• Xynthia, revue de presse du 28 juillet 2010

    A Saint-Trojan, « un mini-tsunami »

    Un retraité, qui connaît l'île depuis 1946, raconte sa vision du village submergé par Xynthia.

     Jean-Claude Roussignol.  J. D.

    Jean-Claude Roussignol. J. D.

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    Jean-Claude Roussignol, retraité en Oléron et fin connaisseur de l'île, se remémore les dégâts causés par la tempête.

    « Le vent est arrivé du sud-ouest, par Maumusson, ça a été une marée extraordinaire. En 65 ans, je n'avais jamais vu ça », raconte Jean-Claude Roussignol. Lui connaît l'île depuis 1946. Petit, il était venu profiter du climat pour guérir d'une double pneumonie ; il y est régulièrement revenu en vacances, depuis, et a décidé de passer sa retraite dans la maison de Saint-Trojan.

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    Dans ce village, il nous invite à une visite-souvenir des dommages causés par la tempête Xynthia. « Dès que j'ai su l'ampleur de la catastrophe, je suis tout de suite venu sur place pour constater l'état de ma maison et de celle de ma famille. » Tout le village avait changé de visage.

    Plus de marais

    Première étape de sa tournée, la digue. Construite sur la partie Est de la commune, elle a vite été submergée, ce qui n'a guère étonné le retraité. « Déjà, quand la marée est haute, il ne reste que 80 centimètres avant que l'eau n'atteigne le haut de la digue. Alors forcément, elle a été submergée. Résultat : les marais qui s'étalaient à perte de vue ont laissé place à de la végétation sauvage. »

    Ce qui a le plus marqué notre guide reste sans doute la place du Marché. Sur le parking, situé juste en face, « l'eau arrivait jusqu'aux boîtes à lettres, assure Jean-Claude. Même les véhicules de pompiers étaient inondés, c'était difficile de venir au secours de la population. »

    Au port, le chenal a connu un mini-tsunami. « C'est bien simple, il y a eu un effet "chasse d'eau". Quand vous avez une marée haute et du vent, ça déborde », explique notre guide. Au fur et à mesure de la balade, il montre l'emplacement de quelques maisons aujourd'hui détruites. « Quelques jours après, on annonçait une marée similaire, on a eu très peur. Mais heureusement, cette fois-ci, il n'y a pas eu de vent. »

    Le calme après… Xynthia

    Première victoire pour les Oléronnais victimes de la tempête. Rien ne les forcera à quitter leurs maisons.

     Boyardville au lendemain de la tempête. Aujourd'hui, les habitants poussent un « ouf » de soulagement.  Archives M.-C. A.

    Boyardville au lendemain de la tempête. Aujourd'hui, les habitants poussent un « ouf » de soulagement.Archives M.-C. A.

    «Processus amiable sans effet coercitif. » Une expression barbare qui fait la joie des victimes de la tempête Xynthia sur l'île d'Oléron. Concrètement, l'État et les propriétaires situés sur les zones de solidarité - ou zones noires - sont invités à engager des discussions, mais aucune obligation n'est imposée aux deux parties.

    Pour les sinistrés menacés d'expropriation, cette ordonnance délivrée par le tribunal administratif de Poitiers est un soulagement. « En gros, rien ne se fera avant 2012, voire 2013 », se réjouit Olivier Schmit, président de l'Association pour la sauvegarde du site de Boyardville-la Perrotine.

    Une accalmie rassurante

    C'est une accalmie au cœur de cette tourmente. Quelques jours après le passage de Xynthia, les 27 et 28 février dernier, 150 demeures s'étaient retrouvées en zone noire. Traduction : elles devaient être détruites car inhabitables. La carte postale de Boyardville se retrouvait quelque peu écornée, puisque même des monuments historiques étaient concernés par cette mesure.

    Les habitants de Boyardville y voyaient peu clair dans ce brouillard administratif. Et pour cause, aucun document officiel n'avait en effet annoncé le classement en zone noire. Pour combattre le processus enclenché, des associations s'étaient montées, alliées aux élus - les maires des communes de Boyardville, la Perrotine et Saint-Trojan avaient refusé de se déclarer en zone noire.

    « La résistance locale a su montrer les faiblesses de la procédure juridique », résume Patrick Moquay, président de la communauté de communes (CdC), lors d'une réunion publique organisée samedi dernier pour apporter des précisions sur cette nouvelle situation. Mais le porte-parole de la structure reste méfiant : « On voit bien qu'une partie des volontés s'émousse, mais il y a toujours une menace d'expropriation. »

    Si le temps gagné semble jouer en faveur des habitants, pas question d'oublier pour autant les manquements qui ont causé de gros dégâts à la suite du passage de Xynthia. En ligne de mire : les digues. Le Conseil général de la Charente-Maritime vient d'octroyer 184 000 euros pour la rénovation des digues, la CdC vient, quant à elle, de voter un plan digue. « Il faut aussi se pencher sur l'hydraulique et l'ensemble des consignes de sécurité », assure le président de la structure.

    Projet de village sécurisé

    Des initiatives germent dans les esprits. La dernière en date serait de transformer Boyardville en « village sécurisé », avec sirène d'alarme, des lits entreposés dans des hangars en cas d'inondation… « Ou, pourquoi pas, faire de Boyardville une grande marina ! », ironise Olivier Schmit.

    Malgré cette première bataille remportée, le labeur pour l'association est loin d'être terminé. Prochain enjeu : veiller aux remboursements des assurances. « J'ai déjà récolté cinq lettres d'assurances qui affirment avoir versé la totalité de la somme des remboursements après la tempête, rapporte le président de l'association. Or, les sinistrés n'ont rien vu de cet argent. Il faut qu'on reste vigilant. »

  • La médiathèque se relève après Xynthia

    Après les dégâts de Xynthia, la structure fait peu à peu peau neuve.

     Plus de 80 000 livres attendent parents et enfants.  photo celia prot

    Plus de 80 000 livres attendent parents et enfants. photo celia prot

    La réouverture de la médiathèque, à la Corderie royale, le 18 mai dernier a échappé à beaucoup de Rochefortais. Pourtant, après le 28 février et les dégâts considérables que Xynthia a produit, le personnel a mis la main à la pâte avec énergie pour tenter de sauver les livres et réhabiliter les lieux au plus vite.3 000 livres irrécupérables

    Il aura fallu plus de deux mois, pour enlever les moquettes gorgées d'eau, faire sécher plus de 1 000 livres, pages par pages, encore récupérables et remettre en état tout le réseau éléctrique au sol.

    Avec plus de 30 centimètres d'eau au lendemain de la tempête, plus de 3 000 livres ont été perdus, plein de vases, irrécupérables.

    Cet événement et les travaux qui ont suivi ont entraîné d'importantes réflexions sur les matériaux à utiliser en cas de nouvelles tempêtes et ont également été l'occasion de penser à du nouveau mobilier qui donnerait envie aux gens de rester, de se poser pour lire ou écouter de la musique. Olivier Desgrange, le conservateur de la médiathèque « souhaite créer un véritable espace de vie, modernisé ».

    Ce désir de modernisation passera par l'amélioration du site Internet pour permettre aux personnes « d'aller à la bibliothèque de chez eux », explique-t-il.

    Autre nouveauté et non des moindre, les tarifs vont considérablement baisser. Pour un abonnement parents enfants comptez 10 euros contre 15, 90 € auparavant et sachez que la gratuité totale va s'appliquer pour les étudiants, les demandeurs d'emplois, les personnes âgées et handicapées et les bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA).

    Les artistes n'oublient pas les sinistrés de Xynthia

     Une partie des artistes.  photo jean-pierre sarazin

    Une partie des artistes. photo jean-pierre sarazin

    L'association Art, culture et littoral organise à la salle des fêtes de Port- des-Barques, son exposition annuelle, jusqu'au jeudi 5 août. Pour cette deuxième édition, 13 artistes, peintres, sculpteurs, photographes et mosaïstes présentent leurs œuvres où côté peinture, cette année, l'abstrait domine.

    Durant l'exposition, un blason géant pré-dessiné aux couleurs de Port-des-Barques, divisé en cases à peindre pourra être terminé par les visiteurs. Les bénéfices de cette action seront reversés aux associations de sinistrés de la tempête Xynthia. Un concours artistique sur le thème de la mer et de la terre est prévu jusqu'au 28 juillet. Quatre artistes assureront des ateliers d'initiation : Benoit Hapiot pour la gravure et la peinture matière, Marie Deschamps pour la mosaïque et Patrice Duval pour la peinture à l'huile et la sculpture, le dessin d'observation sera assuré par Bertrand Richet.

    Renseignement au 06 83 30 77 42. L'Expo2 est ouverte tous les jours, entrée gratuite de 10 heures à 12 h 30 et de 15 heures à 19 heures.

    8 juillet 2010 06h00 | Par Philippe Ménard 0 commentaire(s)

    Du gypse pour soigner les terres noyées par Xynthia

    Le groupe Garandeau a démultiplié sa production de gypse fin pour une campagne d'épandage destinée à dessaliniser les champs meurtris par la tempête.

     Emilie Richaud devant le stock de gypse fin aux propriétés déssalinisantes.  Photo Ph.M.

    Emilie Richaud devant le stock de gypse fin aux propriétés déssalinisantes. Photo Ph.M.

    Au chapitre des coïncidences miraculeuses que réserve la nature, le gypse réalise un drôle de numéro. Cette roche sédimentaire née de la mer il y des dizaines de millions d'années sert aujourd'hui à en soigner les maux. Depuis le 20 juillet, jusqu'à fin septembre, une campagne d'épandage se déroule dans les terres agricoles dévastées par la tempête Xynthia, dans la nuit du 27 au 28 février.

    Les propriétés du gypse sont connues depuis fort longtemps. Il sert pour l'amendement des terres, comme engrais et comme conditionneur. Dans le cas présent, ces atouts ne sont pas inutiles, mais c'est une autre qualité qui est recherchée : « Le gypse est constitué de sulfate de calcium hydraté. Il joue un rôle de captage du sodium, autrement dit le sel. Cela évite la formation de croûtes sur le terrain, et assure une meilleure hydrométrie », détaille Émilie Richaud, responsable du développement du groupe Garandeau.

    5 à 20 tonnes par hectare

    En France, les gisements sont rares. Fabriquant de plâtre dans les Deux-Sèvres, Pierre Daunizeau a eu l'intuition du bon filon en 1869 en prenant possession de la carrière de Champblanc, à Cherves-Richemont, près de Cognac. Six générations plus tard, le groupe familial Garandeau compte 550 salariés et une trentaine de sites exploités en Charente, Charente-Maritime, Vienne et Gironde. La carrière de Champblanc reste la seule à fournir du gypse. L'autorisation de production est fixée à 400 000 tonnes par an.

    Habituellement, le gypse fin, avec un grain de deux millimètres au maximum, se contente de 20 000 à 40 000 tonnes par an. Issu du plus profond des quatre bancs exploités dans ce qui était, il y a 140 millions d'années, une lagune d'eau salée isolée de l'océan, il ne correspond pas aux besoins de l'usine Placoplatre voisine qui absorbe 65 % de la production de gypse.

    Après la tempête, les fédérations agricoles de Charente-Maritime et de Vendée se sont mobilisées pour fournir à leurs adhérents les 5 à 20 tonnes par hectare nécessaires pour dessaliniser les champs. Garandeau s'est adapté pour atteindre une production de 16 000 tonnes par mois de gypse fin pendant cinq mois. « L'installation a tourné 24 heures sur 24, avec un effectif constant, en redistribuant les taches », note Jean-Jacques Klapita, le chef de carrière.

    Élan de solidarité

    Cela a nécessité de trouver des lieux de stockage pour que les 80 000 tonnes fournies par Garandeau soient disponibles le jour venu. « Il y a eu un formidable élan de solidarité pour trouver des solutions temporaires », salue Émilie Richaud. Le groupe a joué le jeu en concédant des tarifs à la baisse et des conditions de paiement spéciales, sans attendre les garanties financières. La livraison a été assurée par Transco, filiale de transports de Garandeau. Sa proximité a fait de l'entreprise un acteur majeur de l'opération, mais elle n'est pas la seule à intervenir. Du gypse vient également de la région parisienne et du Maroc.

    Une campagne de moindre envergure sera renouvelée en 2011 et 2012 pour redonner vie aux terrains maltraités par la roublarde nature.

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  • Rue de Millam, principe de précaution autour de la contruction de 40 maisons

    lundi 26.07.2010, 05:08 - La Voix du Nord

     Les quarante nouvelles maisons prévues rue de Millam attendront un peu. Les quarante nouvelles maisons prévues rue de Millam attendront un peu.

    | WATTEN |

    La commune vient d'avoir une mauvaise surprise : le permis de construire ...

     

    pour deux programmes de construction, rue de Millam, a été suspendu par le sous-préfet de Dunkerque. « Nous avons eu connaissance de sa décision deux jours avant la fin du délai de recours. Nous avons été surpris.

    La DDE avait donné son accord », raconte le maire Daniel Deschodt.

    La raison invoquée par le sous-préfet : le risque d'inondations dans la zone où doivent être construites 40 maisons, en l'occurrence près du collège et du parc des sports. Depuis la tempête Xynthia et les ravages qu'elle a faits en Vendée, le principe de précaution est de rigueur dès lors qu'il s'agit d'un risque d'inondation. « Ce n'est pas une zone dans laquelle il y a un risque, précise Daniel Deschodt ; il y a deux ans, nous avons réalisé des études hydrauliques qui l'ont confirmé. » Passée la déception, les partenaires - le promoteur privé lillois, la commune, l'agence d'urbanisme, la DDE, le SIVOM - se sont remis au travail. Ils vont présenter un nouveau projet : « Le sous-préfet demande que soient prévus plus de sipositifs pour capter les eaux pluviales », explique le maire. Outre les citerne de 5 000 litres qui équiperont chaque maison pour récupérer les eaux de pluie, le lotissement devra être desservi par une chaussée drainante. Le programme, qui devait démarrer en septembre avec une maison témoin, prendra donc un peu de retard : Daniel Deschodt imagine son démarrage en 2011. « Finalement, ça va dans le bon sens », juge le maire avec philosophie.

    Ces quarante maisons individuelles (des F3, F4 et F5) en accession à la propriété bénéficient des mesures du Pass foncier (TVA à 5,5 %). Soutenu financièrement par la commune, elles lui permettront de regarnir un peu sa démographie, en perte de vitesse ces dernières années. A noter que le projet de nouvelle gendarmerie subit lui aussi indirectement les conséquences de Xynthia. Son permis de construire doit également être modifié pour rehausser les bâtiments. •

    ANNICK MICHAUD

    Tourisme : se relever après Xynthia

    Mots clés : tempête Xynthia, saison touristique, été 2010, LA faute-sur-mer, L'Aiguillon-sur-mer, VENDÉE, CHARENTE-MARITIME, île de Ré

    Par Sophie Amsili
    23/07/2010 | Mise à jour : 22:59 Réagir

    A gauche, des maisons près de l'Aiguillon-sur-Mer après le passage de Xynthia. A droite une plage de l'Ile de Ré. Crédits photos : AP et Sébastien SORIANO / Le Figaro
    A gauche, des maisons près de l'Aiguillon-sur-Mer après le passage de Xynthia. A droite une plage de l'Ile de Ré. Crédits photos : AP et Sébastien SORIANO / Le Figaro

    Les régions frappées par la tempête meurtrière qui a frappé la côte atlantique en février se remettent progressivement. La destruction des logements plombe cependant la saison touristique des communes les plus touchées déjà éprouvée par la conjoncture économique.

    Le soleil devrait être au beau fixe ces prochains jours sur le littoral de la Vendée et de la Charente-Maritime. En cette période de grandes vacances, la mer devrait même être délicieuse. Rien de semblable avec la météo du 28 février dernier, lorsque la tempête Xynthia qui a balayé le pays semait le chaos sur cette partie du littoral atlantique. Dans les seules communes vendéennes de La Faute-sur-Mer et L'Aiguillon-sur-Mer, les plus touchées par la tempête, 29 personnes ont péri. Près de cinq mois après la tragédie, ces deux communes dévastées se remettent peu à peu. Mais dans cette région très touristique durant l'été, Xynthia a laissé des marques qui ont miné le début de la saison.

    Si l'Office du tourisme de l'Aiguillon-sur-Mer déplore une baisse de fréquentation de l'ordre de 10%, les commerçants dressent des constats plus négatifs. «La clientèle est en baisse de 30% à 40%», confie Pascale Soussi du restaurant La Terrasse à la Faute-sur-Mer. «Et on en a discuté entre commerçants: c'est pareil pour tout le monde». Au restaurant La Marina, soixante couverts sont servis chaque jour sur la centaine habituelle. A l'Hôtel du Port, à l'Aiguillon-sur-Mer, Sophie Ramon dresse un constat encore moins favorable : dans cet hôtel qui a été inondé par 82 centimètres d'eau fin février et fermé plus d'un mois, la fréquentation a été divisée par deux.

     

    Trois campings fermés

    En cause, la destruction de plusieurs campings et de nombreuses maisons secondaires qui ont contribué à vider les rues de la commune. A La Faute-sur-Mer, le camping municipal est définitivement fermé et celui des Flots Bleus ne devrait rouvrir qu'en avril 2011. Quant au camping municipal de L'Aiguillon-sur-Mer, il n'est qu'à moitié accessible: caravanes et tentes peuvent de nouveau élire résidence dans la «partie haute» depuis le 1er juillet. Mais l'autre partie, où l'on pouvait louer des mobil-homes, des chalets et des caravanes, demeure fermée pour travaux. Elle représente, à elle seule, une centaine de lits en moins.

    Au total, à La Faute-sur-Mer, près de 8000 touristes en moins seraient attendus, sur les 35.000 habituellement accueillis chaque été. Ajoutés à une conjoncture peu favorable selon les commerçants, ces hébergements détruits représentent un important manque à gagner.

     

    L'Ile de Ré accuse aussi une petite baisse

    A quelques dizaines de kilomètres au sud de La Faute-sur-Mer, sur l'Ile de Ré, les dégâts de la tempête ont été moins importants. «L'île n'est absolument pas détruite !», tient à rappeler la gérante d'un hôtel-restaurant. Un camping destiné à un comité d'entreprise demeure cependant fermé cette saison et l'hôtel Odalys n'accueillera de nouveaux visiteurs qu'à partir du 31 juillet.

    Le Relais Thalasso, également fermé après la tempête, a finalement rouvert ses portes le 4 juillet. Quatre mois de travaux auront été nécessaires pour que l'établissement se remette de l'inondation qui a dévasté quarante chambres. «Aujourd'hui, l'activité reprend normalement, affirme le directeur de l'établissement Didier Gireau. Nos prévisions pour le mois d'août sont dans la norme, voire bonnes. Nous avons fait des efforts pour faire oublier l'inondation et que l'image du centre ne soit pas ternie».

    Mais de nombreux commerçants et restaurateurs de l'Ile de Ré déplorent cet été une petite baisse de la fréquentation. Certains mettent en avant les conséquences de la tempête, d'autres pointent surtout du doigt le contexte économique défavorable. «La situation économique est préoccupante», explique la directrice d'Ile de Ré Tourisme, Catherine Senand, refusant d'incrimer la tempête qui a laissé «peu de séquelles» sur l'île. Elle admet que la saison a «commencé doucement», mais table sur un meilleur mois d'août.

     

    Un impact «modéré» pour les départements

    Pour François Riou, adjoint de direction au Comité départemental du tourisme de Vendée, l'impact de Xynthia reste «très modéré». Seulement 2% du littoral vendéen a été détruit par la tempête, «une frange infime» qui ne porte pas atteinte, selon lui, à la saison touristique du département. Face à une affluence en berne cette année, les professionnels locaux du tourisme se veulent donc rassurants sur leurs perspectives. «Seulement deux campings sont fermés sur les 400 que compte la Vendée», rappelle-t-il.

    Même constat à l'échelle du département voisin: «Au lendemain de la tempête, seulement 3% des infrastructures de Charente-Maritime ont été touchées», explique Stéphane Villain, président du Comité du tourisme du département. «L'été s'annonce très bien», affirme-t-il. «Le taux de réservation est sensiblement identique à celui de 2009 qui était une très bonne année». Et on promet aux visiteurs que la qualité d'accueil sera au rendez-vous: «Les habitants ont mis les bouchées doubles pour accueillir les visiteurs dans de très bonnes conditions, poursuit Stéphane Villain. Elles seront peut-être même meilleures que d'habitude».

     

    L'image de la région en jeu

    <intertitre>L'image de la façade atlantique est en jeu, comme le prouve la campagne télévisée pour promouvoir le tourisme en Vendée. Diffusée au début du mois de juin, les spots publicitaires visaient à «rappeler les valeurs d'hospitalité et de tourisme» du département, selon François Riou. </intertitre>

    Les régions touchées par Xynthia s'efforcent donc désormais de convaincre les visiteurs qu'elles sont à nouveau prêtes à les accueillir, avec leur charme et leur tranquillité habituels.

     

    Xynthia : les aménagements se feront par tranches - Les Moutiers-en-Retz

    lundi 26 juillet 2010


    Salle Jean-Varnier, une soixantaine d'habitants ont débattu, parfois houleusement, avec le maire Jean Guillot et son adjoint à l'environnement, Bertrand Alliot.</P>

    Vendredi soir, salle Jean-Varnier, le maire Jean Guillot et son adjoint en charge des questions du littoral Bertrand Alliot ont mené une réunion avec les habitants touchés par les inondations après le passage de la tempête Xynthia. Devant une soixantaine de personnes, au cours de cette rencontre relativement houleuse, la municipalité a rappelé la priorité de la commune : la construction d'une école, estimée à 2 millions d'euros. Les aménagements liés à la catastrophe de Xynthia passeront ensuite (l'amélioration des réseaux de traitement des eaux pluviales et la création d'un canal à ciel ouvert au niveau de la gare sont en projet). L'argent reste le fond du problème pour Jean Guillot. Trop chers, ces travaux se feront successivement et « par tranche ».

    D'où l'espoir d'une aide de l'État pour continuer ces aménagements : la municipalité attend un Plan de prévention des risques d'inondation (PPRI). La date de sa mise en oeuvre est pour l'instant totalement inconnue. Un tel dispositif permettrait une aide supplémentaire de la part de l'État et l'accélération de certaines modifications nécessaires à la commune. Cependant, il amènerait également la désignation de zones inondables. Devant le spectre des « zones noires » de La Faute-sur-Mer en Vendée, Jean Guillot s'est voulu rassurant. Selon lui, « un PPRI ne signifie pas la destruction des maisons situées sur les zones jugées inondables par l'État et chaque propriétaire sera consulté ». Il n'empêche, les terrains deviendraient non-constructibles, interdisant toute extension et rendant plus difficile leur vente.

    Une piste a émergé de cette réunion, elle consiste à remplacer le parking de la place Charles-de-Gaulle par un bassin de rétention, qui serait traversé par des ponts. Chez les Monastériens, on s'impatiente. Lors de la réunion, plusieurs personnes ont quitté la salle prématurément, en fustigeant le manque de mesure concrète. « Qui peut donner maintenant aux propriétaires quelques conseils pour prévenir les inondations chez eux ? » a-t-on demandé dans le public. Le maire a annoncé la diffusion, dans les trois semaines, d'un document de conseils pour protéger sa maison. Le document serait déjà prêt selon Bertrand Alliot.

    Après Xynthia, moins de vacanciers, mais de l'espoir

    jeudi 22 juillet 2010
    • Sur le plan d'eau de L'Aiguillon-sur-Mer, les traces de la tempête sont désormais très discrètes : tout a été fait pour que les vacances soient « comme avant ».

      Sur le plan d'eau de L'Aiguillon-sur-Mer, les traces de la tempête sont désormais très discrètes : tout a été fait pour que les vacances soient « comme avant ».

      Thomas Brégardis
     

    Tongs, serviettes de plage et pique-nique. Dans le Sud-Vendée, quatre mois après la catastrophe meurtrière, L'Aiguillon et La Faute-sur-Mer accueillent ces panoplies avec le sourire. Mais ce n'est pas la grande foule.

    Le soleil est là, les sourires aussi. Quatre mois après la catastrophe meurtrière de Xynthia, L'Aiguillon et La Faute-sur-Mer retrouvent leurs allures de stations balnéaires : on sirote à la terrasse d'un café, on se promène sous les pins, les enfants profitent de la piscine du camping. « Il y a moins de monde », glissent les habitués. Les amoureux défendent : « Ça n'a jamais été noir comme aux Sables. Ça fait partie du charme. » La cohue, c'est le week-end, avec les Vendéens qui viennent en nombre profiter des plages.

    Locations inhabitables, deux campings fermés dont un qui ne rouvrira pas : les fichiers de l'office de tourisme de La Faute, forts de 110 locations, se sont vidés de 40 possibilités d'hébergement. De nombreuses résidences secondaires sont fermées, parfois pour toujours. « Cette année, on aura 8 000 personnes en moins », estime Marie-Claire Suire, conseillère en séjours. Elle se veut pourtant optimiste : « Xynthiaa détruit des possibilités d'hébergements, mais les réservations sont bonnes. Les touristes ne nous boudent pas. »

    Dans cette station qui accueillait jusqu'ici 35 à 40 000 touristes par saison, certains hébergeurs jugent ces propos« un peu roses ». La diminution de l'offre n'a pas profité à tout le monde. « Aucune de mes huit locations n'est louée. D'habitude je n'ai pas de problème. Au téléphone, on m'a dit que je devrais avoir honte de louer à La Faute. On m'a même demandé si je pataugeais encore dans l'eau ! », se plaint Fosca, 55 ans. Parmi les sept campings ouverts, quelques-uns sont complets, notamment en août. D'autres ne cachent pas que « début juillet a été plus difficile que l'an dernier ». Un« effet Xynthia » ? « Très clairement », pour certains, « non » pour d'autres. « Il y a des problèmes de pouvoir d'achat, comme sur l'ensemble du littoral français. »

    Les commerçants annoncent des chiffres d'affaires en forte diminution. Pour les soutenir, des chèques de 20 € sont distribués aux touristes. Là aussi, beaucoup avancent que les porte-monnaies sont à plat, que la météo joue. Pour« compenser les images de la catastrophe », certains auraient voulu « davantage de communication positive ». La gérante d'un camping se réjouit d'avoir mis le paquet :« Très vite, la page d'accueil de notre site a fait le point sur les dégâts, pour rassurer les clients. On a aussi retravaillé le référencement sur internet. Résultat : une baisse les quinze premiers jours de juillet mais pour août, on est en avance par rapport à l'an dernier ! »

    Des chèques aux touristes

    Sous le soleil, cyclistes et promeneurs sont quand même visibles. Les fidèles le sont souvent restés. Quitte à troquer le mobile-home pour une caravane, ils ont retrouvé leurs voisins habituels. La plupart sont épatés : « C'est incroyable, le nettoyage qui a été fait. Il faut bien connaître pour mesurer les changements ! » Marie, 46 ans, qui vient quinze jours « chaque année, chez des amis », revient d'un jogging sur la pointe d'Arçay, à La Faute : « Franchement, je ne vois pas la différence », souffle-t-elle.

    Évidemment, dans le paysage, tout n'est pasexactement « comme avant ». Route de la Pointe, les cailloux découragent voitures et vélos sur cette digue naguère très visitée. Comme à La Faute, des maisons sont bardées de banderoles où les propriétaires crient leur colère : ce sont les zones noires (ou zones de solidarité). Elles concernent 915 maisons.

    « On peut facilement éviter ces zones », réagissent plusieurs touristes. Le voyeurisme, qui peut susciter quelques tensions, semble marginal. Les plus malins envoient les indélicats sur une fausse route. C'est de bonne guerre. Sinon, les touristes sont les bienvenus : « Ça nous change les idées. On en a besoin », sourient des sinistrés, lassés de certaines questions, mais plus encore d'attendre leurs indemnisations.

    Au 1er juillet, un quart d'entre eux sont retournés vivre dans leurs maisons, y compris en zone noire. Les blessures sont encore profondes dans les coeurs et dans les têtes. Mais un travail de titan a permis qu'elles soient discrètes dans les rues, sur le port. Les activités estivales fonctionnent toutes : char à voile, école de natation, karaoké, balades nocturnes... Dimanche, L'Aiguillon-sur-Mer accueillera le troisième triathlon Sud Vendée.

    Les professionnels du tourisme espèrent beaucoup du mois d'août et des fameuses« réservations de dernière minute ». Au casino de La Faute, l'un des plus gros acteurs économiques de la station, le directeur, Gia Khanh Pham, rêve de projets à long terme :« Avec 29 morts, nous avons encore besoin de compassion. Heureusement, l'homme renaît toujours. Si on concentre les forces, en tirant les leçons du passé, on peut faire plein de choses. Et pas seulement pour les touristes. »

    Claire HAUBRY.

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