas de l'Exxon Valdez, le pétrolier qui avait déversé 41 millions litres de pétrole dans les eaux de l'Alaska en 1989, il a fallu près de 20 ans aux tribunaux pour déterminer le montant à payer par Exxon Mobil... AP

    Marée noire: vingt-cinq mille barils de brut récupérés chaque jour

    BP récupère désormais 25'000 barils (4 millions de litres) de pétrole par jour échappés du puits situé dans le golfe du Mexique, a annoncé le commandant des garde-côtes américains. Le chiffre était de 15'000 barils jusqu'à présent.

    "Sur la période de 24 heures qui s'est achevée à minuit la nuit dernière, nous avons été en mesure de récupérer 25'000 barils de pétrole", a indiqué à la presse l'amiral Thad Allen, chargé de coordonner la lutte contre la marée noire qui souille le golfe du Mexique depuis près de deux mois.

    Jeudi, Thad Allen avait dit que ce volume se montait à 15'000 barils (2,4 millions de litres) récupérés chaque jour. Il avait indiqué que BP espérait porter ce chiffre à 28'000 en début de semaine prochaine. Ce volume devrait être porté à 53'000 barils par jour d'ici la fin du mois de juin, a-t-il observé.

    Par ailleurs, le directeur général de BP Tony Hayward va abandonner la gestion quotidienne de la marée noire du Golfe du Mexique, a déclaré son président Carl-Henric Svanberg dans un entretien à la chaîne Sky News. Un autre responsable du groupe pétrolier, Robert Dudley, va le reprendre.

    "Il (Tony Hayward) s'est rendu sur place juste après l'explosion", et après avoir passé huit semaines à diriger les mesures de crise, "il va maintenant transmettre la gestion des opérations au jour-le-jour à Robert Dudley", a déclaré M. Svanberg à la chaîne d'information britannique.

    Toutefois, un porte-parole de BP aux Etats-Unis a tempéré cette annonce. Il a assuré que pour l'instant, Tony Hayward continuait de diriger les mesures de BP face à la marée noire, ajoutant que "M. Dudley et son équipe prendront le relais une fois que la crise immédiate sera passée".

    (ats / 18 juin 2010 20:40)

    18 juin 2010

    BP va s'en sortir, le pétrole nous mène...


    Il est clair qu'en ce qui a trait à ses relations publiques, BP va ressortir affaiblie de cette catastrophe écologique provoquée par l'explosion de l'une de ses plates-formes dans le golfe du Mexique le 20 avril dernier.  
     
    C'est la marée noire la plus considérable de l'histoire, et on ne connaît même pas encore son ampleur réelle. Et plus de 50 jours après l'accident, le tuyau laisse toujours échapper quantité de pétrole dans le golfe. BP n'est parvenue que partiellement à le récupérer jusqu'à maintenant.  
     
    Les relations publiques de BP 
     
    Les images et les cris de cette femme aux mains couvertes de faux pétrole au Congrès jeudi, qui demande la prison pour les dirigeants de BP, ont fait le tour du monde. Ils expriment le dégoût et la colère de centaines de millions de personnes, à commencer d'abord par les Américains eux-mêmes, complètement choqués par l'explosion et surtout l'incapacité des pouvoirs privés et publics à trouver une solution durable et efficace. 
     
    Non seulement BP subit les images du pétrole qui fuit et les colères de citoyens, mais l'entreprise manque cruellement de jugement dans ses sorties publiques. Il fallait voir la tête d'enterrement de Tony Hayward, PDG grassement payé de BP. Il avait l'air totalement blasé durant son témoignage au Congrès, se permettant même des petits sourires en coin piquants.  
     
    Et que dire des propos arrogants de Carl-Henric Svanberg, président du conseil d'administration de BP, qui déclarait mercredi sur les pelouses de la Maison-Blanche que BP se préoccupait des petites gens (« We care about the small people »). Il s'est excusé depuis. 
     
    Oui, les relations publiques de BP sont pourries. Mais dans la réalité, BP ne s'en sort pas trop mal. Il faut comprendre que l'industrie pétrolière est détestée depuis longtemps. Ces entreprises savent comment se défendre, savent composer avec la désapprobation publique, avec les attaques régulières des groupes écologistes. Elles connaissent très bien les forces et les faiblesses de leurs activités.  
     
    Un avenir tout de même prometteur 
     
    BP savait que l'explosion d'une plate-forme était possible. Et, tout ce qu'elle cherche à faire, c'est de s'assurer qu'elle peut traverser la tempête sans trop perdre de morceaux. Et, soyons lucides, elle y arrive. L'affaire a progressivement glissé vers le président Obama, déchargeant BP d'une bonne partie de la responsabilité. 
     
    La réaction des investisseurs en bourse est révélatrice. Après une période d'incertitude et de profonde inquiétude, l'action de BP, malgré la baisse de sa note de crédit, est repartie à la hausse. L'entreprise a conclu une entente de 20 milliards de dollars pour les victimes avec Washington, ce qui est considérable, mais qui ne constitue pas un plafond pour autant. C'est surtout un chiffre, précis. BP a aussi réglé le dossier des dividendes, en annonçant la suspension des versements jusqu'à la fin 2010. Mais comptez sur BP pour reprendre les versements en 2011, une fois que le tuyau sera enfin bien bouché. Enfin, on l'espère (qu'il soit bouché, le trou!). 
     
    Et puis, BP, faut-il le rappeler, est l'une des cinq plus grandes entreprises du monde. Ses revenus ont atteint 246 milliards de dollars en 2009, année difficile, je vous le signale, avec la chute du pétrole, ce qui n'a pas empêché l'entreprise d'encaisser des profits nets de plus de 17 milliards de dollars. Certes, l'entreprise doit mettre 20 milliards de côté, mais en suspendant son dividende, elle pourrait épargner près de 10 milliards de dollars, elle prévoit vendre aussi certains actifs et elle prévoit des liquidités de 30 milliards en 2010.  
     
    Financièrement, BP ne s'en sort pas trop mal finalement. Il faut dire aussi que le monde a toujours besoin de pétrole. Et, dans les circonstances, les pouvoirs publics continuent d'appuyer l'exploration en mer. Faut-il le rappeler, Barack Obama a suspendu le développement de nouvelles explorations en mer pour six mois. Mais, c'est pour six mois seulement. Et puisque son programme vise l'indépendance énergétique aux États-Unis, comment le président Obama pourrait-il se passer des projets en mer? 
     
    Que BP soit confrontée à un défi sans précédent, je pense qu'on est tous d'accord. Mais l'avenir de BP demeure prometteur, quoi qu'on pense du pétrole, de la saleté de son exploitation, des dommages sur l'environnement et des intérêts de tout un chacun. Tant qu'il n'y aura pas d'autres solutions durables et imposantes, tant qu'il y aura des milliards à faire pour les régimes de retraite et les gouvernements, BP, Total, Chevron, Exxon et les autres vivront et seront les entreprises les plus importantes de notre planète

     


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