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| 21 avril 2010 16h06 | Par Marie-Claude Aristégui |
Sollicité notamment par des habitants de Charron, Me Gilbert Collard a accepté de défendre des sinistrés de Xynthia. Il a l'intention de déposer plainte pour "mise en danger délibérée de la vie d'autrui". Pour cette démarche, il se fonde sur le mauvais état des digues.
| 21 avril 2010 12h41 | Par Sylvain Petitjean |
Le Banc d'Arguin marque l'entrée du Bassin d'Arcachon. Bien connu des plaisanciers qui y accostent l'été, cet espace posé au pied de la Dune du Pilat, fait également le bonheur des ostréiculteurs qui y abritent quelques parcs à huîtres. Au gré des vents et des courants, ce banc de sable évolue, plus ou moins rapidement, s'ouvre sur le Bassin, ou se déroule sur l'océan, jonglant entre passe nord et passe sud.
La tempête xynthia, début mars 2010, a bouleversé cet environnement. Si dans les années 80, le Banc d'Arguin n'était qu'une fine bande, puis un coeur dans les années 90, ou une ancre dans les années 2000 (voir photos de Michel Le Collen), le voici redevenu plus étalé, un peu comme dans les années 60.
Ce constat a été fait par Stéphane Scotto, un photographe professionnel, qui a survolé la zone en début de semaine et observé "les nouvelles petites conches qui se sont formées au Sud et les petits esteys qui serpentent en plein milieu de cette bande de sable vierge."
| 21 avril 2010 06h00 | 0 | commentaire(s) |
Lors des récents et dramatiques événements sur la côte atlantique, suite au passage de la tempête Xynthia, Nicole Toussaint a souhaité que la formation s'implique pour aider les sinistrés, et particulièrement ceux de La Faute-sur-Mer, en Vendée. Tous ont donné le meilleur d'eux-mêmes au cours d'un concert, ce week-end, en l'église.
La soirée était divisée en deux parties, chacune d'elles étant introduite par la lecture d'un poème relatif à ces catastrophes. La première était consacrée aux chants folkloriques de différents pays ; la seconde faisait la part belle aux morceaux classiques, avec un magnifique « Canticorum Jubilo » de Georg Friedrich Händel.
Vingt urnesPour compléter cette initiative, la chorale a demandé et obtenu l'accord de 20 maires du secteur afin qu'une urne soit déposée dans leur mairie. La recette sera versée intégralement aux sinistrés.
| 21 avril 2010 09h30 | Par thomas brosset |
Ils sont intervenus du 8 au 12 mars. Quelques jours donc après le passage de Xynthia et avant que les traces n'en soient effacées. Les géologues du BRGM ont balayé un linéaire de côtes de 240 kilomètres entre Loire et Garonne, pour étudier l'évolution du trait de côte, les niveaux d'inondation maximum et les dégâts induits. Et ils viennent de livrer un compte rendu préliminaire de cette mission. Compte rendu public que les sinistrés se sont empressés de dévorer pour y trouver les arguments à opposer à ceux qui veulent les voir partir.
Le plus significatif se trouve en page 12 : « D'après les observations marégraphiques du Shom (2), le niveau extrême aurait atteint 4,5 m au marégraphe de La Rochelle. Une valeur très supérieure au niveau de retour centennale prédit par le Shom. Cela traduit évidemment le caractère exceptionnel de la tempête, mais remet aussi en question la validité des méthodes statistiques basées sur des séries temporelles de quelques dizaines d'années pour établir des périodes de retour centennales. En effet, si on extrapole le niveau de 4,5 m, cela correspondrait à une période de retour proche de 10 000 ans. »
En clair, selon les outils statistiques du BRGM, un phénomène comme Xynthia peut se reproduire en l'an 12010. Ce qui laisse largement le temps aux propriétaires sinistrés de finir leurs travaux et aux zones touchées de passer par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Précision toutefois : l'étude fait un constat. Mais ne prend pas en compte les phénomènes de dérèglement climatique qui pourraient accélérer le rythme de ces événements dits extraordinaires.
22 m de recul à La Couarde
Dans ce constat, les géologues ont pu notamment constater que le recul moyen du cordon dunaire, pendant la nuit du 27 au 28 février, a été de 3 à 5 mètres sur toute la côte, avec un record sur la plage du Moulin Brûlé, à La Couarde, où la dune a cédé sur 22 mètres.
« Ce rapport est édifiant. A l'heure où l'on nous demande de prouver que notre maison ne se trouve pas dans une zone dangereuse, il suffit de lire ce qui est écrit : une occurrence de 10 000 ans », commente Marie-Olivia Rocca, représentante de l'association des sinistrés d'Aytré. Route de la plage, seuls trois foyers veulent partir.
« Nous avons ouvert un cahier d'évaluations. Chaque famille y inscrit le coût estimé de sa maison. Il faut qu'on sache collectivement à quoi s'attendre. Pas question de nous défendre séparément, même si c'est ce que souhaite l'État », poursuit Marie-Olivia Rocca.
Comme tous les sinistrés de la route de la Plage, elle se trouve en zone noire, ou « de solidarité » selon les propos de Jean-Louis Borloo.
Elle n'a donc plus d'experts techniques à attendre, comme cela s'est fait en fin de semaine dernière à Fouras, Yves et Châtelaillon.
« J'ai fait la démarche auprès des domaines pour faire expertiser ma maison. La méthode est simple. Ou vous vous engagez dans une procédure pour partir à l'amiable et l'on vous promet des fonds débloqués sans délai, ou vous n'êtes pas d'accord et vous devez prouver vous-même que vous n'êtes pas dans une zone dangereuse. Une contre-expertise peut être commandée et votre demande déboutée. Il faut être plus groupés que jamais », poursuit la jeune Aytrésienne.
Même son de cloche du côté de Fouras où, pourtant, la pointe de la Fumée est restée orange : « L'intervention de Jean-Louis Borloo n'était qu'un changement de ton. Dans les faits, rien ne se passe. Les zones, noires ou orange, restent les zones et c'est toujours aux sinistrés de faire la preuve qu'ils peuvent rester. Un expert technique est passé vendredi à Fouras. Il est resté deux heures, a réalisé des photos, pris des données topographiques et est reparti sans nous consulter. Pour quel résultat ? », s'interroge Grégoire Courdé, de l'association Vivre à Fouras.
Quant à Thierry Demaegdt, président des sinistrés de Charron, il était reçu hier par Gilles Servanton, directeur départemental des Territoires et de la mer, pour en savoir plus sur les intentions de l'État.
Chacun puise ses informations où il peut. Mais tous seront regroupés ce soir, à 19 heures, à Châtelaillon, au sein d'un collectif des huit communes sinistrées de Charente-Maritime, afin de parler d'une seule voix.
(1) Bureau de recherches géologiques et minières (www.brgm.fr) (2) Service hydrographique et océanographique de la Marine

21 avril 2010
Le passage de la tempête Xynthia a entraîné la destruction et l'innondation de centaines de maisons. Cela signifie pour les habitants sinistrés, la perte pure et simple de leurs biens, transformés du jour au lendemain en déchets.
Pour faire face à cet afflux important (mobiliers, équipements électriques et autres matériels endommagés…), la Communauté de Communes de l'Ile d'Oléron a bénéficié du soutien de deux experts de la collecte et du recyclage : EcoLogic et Paprec. Entre autres actions, des « mini-déchetteries mobiles » ont été mises en place pour soulager les villages sinistrés. En moins de cinq jours, plus de treize bennes ont été déposées sur les sites d’Ors, de Saint-Trojan-les-Bains et de Boyardville afin de collecter les différents déchets à l'abandon. Pour l’ensemble des sites, les sinistrés ont déposé les déchets dans la rue devant leur porte. Les services techniques des communes ont alors organisé un système de rotation pour collecter ces déchets régulièrement et les apporter sur les déchetteries. Les bennes et caisses grillagées prêtées par Nicollin et Paprec ont été conçues pour recevoir de façon distincte, les déchets incinérables, les encombrants, le bois, la ferraille et les DEEE. Des agents de la collectivité ont encadré cette opération pendant trois semaines pour aider les habitants et contrôler le tri. Au total, plus de 600 tonnes de déchets dont 50 tonnes de DEEE ont été collectées.
Au bout de quelques jours de reportage dans les zones ravagées que des milliers de personnes devront quitter, volontairement ou non, il serait facile de mettre les méchants, l’Etat et les maires, d’un côté et les gentils, les propriétaires qui doivent partir, de l’autre. Parce que le pouvoir politique n’a pas su user de ses prérogatives, parce que des élus n’ont pas souhaité mécontenter les demandeurs de permis de construire, parce que les milieux immobiliers font pression depuis des années, parce que les acheteurs, riches ou modestes, ont également fait pression, il n’y a que des victimes. Les morts d’abord, la nature ensuite et ceux qui devront aller faire construire ailleurs mais qui, consciemment ou non, avaient accepté le risque. Au nom d’une certitude ancrée depuis des lustres dans nos mentalités : il serait toujours possible de s’opposer efficacement aux aléas naturels ; et aux conséquences insidieuses du réchauffement climatique qui fait lentement monter la mer. Certitudes partagées à parts égales par les pouvoirs politiques et les citoyens. Ce qui revient à penser (naïvement ?) qu’il existe toujours des solutions techniques. Ce qui revient à oublier qu’il y a toujours eu des tempêtes submergeantes dans les régions lentement gagnées sur la mer mais qu’autrefois il n’y avait pas des dizaines de milliers de personnes souhaitant par dessus tout vivre ou prendre des vacances « avec vue sur la mer ».
Au sud, au nord et à l’ouest, les littoraux sont de plus en plus peuplés, voire surpeuplés et depuis des années, les élus de tous niveaux jouent avec les protections et la loi littoral considérées comme des obstacles à l’urbanisation et aux constructions.
Ce qui vient de se passer sur le littoral de Charentes et de Vendée et dont les conséquences enflamment des polémiques, était inéluctable. Que cela puisse se reproduire, ici ou ailleurs, est également inéluctable. Les réactions désordonnées ou stupides du pouvoir sarkozien ne sont que l’écume d’un « toujours plus ». Et les écologistes ne tirent aucune gloire d’avoir prévenu depuis longtemps que la précaution n’est pas qu’un principe.....
Retrouvez le reportage sur les conséquences de la tempête dans le numéro de Politis à partir de demain, jeudi 22.
Retrouvez le numéro hors série de Politis "Les multinationales à l’assaut du bio et du commerce équitable" jeudi 22 avril à France Inter de 10 h à 11 h dans l’émission"Service Public". Et dans tous les kiosques également à partir du jeudi 22 avril.
