• Epluchettes de blé d'Inde 2011

    DES ÉPLUCHETTES DE BLÉ D’INDE AU CHÂTEAU DES GRANGES
    Ou une sympathique journée avec Pays Rochelais-Québec
     
     
    En ce premier dimanche de septembre, l’association Pays Rochelais Québec organisait des épluchettes de blé d’Inde, comme au Québec !
     
    Certains peuvent se demander ce que cela peut être.
     
    Tout d’abord, un peu d’histoire. Le blé d’Inde est le nom québécois du maïs. Le maïs est d’origine américaine, d’Amérique centrale très exactement ; les Amérindiens le nommaient « mahiz » ou « maïze » et il constituait la base de l’alimentation des autochtones, à une époque où les céréales  l’étaient en Europe. Ils le consommaient en grains directement sur l’épi, ou à partir de la farine en bouillies, en galettes, pimentées ou sucrés au miel, en accompagnement de légumes, de viande ou de poisson. Tout était utilisé  dans le maïs : les feuilles, les grains, les germes, les soies, la rafle (partie centrale de l’épi) ; il servait de nourriture, de combustible, de monnaie d'échange, et on en  fabriquait même des bijoux ; le maïs était également présent lors des cérémonies religieuses des Amérindiens d’Amérique du sud (Mayas, Aztèques et Incas).
     
    Christophe Colomb croyait débarquer en Inde. Le lien était donc fait : le maïs était le « blé d’Inde », comme il y avait des « poules d’Inde » (qui devinrent les « dindes » et les « dindons »…) et les « cochons d’Inde »… dont certains sont du Pérou.
     
    Par ailleurs, les Amérindiens organisaient des fêtes à l’occasion de la récolte du maïs. Les premiers colons français ont repris cette tradition. Comme ce qui se passait chez nous au moment des moissons et des vendanges, on invitait tout l'entourage à participer à la récolte, à l’épluchage et l’égrainage des épis, et le premier qui trouvait un grain rouge était élu roi du jour et pouvait embrasser la personne de son choix (comme lorsque nous tirons les rois).
     
    La tradition perdure : les Québécois ont l’habitude de se réunir à l’occasion des épluchettes de blé d’Inde autour d'une grande cuve d'eau bouillante placée au-dessus d'un feu de bois ou de gaz. Pendant que le maïs cuit, on « jase », on s'amuse et on organise des défis à celui qui mangera le plus d'épis. Cette fête est parfois suivie d’un feu de joie (les Québécois adorent faire des feux de joie…) et d’une soirée animée par des musiciens. On mange les épis de maïs roulés dans du beurre, avec des « chiens-chauds », des hamburgers, des salades composées, de desserts de saison (tartes, salades de fruits…).
     
     
    Les membres de l’association Pays Rochelais-Québec ont repris cette tradition québécoise. Le maïs ne nous a cependant pas attendus pour mûrir, d’autant moins que la récolte doit être faite à une maturité bien précise, ni la veille ni le lendemain. Les épis ont donc été cueillis le 4 août… et ont dormi au congélateur, bien pratique invention des temps modernes.
     
     
    Il reste à les éplucher et les cuire. Tout le monde s’y met dans la bonne humeur. Pour certains, c’est une habitude, tandis que d’autres se demandent bien dans quel sens prendre ce tabarnak de blé d’Inde pour le déshabiller.
     
     
    Mais tout se passe bien et c’est l’occasion de bien rire et de « jaser ».
     
    Pendant que les épis cuisent (il faut bien une heure…) le p’tit bec (mélange de vin blanc et sirop d’érable) est servi en apéritif.
     
     
    Chacun s’occupe des ses grillades, sous l’œil vigilent de Bob, puis tout l’monde à table !
     
     
    À l’issue du repas, le propriétaire des lieux nous fait une visite guidée.
     
    Il nous raconte l’histoire du château des Granges, construit au début du XVIIIème siècle par Paul Depont, directeur de la chambre de commerce de La Rochelle sur l’emplacement d’une ancienne maison fortifiée datant du XVème siècle. Sept familles furent successivement propriétaires du domaine, actuellement géré par les héritiers (ils étaient six dont un est décédé, un autre a vendu ses parts).
     
     
    Le château a connu la révolution française, puis les différentes guerres dont il subit les assauts. À la fin de la dernière guerre, il était occupé par l’armée allemande. Des soldats du 4ème régiment de Zouaves de Tunisie ont voulu libérer le château, mais quatre hommes ont été mitraillés par un des Allemands qui feignaient de se rendre. En représailles, les Alliés ont bombardé le château, mais les Allemands étaient déjà loin. Il ne reste actuellement que les murs extérieurs, l’aménagement intérieur étant de facture plus moderne, ce qui ne signifie pas plus confortable.
     
     
    Il reste toutefois une chapelle, bien malmenée pour être transformée en distillerie, et dont on se demande comment elle tient encore debout. Elle servit bien peu au culte, pour ne pas faire ombrage à l'église du village. Un mariage au moins y a été célébré.
     
    La cave que nous avons pu visiter a été aménagée en cuisine, avec une belle cheminée, deux fours, un évier, un puits et un accès à un souterrain.
     
     
    Le perron du château débouche sur ce qu’il reste des parcs et des pièces d’eau que le propriétaire nous a fait découvrir.
     
    Les arbres et l’eau se souviennent certainement de ce qu’il s’y est passé : des batailles, des amours éphémères ou durables, des drames et des bonheurs, comme en tout lieu chargé d’histoire.
     
    Ici les dames en crinoline venaient se mettre au frais au bavarder un peu,
     
    là le seigneur (autoproclamé seigneur, d’ailleurs) y avait ses terrains de chasse.
    Un ruisseau a été détourné pour alimenter l’étang en eau. On voit encore les restes du barrage qui y avait été construit.
     
     
    La découverte, donc, d’un château d’Aunis que nous ne connaissions pas. Château bien meurtri, mais les propriétaires font de leur mieux pour qu’il survive le plus longtemps possible.
     
    Présent à cette journée, Benoît, un des deux jeunes partis cet été à Saint-Jérôme, au Québec, dans le cadre des intermunicipalités. Ils sont restés deux mois là bas et en sont revenus avec plein de souvenir. Ils ont tenu un blog durant leur séjour http://voyage-au-quebec.blogspot.com/ et ont apporté un album photo pour ceux qui n’ont  pas Internet.
     
    Belle expérience dont ils se souviendront.
     
     
    Et puis la minute historique  de Christian Rouvreau, qui profite de chaque rencontre pour évoquer une page d’histoire de la Nouvelle-France. Cette fois-ci, la Louisiane était à l’honneur, comme à la foire expo de La Rochelle !
     
    La prochaine rencontre des adhérents sera dans l’île Madame. Après la campagne aunisienne, nous irons donc dans l’embouchure de la Charente : autre ambiance et nouvelle expérience, certainement aussi conviviale.
     
    Flonigogne
     

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