• Y a des cigales
    dans la fourmilière !

     

    C’est le match de l’année ! ce 1er octobre 2009 salle des fêtes de Villeneuve-les-Salines, avenue Billaud-Varenne, entre l’équipe locale Impro & Co et la LIPS (Ligue d’Improvisation à Peine Satirique, venant de Châteauguay, juste au sud de Montréal). Ce sont deux équipes amateurs (mais bien entraînées). A 20 heures c’est déjà l’effervescence devant la salle. Une jeunesse portant un chandail (= tee-shirt en français…) floqué de la LIPS remarque mon chandail avec le mot « Québec »  et voit en moi un supporter.  Je dis que je suis d’ici mais qu’effectivement je vais aussi encourager les Québécois.

    A 20 heures 30 et quelques, la salle est pleine. Beaucoup de jeunes, ce qui fait plaisir. Pour  tous ceux qui ont réservé leur place il faut repérer son nom sur la chaise ou sur le banc. On se sent accueilli !

    L’orchestre « Splendid Biscuits » chauffe la salle.

    Modérée au début, l’amplification devient comme d’habitude un brin trop forte, comme s’il fallait, ici aussi, qu’ambiance de fête rime avec bruit. Et puis on entend chanter en anglais. Ce n’était pas la meilleure idée pour un match en langue française ; de quoi défriser les Robert Charlebois et autres québécois pure laine… Heureusement que ces Biscuits Splendides ont ensuite chanté en français et qu’ils étaient plutôt bons !


    Le Maître de Cérémonie (Pierre-Sylvain Augereau, président  d'impro & Co) fait son annonce. Les joueurs entrent sur la piste pour cinq minutes d’échauffement en musique. C’est là qu’on s’aperçoit que les musiciens chantent aussi en français : « Y a des cigales dans la fourmilière et c’est pour ça que j’espère. » Voilà qui réjouit l’esprit et fait une bonne entrée en matière pour un match d’impro.

    Les arbitres prennent place.

    Les joueurs enfilent des maillots de hockeyeurs et  reviennent sur la mini "patinoire". On ne commence pas le match sans les hymnes entonnés par chaque équipe. La Rochelle se distingue avec son « C’est pas l’homme qui prend l’impro, c’est l’impro qui prend l’homme » !

    Infos techniques :

    •  Le match de ce soir se déroule en trois périodes de 30 minutes (3 tiers temps)
    •  Les équipes sont composées de 6 joueurs (3 garçons, 3 filles) plus un coach
    •  Un arbitre et deux assistants veillent au respect des règles et comptabilisent les scores
    •  L’arbitre tire un thème au sort et indique les consignes à respecter :
    1. La forme : mixte ou comparée (mixte = les deux équipes jouent ensemble ; comparée = elles se succèdent)
    2. Le style (libre ou à la manière de)
    3. Le nombre de joueurs (libre ou imposé)
    4. La durée (de 30 secondes à 4 minutes)
    • Des chaussons sont distribués aux spectateurs pour, en théorie, être lancés sur les joueurs ; en pratique, c’est sur l’arbitre qu’ils sont lancés ! (Un autre rôle de l’arbitre est d’être systématiquement détesté !)
    • Les équipes ont 30 secondes pour se concerter (le caucus)
    • A la fin de chaque partie les public vote en exhibant un carton de couleur associé à chaque équipe (rouge pour Impro & Co, blanc pour la LIPS)

    La première partie a pour thème « Rodéo et mauviette » avec comme consignes : comparée, libre, illimités, 3 min 30. On vote : 102 pour Québec, 112 pour France.

    Deuxième partie : « Rien que pour vos œufs » ; mixte, libre, illimités, 4 min. C’est Québec qui gagne cette fois-ci, sans avoir eu besoin de compter.

    Le coq, la poule et la fermière : un grand moment !

    Sans donner les détails des consignes, voici une liste des thèmes suivants du premier tiers-temps : « T’as l’bonjour d’Alfred », « Samovar et tambourin », Le sourire de Mathilde ». Fin de la première période = entracte = rafraichissements.


    "La Dernière Danse" débute le deuxième tiers-temps.

    Nous sommes en présence de deux équipes bien rodées avec des personnalités qui ressortent.

    Le Caribou (qui s’intéresse de près au théâtre) est admiratif devant la capacité à trouver des idées sur-le-champ (enfin, sur la piste…) et à développer le thème en enchaînant aussi bien avec les partenaires qu’avec les joueurs de l’équipe d’en-face (qui ne sont pas vraiment des adversaires).

    Les joueurs ont d’autant plus de mérite quand les choses se compliquent. Par exemple lorsqu’il n’y a pas de thème imposé et que la forme est mixte, comme dans la partie n° 7. C’est notamment là que les trouvailles de posture, de mime et de bruitage se révèlent aussi importantes que les paroles.

    Une particularité de procédure : le temps imparti pour la partie n° 11 « La Dernière Olive », en 4  minutes, n’a pas pu être utilisé avant la fin du deuxième tiers-temps. Alors on a figé les joueurs et noté leurs positions respectives de manière à les retrouver tels quels au début du troisième tiers-temps !

    Partie n° 12 : "Au bout du Chemin", style chanté avec la participation des musiciens.

    Dans la partie n° 13 « le Jour où la Pluie viendra » l’équipe de Châteauguay a eu un point de pénalité pour utilisation d’un accessoire illégal, à savoir : vaporiser de l’eau avec sa bouche pour simuler la pluie ; tandis que l’équipe de La Rochelle a également eu un point de pénalité pour non respect de la langue française (un verbe conjugué bizarrement) . Quand on vous dit qu’il faut faire attention à sa langue !

    Pour la partie n° 14 autre procédure : l’arbitre (Stéphane Guillet) donne un mot à un joueur de chaque équipe alternativement. Le joueur doit illustrer ce mot, seul en piste, pendant 30 secondes. Pour vous donne une idée des mots : body-building, évacuation, barbe-à-papa, chèvrefeuille, épitaphe, séisme, etc.

    A la fin du match trois joueurs se voient attribuer des étoiles par l’arbitrage : deux de Châteauguay (deux Maxime) et un de La Rochelle. Cela reflète aussi le score final : 10 points pour les Québécois, 7 points pour les Français.

    Petite discussion d’après match entre la Cigogne, le Caribou et quelques joueurs des deux camps. La LIPS devrait nous tenir au courant de leurs activités et nous regarderons le programme d’Impro & Co pour informer nos lecteurs locaux.

    Nous reparlerons donc de matchs d’improvisation théâtrale sur le blog !

    AlCaribou

    Et, pour la route, une petite video [qui ne fonctionne plus...] de Michel McLean, enregistrée à Saint-Jean-d'Angély, et où il est question de Châteauguay !


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  • Théâtre au Jardin de Pomone : "La Leçon"

    Dans le cadre de "Peintres des Villes, Peintres des Champs" le Jardin de Pomone   a servi de cadre à une représentation de "La Leçon", une pièce de théâtre d'Eugène Ionesco.

    Il fallait d'abord trouver le lieu ! Nous avions comme indication Saint-Denis-du-Pin, au nord de Saint-Jean-d'Angély ; mais c'était dans le hameau de La Fayolle, à l'ouest... Bref, une fois arrrivés, nous avons découvert une très jolie propriété, dont le décor naturel a été un atout supplémentaire à l'excellente interprétation des acteurs émanant de la troupe "Comédie de l'Eperon".

    Voir taille réelle

    Les portes, les fenêtres, le feuillage du logis se sont brillamment intégrés à la scénographie ; et les acteurs ont superbement acté !

    La petite jeune fille, à gauche, a ardemment envie d'apprendre en vue d'obtenir son "doctorat total". Le bon professeur, à droite, donne des cours particuliers chez lui pour transmettre son savoir et gagner sa vie.

    L'élève
    Le professeur

    La leçon commence très bien : l'élève a son cartable, ses cahiers ; le professeur a ses livres de référence et sa science accumulée, pensée et mise en forme sur le long terme. Cependant les choses vont se gâter au fur et à mesure de la séance : le maître patient va s'impatienter, tenir des propos qui basculent dans le bizarre et, pour finir, avoir une attitude plutôt agressive, sans qu'il s'en rende vraiment compte !

    La bonne, Marie, essaiera de lui faire entendre raison pour éviter la séquence fatale de la philologie. Ah la philologie ! Un morceau de bravoure pour les comédiens et les philologues !

    Essayez d'aller voir la pièce sans en lire le raccourci et les exégèses de façon à lui donner le sens que vous sentez. On est ici dans le théâtre de l'absurde, alors il est facile de déraper sur les intentions de l'auteur que l'on peut applaudir !

    AlCaribou


    Un extrait :

    LE PROFESSEUR - Toute langue, Mademoiselle, sachez-le, souvenez-vous-en jusqu'à l'heure de votre mort...

    L'ELEVE - Oh ! Oui, Monsieur, jusqu'à l'heure de ma mort... Oui, Monsieur...

    LE PROFESSEUR - ...et ceci est encore un principe fondamental, toute langue n'est en somme qu'un langage, ce qui implique nécessairement qu'elle se compose de sons, ou...

    L'ELEVE - Phonèmes...

    LE PROFESSEUR - J'allais vous le dire. N'étalez donc pas votre savoir. Ecoutez, plutôt.

    L'ELEVE - Bien, Monsieur. Oui, Monsieur.

    LE PROFESSEUR - Les sons, Mademoiselle, doivent être saisis au vol par les ailes pour qu'ils ne tombent pas dans les oreilles des sourds. Par conséquent, lorsque vous vous décidez d'articuler, il est recommandé, dans la mesure du possible, de lever très haut le cou et le menton, de vous élever sur la pointe des pieds, tenez, ainsi, vous voyez...

    L'ELEVE - Oui, Monsieur.

    LE PROFESSEUR - Taisez-vous. Restez assise, n'interrompez pas... Et d'émettre les sons très haut et de toute la force de vos poumons associée à celle de vos cordes vocales. Comme ceci : regardez : "Papillon", "Euréka", "Trafalgar", "papi, papa". De cette façon, les sons remplis d'un air chaud plus léger que l'air environnant voltigeront, voltigeront sans plus risquer de tomber dans les oreilles des sourds qui sont les véritables gouffres, les tombeaux des sonorités. Si vous émettez plusieurs sons à une vitesse accélérée, ceux-ci s'agripperont les uns aux autres automatiquement, constituant ainsi des syllabes, des mots, à la rigueur des phrases, c'est-à-dire des groupements plus ou moins importants, des assemblages purement irrationnels de sons, dénués de tout sens, mais justement pour cela capables de se maintenir sans danger à une altitude élevée dans les airs. Seuls, tombent les mots chargés de signification, alourdis par leur sens, qui finissent toujours par succomber, s'!
    écrouler...

    L'ELEVE - ... dans les oreilles des sourds.

    LE PROFESSEUR - C'est ça, mais n'interrompez pas... et dans la pire confusion...Ou par crever comme des ballons. Ainsi donc, Mademoiselle...(L'Elève a soudain l'air de souffrir). Qu'avez-vous donc ?

    L'ELEVE - J'ai mal aux dents, Monsieur.

    LE PROFESSEUR - Ça n'a pas d'importance. Nous n'allons pas nous arrêter pour si peu de chose. Continuons...

    L'ELEVE, qui aura l'air de souffrir de plus en plus. - Oui, Monsieur.

    LE PROFESSEUR - J'attire au passage votre attention sur les consonnes qui changent de nature en liaisons. Les f deviennent en ce cas des v, les d des t, les g des k et vice versa, comme dans les exemples que je vous signale : "trois heures, les enfants, le coq au vin, l'âge nouveau, voici la nuit".

    L'ELEVE - J'ai mal aux dents.

    LE PROFESSEUR - Continuons.

    L'ELEVE - Oui.

     

    Pour en savoir plus sur Ionesco

    Pour en savoir plus sur la Comédie de l'Eperon

     


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  • Reprise de la pièce de Marivaux
    au Théâtre du Petit Marseille à Rochefort:

    1755 : année du Grand Dérangement, la pièce est jouée au Théâtre Français. Cela n'a rien à voir ? Non par rapport aux Anglais ; oui par rapport au français...

    La pièce semble avoir été jouée en 1748 pour la première fois chez Quinault cadette. On dit aussi qu'elle n'a pas été jouée du vivant de Marivaux. Ce qui est (presque) certain, c'est qu'elle a été publiée en 1757.

    C'est du théâtre dans le théâtre, une mise en abyme, qu'il n'est pas évident de saisir d'emblée. Heureusement les comédiens et la mise en scène aspirent le spectateur dans l'univers subtil du marivaudage, agrémenté par les costumes créés à partir de tableaux d'époque.

     

     

    Le valet Merlin a une riche idée pour agrémenter les noces d'Angélique et d'Eraste : imaginer une pièce jouée par les participants de la noce dans des rôles qui sont peut-être trop proches de la vie réelle...

     

     

     









     

     

     

     

     

     

     

     

     









     

     

     

     

     

     

     

     

    Pour en savoir plus...

    Allez voir le lien sur Wikipedia


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  • Vendredi 06 Mars 2009

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    SAINT-JEAN-D'ANGÉLY.

    Le théâtre fait revivre le patois

    Le Festival de théâtre de patois poitevin et saintongeais a lieu tous les ans au printemps à Saint-Jean- d'Angély. Cette année, Printemps des poètes oblige, les intermèdes entre les spectacles, assurés par les fameux « bardes » auront des accents poétiques.

    Avec le concours de la région Poitou-Charentes, toutes les troupes invitées s'exprimeront uniquement en patois. Mais Jacqueline Fortin, l'organisatrice angérienne, rassure les spectateurs : « Que les franco-français soient tranquilles, le jeu théâtral (intonations, mimiques etc.) permet de comprendre aisément tous les dialogues et toutes les situations ! » En effet, les effets comiques et poétiques restent compréhensibles malgré l'apparente barrière de la langue. Le patois n'est autre que ce langage originel qui redevient vite familier, tant il est vrai qu'il fut (et reste parfois...) celui de nos aïeux.

    Série de courtes pièces

    Pour tous les publics, il y aura donc trois séances (deux le samedi et une le dimanche). Ce grand rendez-vous annuel des troupes adultes et enfants venues des quatre coins de la région (Deux-Sèvres, Charente, Charente-Maritime) commencera samedi 14 mars, dès 14 h 30, avec le Festival des jeunes.

    Un chapelet de courtes pièces (5 à 20 minutes) qui mettront en compétition de jeunes troupes en vue de la remise du prix du Rideau d'or : Les Balivernes de Gourville, Le foyer théâtre d'Aulnay, Les Q'étou qu'ol, Les drôlesses du collège Jean- Lartaud de Jarnat (c'est-à-dire Jarnac) joueront des saynètes aux noms évocateurs même pour les non-patoisants, « le P'tit Bardou blanc » et « Ol est ine boune quession », « la Drague », « l'Attention de Guitou ». En soirée, samedi dès 20 h 30, et le lendemain dimanche à 14 h 30, une belle farandole de troupes, de bardes, de conteurs et chanteurs réjouiront une salle Aquitaine toute conquise.

    Ce festival n'est pas l'oeuvre du hasard. Il se tient sous l'égide la Sefco, la Société d'ethnologie et de folklore du Centre-Ouest créée en 1896. Il s'agit d'une société qui tient à donner ses lettres de noblesse au folklore populaire. Sa mission ? Recueillir, conserver et mieux faire connaître le patrimoine culturel, artistique, ethnologique, linguistique, des anciennes provinces du Poitou, d'Aunis, de Saintonge et d'Angoumois. Vaste programme ! Jacqueline Fortin, la présidente, aime à dire que « pour bien vivre le présent, on ne doit pas oublier le passé ». Elle tient plus que tout à la réussite de son festival angérien, au programme plus dense d' année en année.

    Laissons-lui le mot de la fin : « O sera pas aisé de choisi, o faut v'ni aux trois séances car ol est des prougrames différents. Vous peuvez r'teni vos pllaces dès à présent. » La traduction est-elle vraiment nécessaire ?

    Pratique : salle Aliénor-d'Aquitaine 13e Festival de théâtre patois samedi 14 (14 heures et 20 h 30) et dimanche 15 mars (14 heures). Tarif : 7 ? la séance. Maison de Jeannette, Société d'éthologie et de folklore du Centre-Ouest Les Granges, 51, rue de la Garousserie, 17400 Saint-Jean-d'Angély. Tél/fax : 05 46 32 03 20.

    Auteur : Alban Boigeol

    Tags : Saintonge Arts et culture Spectacles Lettres Musique saint-jean-d'angély Loisirs & Culture


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