• POINTE-AU-PERE

    Jour 6 du circuit                     [Cliquez ici pour la Google map en ligne]

    Pointe-au-Père,  aujourd'hui secteur de la ville de Rimouski, aurait été baptisée ainsi en mémoire du passage du Père jésuite Henri Nouvel, premier missionnaire à avoir rejoint les deux rives du Saint-Laurent, et qui aurait célébré une messe le 8 décembre 1663 avec un groupe d'amérindiens de la Côte-Nord venu en expédition de chasse à l'orignal. La messe aurait été célébrée sur une pointe de terre qui s'avance dans le fleuve un peu en aval de Rimouski. Il est dit que c’est depuis que Pointe-au-Père est tournée vers la mer,  depuis le jour où le père Henri Nouvel dut y accoster lors d’une tempête.

    (Ville de Rimouski)

    C'est de cet endroit que les pilotes du Saint-Laurent rejoignaient les navires pour les guider dans leur trajet vers Montréal.

    Le phare

    Le phare, blanc et rouge, d’une hauteur de 33 mètres, est le deuxième plus haut phare du Canada (après celui du cap des rosiers, 37 mètres) ; il désigne l’endroit où le fleuve devient officiellement l’estuaire du Saint-Laurent. (le phare de Pointe-au-Père ). Un premier phare est érigé à Pointe-au-Père en 1859 afin de mieux baliser cet endroit du fleuve; il s'agit d'un phare de 5 lampes à l'huile équipées de réflecteurs de 21 pouces. Le premier phare est détruit dans un incendie le 13 avril 1867. Un deuxième phare est construit pour le remplacer et est muni d'un éclairage fixe. L'éclairage devient rotatif en 1890. En 1902, on remplace les lampes à l'huile par des lampes au gaz acétylène de la compagnie Sunlight. En 1909, on construit un nouveau phare plus moderne en béton armé, d'une hauteur de 97 pieds, soit à peu près 33 mètres. De forme octogonale, érigée en béton armé, il est renforcé de huit contreforts de même matériau. Le phare de Pointe-au-Père est l'un des rares au Québec à avoir encore son mécanisme et son système optique d'origine. Il a été remplacé par un phare automatisé. C’est le lot de tous les phares de la planète, et l’arrivée du GPS ne leur laisse plus grand avenir.

    Nous grimperons donc gaillardement ses 128 marches, qui ne nous font pas peur. Il faut dire que notre phare de la Coubre (à l’entrée de la Gironde), pour ne citer que lui, trône à 64 mètres de haut et 300 marches, celui des Baleines (dans l’île de Ré) 257 marches pour plus de 59 mètres, et celui de la pointe de Chassiron (dans l’île d’Oléron) 224 marches pour 46 mètres ! Nous avons donc l’entraînement en matière de phare. Une fois là-haut, nous découvrons que le mécanisme est peut-être bien un peu français.

    Mais, on a beau être cigogne, on peut quand même souffrir du vertige et n’en mener pas large une fois là-haut. La vue n’en est pas moins intéressante : nous pouvons admirer toute cette belle région (enfin, pour le caribou, car la cigogne se contente de prendre des photos sans trop regarder en bas), et comprenons mieux la géographie du lieu. Et les drames qui ont pu se jouer dans les eaux qui coulent à nos pieds. Des centaines d’épaves reposent en en-effet au fond de ce grand fleuve.

    Avec un peu plus de temps, nous aurions pu aller visiter la maison du gardien et le hangar de la corne de brume.

    Le pavillon de l’Empress of Ireland

    Un drame, en particulier, est honoré à Pointe-au-Père : le naufrage, de l’Empress of Ireland. Un film en 3D (en trois dimensions) relate l’histoire tragique de ce paquebot, deux ans après le Titanic, et lui aussi construit pour être insubmersible, mais qui fut éperonné par un charbonnier norvégien équipé en brise-glace, le Storstad : 1012 morts en 14 minutes.

    La brume, le froid et l’impossibilité d’accéder aux canots de sauvetage en furent les causes. L’histoire fut vite oubliée avec le déclenchement de la première guerre mondiale. Film bouleversant et plus sobre que tout ce qui a pu être fait et dit sur le grand frère Titanic. L'épave de l'Empress of Ireland repose dans le fond du fleuve Saint-Laurent, à 11 kilomètres au large de Pointe-au-Père, au Québec, sous 40 mètres d'eau. À la surface flotte une bouée.

    L’architecture du musée rappelle l’instant fatidique de l’impact entre l'Empress of Ireland et le charbonnier norvégien Storstad. De façon plus spécifique, le concept respecte certaines dimensions réelles des deux navires. Ainsi les caractéristiques de l'Empress of Ireland, à savoir la largeur de la partie habitée des cabines de 1ère classe où a eu lieu l'impact, de même que le diamètre et la distance entre les deux cheminées sont à l'échelle. De plus, une partie de la salle d'exposition s'enfonce dans le sol, rappelant le naufrage.

    Dans ce musée sont également exposés des objets récupérés sur l’épave : de la vaisselle, du mobilier, de l’argenterie, des instruments de navigation, des morceaux du paquebot (des hublots, par exemple).

    Je vous encourage à cliquer sur les liens suivants pour en savoir davantage sur ce naufrage oublié.

    Empress_of_Ireland

    La malédiction de l'Empress of Ireland

    Les naufrages Canada

    Le pavillon de l'Empress of Ireland

    La grande nageuse

    (résine de polyester, fibre de verre et aluminium. Fini acier) Longueur : 6,00 m Hauteur : 1,95 m Largeur : 1,20 m.

    Professeur-chercheur à l’UQAR en technologie de la sculpture, Roger Langevin, le plus souvent secondé par le designer Jacques Bodart et le technicien Gaston Ouellet, a mis au point depuis 10 ans des procédés nouveaux permettant la réalisation d’œuvres de grand format pouvant résister aux pires intempéries. La grande nageuse est une de celles-là. L’œuvre montée sur lames d’aluminium a d’abord été découpée dans des panneaux de styromousse, puis recouverte successivement de treillis métallique, de ruban adhésif, de toile de verre et résine de polyester. Cette sculpture évaluée à 40 000 $ par la Galerie Archambault (Lavaltrie) et Clarence Gagnon (Montréal) a été léguée par l’artiste au Site historique maritime de la Pointe-au-Père à Rimouski en 2006.

    Je retiendrai d'elle une expression de douceur extrême et d'amour envers ce poisson qui semble symboliser tous ceux qui reposent au fond du Saint-Laurent. Je n'aime d'ailleurs pas ce nom de "grande nageuse". J'aimerais l'appeler "la fée des eaux", ou "la mère".

    Le sous-marin Onondaga

    Nous n’aurons malheureusement pas le temps de visiter le sous-marin (les aléas des voyages organisés…). Ce sera pour une autre fois si nous revenons dans le coin.

    La visite du sous-marin Onondaga fait partie de la visite du Site historique maritime de la Pointe-au-Père. Ce navire canadien a été opérationnel de 1967 à 2000, assurant la surveillance des côtes canadiennes et participant à des missions de l’OTAN. On y promet une plongée dans le quotidien d’une soixantaine d’hommes confinés pendant des mois dans un sous-marin de 90 mètres.

    C’est le seul sous-marin accessible au public au Canada.

    Une dernière petite information : L'onondaga est une langue iroquoienne du Nord parlée dans l'État de New York et en Ontario sur la réserve des Six-Nations

    Les passionnés de sous-marinade pourront aller cliquer dans les liens suivants pour en savoir davantage :

    Le sous-marin Onondaga

    Le projet Onondaga

    Il nous aurait fallu beaucoup de temps pour tout voir en ce lieu important de l’histoire maritime du Québec. Il en va ainsi en voyage organisé.

    Nous pourrions nous y attarder toute une journée une autre fois.

    Flonigogne


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  • RIMOUSKI

    Jour 5 du circuit

    Nous continuons donc notre route, sous la pluie, et arrivons, toujours sous la pluie, à Rimouski, où nous passerons la nuit. (Voir Google map)

     Rimouski est dans la région « Bas-Saint-Laurent ». Son nom vient du Micmac, et signifie « terre à l’orignal », ou « terre au chien ». Rimouski a été fondée par René Lepage, sieur de Sainte-Claire, en 1696. Originaire d'Ouanne, en Bourgogne.

    Rimouski fut en 1950 le théâtre d'un immense incendie, démarré dans une scierie et qui détruisit 319 maisons. On appelle cet événement « la nuit rouge ». Il ne reste pratiquement rien de l’ancienne ville.

    Rimouski a une vocation essentiellement maritime, et est le siège de l’'Institut maritime du Québec, centre de formation aux métiers maritimes, mais aussi de recherche avec son Centre de recherche sur les biotechnologies marines (CRBM).

    Rimouski accueille aussi plusieurs festivals :

     La musique classique y est aussi à l’honneur avec l'Orchestre Symphonique de l'Estuaire ; le sport également, avec le club de hockey L'Océanic, et l’université y est réputée.

    Face à Rimouski, au milieu du Saint-Laurent, c’est l’île Saint-Barnabé. C’est probablement Champlain lui-même qui nomme l’île Saint-Barnabé au début du XVIIème siècle lorsqu’il la côtoie un 11 juin, jour de la fête de Saint-Barnabé. Toussaint Cartier, alors âgé d’une vingtaine d’années, arrive à Rimouski et demande au seigneur Lepage, la permission de se retirer sur l’île Saint-Barnabé afin d’y vivre en ermite. Sa requête ayant été acceptée, l’ermite s’installe vers le milieu de l’île, du côté sud, où il se construit une cabane et une petite étable. Il y vivra une quarantaine d’années, d’élevage et d’un peu de culture. L’île n’est plus habitée, mais une légende est née. On peut y aller à pied, en hiver, quand le fleuve est gelé, et que l’on fait un trou dans la glace pour pêcher.

    En me promenant le long du fleuve, très tôt le matin, j’ai rencontré des hérons bleus, et quelques humains, venus là pour démarrer la journée par une promenade matinale.

    Flonigogne


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  • SAINT-JEAN-PORT-JOLI

    Jour 5 du circuit

    Nous quittons Québec et la rive nord du Saint-Laurent en empruntons le dernier pont, avant que le fleuve ne soit trop large, pour atteindre la région Chaudière-Appalaches.

    Nous ferons une courte escale à Saint-Jean-Port-Joli (voir Google map ). Courte escale car la météo n’est pas de notre côté et il pleut « à boire debout ».

    C’est dommage, car cette ville vaut la peine qu'on s'y attarde une heure ou deux, voire  davantage, comme nous l’avions fait en 2007. Saint-Jean-Port-Joli fut élu capitale culturelle du Canada en 2005, en raison des événements qui s’y déroulent au fil des saisons, et pus particulièrement quatre festivals :

    • L’international de sculpture sur bois en juin et juillet
    • La fête de chants de marins en août
    • Les violons d’automne en septembre
    • La fête d’hiver de sculptures sur glace en février (La prochaine aura lieu du 11 au 14 février 2010)

    et aussi les concerts d’été tous les dimanches, le salon du livre de la Côte-du-Sud, (il se tiendra cette année les 7 et 8 novembre), un ciné-club de l’imaginaire,

    des musées :

    • L’épopée de la moto
    • Le musée de la mémoire vivante
    • Le musée de sculpture sur bois des anciens canadiens
    • Le musée maritime du Québec

    Saint-Jean-Port-Joli est aussi un haut lieu d’agrotourisme.

    Le nom de Saint-Jean-Port-Joli vient de la Seigneurie de Port-Joly qui s’y établit en 1677. Toutes les maisons furent brûlées durant la conquête de 1759 par le régiment des Fraser Highlanders sur les ordres du général britannique James Wolfe. La ville est un rendez-vous touristique important du fait de la présence de nombreuses galeries d’art spécialisées en sculptures sur bois, d’une église à l’architecture très particulière, construite à la fin du XVIIIème siècle et célèbre pour sa collection de crèches,

    et d'un port de plaisance très actif

    Le mauvais temps n’encourage donc pas le groupe à s’attarder plus longuement dans cette ville, charmante par beau temps. Nous y avions remarqué lors de notre premier passage des noms très charentais sur les tombes du cimetière (Naud, Braud, Girard, Archambeaud…).

    Flonigogne


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  • Québec

    Jour 4 et 5 du circuit

    Québec = Champlain  1608 ? Oui certes mais auparavant il y avait eu Jacques Cartier qui, à Stadaconé, en 1535, avait tenté, en vain, d'y établir un camp permanent après être parti de Saint-Malo.


    Débarquement de Jacques Cartier à Stadaconé.

    Archives de la Ville de Québec

    Statue de Jacques Cartier à Saint-Malo

    Et puis, bien plus tard, en 1608 donc, Samuel Champlain réussira à établir une "abitation" à l'endroit du Québec actuel.

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    Pour qui ne le sait pas encore – et c’est l’explication la plus communément admise –l’étroitesse du fleuve entre les futurs sites de Québec et de Lévis aurait qualifié l’endroit d’un mot algonquin « kebec » signifiant « là où le fleuve se rétrécit » . (On remarque la concision de la langue algonguine qui n’utilise que 5 lettres – qui n’existaient d’ailleurs pas –  là où le français a besoin de 6 mots…)

    Lors de ce voyage-ci nous n’avons pas abordé Québec par la route directe, venant de Montréal, mais par le nord-ouest en passant par le village huron. Le trajet de nuit entre ce village et notre hôtel, Le Champlain, ne nous a pas permis de voir grand chose de cette partie de la ville !

    Très bon hôtel où nous aurions volontiers passé une seconde nuit. Or le principe de « séjour découverte » est de ne pas s’attarder mais de donner envie de revenir. Alors nous reviendrons !

    Le lendemain matin nous avions rendez-vous avec notre guide locale (qui venait d’une province de l’Est, Nouveau Brunswick ou Nouvelle Ecosse). Un tour à pied de la vieille ville pour évoquer Champlain, les premières constructions de maisons en pierre, à la française, puis, plus tard, l’arrivée des Anglais. Les uns et les autres vite fait de mettre leur nom sur leur maison.

    Au tout début il fallait construire, pêcher, chasser, troquer avec les Indiens. La traite de la fourrure se signale d’évidence à Québec. Si vous voulez une belle fourrure de loup blanc, cela peut se trouver. Un beau tissage coloré ? Aussi.

    Si on monte sur l'escarpement sur lequel a été construite la ville de Québec, on peut constater l'étroitesse, toute relative, du fleuve, à cet endroit. On devine la ville de Lévis à droite et l'Ile d'Orléans en face, en aval.

    On regarde aussi vers l'amont et on voit que, même à l'étroit, il y a beaucoup de place pour que les bateaux se croisent !

    La ville de Québec en 1700, gravure anonyme.

    Si on prend le traversier qui va à Lévis,  on comprend mieux, en regardant au-delà du sillage du bateau, pourquoi on a choisi l'emplacement de Québec pour y construire un fort et ensuite une ville.

    Un bâtiment qui saute aux yeux quand on voit Québec à partir du fleuve est le Château Frontenac, qui doit son nom à un gouverneur de Québec, et qui n'est pas un château mais un hôtel. Le gouverneur Frontenac avait, quant à lui, fait ériger des fortifications pour se protéger des Anglais. à la fin du XVIIe siècle. Les fortifications sont moins visibles que l'hôtel !

    Un petit tour dans le hall de l'hôtel pour voir une belle pendule et des boutiques de luxe ;

    et un bel escalier décoré années 1900...

    Ensuite nous retrouvons Samuel Champlain sur la place où trône sa statue.

    Puis nous allons Place Royale, qui a pu être le site du village de Stadaconé dont on parlait au début.

    Une autre statue ici : celle de Louis XIV.

    C'est sur la Place Royale que se trouvent les locaux de l'Association Québec-France.

    Il y avait aussi une exposition de superbes photos pour lesquelles il ne nous restait plus que cinq minutes de temps libre avant notre rendez-vous du déjeuner.

    A quelques pas de là, place de Paris, nous avons découvert le "cadeau" fait par la ville de Paris à la ville de Québec, lors du premier sommet de la francophonie sur sol canadien en 1987 (donc pour le 379e anniversaire de la fondation de la ville...) et le deuxième sommet en tout.

    On dirait une "installation", ce genre de mystification à la mode qui consiste à faire passer, par exemple, des carreaux de  salle de bains surmontés d'un Rubik's cube pour une œuvre d'art !

    On jeter un coup d'œil au Parlement de Québec, dans un style plus classique.

    Devant le parlement se trouve une des ex-fontaines des allées Tourny à Bordeaux, découverte chez un antiquaire de Saint-Ouen par un homme d'affaires québécois, Peter Simons, récupérée, remise en état et offerte à la ville de Québec pour son 399e anniversaire.

    Un bon nettoyage de façade pour le 400e et c'est comme neuf ! Avec des sculptures retraçant l'histoire.

    Wolfe et Montcalm, les chefs ennemis mortellement blessés lors de la bataille des plaines d'Abraham. Une famille amérindienne, du peuple des Abénaquis.

    Peut-être bien un hommage aux Amérindiens qui ont aidé les Québécois à survivre et à se protéger d'autres Amérindiens !

    On est redescendu du Parlement. Les calèches aussi. On arrive à hauteur d'une des plus vieilles maisons de Québec, la maison Jacquet.

    On rechange de quartier pour quelques regards sur une superbe fresque qui offre un condensé d'histoire ancienne, récente et actuelle : la fresque des Québécois.

    Qui pouvons-nous reconnaître parmi la quinzaine de personnages qui ont marqué l'histoire du Québec depuis 465 ans ? A découvrir Jacques Cartier, Félix Leclerc, Louis de Buade comte de Frontenac, Louis-Joseph Papineau, Lord Dufferin, Alphonse Desjardins, Marie Guyart, Thaïs Lacoste-Frémont, François-Xavier Garneau, Samuel de Champlain, Louis Jolliet, Jean Talon, François de Laval, Catherine de Longpré, Marie Mallet et Marie Fitzbach. (Vous en reconnaissez au moins trois ?)


    Voir taille réelle

    Qui était Louis Jolliet ? C'était un explorateur canadien (1645-1700) découvreur du Mississipi avec le père Jacques Marquette. (Un barbu à chapeau avec un pistolet !)

    Pas le temps de magasiner dans le quartier du Petit-Champlain. On va manger du poisson au "Poisson d'Avril" !

    Nous allons poursuivre notre voyage, non pas vers le Mississipi mais le long du Saint-Laurent en passant sur la rive Sud par un pont auto-routier, parallèle au vieux pont cantilever de Québec. C'est le dernier franchissement du Saint-Laurent par un pont avant l'embouchure, ou plutôt le golfe, tellement c'est vaste !

    AlCaribouCool


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  • ONHOÜA CHETEK8E

    Jour 4 du circuit

    Nous avons survécu au survol de la région des Sept-Îles en hydravion et arrivons à Onhoüa Chetek8e, village traditionnel amérindien huron dont le nom signifie « d’hier à aujourd’hui ».

    Les panneaux sont trilingues, dans le village, (en français, anglais et huron), mais il faut en comprendre l’écriture. La langue huronne ne s’écrit pas et elle a été en effet transcrite en écriture semi-phonétique par les premiers missionnaires catholiques. On trouve, par exemple, le chiffre "8" ("houit") au milieu d’un mot : il se prononce "w" comme dans ouate. Le "q"est une sifflante sourde et représente le "th" grec ou anglais. Il, se prononce de la même façon. Un exemple : le mot «séchoir» s’écrit "ETIE8ATSAqAqA" et se prononce, à peu près : "étiéouatsathatha". Les spécialistes ont trouvé de nombreuses similitudes avec le Chinois. Une affaire à suivre.

    Wendake est une réserve indienne huronne-wendate, enclavée par la ville de Québec. Sa superficie est d’1,1 km² et traversée par la rivière Saint-Charles, elle était anciennement appelée Village-Huron ou Village-des-Hurons.

    Wendake est l'une des communautés autochtones du Québec les plus dynamiques économiquement et abrite de nombreuses entreprises florissantes qui emploient les gens de la communauté.

    Le nom « Wendat » signifie « les habitants de l’île ou de la péninsule », du lieu qu’ils habitaient avant de s’établir dans la région de Québec. Wendake, avec l’ajout d’une syllabe, signifierait « chez les Wendat » ou « pays des Wendat ». Ce sont les Français qui les ont baptisés Hurons de par leur coiffure ressemblant à une hure de sanglier.

    La première surprise en arrivant à Wendake est de se trouver face à une population de type européen, voire même à la peau claire et aux cheveux blonds ou roux quand on s’attendait à des Indiens de race asiatique. En fait le métissage avec les pionniers européens a été d’emblée favorisé dans le but de peupler plus rapidement les terres nouvellement conquises en manque de femmes dans un premier temps.

    Ces unions avec les amérindiennes était encouragées pour des raisons multiples. Les hommes privés de leurs compagnes européennes eurent tôt fait de chercher femmes sur place, et les autochtones étaient « libres de leurs corps » (elle choisissait elles-mêmes leur futur compagnon). Par ailleurs, selon la coutume, une fois unies à un homme, elles devenaient en quelque sorte sa « propriété ». Ces unions précoces permirent d’éviter des guerres telles que celles qui opposèrent Européens et Iroquois. Elles furent même légalisées sous forme de contrats ! Les enfants nés de ces unions furent élevés dans la religion catholique ; d’autres furent enlevés dès leur plus jeune âge dans le même but : christianiser la Nouvelle-France et d’établir des relations durables avec les autochtones. Je vous encourage à lire un texte fort intéressant à ce sujet en cliquant sur le lien suivant : Empire et métissage :  Indiens et Français dans le pays d'en  Haut .

    Une fois cette surprise passée, nous visitons une reconstitution de village traditionnel, visite un peu trop rapide du fait de notre arrivée tardive, mais qui nous permet toutefois d’avoir un aperçu de la vie d’un village huron.

    L’annonchia

    C’est le nom de la maison longue collective, qui abritait plusieurs familles. Le nombre de foyers (utilisés pour la confection des repas) de l’allée centrale (espace communautaire) permet de compter le nombre de familles vivant dans l’annonchia, un foyer servant à deux familles. Cette cohabitation était un moyen de lutter contre le froid en hiver. Sur les côtés, les châlits (sortes de couchettes collectives) sont recouverts de fourrures et de vêtements et bottes en peaux. Sur les poutres et parois de la maison sont accrochés raquettes, canoës (appelés ici canots), traineaux, instruments utilitaires, mais aussi des trophées de chasse et des objets amulettes tels que les capteurs de rêves.

    Le séchoir et le fumoir :

    Les hurons faisaient sécher ou fumer leur viande et leur poisson sur des claies, afin de pouvoir les conserver ou les transporter.

    Les huttes de sudation

    Il s’agit d’une sorte de hammam. On y fabriquait de la vapeur d’eau en jetant de l’eau et des herbes médicinales sur des pierres chaudes, afin de se laver en hiver quand les lacs et rivières étaient gelés, mais aussi avant de se purifier avant d’entrer dans la hutte sacrée. Il semble que ces huttes soient réservées aux hommes.

    Les tepees

    Les tepees servent d’abris lors des migrations estivales : Ils sont de tailles variables, selon qu’ils sont communautaires ou familiaux. Ils sont faits de peaux teintes et plus ou moins décorées, et d’armatures de bois. Là aussi se côtoient objets utilitaires ou vestimentaires et objets amulettes de protection contre les mauvais esprits.

    La hutte sacrée

    C’est là que se pratiquent les cérémonies chamaniques. On y trouve des masques, des objets rituels et des photos de grands chefs. Il est interdit d’y faire des photos du fait du caractère sacré du lieu.

    Une sépulture traditionnelle ou agonsayé

    Elle est faite de bois et de branchages pour protéger le corps du défunt des animaux.

     L’inukshuk

    Il s’agit d’une sculpture traditionnelle et rituelle faite d’amoncellement de cailloux et sensée ressembler à un être humain. C’est d’ailleurs la signification d’inukshuk : « qui ressemble à un homme ».

    Après cette visite quasi nocturne et trop rapide, le magasin du village nous propose des articles confectionnés au village, l’artisanat étant la principale activité de la réserve. Les indiens vivent sur la réserve et vivent essentiellement d’artisanat, de confection de vêtements et de bijoux. Ils ne sont pas propriétaires de l’espace qui leur est réservé, mais peuvent en disposer librement. Ils y construisent et vivent dans des maisons semblables à celles des autres québécois.

    Le statut d’indien est actuellement très prisé car il offre de nombreux avantages. Certes les indiens n’ont plus leur terres propres, que les européens leur ont pris, mais ils peuvent librement circuler dans toute l’Amérique du Nord, et sont indemnisés d’un certain nombre de taxes, ce qui fait que leurs moyens financiers sont enviables aux yeux des autres québécois. Il y a même actuellement un marché noir de cartes d’Amérindien ! Le sujet est délicat et je ne m’attarderai donc pas davantage sur la question.

    La journée se terminera par un repas huron traditionnel (célèbre apéritif « caribou », potage aux herbes, viande séchée, gâteau à l’érable, infusion d’herbes sauvages).

    Ce soir… Québec !
    Mais ce sera l’occasion d’un autre article, à venir.

    Flonigogne

     

    Quelques liens pour aller plus loin

    le mythe du bon sauvage

    le mythe du bon sauvage n'est pas un mythe


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