• Il y a un an....Xynthia

    IL Y A UN AN…. XYNTHIA

    Il y a tout juste un an...

    Après Martin le 27 décembre 1999...

    Après Klaus le 24 janvier 2009...

    Xynthia dévastait le littoral vendéen et charentais dans la nuit du 27 au 28 février 2010.

    Un an après, la vie a repris et tout semble être redevenu comme avant, mais les cicatrices ne sont pas refermées. De nombreux sinistrés sont encore relogés dans des abris de fortune. Certains ont regagné leur maison, qu’ils essaient de remettre en état. D’autres sont partis ; certains même ont quitté la région.

    Trois tempêtes meurtrières en dix ans ont eu raison de leurs forces.

    Ceux qui vivent de la mer ont payé deux fois : ils ont perdu leur toit, mais aussi leur outil de travail… et pour certains deux, voire trois fois en dix ans. A peine avaient-ils reconstruit, que tout a été emporté en quelques heures, le temps d'une marée "pas comme les autres".

    Les zones jaunes, oranges, noires ne sont pas encore vraiment définies. Certains voudraient retourner vivre dans leur maison, mais s’attendent à sa destruction, et d’autres voudraient voir leur ancienne demeure démolie, mais elle n’est pas dans une zone qui doit être rendue à la nature.

    Chaque cas est particulier, unique...

    Aucune solution collective ne sera satisfaisante.

    Parmi les victimes, nombreux sont ceux qui gardent encore dans leur chair les stigmates de cette nuit d’horreur… et si leur chair n’a pas souffert, comment oublier les heures d’angoisse, dans une eau à 8°C, accrochés, qui sur son toit, qui à une branche. Comment oublier les morts. Comment oublier les yeux des brebis qui regardaient leur éleveur, dans l’eau, dans la nuit, avant de périr noyées. Comment reconstruire les souvenirs perdus (photos, objets de famille, jouets de son enfance…) ?

    Bien sûr, les assurances ont indemnisé…. Bien sûr, tout le monde a été relogé, plus ou moins  bien.

    Mais…

    Dans les secteurs inondés, les maisons sont toujours là, fermées, abandonnées, comme des fantômes. Les jardins sont devenus des terrains vagues. Les arbres et les vignes inondés d’eau salée n’ont pas pu guérir de ce bain empoisonné. Les carrelets tout juste rebâtis après l’ouragan qui sonna la fin des années 1900 sont de nouveaux en miette. Et l’eau, l’eau partout.

    Les digues ne sont pas toutes refaites, et surtout pas toujours assez hautes, pas assez entretenues. Une digue perd 30 cm de hauteur par an. Donc, même si elle fait 2 m de haut à sa construction, elle n’en fera plus qu’un en trois ans, et la vague passera.

    Mais fallait-il construire si près de l’eau ? Est-il indispensable d’être à 30 secondes de la plage ? Était-il raisonnable de vouloir gagner du terrain sur la mer ?

    La nature reprend toujours ses droits. On le sait depuis des millénaires. Alors pourquoi vouloir jouer aux apprentis sorciers ?

    Et lorsqu’on regarde notre toute petite planète bleue à l’échelle de l’immense univers, ne devons-nous pas rester humbles, et ne pas vouloir se croire plus fort que le monde…

    Il y aura d’autres catastrophes. Et d’autres victimes.

    Ainsi va la nature…. Ainsi sont les humains….

     

    Flonigogne


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