LA ROCHELLE, Charente-Maritime (AP) — Le Conseil général de Charente-Maritime et la préfecture ont formalisé jeudi à La Rochelle la "Maîtrise d'oeuvre urbaine et sociale" (MOUS) visant à aider au relogement des ménages qui ont vu leurs habitations détruites ou endommagées par la tempête Xynthia fin février.
L'objectif de la MOUS est d'assurer un suivi sur la durée nécessaire des foyers dont le logement est situé dans une zone de solidarité (ex-zones noires) ou dans une zone à prescriptions.
Depuis le 23 mars, 400 familles ont été accompagnées par les conseillers de la MOUS, alors que plus de 1.000 foyers, représentant quelque 2.000 personnes, ont été concernés par une problématique de relogement et d'aide sociale après le passage de la tempête Xynthia en Charente-Maritime dans la nuit du 27 au 28 février.
"Nous avons huit conseillers sociaux sur le terrain et nous sommes en phase de recrutement pour quatre autres", a indiqué à l'Associated Press Corinne Imbert, vice-présidente du Conseil général de Charente-Maritime en charge des affaires sociales. "Il s'agit d'un cofinancement Etat-département avec une nette montée en puissance. Nous sommes passés de 400.000 euros au départ à 730.000 euros envisagés pour une première phase de 6 mois", a-t-elle ajouté, en précisant que l'enveloppe était répartie à hauteur de 530.000 euros pour l'Etat et 200.000 euros pour le Conseil général. AP
Le Conseil Général de la Charente-Maritime accompagne les ménages sinistrés par la tempête Xynthia
Conseil Général de la Charente-Maritime
06/05/2010 15:27:45
La Maîtrise d'Oeuvre Urbaine et Sociale (M.O.U.S), « Accompagnement vers le logement des ménages sinistrés » est co-financée par l'Etat et le Département, ce dernier étant porteur de la maîtrise d'ouvrage.
La M.O.U.S a pour mission de rencontrer individuellement les ménages sinistrés et de les accompagner dans leur retour vers le logement durable (logement actuel, achat ou reconstruction).
Une action sociale de proximité
Au titre du volet social, le Département coordonne une équipe composée comme suit :
- un cadre, coordonnateur administratif,
- un cadre, coordonnateur technique,
- sept conseillers sociaux, chargés d'accompagnement,
- un cadre administratif.
Cette équipe est placée sous la responsabilité du directeur de la Direction de l'Habitat et du Logement du Département. Elle sera complétée dès la fin de cette semaine par 4 conseillers sociaux supplémentaires et 2 prospecteurs chargés de répertorier et de mobiliser l'offre de logement pour les publics nécessitant un relogement temporaire ou définitif.
Un contact a été pris avec chaque commune pour préciser les conditions de mise en place de l'accompagnement des familles.
Les conseillers sociaux tiennent des permanences en mairie dans les communes de Charron, Aytré, Chatelaillon-Plage, Yves, la Flotte, La Couarde, Port des Barques, Fouras, Bourcefranc le Chapus, le Château d'Oléron, Saint Georges d'Oléron, Saint Pierre d'Oléron, St Trojan et l'Ile d'Aix avec une présence renforcée auprès des communes de Port des Barques, Yves et Charron.
Des visites à domicile des foyers sinistrés sur les autres communes complètent ce dispositif.
Depuis la mise en place de l'équipe de terrain, 245 familles ont été rencontrées à l'occasion d'entretiens réguliers d'une heure environ chacun, à leur initiative. A partir de la semaine prochaine, les sinistrés qui ne se sont pas présentés à ce jour vont être contactés, en lien avec les communes concernées, afin que les différents appuis dont ils peuvent bénéficier leur soient proposés.
Relogement / Habitat : un accompagnement technique et juridique organisé par le Conseil général
Mandaté par le Conseil général suite à un appel d'offre, le Cabinet Habitat &Développement Océan, a été chargé de l'accompagnement technique, juridique et del'aide au montage financier des opérations auprès des personnes dont la maisonsinistrée nécessite des travaux ou qui doivent en acquérir une nouvelle.
Dès le 26 avril, le Cabinet Habitat & Développement Océan a commencé la mise enrelation avec les foyers concernés, en lien avec les conseillers sociaux.
En complément du dispositif d'appui aux personnes sinistrées, le Président du Conseilgénéral a souhaité mettreen place une mission d'aide juridique interne à la collectivitépouvant, le cas échéant, s'appuyer sur des cabinets spécialisés.
La mission d'aide juridique du Conseil général est accessible par :
- le numéro habituel du Conseil général : 05 46 31 70 00
- une adresse mail spécifique : missionappui@cg17.fr
- par courrier postal gratuit (non affranchi) à l'adresse suivante :
Conseil Général de la Charente-Maritime
Libre réponse n°51583 - Mission d'appui
85, boulevard de la République - 17076 La Rochelle Cedex 9
Elle agit en étroite collaboration avec l'Agence Départementale d'Information sur leLogement (ADIL). Par ailleurs, grâce à l'intervention du Conseil général et en partenariat avec l'AgenceRégionale de la Santé, un psychologue assure des permanences dans les mairies deAytré, Chatelaillon, Port des Barques, St Georges d'Oléron et Charron, en concertationavec les conseillers sociaux. Par ailleurs, un psychologue participe tous les 15 jours àla réunion de l'équipe des conseillers sociaux.
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À La Faute, l'inondation a fait 29 morts.Thierry Creux
Elle a été déposée auprès du parquet des Sables-d'Olonne par une femme qui a perdu son père dans les inondations.
« Mon père n'avait pas à mourir. Les autres non plus. Aujourd'hui, on les a oubliés. On ne parle plus que des maisons, que d'argent... » Gisèle Arnault a déposé une plainte pour « homicide involontaire » le 26 avril. « C'est pour mon père », explique-t-elle. Roger Arnault, mort à 75 ans, piégé par les eaux dans sa maison. « Il faut faire bouger les choses. Il y a des responsabilités à rechercher... »
Roger Arnault est l'une des vingt-neuf victimes de Xynthia à La Faute-sur-Mer (Vendée). Gisèle venait lui faire à dîner tous les soirs. Elle raconte, bouleversée. « Ce samedi-là, la mer était déjà haute à 18 h. Il m'a dit : 'Bonne nuit ma chérie, à demain.' Je ne l'ai jamais revu. »
D'autres vont suivre
La plainte a été annexée à la procédure en cours. Selon le procureur Thierry Dran, « elle ne change rien à l'enquête. On avance. Les constatations matérielles sont quasiment terminées. On est passé à l'étude des textes et de la réglementation en vigueur. Cela demande du temps. On ne peut pas juste regarder ce qui est applicable au jour J. Il faut faire l'historique... » Cinq à sept enquêteurs d'Angers et des Sables-d'Olonne sont mobilisés en permanence.
D'autres plaintes vont suivre. Dimanche, Corinne Lepage, avocate de l'Association des victimes des inondations à La Faute-sur-Mer, a indiqué, que l'Avif allait « déposer plainte au pénal » et « se constituer partie civile ». Renaud Pinoît, vice-président de l'association, précise que « cela devrait se faire en début de semaine prochaine ». Le procureur refuse, lui, de parler de responsabilités éventuelles et de poursuites pénales. « On n'en est pas encore là. »
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Le projet de loi Grenelle 2 pourrait servir à gérer l'après-Xynthia Actu-Environnement.com - 06/05/2010 |
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Plusieurs mesures destinées à mieux gérer l'après-Xynthia pourraient être mises en œuvre via le projet de loi Grenelle 2. C'est ce que préconise la mission parlementaire commune d'information sur les conséquences de la tempête, qui a présenté ses premières recommandations jeudi 6 mai.
Plusieurs modifications pourraient être apportées au fonds de prévention des risques naturels majeurs, dit fonds Barnier : la prise en compte du risque de submersion marine dans la procédure d'expropriation de biens exposés à un risque menaçant gravement les vies humaines ; l'indemnisation des sinistrés dont les maisons sont classées en ''zone de solidarité'' ; la suppression du plafond d'indemnisation de 60.000 euros ; une plus grande capacité du fonds, pour lui permettre de répondre à l'important montant d'indemnisations annoncé.
Le projet de loi Grenelle 2 pourrait aussi relancer les plans de prévention des risques d'inondation (PPRI), défaillants dans de nombreuses communes. Ils devraient être adoptés d'ici trois ans dans les communes qui n'en sont pas encore dotées, prévoir des règles de constructibilité en fonction de l'ampleur du risque ainsi qu'être spécifiques au risque de submersion marine, indique la mission.
Celle-ci s'est aussi prononcée sur les zones noires, rebaptisées zones de solidarité, dans lesquelles les habitations auraient dû être systématiquement être détruites avant que leurs propriétaires ne se rebiffent. La mission estime que ces zones ne devront pas être laissées à l'abandon. Elle formulera des propositions pour compenser les pertes de fiscalité que subiront les collectivités territoriales.
Victor Roux-Goeken
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«Sauvez le moulin à marée de Loix !» C'est le cri du coeur d'habitants de l'île de Ré, amoureux deleur patrimoine. Ils ont lancé sur internet une pétition afin de protester contre la menace de destruction qui pèse sur un moulin de l'île, situé dans une des zones noires définies après le passage de la tempête Xynthia.
«Nous avons eu confirmation la semaine dernière que ce moulin à marée a été classé, tout comme trois autres maisons du port de Loix, en zone noire», a expliqué Benoît Poitevin, directeur de l'écomusée des marais salants, à l'origine de cette pétition.
Cette dernière (www.sauvezlemoulinamaree.over-blog.org) a recueilli 200 signatures depuis son lancement mardi.
Le dernier à fonctionner sur l'île
«Ce moulin à marée, le seul à encore fonctionner sur l'île de Ré, date du moyen-âge et constitue un des éléments du patrimoine de l'île», selon Benoît Poitevin.
Il a adressé un courrier à ce sujet au ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, affirmant ne pas comprendre «qu'une décision de destruction ait été prise aussi rapidement». Ce moulin, habité depuis les années 1960, a été inondé à hauteur de 40 à 50 centimètres d'eau lors du passage de Xynthia. «Qu'il soit habitable ou pas n'est pas le problème. Ce que l'on veut, c'est qu'il ne soit pas détruit», a indiqué le directeur de l'écomusée, soulignant que, sans ce moulin, l'eau du chenal ne sera plus chassée et le port vite envasé.
Les commentaires sont nombreux sur le blog pour dénoncer ce qui est jugé comme «une aberration». «Vouloir détruire le moulin à marées serait aussi aberrant que de vouloir raser les fortifications de Saint-Martin ou les tours de La Rochelle qui ont les pieds dans l'eau», dénonce un habitant.
Société - Article paru le 5 mai 2010
société
Xynthia : l’État au cœur de la tempête
Nouveau rebondissement dans l’affaire des « zones noires » après le passage de la tempête Xynthia le 28 février dernier. Lundi, l’Association de défense des intérêts des victimes de Xynthia (DIVX) a déposé une plainte devant le tribunal administratif de Poitiers contre la délimitation des zones noires publiées par le préfet de Charente-Maritime pour la communauté d’Aytré. Bernard-Franck Macera, avocat de cette association, précise qu’il s’agit d’un recours en excès de pouvoir et deux requêtes en référé. « Le recours en excès de pouvoir représente le seul moyen à disposition des sinistrés pour annuler le document de zonage. Le préfet refuse de donner les documents, donc ce recours s’impose », précise l’avocat. Les requêtes en référé visent à suspendre l’application des décisions du préfet sur le zonage, et le contraignent, par l’intermédiaire du juge, à transmettre lesdits documents.
L’association DIVX déplore les méthodes utilisées par l’État et la commune dans la gestion de ce dossier, précise l’avocat de l’association. « Il est aberrant que des maisons soient placées en zone noire alors qu’elles n’ont subi aucun dommage tandis que d’autres sont en zone jaune alors qu’elles sont complètement détruites. » Les zones jaunes correspondent aux périmètres où la population peut continuer d’habiter sous certaines prescriptions. Les zones noires, rebaptisées zones de solidarité, sont, quant à elles, rendues inhabitables, toutes les maisons étant promises à la destruction. Le gouvernement a précisé, par l’intermédiaire du ministre de l’Environnement, qu’il propose de racheter à l’amiable les habitations avant destruction selon leur valeur avant la tempête. Mille trois cents maisons se trouvent actuellement en zones noires et l’État évalue à 250 000 euros en moyenne le montant des indemnités par maison. « L’État doit mettre 325 millions d’euros sur la table pour dédommager les victimes. C’est une somme astronomique dont il ne dispose pas », ajoute maître Macera. En effet, le fonds Barnier, qui permet un remboursement en cas de catastrophe naturelle, ne contient plus que quelques millions d’euros. L’État fait-il des promesses qu’il ne va pas tenir ?
L’association DIVX a décidé de résister aux décisions de l’État en demandant l’indemnisation totale et effective des maisons en zone noire et de celles sinistrées en zone jaune. Des recours individuels seront sous peu mis en route pour que les revendications des sinistrés ne restent pas lettre morte et pour pointer du doigt la négligence, voire la responsabilité de l’État et de la commune. « Ils peuvent choisir l’expropriation mais c’est illégal », lance l’avocat. À suivre…
Céline Trégon
vagues de moins en moins vagues
Les prévisions de vagues en mer qui complètent les bulletins de la météo marine de manière fiable sur plusieurs jours ont largement progressé ces dernières années, grâce aux travaux des océanographes qui scrutent en permanence la surface des océans. « Les prévisions à quatre jours sont aujourd’hui aussi bonnes que celles établies pour vingt-quatre heures il y a quinze ans », selon Fabrice Ardhuin, chercheur à l’Ifremer.
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