>> Seulement un visiteur de Brouage sur 80 franchit le seuil de la maison Champlain. Créée en 2004 dans le sillage des manifestations commémorant le 400e anniversaire de la fondation de l’Acadie par Samuel Champlain, le musée affiche 5 000 entrées annuelles.
>> Bien loin des espérances du Conseil général et de l’ambassade du Canada qui avaient cofinancé - en 2007 - un ambitieux projet de 2,2 millions d’euros, basé sur une scénographie laissant la part belle aux hautes technologies.
Mais nous les avons préférées à l'affiche officielle qui nous évoque plutôt la décadence de la morue !
Dans cette commune sur la Garonne, jouxtant Bordeaux au sud, cette fête existe depuis maintenant quinze ans. Plus que sur la pêche, elle est axée sur la gastronomie (enfin... les recettes à base de morue et le vin qui va avec... et il n'est même pas sûr que tous les membres de la Confrérie de la Morue soient montés sur un bateau !)
Dès le 15ème siècle, les armateurs et négociants bordelais, qui s'étaient déjà lancés dans beaucoup d'autres expéditions, se sont intéressés au poisson salé (le père de Michel de Montaigne, par exemple). A partir du 16ème siècle il y eut aussi la morue du côté de Terre-Neuve et Saint-Pierre et Miquelon. La morue était salée sur les bateaux et débarquée le plus près possible pour y être séchée. Ensuite elle était transportée jusqu'aux grands ports, notamment Bordeaux qui, au cours des 16ème et 17ème siècles, devint le "premier port européen de débarquement de la morue séchée".
Comme d'habitude, les Anglais n'ont pas favorisé nos affaires de pêche (mais pour le vin de Bordeaux c'est autre chose !) Au 18ème siècle, entre le traité d'Utrecht, en 1713 et le traité de Versailles en 1783, les Anglais ont mis la main sur l'Acadie et se sont occupés de la morue à Terre-Neuve. Après 1783, la France récupère Saint-Pierre et Miquelon, et le droit de pêche à Terre-Neuve. Autrement dit, le 18ème siécle n'était pas le meilleur siècle pour la pêche française dans ces eaux lointaines. (Heureusement il y avait l'Islande). En revanche les 19ème et 20ème siècles ont été fructueux.
Cette moderne confrérie de la morue, donc, intronise de nouveaux membres à l'occasion de cette fête béglaise. Pour avoir droit au tablier et au capulet (le chapeau), il faut être parrainé par un membre de la confrérie et... boire goulûment une fiole d'huile de foie de morue ! Après quoi, le Grand Maître adoube l'impétrant en lui touchant l'épaule avec un filet de morue salée, séchée et bien roide. (Chacun et chacune boit bravement ; il n'y a pas trop de grimaces.)
La cérémonie commence avec Jacqueline Rabic, déjà Grand Maître de la confrérie de la lamproie. Pierre Provost, défendant la cause de Paspébiac, et président national de Québec-France se marre, mais son tour vient juste après ! (En début d'après-midi, il avait donné une conférence sur les habitudes de pêche à la morue des Gaspésiens et leurs répercussions sur la communauté. Lire aussi l'article de Sud-Ouest : "Tabernacle, voilà le Québec!")
Voici venu le tour de Wilfrid-Guy Licari, ex ambassadeur dans divers pays, actuel délégué général du Québec à Paris ( = l'équivalent d'un ambassadeur du Québec si cette province était un état...) Bref, notre Wilfrid-Guy a bravement bu sa potion, plus facile à boire que d'avaler des couleuvres dans le monde diplomatique...
Ensuite c'est Fernand Alain, l'homme à la moustache, un des promoteurs du site historique de Paspébiac et conteur sous le nom d'Abel Maldemay (une référence à son grand-père originaire de Lorraine.)
La délégation de Paspébiac a été emmenée par son maire, Gino LeBrasseur, directeur de l'usine Unipêche MDM de Paspébiac, également président du crabe des neiges de Paspébiac, président de l'opération nez-rouges... Il porte bien le capulet !
On termine avec Alain Rousset, président du conseil régional d'Aquitaine, qui biberonne sans problème apparent après le discours de Noël Mamère, maire de Bégles, depuis longtemps membre de la confrérie.
Il est frappé sur les épaules, comme un chevalier, par le filet de morue séchée, tenu dans la main droite du Grand-Maître de la confrérie, Herman Mostermans, sous l'oeil de Noël Mamère, le parrain. Et on chante !
Ah "La Morue" ou "La Petite Mary" ! => un extrait de la chanson (1930) de Mary Travers, dite "la Bolduc", considérée comme la première chansonnière québécoise. Elle était de la Gaspésie, comme la Mary de la chanson ! (Ecoutez, en prime, cette chanson interprétée par la Bolduc elle-même et lisez les paroles !)
Moé je m'appelle la petite Mary
Je suis née dans l'fond de la Gaspésie
C'est du poisson, je vous dis que j'en ai mangé
Et qu'il m'en a resté des arêtes dans le gosier
D'la morue, des turluttes, pis du hareng
Des beaux petits gaux, du flétan, des manigaux
S'il y en a parmi vous qui aimez ça
Descendez à Gaspé, vous allez n'en manger
Il y a bien longtemps que je suis partie de d'là
Jamais de la vie je pourrai oublier ça
Il y avait un garçon là que j'aimais bien
J'vais vous le nommer, c'est Germain Lefoin
Refrain
Il était bien grand, il mesurait sept pieds
Il avait la tête comme une brosse à plancher
Ça, c'était du monde, parlez-moé donc de ça
Je l'faisais danser pour une chique de tabac
Refrain
Je vous dis que j'ai eu peur en partant de d'là
Quand j'ai pris les chars pour Matapédia
Qui est-ce qui vient s'assir à côté de moé
C'était un petit nègre qui bégayait
Refrain
Bon-bon, bon-bon bonjour ma jeune fille
Cherchez, cherchez, cherchez-vous un petit mari?
Voilà t-y pas la peur qui m'a pris
J'ai sapré le camp à travers du châssis
Refrain
J'avais pas mangé tout le long du chemin
La peur que j'avais eue m'avait ôté la faim
Rendue à Montréal, j'entre dans un café chinois
J'étais pas plus avancée, je comprenais pas rien
Refrain
Chin, chin et chin, ma cagou pis macaouine
Je lui fais signe en lui montrant la cuisine
Voilà le Chinois qui comprend que j'avais faim
M'emporte de la soupe aux pois, du beurre et pis du pain
En se promenant dans le "village" de la morue, on trouve de nombreux stands (ou "kiosques" diraient les Québécois) où l'on peut manger de la morue sous toutes ses formes et boire toutes sortes de brevages (plutôt du vin...)
"Le menu du Québécois" pris en photo avec ses acras et ses piquillos ne me semble pas être fondamentalement québécois ... Pour le vin, il y en a au Québec, et il peut être très bon ; par exemple la production du Domaine de l'Ile Ronde, sur le Saint-Laurent, en face de Saint-Sulpice.
Morue verte = nettoyée + salée ; ensuite il faut en faire quelque chose.
Morue noire = collectif d'artistes ; ensuite il faut aussi en faire quelque chose et ça ne rapporte pas grand-chose !
Le caribou, le chasseur de caribous, l'exposition sur la morue...
Nous avons découvert que Paspébiac avait son kiosque à Bègles, longtemps après que Jacques Cartier eut découvert le site de Paspébiac, qui allait devenir un banc de pêche réputé.
Nous n'avons pas pu écouter les groupes musicaux québécois, tels que la Bande à Firmin et Quimorucru, cependant nous avons participé aux agapes sous chapiteau grâce à un certain membre de la Confrérie... Alors, de la morue, nous en avons mangé, et nous avons chanté en choeur avec les tabliers bleus et pulls rayés.
Québec est, cette année, l’invitée d’honneur du festival « Bordeaux fête le vin ». Du 24 au 27 juin, le public pourra découvrir tous les attraits de l’unique citadelle fortifiée d’Amérique du Nord.
Ville jumelle de Bordeaux depuis 1962, Québec sera célébrée à travers des animations, des spectacles et la présence d'un pavillon qui lui sera entièrement dédié.
A l’occasion de la fête nationale du Québec, le jeudi 24 juin, Bordeaux organisera, sur la place des Quinconces, un spectacle entièrement québécois. A la tombée de la nuit, le maire de Québec, Régis Labeaume, donnera le coup d’envoi à plusieurs heures de concerts gratuits mettant à l’honneur la chanson québécoise avec le trio jazz The Lost Fingers, Natasha St Pier, Diane Tell, Jonathan Roy, Mlle Fizz et Clio.
« Bordeaux fête le vin » offre cette opportunité rare aux visiteurs français et étrangers de déguster, sur un seul site, les millésimes des vignobles de Bordeaux et de sa région, d'aller à la rencontre des terroirs, des châteaux viticoles et du patrimoine de la Gironde et d'Aquitaine.
Saint-Malo, ville bretonne, ville antique, ville romaine, ville de corsaires, ville de marins, ville d'explorateurs, ville natale de – pour ne citer que les plus célèbres – Duguay-Trouin, Surcouf, ... et Jacques Cartier. Châteaubriand y repose.
D'abord Cité d'Aleth, site maritime gaulois des Coriosolites situé sur les rives de la Rance, fortifiée au IIIème siècle par les Romains elle eut pour premier évêque Saint Mac'h Low, né au Pays de Galle, mort à Archingeay, en Saintonge, et considéré comme un des sept saints fondateurs de la Bretagne. Le rocher, encore inhabité du temps d'Aleth, prendra en 541 le nom de « Rocher de Saint-Malo » après le départ des Romains. Après les attaques des Normands, le siège d'Aleth est déplacé sur le Rocher de Saint-Malo, qui commencera son urbanisation. Saint-Malo, de par sa situation stratégique, est revendiqué autant par le royaume de France que par la Bretagne. Elle devient Cité-Etat avant d'être annexée à la Bretagne à la fin du XVème siècle.
La découverte de l'Amérique va permettre à Saint-Malo de trouver sa vraie vocation de ville maritime, grâce aux échanges commerciaux avec les Indes. C'est l'époque des corsaires tels que Robert Surcouf et René Duguay-Trouin, qui s'attaquent à la marine ennemie pour le compte du roi. La reproduction du Renard, armé par Surcouf, vous propose d'ailleurs des sorties en mer sur un bateau corsaire.
Jacques Cartier est bien entendu un des héros de la cité corsaire. Né à Saint-Malo en 1491, il embarquera très jeune, comme mousse, puis grimpera tous les rangs de la hiérarchie maritime jusqu'à être nommé capitaine par François 1er alors de passage au Mont-Saint-Michel tout proche. Certains prétendent qu'il a pu se rendre à Terre-Neuve lors de campagnes de pêche, et peut-être aussi au Brésil sous pavillon normand. Il maîtrise d'ailleurs le Portugais suffisamment pour servir d'interprète. François 1er le sollicitera pour trouver le passage Nord-Ouest pour rejoindre les Indes. Il fera trois voyages, en 1534, 1535 et 1541.
En 1534, il passe à Terre-Neuve et découvre un fleuve qu'il appellera le Saint-Laurent, en l'honneur d'un saint martyr chrétien assassiné à Rome en 258 et fêté le 10 août, jour de l'entrée de l'équipage dans la baie du dit fleuve. Il prend possession du Labrador, qu'il nomme Canada (mot iroquois Kanata qui signifie « village »).
Après être revenu à Saint-Malo, il repart en 1535 pour remontrer le fleuve, s'arrêtera sur le site de Québec et atteindra un lieu qu'il nommera Mont-Royal et qui deviendra Montréal.
Il fera un dernier voyage en 1541 avec les premiers véritables colons qui devaient peupler la Nouvelle-France, avant de revenir se retirer dans sa propriété de Limoëlou, près de Saint-Malo, où il recevra, entre autres illustres hôtes, Rabelais. Il mourra de la peste en 1557. Sa dépouille, retrouvée en 1944, repose désormais dans la cathédrale Saint-Vincent de Saint-Malo.
Saint-Malo est résolument tournée vers le Québec. Dans Intra-muros, nom de sa ville close, on trouvera de nombreuses allusions à Jacques Cartier (une rue, un restaurant, une statue, un vitrail)...
... mais aussi une Maison du Québec, léguée au gouvernement du Québec en 1984 par la ville de Saint-Malo, et gérée par l'association Saint-Malo/Québec.
Saint-Malo est toujours une ville de marin. C'est de Saint-Malo qu'Alain Colas appareilla en 1978 à bord de Manureva pour sa dernière course du rhum.
La transat Québec Saint-Malo arrive aux pieds des remparts tous les quatre ans. La dernière édition a fêté en 2008 le 400ème anniversaire de la ville de Québec.
Des marées et des tempêtes exceptionnelles ont nécessité un dispositif tout à fait original de protection de la vieille ville, afin de « casser » la vague pour qu'elle ne casse pas les murs.
Il y aurait encore beaucoup à dire sur Saint-Malo, ville ancienne et historique, mais aussi ville moderne, ville de l'usine marémotrice de la Rance, ville culturelle, siège du festival européen du théâtre lycéen francophone qui se tiendra cette année du 1er au 4 avril prochain.
Impossible de ne pas succomber au charme fort de cette ville si différente, cette ville antique, gauloise, romaine, bretonne, ville d'histoire et de marins, de corsaires et d'aventuriers, mais ville résolument tournée vers l'avenir.