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| juin 2010 18h05 | Par Frédéric Zabalza |
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Mer d’huile, vent calme, peu de courant. Les conditions étaient presque idéales cematin – il manquait juste un peu de soleil –, au moment où Antoine Albeau a posé sa longue planche sur la surface de l’eau, devant le port de la Pelle, à Marsilly, pour entamer sa traversée de la baie de L’Aiguillon, dans le cadre d’une opération menée en partenariat avec «Sud Ouest» Solidarité.
Après avoir reçu les encouragements d’Aimé Gloux, maire de Masilly, de son adjoint Bernard Jagu, de Yann Juin, maire d’Esnandes, et de Jean-Claude Marionneau, adjoint au maire de Charron, le multiple champion du monde de planche à voile s’est élancé sur son paddle board à 9 heures, cap au nord-ouest, en direction de la pointe de L’Aiguillon, accompagné de son préparateur physique Philippe Canto, suivi en bateau par sa nièce Marie Bouyer, du club des Dauphins de La Couarde-sur-Mer, dirigé par M. Albeau père. «Avec un temps comme ça, les 5,4 kilomètres vont être vite avalés», estimait Jean Giraud, de l’association «Vieux-tape-cul», fin connaisseur de la baie de L’Aiguillon.
Le véliplanchiste rétais, qui a fêté ses 38 ans jeudi, tablait sur un trajet aller-retour de deux heures. Il ne lui en aura pas fallu autant. Après 40 minutes et 42 secondes de traversée, Antoine Albeau atteignait déjà la pointe de L’Aiguillon. «J’ai mis le paquet. C’est un bon coup de pagaie en faveur des sinistrés!», clamait-il, soucieux de donner un sens à sa performance. «Je fais ça uniquement pour ne pas qu’on oublie les victimes de la tempête Xynthia. Ce grand malheur restera ancré dans nos mémoires.»
Le Rétais, actuellement en tête du championnat du monde de slalom, est revenu au port de la Pelle en 36 minutes. «Le vent commençait à se lever. On est parti au bon moment!», souriait-il.
Si vous désirez faire un don par chèque bancaire ou postal, envoyez-le avec la mention «Aide aux sinistrés Xynthia» à «Sud Ouest» Solidarité : BP 20086 - 33036 Bordeaux Cedex (rappel : une partie de vos dons est déductible de vos impôts, si vous êtes imposable).
| 8 juin 2010 06h00 | Par Marie-Claude Aristégui |
« En apprenant ce qui s'est passé, j'ai eu envie de prendre mon sac et d'aller les aider », commente spontanément Marie-Olivia Rocca, la jeune présidente de l'association des sinistrés d'Aytré, dont la propre maison a été très endommagée. « Tant que l'on n'a pas été soi-même dans cette situation, on ne peut pas vraiment comprendre, ajoute-t-elle. Justement, je dois aller à un mariage, ce week-end dans le Var, et je me dis que c'est un peu bizarre de faire la fête dans ces circonstances. Donc, il est tout à fait possible que je passe les voir. Concernant l'association, elle est pauvre. Quand nous aurons payé l'avocat, il ne restera rien. Mais nous avons encore des meubles et en conseil d'administration nous prendrons peut-être la décision de les envoyer dans le Var. »Aide d'urgence
« En regardant ces images à la télévision, j'ai été profondément attristé, j'ai eu l'impression de me retrouver le 1er mars. Je sais ce qu'ils vivent et je sais aussi qu'ils ne sont pas sortis de l'auberge », témoigne Thierry Demaegdt, sinistré et président de l'association de Charron.
« Notre association n'a pas les moyens d'aider financièrement les Varois. Mais je suis aussi rotarien et nous avons créé un comité Xynthia qui a déjà apporté 120 000 à 130 000 euros. Il nous reste de l'argent et, mercredi soir, nous avons décidé d'envoyer un chèque à Draguignan. L'argent qui transite par les centres communaux d'action sociale n'est pas débloqué tout de suite. Là, nous apportons une aide d'urgence et immédiate. »
catastrophes naturelles
Catastrophes naturelles - Inondations - Tremblement de terre
Présentation du pré-rapport : « Xynthia, les leçons d’une catastrophe » 18/06/2010 21:02 (Par Jean-Charles BATENBAUM)
Présentation du pré-rapport : « Xynthia, les leçons d’une catastrophe »
Le rapport d'étape intitulé « Xynthia : les leçons d'une catastrophe », a été rendu public par la mission commune d’information sur les conséquences de la tempête Xynthia, que préside M. Bruno Retailleau (NI–Vendée), et dont M. Alain Anziani (Soc–Gironde), est le rapporteur.
Le rapport d'étape intitulé « Xynthia : les leçons d'une catastrophe », a été rendu public par la mission commune d’information sur les conséquences de la tempête Xynthia, que préside M. Bruno Retailleau (NI–Vendée), et dont M. Alain Anziani (Soc–Gironde), est le rapporteur.
La tempête Xynthia est une dépression météorologique majeure qui a balayé plusieurs pays européens entre le 26 février et le 1er mars 2010, causant un épisode de vents violents. Le système, en provenance des régions subtropicales mais de type frontal, a principalement touché l'Espagne (Îles Canaries, Galice, Asturies et Pays basque), le Portugal, la France (Aquitaine, Poitou-Charentes, Pays de la Loire, Bretagne et Normandie), la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne et dans une moindre mesure, le Royaume-Uni, la Scandinavie et les pays bordant la mer Baltique.
INONDATIONS | Le bilan des pluies torrentielles s’alourdit dans le Var (22 morts). Le Sénat français souligne les «graves défaillances» en matière de prévention après «Xyntia».

Liens en relation avec l'article :
Jean-Noël Cuénod, Paris | 18.06.2010 | 00:00
Les scènes de désolation ne sont pas encore effacées dans le département du Var (midi de la France). Hier après-midi, le bilan s’est encore alourdi: les inondations de mardi ont causé la mort de 22 personnes. Il est à craindre que d’autres victimes soient encore découvertes.
Au moment où la Provence panse ses plaies, une commission du Sénat français – la deuxième Chambre du parlement – vient de publier un
pré-rapport accablant sur les «graves défaillances» de l’Etat en matière de prévention des catastrophes naturelles.
L’eau, le péril No 1
Ce document de 100 pages est le fruit d’une longue enquête sénatoriale menée à la suite de la tempête Xynthia qui a provoqué en février dernier la mort de
53 habitants en Vendée et Charente-Maritime.
On y apprend qu’«en France, l’inondation est le premier des risques naturels. Elle concerne deux communes sur trois.» Le pré-rapport sénatorial se fait
réquisitoire: «Notre pays souffre d’un manque de culture du risque […]. La tempête Xynthia a mis cruellement en évidence les dysfonctionnements actuels dans la gestion du risque. Ses trois piliers que sont la prévision, la prévention et la protection coexistent sans véritable coordination.»
235 000 maisons en zones dangereuses
L’enquête sénatoriale met aussi en évidence l’urbanisation massive du littoral qui conduit à des situations aberrantes: «Quelque 800 communes en France sont classées dans des zones dites à risques de submersion marine lors de marées exceptionnelles, à un niveau situé entre 0 et 2 mètres au-dessus de celui de la mer; 235 000 maisons y sont construites.»
En matière de délivrance des permis de construire, c’est le règne de la confusion entre diverses autorités. Les sénateurs évoquent, à ce propos, «une
nébuleuse d’irresponsabilité collective».
Ils préconisent une série de mesures pour combler ces nombreuses lacunes. Surtout, les parlementaires insistent sur la diffusion dans le public de cette «culture du risque» qui peine à s’inscrire dans les consciences.
BORDEAUX (Reuters) - Le maire de Charron, commune de Charente-Maritime dévastée par la tempête en février, a annoncé à Reuters qu'il démissionnait de ses fonctions sous le coup du "traumatisme" causé par Xynthia et ses conséquences.
Lui-même victime de la tempête, qui a fait 53 morts fin février en Vendée et Charente-Maritime, Jean-François Faget s'était beaucoup investi pour les 2.200 habitants de sa commune. Il a choisi de s'installer à La Rochelle.
"Par souci d'honnêteté, j'ai présenté ce matin ma démission au préfet qui rendra sa décision lundi prochain. Cette tempête a laissé des traces profondes. C'est un traumatisme qui ne passe pas", a-t-il expliqué à Reuters.
"Mon esprit est entièrement occupé par cette terrible nuit et je n'arrive pas à m'intéresser à autre chose. Il faut que je passe la main pour que la commune continue à avancer", a-t-il ajouté. "Il faut que je tourne la page".
Il se remémore encore cette nuit du 27 au 28 février où sa vie "a basculé", quand il s'est retrouvé avec son épouse pendant des heures avec de l'eau jusqu'au menton mais a trouvé la force ensuite d'organiser les secours.
"La solidarité a été exceptionnelle dans les heures, les jours et les semaines qui ont suivi. Aujourd'hui, il faut dépasser tout ça et je n'y arrive pas", dit-il.
Charron a été particulièrement touchée. Trois personnes y sont mortes et 250 maisons sur les 900 du village ont subi des dégâts. Au total, 180 habitations déclarées en "zone noire" ou "de solidarité" sont vouées à la destruction.
"Les premières négociations avec les services de l'État sur le rachat des biens à détruire se passent bien. Nous avons ouvert 15 hectares de terrains à l'urbanisation soit pour les sinistrés soit pour de nouvelles populations. La vie continue, mais moi, je n'ai plus le ressort pour continuer", affirme Jean-François Faget.
Le fait que deux autres élus municipaux aient déjà démissionné depuis la tempête implique qu'une nouvelle élection soit organisée, au plus tard au mois de septembre.
Claude Canellas, édité par Sophie Louet