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Nous souhaitons partager autour de l'Ancien et du Nouveau Monde, avec nos coups de cœur, au gré de nos rencontres et de l'actualité, dans le cadre - ouvert - de la francophonie.

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Xynthia : revue de presse du20avril

 
 
 
 
 
 
 
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20 avril 2010 06h00 | Par Basile Lemaire    
Trente années noyées

Le photographe Yves Ronzier a perdu près de 40 000 photos sur papier et autant de diapositives, lors de la montée des eaux due au passage de Xynthia.

  Yves Ronzier (ici en compagnie de son fils) a souvent réalisé 
des expositions à partir des photos de sa « collection privée », 
malmenée par la tempête.  photo archives, dominique jullian
Yves Ronzier (ici en compagnie de son fils) a souvent réalisé des expositions à partir des photos de sa « collection privée », malmenée par la tempête. photo archives, dominique jullian

«J'ai commencé la photographie à 16 ans et tout ce qui valait quelque chose était là », explique Yves Ronzier en désignant le local des Minimes inondé par 1,70 m d'eau le 28 février dernier.

Depuis les années 1970, cet amoureux du nautisme immortalise les plus beaux bateaux du globe. Du prototype à la pièce de collection, tout ce qui se rapporte à la mer est susceptible de passer un jour devant son objectif.

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Il avait amassé ainsi près de 80 000 photos et diapositives, qui constituaient sa « collection privée ».

Une mémoire détruite

Si Yves Ronzier est loin de s'apitoyer sur son sort, ce drame a tout de même des conséquences professionnelles importantes. Aucune archive de plus de cinq ans n'a été épargnée. Des clichés de régates en Suède, en Grèce, en Écosse ou en Italie. Des images détaillées de bateaux qui ne navigueront plus, pour certains, ou qui sont devenus internationalement célèbres, pour d'autres.

« Chaque année, des figures emblématiques du nautisme, comme Joubert et Nivelt, Daniel Andrieux ou encore Jean Berret, préparaient des prototypes pour les régates de la saison suivante. C'est sur ces voiliers que j'ai fait mes premières photos. Ce sont les bateaux qui m'ont amené à la photo, pas le contraire. »

Yves a décidé de regarder devant lui : « Tant que je peux continuer à travailler, je n'ai pas le droit de me plaindre. » Il a donc repris son appareil avec l'objectif de constituer une nouvelle collection, numérique celle-là, pour les décennies à venir.

 
 
 
20 avril 2010 06h00    
Chantier reporté à la digue du Chay

Le texte de cette annonce légale concernant la commune d'Angoulins et relatif aux travaux prévus sur une digue au nord, à la pointe du Chay, côté Aytré, a alerté nos lecteurs : « Ouvrages de défense contre la mer : report de l'enquête publique ».

En effet, par arrêté préfectoral du 24 février 2010, une enquête publique portant sur la remise à niveau, la gestion et l'entretien d'ouvrages de défense contre la mer devait avoir lieu du 15 mars au 14 avril 2010. Mais, « compte tenu des événements climatiques exceptionnels survenus dans la nuit du 27 au 28 février dernier, l'enquête publique a été reportée à une date ultérieure ».

Marie-Claude Bridonneau, maire d'Angoulins, répond très volontiers à cette question : « Étant donné ce qui s'est passé, on pense que, probablement, la digue devra être rehaussée davantage. Il est inutile d'effectuer un travail qui risque d'être ensuite remis en question. Ce n'est pas la peine de faire quelque chose pour recommencer après. Nous avons donc préféré tout arrêter. »

Il est effectivement possible que les règles concernant les digues soient modifiées, que de nouvelles prescriptions soient établies. C'est d'ailleurs un des objets de la mission sénatoriale en cours qui doit, entre autres, définir les causes des ravages de Xynthia et ensuite proposer, éventuellement, de nouvelles règles pour les constructions d'ouvrages de défense. Mais, pour l'instant, aucune consigne particulière n'a été donnée.

« On ne sait rien, en effet, commente Marie-Claude Bridonneau. D'ailleurs, avec les maires des communes sinistrées, nous avons prévu une réunion, pas la semaine prochaine mais la semaine d'après, à la communauté d'agglomération. Nous discuterons notamment avec des techniciens. »

 
 
 
20 avril 2010 06h00 | Par Yvon Vergnol 0 commentaire(s)
Dominique Nadeau démissionne
  De gauche à droite Lionel Pacaud, Jean-Jacques Bazerbes, 
Philippe Villa, Dominique Nadeau et ses collaboratrices.  photo Y.V.
De gauche à droite Lionel Pacaud, Jean-Jacques Bazerbes, Philippe Villa, Dominique Nadeau et ses collaboratrices. photo Y.V.
Lors de l'assemblée générale extraordinaire de l'Office de tourisme, le mot « financement » était apparemment tabou. Il semble pourtant que c'est précisément une promesse de financement non tenue qui soit à l'origine de la démission du président Dominique Nadeau.

« Sans vouloir polémiquer, la raison de la démission est que je n'ai pas obtenu ce que l'on m'avait promis et que je ne supporte pas cette situation », a-t-il expliqué. Avant de remercier ses collaboratrices pour le travail accompli, tout particulièrement avec la Maison du tourisme du Pays Marennes-Oléron, rappelant que le tourisme est une activité capitale pour le territoire. « Il est dommage que certaines municipalités n'en soient pas convaincues », a conclu le président. Et d'indiquer son souhait « de voir l'Office rester sous sa forme actuelle sans être municipalisé. »

Deux candidats

C'est sur les sollicitations pressantes du maire Jean-Jacques Bazerbes et de Lionel Pacaud, directeur de la Maison du tourisme, que le président démissionnaire a ensuite repris sa place jusqu'au terme de la réunion. Auparavant, Lionel Pacaud avait exprimé son dévouement au président démissionnaire « qui l'a souvent accompagné lors d'importantes réunions. »

Philippe Villa, après s'être associé à l'éloge général, indiquera les choix qui ont conduit la commune à diminuer les subventions aux associations (60 000 euros à l'Office de tourisme pour 63 000 précédemment) après le lourd investissement fait pour l'achat de la Cailletière « qui renforce de façon conséquente le patrimoine communal. » Après un retour sur la tempête Xynthia, la très saine situation financière de l'Office a été présentée par Nathalie Bon avant que les deux candidats à la succession de Dominique Nadeau ne soient invités à exposer leur programme respectif.

Le maire Jean-Jacques Bazerbes précisant que tous les présidents « avaient toujours été libres de donner une impulsion personnelle à l'Office de tourisme. »

Après la réunion du nouveau conseil d'administration, un nouveau président devait être élu.

 

20 avril 2010 06h00 | Par Jean-Pierre Ouvrard 0 commentaire(s)
Le Plomb vaut encore de l'or
  Les restaurateurs et les ostréiculteurs du port du Plomb.  PHOTO
 JEAN-PIERRE OUVRARD
Les restaurateurs et les ostréiculteurs du port du Plomb. PHOTO JEAN-PIERRE OUVRARD
 

L'Houmeau et Nieul se partagent un lieu unique, le port du Plomb. Ce site aux effluves océanes, ce bel abri côtier ne laisse pas insensibles les nombreux promeneurs. L'écrin marécageux a su garder son charme naturel, malgré une rénovation qui lui fut nécessaire. La vase, certes un peu débordante, fait partie du décor : sans elle, le Plomb ne serait pas le Plomb.

Tous les amoureux du secteur se sont fait un sang d'encre quand l'océan s'est permis des débordements lors de la tempête Xynthia. La situation s'est révélée préoccupante pour les huit professionnels qui travaillent autour du Plomb ; mais, grâce à leur énergie et à celle du Sivu (Syndicat intercommunal à vocation unique) qui régit ses installations et son administration, le port a pansé ses plaies et les derniers stigmates ont disparu.

Une image négative

Dès le lendemain du sinistre, les restaurateurs se sont retroussé les manches pour être rapidement opérationnels. Pour eux, il y a eu plus de peur que de mal mais toutes ces images négatives ont terni la réputation du site. Coquillages et Crustacés, la Passerelle, la Cabane du pertuis (du côté de L'Houmeau), le Café de la mer, Port Lauzières, la Cabane de Lauzières (du côté de Nieul) ont souhaité positiver, pour clamer haut et fort que le lieu était toujours magique.

Les entreprises ostréicoles situées à l'arrière du port ont pris la marée de plein fouet mais, aujourd'hui, les professionnels (MM. Rivasseau, Puyo et Joguet) ont récupéré leur outil de travail et ils sont prêts à accueillir la clientèle (puisque la consommation des coquillages est de nouveau autorisée).

Signalons encore que l'ensemble du secteur a été réhabilité : les sentiers pour les promeneurs et tous les circuits pour les sportifs sont accessibles. Avec les beaux jours, les courageux voileux ont refait leur apparition sur le pertuis, avec l'île de Ré en toile de fond. Ils offrent aux impatients un avant-goût de la saison estivale.

 

 
 
 
20 avril 2010 08h40 | Par Philippe Baroux 0 commentaire(s)
Sauver le matériel ostréicole

En marge de la profession, les ateliers de réparation de matériel ostréicole sont en surchauffe depuis un mois. Une conséquence de la tempête Xynthia.

  À Marennes, Michel Cochon (photo) a recruté un technicien pour 
faire face à la demande de réparations.  photo P. B.
À Marennes, Michel Cochon (photo) a recruté un technicien pour faire face à la demande de réparations. photo P. B.
 

L'ostréiculture en déroute peut compter sur quelques fidèles alliés. Depuis les ravages causés par Xynthia sur le parc de matériel des établissements conchylicoles, les fabricants d'outillage professionnel et réparateurs spécialisés sont en surchauffe.

Dans de nombreuses cabanes, l'eau de mer, qui a pu monter jusqu'à plus d'un mètre, a détruit ou sérieusement endommagé le matériel de manutention et d'expédition, au point de paralyser le fonctionnement des entreprises. Des pompes qui garantissent la circulation hydraulique dans les bassins, des chariots élévateurs, des cercleuses pour l'emballage, des cribles pour le tri, des laveurs ; tout équipement immergé est passé entre les mains de ces « chirurgiens » des tableaux électriques et de l'inox.

Des dizaines de devis

« Aujourd'hui, ça commence à se calmer », indique, à La Tremblade, Yejin Mulot. Elle garde en mémoire la noria de camions qui a déchargé tout ce matériel. Des devis par dizaines : en un mois, l'équivalent d'un trimestre de propositions d'une année ordinaire.

Le parking de la société Mulot, une entreprise de 47 salariés, « était garni de machines ». Et pour faire face, la décision a été prise de mettre la production entre parenthèses, pour se consacrer aux réparations liées au sinistre. Parce que la majorité des clients « a fait le choix de réparer », ajoute Mme Mulot. Et en priorité les pompes et l'équipement électrique.

Sur la commune du Gua, Philippe Landreau témoigne aussi d'une augmentation des demandes de devis, mais la spécificité de cette SARL tournée vers le matériel mytilicole l'a mise quelque peu à l'écart du sinistre ostréicole. « Même si nous avons assuré un peu plus d'interventions que d'habitude. »

À l'inverse, Conchy-services, qui faisait, il y a un an, le choix d'orienter, à Marennes, son activité vers la maintenance de l'outillage professionnel, a dû mettre le grand braquet. Le couple Nicole et Michel Cochon a même recruté un technicien pour l'épauler. Ici aussi les demandes de devis ont afflué. « Et maintenant, petit à petit, les commandes de travail nous parviennent. Il y a beaucoup à démonter, il y a beaucoup de temps à passer dans l'atelier », indique Nicole Cochon.

Charles Bertrand, une autre adresse réputée, à Bourcefranc, partage l'analyse : « Beaucoup de professionnels ne sont toujours pas fixés sur les indemnités qu'ils toucheront. C'est pour cela qu'ils commandent les travaux de réparation au coup par coup, indique le patron de la SARL Bertrand, à la Chaînade. Le gars qui avait trois pompes abîmées est tout d'abord venu nous en commander une nouvelle. Pour les deux suivantes, il attend l'assurance. C'est logique. »

Des tâches prioritaires

En 1999, l'approche du client était différente. « Il y avait eu moins de dégâts, mais ce qui avait été abîmé fut remplacé par du matériel neuf. Cette fois, nous réparons, même lorsque le montant de la réparation atteint les deux tiers du neuf. En plus, les experts qui sont venus n'étaient pas spécialement compétents. Ils n'y étaient pas pour grand-chose puisqu'ils arrivaient d'un peu partout et ne connaissaient pas le matériel conchylicole. »

La cour de l'entreprise Bertrand déborde donc, elle aussi, de matériel. Ici, les tâches ont été classées par ordre de priorité. D'abord les pompes, qui sont à une exploitation ce que le cœur est à l'organisme. Puis les laveurs, pour préparer le produit à son expédition. « En ce moment, nous attaquons les réparations du matériel pour travailler le naissain. Parce que la saison démarre, détaille le dirigeant. J'estime la demande en réparation trois fois supérieure à ce qu'elle est une année normale. Nous avons encore un bon mois de travail pour tout remettre en ordre. »

20 avril 2010 06h00 0 commentaire(s)
Priorité au centre de sauvetage

En déplacement à l'île d'Aix, le président de la SNSM a réaffirmé la priorité de créer un centre de sauvetage. Les explications du délégué départemental.

  Bruno de Bouärd, délégué départemental de la SNSM.  photo xavier
 léoty
Bruno de Bouärd, délégué départemental de la SNSM. photo xavier léoty
 

« Sud Ouest ». Quel bilan d'activités les stations de sauvetage en mer de la Charente-Maritime ont-elles livré lors de votre assemblée générale ?

Bruno de Bouärd. 2009 a été une année relativement stable par rapport à 2008. Au cours de l'année, 171 bateaux ont été assistés, 360 personnes sauvées, dont 4 quatre d'une mort certaine. En outre, 82 exercices ont été effectués, hélitreuillages, sorties de nuit, etc.

Quel est, dans le département, le déploiement de la SNSM ?

Il y a six stations de sauvetage en Charente-Maritime, à La Rochelle, l'île de Ré (La Couarde), Aix, la Cotinière, La Tremblade et Royan, et deux centres de formation de nageurs-sauveteurs à La Rochelle et Rochefort. Ces deux derniers fournissent un effectif important sur les plages du littoral et assurent une surveillance sous la responsabilité du Service départemental d'incendie et de secours. Sur un total de 320 sauveteurs, 180 provenaient de la formation SNSM.

Quels sont vos projets concernant les équipements nautiques des stations ?

À la fin de l'année, ou au début de l'année prochaine, La Couarde devrait recevoir une vedette. C'est une construction neuve de 8 m, un peu équivalente à celle qui navigue à La Tremblade. Elle couvrirait le pertuis Breton et, en cas de défaillance, elle doublerait le canot de La Rochelle. Nous avons aussi un projet de changement de vedette à Royan, mais pour l'année 2012.

Lorsqu'on prononce le nom de Xynthia, quelle est sa résonance à la SNSM ?

Nos locaux de La Rochelle et de La Tremblade ont été inondés. Il en a résulté quelques dégâts matériels. Cette tempête, qui a soulevé beaucoup d'émotion au sein de la population, a conduit à l'intervention des bénévoles de l'île d'Aix pour participer aux opérations liées à l'échouage du bac « Pierre-Loti ». À titre privé, plusieurs sauveteurs de Rochefort et de La Rochelle sont aussi allés aider les populations sinistrées. À ce propos, nous ignorons pourquoi la préfecture n'a pas sollicité la SNSM en tant que telle lors de cet événement, alors que, pour la grippe H1N1, nos équipiers avaient été mobilisés pour des vacations de vaccinations.

Un centre de sauvetage regroupant, en un seul lieu, pôle d'intervention et centre de formation devait sortir de terre, à Chef-de-Baie, à La Rochelle, cette année. Un projet mort-né ?

Nous sommes toujours au point mort. Nous avions, un temps, envisagé l'idée de construire un bâtiment neuf. Elle n'a pas été développée, mais nous avions visé au port de pêche un bâtiment dont la Coopérative des sardiniers voulait se séparer. Mais il est situé sur le domaine public maritime et nous ne pouvons pas en disposer comme nous le souhaitons. Notre président national, l'amiral Yves Lagagne, veut rencontrer le président du Conseil général, Dominique Bussereau, pour que nous soyons fixés sur les intentions du Département au sujet de notre projet d'implantation, le Conseil général ayant la main sur le port. L'amiral Lagane nous a indiqué que cette mission était une priorité.

Pourquoi vouloir regrouper vos moyens à Chef-de-Baie ?

Pour l'instant, un local est mis à disposition de notre centre de formation de La Rochelle, dans le quartier de Tasdon. On ne peut qu'y assurer les stages mais, pour stocker tout le matériel, les Zodiac, nous disposons d'un hangar un peu plus loin. Ce n'est pas rationnel.

Si ce pôle voyait le jour à La Rochelle, cela signifierait-il la fermeture du centre de formation de Rochefort ?

Absolument pas. Nous souhaitons préserver notre centre de Rochefort, où 120 sauveteurs ont été formés l'an dernier. Mais, là aussi, nous aimerions pouvoir disposer d'autres locaux. Chaque fois que je rencontre un élu municipal, c'est "Oui, oui, nous allons nous occuper de vous". Mais, en fin de compte, rien ne se passe.

 

 

 

 

Xynthia : ASI (et Marianne) entre émotionnel et vengeance sociale

Régis Soubrouillard - Marianne | Mardi 20 Avril 2010 à 17:01 | Lu 1717 fois

S'interrogeant sur la détresse (trop?) télégénique des victimes de la tempête Xynthia, le site Arrêt sur Images rappelle cet oubli présumé délibéré des chaînes de télé: la plupart des maisons touchées sont des résidences secondaires. Dans Sud-Ouest, Jean-Claude Guillebaud écrit qu'au-delà de la valeur d'un bien immobilier, c'est bien plus d'une dévastation immatérielle dont aucun expert ne saurait évaluer l'intensité dont il est question.


Xynthia ? Une tempête dans un verre d’eau avec quelques « résidences secondaires » autour ou une « blessure de l'âme dont aucun expert ne saurait évaluer l'intensité » comme l’écrit le journaliste Jean-Claude Guillebaud dans Sud-Ouest.

Le site Arrêt sur Images a choisi.Dans un article  - repris dans le n uméro de Marianne atuellement en kiosque - critiquant l’aspect trop émotionnel de la couverture par les JT des « sinistrés de Xynthia », le site fait remarquer un oubli : « la plupart des maisons détruites étaient des résidences secondaires. L'affaire est entendue. Les vies de ces habitants sont à reprendre à zéro, « une vie s'en va », il leur faut « tourner la page ». Du moins si l'on en croit les JT ».     

Arrêt sur Images passe rapidement sur ces menus détails :  « pour la grande majorité d'entre eux, la réalité n'est pas aussi noire que ne le laissent penser ces images. D'abord, comme le rappellent tous les reportages, ils toucheront d'importantes sommes d'argent, 250 000 euros en moyenne par maison détruite, selon la Fédération française des sociétés d'assurance. Mais surtout, ni le 7, ni le 8 avril, les JT n'ont rappelé un fait important : la plupart des habitants des maisons bientôt détruites ne se retrouveront pas à la rue ! Ces maisons sont en effet pour leur large majorité des résidences secondaires ».

Un torrent lacrymal
Et les journalistes de citer les exemples de  l’Aiguillon-sur-Mer où sur 241 habitations rasées, seules 25 sont des résidences principales et de la Faute-sur-Mer où on en dénombre 92 sur les 674 maisons condamnées. « En clair, dans ces deux communes, plus de 87% des habitations à détruire sont des résidences secondaires…» affirme le site.

Les auteurs évoquent dès lors d’une information « tronquée par les chaînes, au bénéfice de l'émotion, naturellement déclenchée devant le torrent lacrymal présenté sur les écrans. D'autant plus gênant que les journalistes de TF1, France ou France 3 disposaient des éléments pour amener cette précision ». Nulle découverte ici : la télévision a abandonné toute adresse à l’intelligence et ne rime plus qu’exclusivement avec émotion. Du bon gros pathos qui à trop dégouliner sur les écrans peut tout aussi bien susciter des réactions de rejet.

Des résidences secondaires pour riches de la télé

C’est le cas sur le forum du site où les intervenants adhèrent en masse à ce discours. Chacun y va de ses arguments : « me sont revenus en tête les Haïtiens, avec leurs handicaps (car beaucoup ont du subir des amputations), avec leurs pauvres tentes sous les pluies diluviennes... et en même temps, dans le même journal, les images des favelas de Rio qui glissaient en enfouissant sous leurs détritus et la boue, des personnes vivantes...Et oui, ensuite, on relativise » écrit clomani.

- « Bien dit et établi. C'est que pour la grande bourgeoisie française et notamment parisienne et notamment médiatique, ces pauvres victimes qui viennent de perdre leur deuxième maison, c'est tellement émouvant, ca les touche tellement... » ajoute jean-christophe.

- Marie explique qu’elle a « passé des années de colère à cause de toutes ces affreuses baraques qui ont salopé le bord de mer. Alors, les morts, c'est grave et triste mais sinon, je suis ravie de ce qui vient de se passer . Je crois savoir pourquoi la télé a zappé allègrement l'info résidence secondaire : parce qu'il doit y avoir des gens riches de la télé qui ont des maisons là-bas et veulent empêcher que ça soit détruit en ameutant l'opinion publique : il faudrait enquêter là-dessus, je pense».

Un projet de vie en zone noire...
Dans Sud-Ouest, le journaliste Jean-Claude Guillebaud propose une autre lecture de ces situations de détresse répliquant au bavardage « principalement chiffré » proposé par les médias : « tant de victimes, tant de millions de mètres cubes d’eau de mer, tant de milliards pour réparer les dégâts (…) Nos médias ont finalement ressemblé à un immense tableau de comptes, une leçon d’arithmétique » quand la peine des hommes ne se « réduit pas à des chiffres, ni même à des raisonnements rationnels. Le regard des habitants de Charron, de Fouras ou de La Faute-sur-Mer n'en finit pas de s'attarder sur ces coins de dunes ou de marais submergés. Ils comprennent que ce qu'ils risquent de perdre, ce n'est pas seulement un «bien immobilier». À côté de l'idée de perte, il faut prendre en compte ce que faute de mieux on appellera le « chagrin ».

Une notion difficile à figurer en diagrammes ou autres baromètres dont la télé raffole « Or tout cela, savez-vous » poursuit le journaliste, « n'a rien à voir avec les chiffres. Ce n'est pas une perte »quantifiable que pleurent en silence ces hommes et ces femmes que l'on décide d'exiler loin de « chez eux ». C'est le deuil d'un paysage familier ; c'est la privation subite de quelques points de repère ; c'est une blessure de l'âme dont aucun expert ne saurait évaluer l'intensité. Tous ces gens ont bien compris que, au nom de la sécurité et de la « précaution », c'est du grenier de l'âme qu'on a décidé de les expulser à la va-vite. La plupart d'entre eux sont des retraités. Or, passé un certain âge, on ne reconstruit pas si facilement son paysage intérieur ».

Parmi l’abondance des commentaires d’ASI qui dans leurs vitupérations contre les résidences secondaires ne font qu’évoquer une forme de vengeance divine fondée sur l’indignation. Fabien s’étonne de cette « solidarité des @sinautes ». Evoquant l’exemple de ses beaux parents : « Ils ont acheté le terrain en 70 et ont construit cette maison pendant plus de 20 ans. ce sont des personnes modestes (lui cadre moyen dans l'industrie et elle ouvrière spécialisée dans la chaussure) et leur résidence principale à Chôlet est bien modeste (bien plus que la maison de la Faute). Ils passent tous leurs week end et toutes leurs vacances à la Faute, tous leurs investissements sont faits sur la maison de la Faute...
Il y a 2 semaines, mon beau père à fêté son départ à la retraite, l'idée était de vendre leur logement de Chôlet et de partir enfin vivre à la faute. toutefois pour toutes les « bonnes âmes » qui s exprime sur ce forum et pour les statistiques, il s agit sûrement d'une résidence secondaire mais pour eux c’est plus que ça : c'est un projet de vie »
.

Un projet de vie réduit à l’état de zone noire.

 

 
 
 
 
 
Xynthia: Villiers à Matignon pour plaider un "plan digues" pour la Vendée

(AFP) – Il y a 1 jour

PARIS — Le président du conseil général de Vendée Philippe de Villiers s'est entretenu lundi avec François Fillon d'un plan de renforcement des digues de son département après le passage de la tempête Xynthia, qu'il chiffre à 100 millions d'euros.

"Le Premier ministre m'a répondu que l'Etat était prêt à financer 40% du projet, 10% devant provenir de fonds européens", a assuré l'élu vendéen à l'AFP à l'issue de la rencontre. Son département et la région Pays de la Loire contribueraient au reste du financement, à hauteur de 25% chacun.

Selon Philippe de Villiers, 75 km de digues servant à protéger les exploitations agricoles - "il ne s'agit en aucun cas de digues immobilières" - doivent être renforcées, soit parce qu'elles ont été endommagées soit qu'elles risquent de l'être lors d'une prochaine tempête.

L'élu a également répété au Premier ministre qu'il "soutenait" le plan d'action mis en place par l'Etat après la tempête malgré les violentes critiques qu'il suscite de la part de certains sinistrés, notamment en ce qui concerne les "zone noires", sur lesquelles des habitations vont être rasées.

Il a également plaidé pour que ces terrains, une fois rendus inconstructibles, redeviennent des "zones agricoles, c'est-à-dire ce qu'ils étaient il y a cinquante ans".

 

 

 

L’Etat est prêt à financer 40% du plan digues
Le président du Conseil Général de Vendée a été reçu par le Premier Ministre lundi 19 avril.
L’Etat est prêt à financer 40% du plan digues
 
Le président du conseil général de Vendée Philippe de Villiers a été reçu à Matignon par le Premier Ministre lundi 19 avril.

Il s'est entretenu lundi avec François Fillon d'un plan de renforcement des digues de son département après le passage de la tempête Xynthia, plan qu'il chiffre à 100 millions d'euros.

"Le Premier ministre m'a répondu que l'Etat était prêt à financer 40% du projet, 10% devant provenir de fonds européens", a assuré Philippe de Villiers à l'issue de la rencontre. Le Conseil Général de la Vendée et la région Pays de la Loire contribueraient au reste du financement, à hauteur de 25% chacun.

Selon Philippe de Villiers, 75 km de digues servant à protéger les exploitations agricoles - "il ne s'agit en aucun cas de digues immobilières" - doivent être renforcées, soit parce qu'elles ont été endommagées soit qu'elles risquent de l'être lors d'une prochaine tempête.


"Derrière ces digues ancestrales, construites il y a des siècles, il y a des hommes qui travaillent, qui créent de la richesse"
expliquait au lendemain de la ctastrophe le Président du Conseil Général de la Vendée, « ces digues agricoles ou ostréicoles séculaires servent avant tout à protéger les terres cultivables, elles sont indispensables. Plusieurs dizaines de kilomètres de digues ont été endommagés. Il nous faut sans attendre les réparer ».
 
« Il nous faut lancer les travaux sans perdre de temps» notait il y a quelques semaines, Philippe de Villiers, confirmant que le Département n'allait pas attendre l'Etat pour financer les travaux de rénovation des digues et lancer les opérations les plus pressées:

« Les maîtres d'ouvrages peuvent lancer les travaux que le Conseil général financera en intégralité s'il le faut, en attendant que l'Etat tienne ses engagements et participent financièrement ».


Lors de sa venue en Vendée le 16 mars dernier, le Président de la République avait confirmé que l'Etat prendrait en charge une partie du coût du futur plan digues, estimé à plusieurs milliards d'euros.

Concernant les travaux de rénovation d'urgence des digues du littoral Atlantique endommagées par la tempête, le chef de l'Etat avait indiqué que l'Etat les financerait même à hauteur de 50%.

« Au moins de 150 km de digues doivent être rénovés de toute urgence. Pour y parvenir dans les délais les plus brefs, je souhaite que l’Etat prenne à sa charge, de manière tout à fait exceptionnelle, 50% du coût de ces travaux » a t-il précisé dans son discours.

'arrêté du 4 mars 2009 fixant le taux de prélèvement du fonds de prévention des risques naturels majeurs est paru au Journal Officiel.

Le taux de prélèvement du fonds de prévention des risques naturels majeurs (qui sert notamment à financer certains Plan de Prévention des Risques Naturels et les expropriations exceptionnelles pour cause de risques naturels majeurs constituant des menaces sérieuses sur la vie humaine) sur le produit des primes ou cotisations additionnelles relatives à la garantie contre le risque de catastrophes naturelles prévues à l'article L. 125-2 du code des assurances est fixé à 12 %.

L'arrêté du 12 août 2008 fixant le taux de prélèvement du fonds de prévention des risques naturels majeurs est abrogé.

Source: Assemblée Nationale
Questions au Sénat relatives à la tempête Xynthia PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 20 Avril 2010 10:02

 

Question d'actualité au gouvernement n° 0465G de  M. Michel Doublet   (Charente-Maritime - UMP) -  publiée dans le JO Sénat du 09/04/2010

M. Michel Doublet. Ma question s'adresse à M. le ministre d'État, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat.

Le 28 février dernier, la tempête Xynthia a endeuillé la Charente-Maritime et la Vendée. Ma pensée, à laquelle j'associe Claude Belot, Daniel Laurent et nos amis de Vendée, va aux victimes et à leurs familles.

Aujourd'hui, nous devons faire front et reconstruire. Compte tenu du montant des dépenses qui vont être engagées par les collectivités locales, la mise en place d'une mesure exceptionnelle permettant de percevoir les sommes dues au titre du Fonds de compensation pour la TVA, le FCTVA, l'année même de la dépense serait particulièrement favorable aux collectivités. Que pensez-vous de cette suggestion, monsieur le ministre d'État ?

Quant à l'entretien des digues et des ouvrages de protection des côtes, indispensables au maintien de l'intégrité de nos territoires, la phase 1 des travaux d'extrême urgence a été réalisée en un temps record. Nous entrons à présent dans la phase 2, qui va exiger des moyens financiers importants, que les collectivités ne pourront supporter seules. Les associations syndicales de propriétaires seront dans l'incapacité financière d'en assumer le coût, d'autant qu'elles doivent intégrer des contraintes environnementales ou architecturales excessives et dispendieuses. Il conviendrait ici de revenir sur l'arrêté d'interdiction de travaux du 1er avril au 30 juin. Un taux dérogatoire de 90 % de subvention devrait de surcroît être accordé à ces propriétaires.

Par ailleurs, 8 millions d'euros de travaux de consolidation ont été réalisés sur réquisition de l'État. Monsieur le ministre d'État, confirmez-vous leur prise en charge intégrale ? Il faut y ajouter les 20 millions d'euros de travaux prévus pour 2010.

Le conseil général de la Charente-Maritime, dont le président siège au banc du Gouvernement, ne pouvant supporter une telle charge, nous attendons que l'État s'engage à financer les travaux correspondants à hauteur d'au moins 50 %, en plus des crédits européens.

Nous espérons également qu'il s'engagera à financer au moins 80 % des travaux du plan « digues », prévus sur dix ans et estimés à 200 millions d'euros.

Monsieur le ministre d'État, j'oserai une suggestion : ces sommes ne pourraient-elles pas être prélevées, en partie, sur le reliquat du plan de relance ?

Enfin, concernant les « zones noires »,…

M. Jean-Louis Carrère. C'est la gendarmerie !

M. Michel Doublet. … il est indispensable de revoir le zonage en collaboration étroite avec les élus locaux et les associations de sinistrés, car l'on constate que certaines zones sont vouées à la destruction alors qu'elles ne devraient pas l'être.

Monsieur le ministre d'État, nous devons avoir la certitude que l'État sera à nos côtés pour mener à bien ces projets indispensables pour l'avenir de nos territoires et des générations futures. (Applaudissements sur les travées de l'UMP. – MM. Philippe Darniche et Jean Arthuis applaudissent également.)

 



Réponse du Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat -  publiée dans le JO Sénat du 09/04/2010 - page 2514


M. Jean-Louis Borloo, ministre d'État, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat. Monsieur Doublet, nous avons eu l'occasion d'échanger sur ce sujet à la fois douloureux et complexe hier, lors de la réunion de la mission d'information présidée par M. Bruno Retailleau.

Premièrement, en réponse à la demande que vous avez présentée avec les sénateurs de Vendée et de Charente-Maritime, un dispositif exceptionnel de compensation de la TVA sera mis en place, conformément à l'arbitrage rendu par M. le Premier ministre en fin de matinée,…

M. Roland du Luart. Très bonne nouvelle !

M. Jean-Louis Borloo, ministre d'État. … afin que les communes concernées par l'arrêté de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle puissent engager immédiatement les travaux et disposer des avantages de trésorerie.

M. Jean-Pierre Chauveau. Très bien !

M. Jean-Louis Borloo, ministre d'État. Ce dispositif étant exceptionnel, il ne s'appliquera bien entendu qu'aux travaux directement liés aux éléments consécutifs à la tempête. Vous avez donc entière satisfaction sur ce point, monsieur le sénateur.

Deuxièmement, je vous confirme, au nom du Premier ministre et du Gouvernement, que, en cas de réquisition, lorsque l'État donne des ordres, il assume ses responsabilités.

Troisièmement, et c'est la confirmation des propos tenus hier, la quote-part non locale – le terme « locale » couvre toutes les strates de collectivités – sera de 50 %, y compris les 10 % du Fonds européen de développement régional, le FEDER. Sous la responsabilité globale de l'État – par son budget et par l'intermédiaire du FEDER –, la prise en charge atteindra donc bien 50 %.

En ce qui concerne les fameuses zones noires, un accord général a été trouvé, à l'exception de quatre zones situées en Charente-Maritime qui vont faire l'objet d'une analyse plus détaillée.

Aux termes de cet accord, les personnes qui possèdent un patrimoine dans ces zones – résidence principale ou secondaire – se verront proposer par l'État, directement ou indirectement, une offre d'indemnisation financée par l'État. Cette offre correspondra à la valeur exacte du bien avant la catastrophe, sans tenir compte du risque de catastrophe auquel le bien était exposé et quels que soient le taux et le niveau d'indemnisation de l'assurance. (M. le ministre chargé des relations avec le Parlement apprécie.)

M. René-Pierre Signé. Ce n'est pas ce qu'ils disent !

M. Jean-Louis Borloo, ministre d'État. Monsieur le sénateur, j'espérais plutôt que vous vous réjouiriez de cette procédure exceptionnelle, qui me paraît absolument décisive !

De manière générale, pour le classement en « zone noire », quatre communes bénéficieront d'un complément d'étude. Dans tous les cas, nos amis et compatriotes de Vendée et de Charente-Maritime ne subiront aucune perte en patrimoine. (Applaudissements sur les travées de l'UMP. – M. Philippe Darniche applaudit également.)







Question d'actualité au gouvernement n° 0468G de  M. Michel Boutant   (Charente - SOC) - publiée dans le JO Sénat du 09/04/2010


M. le président. La parole est à M. Michel Boutant. (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste.)

M. Michel Boutant. Ma question pourrait s'adresser à plusieurs ministres, qu'ils soient présents ou non aujourd'hui dans cet hémicycle.

Six semaines après le phénomène Xynthia, on ne peut s'empêcher de penser à ces 53 personnes mortes au cours de la nuit tragique du 27 au 28 février. À la suite de deux visites présidentielles et d'une kyrielle de visites ministérielles sur la côte charentaise ou vendéenne, le chef de l'État a annoncé le 16 mars 2010 à la Roche-sur-Yon de nombreuses mesures. Or il semble que la seule décision prise, celle qui marque les esprits en tout cas, soit de démolir près de 1 400 maisons situées en zone submersible et de proposer une indemnisation par l'État, sur le Fonds de prévention des risques naturels majeurs, et de lancer un plan « digues ».

J'observe d'ailleurs à ce sujet que l'aide de l'État, qui devait couvrir 50 % des dépenses selon les annonces présidentielles du 16 mars, n'en couvre plus aujourd'hui que 40 %…

M. Jean-Louis Carrère. Exact !

M. Michel Boutant. Jusqu'où allons-nous descendre ? La construction de 150 kilomètres de digues, sur la base d'un million d'euros en moyenne par kilomètre, représente 150 millions d'euros. Même si ces travaux sont financés à hauteur de 40 % par l'État, il reste 90 millions d'euros à la charge des collectivités, alors que ces digues, pour l'essentiel, ne sont pas leur propriété.

Et il est fort à parier que les propriétaires concernés par la destruction ne retrouvent pas leurs billes, si vous me passez l'expression, car les compagnies d'assurance et l'État vont se renvoyer la balle.

À côté de ces questions extrêmement importantes de digues et de maisons, qu'en est-il, messieurs les ministres, des professionnels qui, outre leur maison d'habitation, ont également perdu leur outil de travail ? Je pense en particulier aux filières touristique, ostréicole, conchylicole et aquacole.

Qu'en est-il des biens non assurables des communes qui ont réalisé des investissements lourds pour viabiliser ces zones en passe d'être rendues à la nature, et pour lesquelles des emprunts ont été contractés, ces derniers n'étant désormais plus couverts par des recettes correspondantes ? Qu'en est-il de ces communes qui vont perdre une part considérable de leur patrimoine bâti, et donc de leur produit fiscal ? (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste.)

M. Roland Courteau. Eh oui ! C'est un problème important.
 


Réponse du Secrétariat d'État au logement et à l'urbanisme -  publiée dans le JO Sénat du 09/04/2010 - page 2517

M. Benoist Apparu, secrétaire d'État chargé du logement et de l'urbanisme. Monsieur le sénateur, le Président de la République l'a clairement affirmé le 16 mars dernier : « Dans les zones exposées au plus fort risque, nous n'avons pas le droit, collectivement, de laisser nos concitoyens se réinstaller comme si de rien n'était ».

M. Alain Gournac. Absolument !

M. René-Pierre Signé. On n'arrive plus à le croire !

M. Benoist Apparu, secrétaire d'État. Pour le Premier ministre, pour Jean-Louis Borloo, qui vient de le réaffirmer à l'instant, comme pour moi-même, le principe est très clair : entre le fonds « Barnier » et l'intervention des assureurs, chacun recevra une indemnité correspondant à la valeur de son bien avant la tempête.

M. René-Pierre Signé. Et le foncier ?

M. Benoist Apparu, secrétaire d'État. Le fonds « Barnier » sera mobilisé à cette fin, et nous avons déjà reçu des engagements de la part des assureurs.

Dans tous les cas, pour les sinistrés, le rachat sera établi sur la valeur des Domaines. Cette évaluation sera faite sans tenir compte des conséquences de la catastrophe, et nous nous préoccuperons bien évidemment du bâti, mais également du foncier, pour répondre à votre interpellation, monsieur Signé.

Quoi qu'il arrive, nous allons privilégier les acquisitions à l'amiable, parce que nous souhaitons répondre le plus rapidement possible à l'attente de nos concitoyens, et essayer de régler toutes les situations individuelles dans les trois mois à venir. (Mme Nicole Borvo Cohen-Seat s'esclaffe.)

Au-delà de l'aspect financier, parce que ce n'est pas la seule question qui compte, le Gouvernement et l'ensemble des services de l'État sont entièrement mobilisés pour aider chacun, dans le cadre de sa situation individuelle, à affronter ce traumatisme.

En Vendée, dès demain et samedi toute la journée, une permanence sera mise en place dans les mairies de la Faute-sur-mer et de l'Aiguillon-sur-mer pour donner les premiers renseignements aux ménages et approfondir leurs dossiers. Un accueil téléphonique est d'ailleurs prévu en ce sens pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer.

M. Jean-Louis Carrère. Ce n'est pas assez !

M. Benoist Apparu, secrétaire d'État. Il en sera bien évidemment de même en Charente-Maritime, où un numéro dédié est d'ores et déjà mis en place pour ceux qui en expriment le besoin.

M. Claude Bérit-Débat. Et les professionnels ?

M. Benoist Apparu, secrétaire d'État. Outre le relogement à court terme, le relogement à long terme, là encore individu par individu, famille par famille, sera pris en charge…

M. Roland Courteau. Et les professionnels ?

M. Benoist Apparu, secrétaire d'État. … et accompagné par les services de l'État, par le biais d'une mission spécifique que nous avons déployée sur place.

Vous le voyez, monsieur le sénateur, le Gouvernement est entièrement mobilisé et nous répondrons individuellement à chaque cas. (Applaudissements sur les travées de l'UMP.)

M. Claude Bérit-Débat. Et les communes ?

M. Roland Courteau. Vous ne répondez pas aux questions !

 

L'arrêté du 4 mars 2009 fixant le taux de prélèvement du fonds de prévention des risques naturels majeurs est paru au Journal Officiel.

Le taux de prélèvement du fonds de prévention des risques naturels majeurs (qui sert notamment à financer certains Plan de Prévention des Risques Naturels et les expropriations exceptionnelles pour cause de risques naturels majeurs constituant des menaces sérieuses sur la vie humaine) sur le produit des primes ou cotisations additionnelles relatives à la garantie contre le risque de catastrophes naturelles prévues à l'article L. 125-2 du code des assurances est fixé à 12 %.

L'arrêté du 12 août 2008 fixant le taux de prélèvement du fonds de prévention des risques naturels majeurs est abrogé.

Source: Assemblée Nationale
 
 
 
 
 
 

"Zones noires" : arrivée des experts des Domaines

Par Marie-Agnès CORDIER  

Un expert à l'oeuvre 
sur le terrain

Un expert à l'oeuvre sur le terrain

Francetv
Mandatés par l'Etat, des experts des Domaines arrivent en Charente-Mme pour des relevés topographiques

 

Le défilé se poursuit en Charente-Mme : après les hommes politiques, ce sont les experts qui débarquent, mardi 20 avril. Mandatés par l'Etat, ils ont pour mission d'effectuer des relevés qui permettront d'expertiser les maisons afin d'y voir plus clair entre celles qui doivent être détruites et celles qui peuvent être sauvées

 Vidéo

 

Toutes les vidéos

 

 

 

 

Entrée en lice des experts des Domaines

 

Mardi 20 avril 2010 : les experts chargés de faire des relevés topographiques permettant ensuite d'estimer les maisons touchées peu ou prou par la tempête Xynthia sont arrivés en Charente-Mme. Au programme de la journée : le village des Boucholeurs à Châtelaillon le matin, puis Charron dans la journée. Ils sont allés à la rencontre de tous les sinistrés et rendrons leur rapport sur le bien ou mal fondé des zones noires dans quelques jours au Ministère des Finances.

 

 

Hydrologie du Marais Poitevin

 

Dans le Marais Poitevin, qui s'étend de Niort (79) à la baie de l'Aiguillon (85), des inondations similaires à celles provoquées par Xynthia se sont produites 5 fois en moins d'un siècle et demi ! Elles ont été décrites dans les mêmes termes par les ingénieurs et chroniqueurs de l'époque. Pourquoi la zone est-elle autant exposée aux caprices de la nature ? Un historien du Marais Poitevin, Yannis Suire, s'est penché sur la question. (Voir la vidéo).

 

Ecluse du Brault, en Vendée

 

 

 

Voyage éclair de Jean-Louis Borloo

 

Jeudi 15 avril 2010 : le Ministre de l'Ecologie était jeudi matin à La Rochelle pour rencontrer les maires des "zones noires". Pour lui, il y a un malentendu : les zones noires ne sont pas des zones de destruction massive mais des zones de solidarité. Nuance qui échappera peut-être aux habitants des communes en zone noire ! Par ailleurs, le député-maire UMP de Châtelaillon, Jean-Louis Léonard a rencontré le Président de la République

 

Jean-Louis Borloo accompagné du Préfet de Charente-Mme

 

 

Manifestation devant la Préfecture à La Rochelle

 

Mercredi 14 avril 2010 : l'émotion et la colère ne faiblissent pas devant la cartographie des "zones noires" telle que définies par les pouvoirs publics. Mercredi après-midi, 200 à 300 personnes venues du village des Boucholeurs à Châtelaillon sont venus manifester une fois encore leur total refus de ce qu'ils considèrent comme un brutal diktat pris sans concertation.

 

Mercredi après-midi, devant la Préfecture de Charente-Mme à La Rochelle

 

Voir aussi l'interview de Ségolène Royal dans le JT 19h-20h du 14 avril

 

 

Visite d'une mission sénatoriale

 

Mercredi 14 avril 2010 : la mission commune d'information du Sénat sur les conséquences de la tempête Xynthia a effectué mercredi une "visite de terrain" dans certaines zones sinistrées de Charente-Maritime, à Charron et aux Boucholeurs. Les neuf Sénateurs ont posé de nombreuses questions aux habitants et aux élus. "Nous sommes là pour faire en sorte de comprendre ce qui s'est passé. Nous écoutons les habitants et je crois qu'ils sont heureux que nous soyons à leur écoute", a commenté Bruno Retailleau, sénateur (NI) de Vendée.

 

Pendant la visite de terrain des Sénateurs

 

 

 

Boyardville "devrait" disparaître : le Préfet hué

 

 

Mardi soir, 13 avril 2010 : ambiance très lourde mardi soir sur l'île d'Oléron où le Préfet était venu, à l'instar du Premier Ministre à Matignon, faire de la "pédagogie". Accueilli dans un silence glacial à son arrivée à Oléron, le Préfet de Charente-Maritime a été chahuté lors d'une réunion très houleuse à St-Georges et est reparti sous les huées

Personne ne comprend qu'un petit village comme Boyardville soit condamné à disparaître, alors que dans l'île d'en face (île de Ré), les mêmes causes n'auraient pas eu les mêmes effets ? A Boyardville, qui existe depuis des siècles, pas de lotissements, pas de maisons récentes, mais un village calme qui a subi fin février "un coup de tabac" comme beaucoup d'autres. Les habitants, la plupart au bord des larmes, sont apparus à bout de nerfs et demandent pourquoi on voudrait les "protéger malgré eux". Le Préfet, arrivé dans un silence glacial, a dû repartir (solidement escorté) sous les huées unanimes.

 

 

"Pas de modification du périmètre des zones noires" (François Fillon)

 

Mardi 13 avril 2010 : François Fillon a longuement justifié mardi la décision de l'Etat de ne pas modifier le périmètre des "zones noires" fixant les habitations à détruire après la tempête Xynthia, tout en assurant aux sinistrés qui le conteste âprement qu'il avait entendu leur "traumatisme". En convoquant, à la demande expresse de Nicolas Sarkozy, une réunion de neuf de ses ministres à Matignon, le chef du gouvernement a voulu aussi mettre un terme à la cacophonie qui a prévalu sur le sujet le week-end dernier, marqué par des manifestations d'habitants en colère en Vendée et Charente-Maritime.

Contredisant - comme l'a fait avant lui le Président de la République - le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau lorsqu'il évoquait de possibles "modifications de telle ou telle zone", François Fillon a cependant assuré ne vouloir "faire de reproche à personne".

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Sur le fond il a réaffirmé qu'il ne reviendrait pas sur le découpage qui destine à la démolition 1.501 maisons dans ces deux départements, affirmant que les critères mis en œuvre pour définir les zones étaient "objectifs" et n'appellaient "pas de remise en cause dans la phase actuelle". "Dans l'immédiat, ce qui compte, c'est que tous ceux qui veulent" quitter les terrains concernés "puissent le faire", a dit le Premier ministre, rebaptisant au passage "zones de solidarité" ces très décriées "zones noires". "L'Etat aurait pu laisser les procédures normales courir", a-t-il justifié, mais alors les "habitants auraient été pendant des mois et des mois dans l'incertitude sur la question de savoir où ils allaient habiter, comment se reloger, s'ils devaient réparer ou non leurs maisons".

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Question indemnisation, François Fillon a réaffirmé que les maisons et les terrains dans les zones concernées seraient rachetés "au prix de marché avant la tempête", ce qui "est une situation sans précédent dans notre pays". Et dans les cas où les procédures amiables n'aboutiraient pas, "une mise à l'enquête publique des zones noires en vue d'une déclaration d'utilité publique serait engagée". "Dans ce cadre, les particuliers et les collectivités pourront faire valoir leurs avis sur les zonages auprès des commissaires enquêteurs et faire valoir leurs droits selon les procédures classiques", précise un communiqué de Matignon. Une telle enquête pourrait démarrer "à partir de l'été", a estimé le Premier Ministre. Pour répondre individuellement aux requêtes des propriétaires, le chef du Gouvernement a par ailleurs annoncé la création de "délégués à la solidarité", placés sous l'autorité des Préfets.

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Il a aussi fait savoir qu'il avait demandé aux fédérations d'assureurs de réduire de trois à un mois le délai permettant l'indemnisation, rappelant que "près de 500 experts étaient mobilisés sur le terrain".

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Enfin, à ceux qui s'étonnent que l'Etat ne concentre pas plutôt ses moyens sur le renforcement des digues, François Fillon a assuré que celles-ci ne pourraient pas "assurer la protection sur le long terme d'habitations qui sont à des niveaux trop bas par rapport au niveau de la mer". "Pour faire face à cette situation inédite nous avons mis en œuvre des moyens sans précédents", a insisté le Premier Ministre. Qui a enfin promis que "les membres du Gouvernement auront à cœur dans les prochains jours de se rendre sur le terrain pour écouter et pour soutenir les victimes de ce drame".

 

 

Comité interministériel à Matignon

 

Mardi 13 avril 2010 : Nicolas Sarkozy avait appelé lundi le Premier ministre à tenir "rapidement" cette réunion afin de "vérifier la mobilisation effective des services de l'Etat aux côtés des sinistrés et le respect" des principes qu'il avait lui-même arrêtés au lendemain de la catastrophe. Il a, par la même occasion (voir plus bas), réaffirmé sa volonté d'interdire la réinstallation des victimes de la tempête dans les zones où elles seraient exposées à un "risque mortel". Participent à la réunion, Jean-Louis Borloo (Environnement), Christine Lagarde (Economie), Brice Hortefeux (Intérieur), Dominique Bussereau (Transports), Bruno Le Maire (Agriculture), Luc Chatel (porte-parole), François Baroin (Budget), Chantal Jouanno (Environnement) et Benoist Apparu (Logement).

 

 

Zonage ou parcellisation ?

 

Lundi 12 avril 2010 : la réunion du Conseil général de Charente-Maritime a été l'occasion pour les élus départementaux de dire tout ce qu'ils ont sur le coeur depuis qu'ils connaissent le périmètre des zones noires. Ils remettent en cause l'utilisation des fonds publics délégués à des experts qui devaient plancher, depuis 1999, sur la consolidation des digues, consolidation qui n'a pas eu lieu. Pour eux, le choix de la parcellisation, au cas par cas, plutôt que le zonage à l'emporte-pièce, serait plus juste et moins traumatisant pour tous les sinistrés. Dominique Bussereau a dit qu'il allait présenter ses conclusions de terrain au chef du Gouvernement. Il est vrai que dans le cas présent, Dominique Bussereau, Président de la Charente-Mme est en totale contradiction avec Dominique Bussereau membre du Gouvernement.

 

La motion qui pourrait tout faire changer

 

Lundi 12 avril 2010, les élus du Conseil général de Charente-Maritime ont adopté une "motion" demandant une "estimation des moyens qui pourraient être mis en œuvre pour assurer la protection des habitats" avant de décider toute destruction. Cette "motion", adressée au Président de la République, a été adoptée à l'unanimité par les élus, toutes étiquettes politiques confondues, selon le service de presse du Conseil général, présidé par le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau

(UMP). Les élus souhaitent, dans ce texte, que "conformément à l'article L561-1 du code de l'environnement, l'ensemble des zonages actuellement élaborés, et notamment les secteurs classés en zone d'extrême danger à délocaliser, fassent l'objet d'une étude et d'une estimation des moyens qui pourraient être mis en œuvre pour assurer la protection des habitats avant de prendre la décision définitive de les détruire". Cette motion signée par les élus de Charente-Maritime "n'est pas un geste neutre", a commenté Dominique Bussereau, précisant qu'il "la ferai(t) porter à l'Elysée ce soir (lundi) et la remettrait en main propre au Premier ministre". Samedi, lors d'une conférence de presse, il avait estimé que des "aménagements" pouvaient encore être trouvés au sujet des "zones noires".

 

Le Président de la République persiste et signe

 

Nicolas Sarkozy a réaffirmé lundi sa volonté d'interdire la réinstallation des victimes de la tempête Xynthia dans les zones où elles seraient exposées à un "risque mortel", et a demandé au Premier Ministre de réunir "rapidement" les ministres concernés pour s'en assurer. Dans un communiqué, l'Elysée a rappelé que le chef de l'Etat avait décrété mi mars, lors d'un déplacement sur les côtes de Vendée et de Charente-Maritime, "qu'il ne serait pas possible d'autoriser des personnes à se réinstaller là où elles sont exposées à un risque mortel". A cette occasion, il avait souligné que "les pouvoirs publics ne laisseraient pas les conditions ayant conduit à ce désastre se réunir à  nouveau", a insisté lundi la Présidence. En conséquence, Nicolas Sarkozy a demandé au chef de Gouvernement François Fillon de réunir "rapidement" les ministres concernés afin de "vérifier la mobilisation effective des services de l'Etat aux côtés des sinistrés et le respect de (ces) principes", a conclu l'Elysée.

 

Comprendre les critères choisis pour désigner les zones noires

 

Dimanche 11 avril : ils étaient nombreux, dimanche 11 avril au village des Boucholeurs à venir manifester leur colère face à des décisions préfectorales dont la logique leur échappe. Pour l'heure, personne ne comprend comment ont pu être définies les "zones noires" : ici des maisons inondées mais épargnées, là des maisons intactes mais condamnées. Regroupés en associations, les habitants concernés n'ont pas l'intention d'en rester là. Ils vont porter leurs cas devant la justice. De nombreux élus ont apporté dimanche, au village des Boucholeurs, leur soutien aux habitants.

 

Vers des recours en justice

 

Vendredi 9 avril 2010 : le maire de Charron, Jean-François Faget, exigeait vendredi une revision de la cartographie des zones noires et certaines associations de sinistrés ont l'intention de saisir les tribunaux administratifs pour contester les decisions de l'état. Les propriétaires des 1.510 maisons qui vont être rasées après la tempête Xynthia ont reçu cependant vendredi l'assurance du secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu qu'ils seraient indemnisés "totalement", lors d'une interview sur France 2.

Plus de 300 habitants de cette commune, la plus durement touchée du département de Charente-Maritime où quelque 150 maisons devraient être détruites, étaient réunis dans la salle des fêtes jeudi soir et ont laissé éclaté colère et sanglots devant le préfet.

Ils ont annoncé, avec le soutien de leur maire, des recours. Hué plusieurs fois pendant la réunion, le préfet Henri Masse, qui a quitté la salle sous les cris de certains sinistrés, avait expliqué à l'assistance que cette "cartographie visait à protéger vos vies et vos biens" pour d'autres "événements encore plus graves" que Xynthia, et s'est dit "conscient" que la population de Charron vivait "un deuxième traumatisme". Vendredi soir les habitants d'Aytré à leur tour réunis avec le préfet pour les maisons construites rue de la plage.

 

Zones noires non négociables

 

Jeudi 8 avril 2010

De nouvelles expertises ont été menées jeudi aux Boucheleurs (Chatelaillon), Fouras, Nieul-sur-Mer et Loix en Ré, ainsi que l'avait laissé entendre Jean-Louis Borloo dés mercredi. Mais le préfet Henri Masse reste ferme quant à la destruction programmée de 595 habitations situées en zone noire. La première réunion avec les habitants concernés suffira-t-elle à calmer les esprits?  A Charron, où 150 maisons devraient être rasées, le président de l'association " Reconstruire Charron" entend bien résister "becs et ongles". Il demande aux habitants de faire évaluer leurs biens par leur notaire et de se tenir prêts à engager des procédures avec les assurances et les services de l'Etat en cas de désaccord. "Il faut être bien indemnisé et que ça ne traîne pas" explique ce président d'association de sinistrés. C'est aussi le sentiment du député-maire de La Rochelle, Maxime Bono, qui parle d'une décision "sage" pour ce qui est de la décision de détruire l'habitat  menacé en cas d'inondation ( voir ci-contre).

                                          

Le préfet de Charente-Maritime Henri Masse a indiqué jeudi à La Rochelle que les"zones noires", "présentant un danger de mort avéré" après le passage de la tempête Xynthia, n'étaient "pas négociables" et que leurs habitants devraient "quitter leurs maisons. Au total 1.393 habitations sinistrées lors de la tempête situées dans des zones "noires" seront rasées, dont 595 en Charente-Maritime, selon les chiffres communiqués mercredi par le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel. En Charente-Maritime, douze communes présentent des zones rendues inhabitables et quatre autres ont des zones dites "jaunes" où "la population peut continuerd'habiter mais avec des prescriptions claires", a déclaré le préfet à la presse. Enfin des "zones oranges" nécessitent une "expertise complémentaire pour être classées noires ou jaunes", a-t-il dit.

 

 

 

Rappel

 

 

2 avril 2010 : dans le village des Boucholeurs à Châtelaillon, on trouve que l'on va un peu trop vite en besogne. Une association de sauvegarde s'est créée. Jeudi soir (1er avril), elle a fait salle comble.

31 mars 2010 : les réunions se succèdent en Préfecture de Charente-Mme avec les maires des communes concernées, en particulier Charron, Aytré et Châtelaillon. Mais tout le monde ne comprend pas la définition de "zone rouge" de la même façon : pour certains maires, il n'est pas bon de se précipiter et il faut réfléchir au devenir de certains quartiers sans pour autant les raser complétement (c'est le cas du maire de Châtelaillon, concernant Les Boucholeurs). A Charron, le réflexe est inverse : il faut tout raser et vite. Reste au Préfet à mettre en œuvre les dispositifs d'indemnisation. Un arbitrage au plus haut niveau serait le bienvenu mais jusqu'à présent les réunions en ce sens n'ont pas apporté d'éclairage.

 

Cellule de crise réactivée

 

Quatre semaines après la grande marée qui accompagnait Xynthia, les grandes marées d'équinoxe de printemps ont pointé leur nez : le coefficient de marée était de 112 mardi 30 mars à l'heure de la haute mer, mais tout s'est bien passé.

Pour anticiper le phénomène, alors qu'à St-Laurent-de-La Prée la brèche ouverte sur une trentaine de mètres s'agrandit, la Sécurité civile était sur le pied de guerre, une cellule de veille est sur le terrain et dès lundi matin, la cellule de crise de la Préfecture de Charente-Mme avait été réactivée.

29 mars 2010 : en prévision des marées d'équinoxe dont le coefficient, dans la nuit de lundi à mardi, atteindra 112, la cellule de crise du servic départemental de secours a été réactivée. 560 hommes ont été appelés en renfort ainsi que des pompiers spécialisés. Le pleine mer est prévue pour la toute fin de nuit, mais les circonstances de vent ne sont pas du tout les mêmes qu'il y a un mois. Néanmoins, c'est la vigilance qui est le mot d'ordre. Mais les pompiers demandent aux habitants de rester civiques et de ne pas appeler pour des bricoles. L'importance des appels sera d'ailleurs hierarchisée.

 

Bilan, un mois après

 

29 mars 2010 : alors que l'on redoute la grande marée de la nuit prochaine, le bilan (toujours provisoire) est impressionnant : 12 morts en Charente-Mme, 4000 maisons détruites, 5000 voitures immergées, des professions sinistrées comme la conchyliculture, l'agriculture et le tourisme et une note salée pour les assureurs : 1 milliard 500 millions d' €. les sinistrés ont jusqu'au 31 mars pour faire le point avec leurs assureurs.

 

Association des familles sinistrées à Aytré

 

L'association des familles sinistrées d'Aytré en Charente-Mme se pose beaucoup de questions mais n'a pas de réponses à ces questions : la zone va-t-elle être classée "à riques", si oui, les familles vont-elles être exporpriées, comment seront-elles indemnisées ? Pour l'heure les familles ont bien du mal à se faire entendre, c'est la raison pour laquelle elles se sont regroupées en association. De cette manière, elles pourraient éventuellement se constituer partie civile s'il y avait procès en justice. Mercredi, le Conseil des Ministres devrait dire si la zone sinistrée d'Aytré doit être classée "zone à risque" ou non.

 

FRANÇOIS EWALD
Xynthia et le difficile gouvernement des risques

[ 20/04/10  ]

FRANÇOIS EWALD EST PROFESSEUR AU CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS.

La tempête Xinthia a fait 52 victimes, piégées la nuit, chez elles, là même où elles pouvaient se penser protégées. On comprend le traumatisme pour les élus locaux comme pour l'administration qui n'ont pas su prévenir la situation, avertir la population et prendre les mesures qui auraient pu permettre de sauver les vies. Face à un tel drame, qui met en cause la vision protectrice de l'Etat que le président de la République s'attache à promouvoir, les solutions ont dû être rapidement trouvées. L'arrêté de catastrophe naturelle, nécessaire pour permettre l'indemnisation des victimes, a été pris pratiquement instantanément. Et l'administration, sans désemparer, a voulu proposer aux sinistrés un nouveau plan d'occupation des sols qui condamnait plusieurs zones dites « noires » à la destruction. Les permis de construire qui n'auraient pas dû être accordés seraient comme retirés. On allait exproprier tout en indemnisant. Le risque aurait disparu.

Mais ça ne marche pas comme ça. Les événements naturels sont désormais perçus dans le cadre de la loi de 1982 qui met en oeuvre un principe de solidarité nationale face à des événements naturels anormaux. Il s'agit, en réalité, d'une loi d'aménagement du territoire, l'assurance étant en principe indexée sur des plans de prévention des risques, permettant leur bonne gestion. En réalité, deux visions peuvent l'inspirer : appartient-il à la solidarité nationale de faire que certains territoires exposés à certains risques soient pourtant occupés comme les autres ? Faut-il, au contraire, faire en sorte que la solidarité ne s'exerce que sur des territoires dont on aura pris la précaution de connaître les risques et leur récurrence ? Ce sont là deux visions de la solidarité : la première consiste à dire que, grâce à la loi de 1982, la France s'est organisée de telle manière que l'ensemble de son territoire soit traité avec une certaine égalité malgré la différence des risques naturels qui peuvent en affecter chacune des parties. La seconde dira que ne méritent la solidarité que ceux qui ont pris les mesures de prévention pour réduire les risques. Ce qui introduit un principe de différenciation au sein des territoires.

La première version correspond à une vision « progressiste ». L'histoire de l'aménagement du territoire a été de viabiliser des zones considérées longtemps comme insalubres. C'est l'histoire d'une conquête sur la nature, presque d'un défi comme dans le cas des polders hollandais. On conquiert parce qu'on sait se défendre et se protéger. La seconde trouve la première vision « prométhéenne » et trop risquée : les hommes ne doivent pas prétendre pouvoir soumettre les lois de nature, mais se soumettre à elles. On fait appel à la mémoire, à l'histoire. Conséquence : il faudra bientôt placer en zone « noire » tout territoire conquis sur la nature et exposé à un risque.

Mais ce débat est trop abstrait. Car nous ne sommes plus en 1982. Trente ans ont passé qui font apparaître le dispositif alors conçu comme aussi efficace que frustre. En 1982, d'abord, on ne disposait pas de la masse d'informations sur les risques que l'application de la loi a permis de rassembler. C'est une raison qui explique le choix d'une solidarité très large qui a été alors adopté. Surtout, les capacités de prévision de la météo ont progressé d'une manière telle que l'on vend désormais aux entreprises des services afin de leur permettre de gérer au mieux leurs activités en fonction des événements naturels prévisibles. Cela permet des conduites fines de protection au cas par cas, qui permettent de réduire les risques. On n'est plus dans le tout ou rien de la zone « noire ». Un tel cadre peut fournir les éléments d'une gestion différenciée des situations.

Le plus étrange dans la gestion des conséquences de Xynthia, c'est la brutalité avec laquelle l'Etat, manifestant un pouvoir sur les élus locaux, décrète souverainement sa volonté de réaménager le territoire selon ses propres critères de risque, selon une balance où le droit de propriété, un des droits en principe fondamentaux, doit céder devant un principe de gestion des risques où il s'agit de protéger la population contre elle-même dès lors qu'elle serait exposée à un risque vital prévisible. Mais, avec la tempête Xynthia, comme hier avec le virus H1N1, le gouvernement fait l'expérience qu'à l'âge de la démocratie participative, on ne peut pas priver les individus de la décision. Le principe en a d'ailleurs été constitutionnalisé avec la Charte de l'environnement : si l'article 5 (principe de précaution), renforce le pouvoir des « autorités publiques », l'article 7 pose le principe que le citoyen a le droit d'être informé et de « participer à l'élaboration des décisions publiques ».

 

 

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