• DES ÉPLUCHETTES DE BLÉ D’INDE AU CHÂTEAU DES GRANGES
    Ou une sympathique journée avec Pays Rochelais-Québec
     
     
    En ce premier dimanche de septembre, l’association Pays Rochelais Québec organisait des épluchettes de blé d’Inde, comme au Québec !
     
    Certains peuvent se demander ce que cela peut être.
     
    Tout d’abord, un peu d’histoire. Le blé d’Inde est le nom québécois du maïs. Le maïs est d’origine américaine, d’Amérique centrale très exactement ; les Amérindiens le nommaient « mahiz » ou « maïze » et il constituait la base de l’alimentation des autochtones, à une époque où les céréales  l’étaient en Europe. Ils le consommaient en grains directement sur l’épi, ou à partir de la farine en bouillies, en galettes, pimentées ou sucrés au miel, en accompagnement de légumes, de viande ou de poisson. Tout était utilisé  dans le maïs : les feuilles, les grains, les germes, les soies, la rafle (partie centrale de l’épi) ; il servait de nourriture, de combustible, de monnaie d'échange, et on en  fabriquait même des bijoux ; le maïs était également présent lors des cérémonies religieuses des Amérindiens d’Amérique du sud (Mayas, Aztèques et Incas).
     
    Christophe Colomb croyait débarquer en Inde. Le lien était donc fait : le maïs était le « blé d’Inde », comme il y avait des « poules d’Inde » (qui devinrent les « dindes » et les « dindons »…) et les « cochons d’Inde »… dont certains sont du Pérou.
     
    Par ailleurs, les Amérindiens organisaient des fêtes à l’occasion de la récolte du maïs. Les premiers colons français ont repris cette tradition. Comme ce qui se passait chez nous au moment des moissons et des vendanges, on invitait tout l'entourage à participer à la récolte, à l’épluchage et l’égrainage des épis, et le premier qui trouvait un grain rouge était élu roi du jour et pouvait embrasser la personne de son choix (comme lorsque nous tirons les rois).
     
    La tradition perdure : les Québécois ont l’habitude de se réunir à l’occasion des épluchettes de blé d’Inde autour d'une grande cuve d'eau bouillante placée au-dessus d'un feu de bois ou de gaz. Pendant que le maïs cuit, on « jase », on s'amuse et on organise des défis à celui qui mangera le plus d'épis. Cette fête est parfois suivie d’un feu de joie (les Québécois adorent faire des feux de joie…) et d’une soirée animée par des musiciens. On mange les épis de maïs roulés dans du beurre, avec des « chiens-chauds », des hamburgers, des salades composées, de desserts de saison (tartes, salades de fruits…).
     
     
    Les membres de l’association Pays Rochelais-Québec ont repris cette tradition québécoise. Le maïs ne nous a cependant pas attendus pour mûrir, d’autant moins que la récolte doit être faite à une maturité bien précise, ni la veille ni le lendemain. Les épis ont donc été cueillis le 4 août… et ont dormi au congélateur, bien pratique invention des temps modernes.
     
     
    Il reste à les éplucher et les cuire. Tout le monde s’y met dans la bonne humeur. Pour certains, c’est une habitude, tandis que d’autres se demandent bien dans quel sens prendre ce tabarnak de blé d’Inde pour le déshabiller.
     
     
    Mais tout se passe bien et c’est l’occasion de bien rire et de « jaser ».
     
    Pendant que les épis cuisent (il faut bien une heure…) le p’tit bec (mélange de vin blanc et sirop d’érable) est servi en apéritif.
     
     
    Chacun s’occupe des ses grillades, sous l’œil vigilent de Bob, puis tout l’monde à table !
     
     
    À l’issue du repas, le propriétaire des lieux nous fait une visite guidée.
     
    Il nous raconte l’histoire du château des Granges, construit au début du XVIIIème siècle par Paul Depont, directeur de la chambre de commerce de La Rochelle sur l’emplacement d’une ancienne maison fortifiée datant du XVème siècle. Sept familles furent successivement propriétaires du domaine, actuellement géré par les héritiers (ils étaient six dont un est décédé, un autre a vendu ses parts).
     
     
    Le château a connu la révolution française, puis les différentes guerres dont il subit les assauts. À la fin de la dernière guerre, il était occupé par l’armée allemande. Des soldats du 4ème régiment de Zouaves de Tunisie ont voulu libérer le château, mais quatre hommes ont été mitraillés par un des Allemands qui feignaient de se rendre. En représailles, les Alliés ont bombardé le château, mais les Allemands étaient déjà loin. Il ne reste actuellement que les murs extérieurs, l’aménagement intérieur étant de facture plus moderne, ce qui ne signifie pas plus confortable.
     
     
    Il reste toutefois une chapelle, bien malmenée pour être transformée en distillerie, et dont on se demande comment elle tient encore debout. Elle servit bien peu au culte, pour ne pas faire ombrage à l'église du village. Un mariage au moins y a été célébré.
     
    La cave que nous avons pu visiter a été aménagée en cuisine, avec une belle cheminée, deux fours, un évier, un puits et un accès à un souterrain.
     
     
    Le perron du château débouche sur ce qu’il reste des parcs et des pièces d’eau que le propriétaire nous a fait découvrir.
     
    Les arbres et l’eau se souviennent certainement de ce qu’il s’y est passé : des batailles, des amours éphémères ou durables, des drames et des bonheurs, comme en tout lieu chargé d’histoire.
     
    Ici les dames en crinoline venaient se mettre au frais au bavarder un peu,
     
    là le seigneur (autoproclamé seigneur, d’ailleurs) y avait ses terrains de chasse.
    Un ruisseau a été détourné pour alimenter l’étang en eau. On voit encore les restes du barrage qui y avait été construit.
     
     
    La découverte, donc, d’un château d’Aunis que nous ne connaissions pas. Château bien meurtri, mais les propriétaires font de leur mieux pour qu’il survive le plus longtemps possible.
     
    Présent à cette journée, Benoît, un des deux jeunes partis cet été à Saint-Jérôme, au Québec, dans le cadre des intermunicipalités. Ils sont restés deux mois là bas et en sont revenus avec plein de souvenir. Ils ont tenu un blog durant leur séjour http://voyage-au-quebec.blogspot.com/ et ont apporté un album photo pour ceux qui n’ont  pas Internet.
     
    Belle expérience dont ils se souviendront.
     
     
    Et puis la minute historique  de Christian Rouvreau, qui profite de chaque rencontre pour évoquer une page d’histoire de la Nouvelle-France. Cette fois-ci, la Louisiane était à l’honneur, comme à la foire expo de La Rochelle !
     
    La prochaine rencontre des adhérents sera dans l’île Madame. Après la campagne aunisienne, nous irons donc dans l’embouchure de la Charente : autre ambiance et nouvelle expérience, certainement aussi conviviale.
     
    Flonigogne
     

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  • Les deux jeunes sélectionnés dans le cadre de l'échange inter municipalité entre La Rochelle et Saint-Jérôme pour l'été ont fait un blog décrivant leurs aventures :
     

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  • Sur les traces de la Nouvelle-France à Rochefort

    ou le rallye de Pays Rochelais-Québec

    Rochefort, ville nouvelle du XVIIème siècle a, plus qu’on en parle, des liens avec la Nouvelle-France. Ce fut le fil conducteur du rallye organisé cette année par la régionale de France-Québec « Pays Rochelais-Québec ».

    Cette journée fut l’occasion de découvrir Rochefort et la Charente, que les participants eurent l’occasion de traverser à bord de la nacelle du pont à transbordeur de Martrou (qui lui ne date que de la fin du XIXème siècle ; et reportez-vous à l'article fait sur ce blog à ce sujet...).

     

    Il faudra trouver des cagouilles, de la vase, une plume, du sel (plus difficile, nous ne sommes pas sur un marais salant….), du fil de pêche.

    Et des questions : qu’est-ce qu’une fosse aux mâts ? Une mésange à moustaches ? Qui était Charles Plumier ?... A vos dicos !!

    La visite de l’hôtel de Cheusse, haut lieu historique rochefortais qui abrite le musée de la Marine, permettra de partir à la rencontre du Fougueux, qui fit naufrage au Vergeroux, du bagne de Rochefort, des moulins de la corderie royale, d’un sous-marin expérimental, le Plongeur, qui inspira Jules Verne pour son Nautilus (mais là rien à voir avec la conquête du Nouveau Monde).

    Ce rallye fut l’occasion de faire un peu connaissance avec la famille Bégon (on découvrira d'ailleurs qu’il y a eu toute une dynastie de Michel Bégon, de générations différentes), de La Gallissonnière ...

    Certaines s’exercèrent au tir au canon pour couler les navires ennemis (sans doute anglais ?)...

    ...et même à la construction d’un radeau en roseaux (mais attention de respecter les consignes : 30 cm sur 20, flottabilité et esthétique !) Attention que ce ne soit pas le radeau de la Méduse…

    Un trajet mène les concurrents de l’hôtel de Cheusse à la Place Colbert, histoire de trouver des bâtiments, une fontaine, une pendule à marée, la plaque qui servit pour l’affiche du film « les demoiselles de Rochefort », puis au jardin de la Marine, en passant par la tour des signaux et l’hôtel de la Marine où séjourna Napoléon 1er. Des fenêtres à compter sur la corderie royale, un tour près du chantier de l’Hermione, frégate de Lafayette, un bateau-porte, des formes de radoub, un texte d’Éric Orsena sur un container près de la chambre de commerce….

    Et des photos à localiser dans la ville….

    Tout le monde en plus a droit à un prix à la fin de la journée… du 1er au dernier !!! Le plus important étant de participer et de passer une super journée…

    Bref, une journée bien remplie, et bien instructive. Merci aux organisateurs qui ont fait un sacré travail de recherches et de préparation !!!

    Rendez-vous l’année prochaine à La Rochelle pour une nouvelle aventure….

    Flonigogne


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  • MICHÈLE PLOMER, DE MAGOG À SHENZHEN
    ENTRE MEMPHRÉ ET LE DRAGON CHINOIS

     
    Mardi 15 mars 2011. Michèle Plomer est à La Rochelle avec Corinne Tartare, vice-présidente  chargée de la cullture, dans le cadre d’une tournée organisée par France-Québec, dont elle vient de recevoir le prix littéraire pour son deuxième roman, HKQP. Elle est l’invitée de la régionale Pays Rochelais Québec.
     


    Michèle Plomer est québécoise, née dans l’arrondissement de Cartierville, à Montréal, d’une mère acadienne et d’un père d’origine britannique. Elle est avocate et linguiste de formation.

    Enfant, elle "tombe en amour" pour la Chine grâce à Hergé, dans « Tintin et le Lotus Bleu ». Elle a 9 ans. Pour son dixième anniversaire, son père lui demande dans quel restaurant elle souhaite aller manger : elle choisira un restaurant chinois, et ce sera le début d’une grande passion. Elle y découvre les décors, les couleurs, la nourriture, la musique qu’elle avait imaginés dans la bande dessinée belge. Hergé n’écrira d’ailleurs aucune aventure sur fonds de décor québécois. Ça aurait pu être « Milou et les Maringouins », ou « le Temple du Castor », ou encore « la Malédiction de la Mouffette », mais non, les muses ne se penchèrent pas sur son oreiller lors de son séjour sur les rives du Saint-Laurent. Dommage.

    Après des études de droit à l’université de Sherbrooke, elle commence une carrière d’avocate, et finit par s’envoler pour la Chine… pour trois mois. Elle y restera trois ans. Elle en reviendra changée, et, depuis, partage sa vie entre Shenzhen (ville située au nord de l’île de Hong-Kong, à l'une des extrémités du delta de la rivière des Perles), où elle étudie le mandarin et enseigne à l’université, et les Cantons de l’Est, à Magog, au bord du lac Memphrémagog, en Estrie. De son retour de Chine, elle a gardé une aversion pour la propriété individuelle : elle ne sera jamais propriétaire de son logement, et n’aura plus de voiture. Son amoureux l’héberge dans son appartement et l’emmène avec son char quand elle a besoin de se déplacer. Et puis il y a les transports en commun…


    Quand elle est à Magog, elle rêve de retourner à Shenzhen. Dès qu’elle est en Chine, elle s’ennuie à maudire de son cher Québec. C’est ainsi. Son cœur est partagé entre ses deux pays.

    C’est lors de son premier séjour en Chine qu’elle osera écrire son premier roman, sous le coude depuis huit ans : « Le Jardin sablier », largement récompensé.

    HKPQ. C’est le titre du roman qui vient d’être récompensé par France-Québec. Titre énigmatique. On peut traduire par « Hong-Kong/Province du Québec ». Il sera écrit lors des séjours à Magog.

    En voici le propos :

    « Une jeune femme quitte subitement le Québec après la noyade de son conjoint pour se retrouver à Hong-Kong. Dans les rues pavées à l'époque de dynasties anciennes avec un composé de sable, de coquillages et d'eau salée, surviennent des rencontres décisives : celle de Wang Xia, une jeune voleuse trempée de pluie qui confie à la narratrice une lettre destinée à sa mère introuvable. Puis celle de la chance, si chère aux Hongkongais qu'elle guide plusieurs de leurs décisions quotidiennes. Celle enfin d'un poisson d'un rose tendre et translucide comme un camée qui deviendra le centre d'une enquête. Dans la chaleur humide, l'esprit s'ouvre et se calme, et navigue bientôt vers le bonheur ».


    Donc, en ce mardi 15 mars, Michèle Plomer est à La Rochelle, ville hautement symbolique pour les descendants de ceux qui ont fait la grande traversée de l’Atlantique, il y a quatre siècles. Michèle Plomer hume l’air du vieux port,

    découvre les tours : la tour de la chaîne est surmontée d’un drapeau québécois, la tour Saint-Nicolas du drapeau tricolore français….

    Les gardiennes du port gardent encore les stigmates de Xynthia, venue les mordre il y a tout juste un an. La tour de la chaine héberge une exposition sur les premiers départs vers ce qui deviendra la Nouvelle-France ; tous les livres ont été noyés par la vague… Restons toutefois humbles par rapport à l’horreur de ce que vivent actuellement les japonais. Michèle Plomer aura la surprise d’être guidée dans la tour par Anne, une jeune québécoise qui étudie à l’université rochelaise, et qui connaît la tour comme sa poche, et bien contente d’entendre l’accent du pays (« ça fait du bien ! », dit-elle). Elles auront un échange intéressant, entre compatriotes, mais pas de la même génération. Du haut de la tour, vue imprenable sur le large et les îles charentaises : Ré, Oléron, Aix… En face, l’Amérique !


    Michèle Plomer nous explique son amour pour la vie citadine asiatique, et pour les grands espaces canadiens. Elle exhale la joie de vivre et l’envie de partager. Le repas qui suivra, dans le quartier du Gabut, sera d’ailleurs un moment de grande convivialité et d’échanges autour du Québec.


    Michèle Plomier écrit actuellement une trilogie, « les Dragonville ». Le premier tome, « Porcelaine », est déjà sorti. Il y est également question d’une Québécoise, de retour d’exil en Chine, ainsi que d’une femme-dragon et d’un homme à la beauté impériale dans le Hong Kong de 1910.

    Dans le lac Memphrémagog qui arrose Magog, vivrait un monstre marin, Memphré
    (voir la vidéo en cliquant ici)

    Peut-être s’agit-il de Ying-long, le dragon céleste, symbole d’énergie de bon augure, du renouveau éternel des saisons…

     

     
    Et à Hong-Kong, une jeune femme rencontre un poisson rose...

    Flonigogne

    PRIX LITTERAIRE 2011

    Réuni vendredi le 11 mars, le jury du Prix littéraire France-Québec a sélectionné les trois romans finalistes pour le prix littéraire France-Québec de l’an prochain.
     
    Il s’agit de :
    • Rivière Mekiskan (XYZ éditeurs) de Lucie Lachapelle,
    • La petite et le vieux (XYZ éditeurs) de Marie-Renée Lavoie
    • Attraction terrestre (Alto) d’Hélène Vachon.

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