• Marée noire en Louisiane, revue du presse du 3 juin

     

     

     

    La plus grande marée noire des Etats-Unis?

    Par Reuters, publié le 28/04/2010 à 07:52

    Une semaine après le naufrage d'une plate-forme dans le Golfe du Mexique, la nappe ne cesse de grandir et n'est plus qu'à 32 km de la côte de Louisiane.

    La plus grande marée noire des Etats-Unis?

    REUTERS/Sean Gardner

    La nappe de pétrole qui s'échappe d'un puits endommagé par l'explosion d'une plate-forme dans le Golfe du Mexique est désormais immense et pourrait toucher la côte américaine ce week-end.

    Le puits, situé à 1500 mètres sous la surface de l'océan au large de la Louisiane, a formé une nappe de presque 1000 kilomètres de diamètre et de plus de 74 000 km2, ont annoncé ce mardi les garde-côtes.

    Cette superficie équivaut approximativement à celles combinées des régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur.

    La plate-forme Deepwater Horizon a sombré le 22 avril, deux jours après avoir explosé et pris feu alors qu'elle achevait le forage d'un puits.

    6 millions de dollars par jour

    Les garde-côtes tentent, au moyen de huit sous-marins robotisés, d'activer une valve permettant de refermer le puits. En cas d'échec de cette manoeuvre, ils envisagent d'enflammer le pétrole à l'endroit où il bouillonne en faisant surface à la verticale du puits.

    Cette technique pourrait permettre d'arrêter la diffusion du brut et pourrait être mise en oeuvre dès ce mercredi.

    Si rien n'est fait, "il pourrait s'agir de l'une des plus graves marées noires de l'histoire américaine", a déclaré l'amiral des garde-côtes Mary Landry, qui supervise les opérations.

    Le puits relâcherait actuellement quelque 191 000 litres de pétrole par jour. A titre de comparaison, la marée noire causée par le naufrage de l'Exxon Valdez en 1989 en Alaska avait libéré 50 millions de litres de pétrole.

    La nappe ne se trouve plus qu'à 32 kilomètres de la côte de Louisiane, qui pourrait être atteinte dès ce week-end, selon les météorologues du site AccuWeather. Les plages du Mississippi, d'Alabama et de Floride pourraient être touchées par la suite.

    Le groupe britannique BP, pour lequel était foré ce puits et qui est financièrement responsable du nettoyage, dépense 6 millions de dollars par jour dans l'opération, qui implique plusieurs dizaines de navires et avions.

    BP et Transocean font l'objet d'enquêtes de la part d'enquêteurs fédéraux et du Congrès dont l'ouverture a été annoncée mardi.

    Absence d'un plan adéquat pour limiter l'extension des dégâts sur l'environnement

    Les départements de l'Intérieur et de la Sécurité nationale ont lancé une enquête conjointe, et une autre a été ouverte par une sous-commission de la commission de l'Energie et du Commerce de la Chambre des représentants.

    "Une caractéristique frappante de cet accident est l'apparente absence d'un plan adéquat pour limiter l'extension des dégâts sur l'environnement", ont d'ores et déjà souligné des parlementaires dans un courrier adressé aux dirigeants des deux groupes.

    Avec Bruce Nichols et Kristen Hays à Houston, Ayesha Rascoe et Jeremy Pelofsky à Washington, Gregory Schwartz pour le service français

    Des Bretons au secours des côtes américaines

    Par Benoit LE VAILLANT  

    Un bateau partant ramasser le pétrole polluant les côtes 
de Lousiane

    Un bateau partant ramasser le pétrole polluant les côtes de Lousiane

    AFP/WIN MCNAMEE
    Le désastre de la Marée noire en Louisiane est loin d'être terminé.... et la Floride est désormais menacée.

    Alors que les Etats-Unis s'apprêtent à faire appel à l'aide internationale, dans les côtes d'Armor à Plouezec, un ancien marin vient de mettre au point un outil qui pourrait révolutionner le ramassage d'hydrocarbure.

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    A 87 ans, François le Roy n'en est plus à son premier coup d'essai. Il a déjà remporté deux fois le concours Lepine. Son prototype, repris par une société de Perros Guirec, a été proposé à la compagnie BP.

    Voir le reportage dans le journal de France3 Bretagne à 19 heures

    Le Catamar d¿Ecocéane

    Catamar, le bateau dépollueur d'Ecocéane
    La technologie avait été présentée ce printemps au large de Paimpol.

    Pour l'heure il n'existe qu'un seul prototype du catamar, un bateau capable d'évoluer en haute mer. Dès le début de la marée noire dans le golfe du Mexique, la PME avait proposé de mettre à disposition gratuitement 3 bateaux de taille plus modeste, équipés de la même technologie innovante.

    D'ici demain au plus tard, on saura si le catamar prendra la direction des Etats-Unis pour rejoindre la flotte des bateaux qui tentent de récupérer les plaques de pétrole. Car la marée noire n'en finit plus de gagner du terrain. Après la louisiane, c'est la Floride qui ce week end devrait être touchée à son tour par les nappes. En coulisse, depuis que Barrack Obama a fait une demande d'aide internationale, les discussions sont engagées entre les gouvernements français et américains pour déterminer les modalités du soutien apporté par la France. De son côté, le PDG d'Ecoceane se rendra sur place en Amérique pour rencontrer associations et élus locaux.

     

    nouvelle tentative de BP

    Nappe pétrolière près du rivage de Grand Isle (Louisiane) le 27 
mai
    Des robots sous-marins ont repris mercredi les opérations pour endiguer la fuite de pétrole dans le golfe du Mexique

    Ils ont réussi à dégager une lame de scie coincée dans une conduite installée sur le puits en fuite qui empêchait la poursuite de l'opération de sciage engagée en préalable à la pose d'un dôme de confinement sur le puits pour tenter de ralentir la marée noire qui sévit depuis un mois et demi.

    L'opération se déroule par 1.600 mètres de fond.

    Si cette opération échoue, la fuite de pétrole pourrait se poursuivre au rythme de 19.000 barils par jour, jusqu'à l'achèvement en août d'un puits secondaire pour pomper le brut.

    Les autorités américaines ont engagé mardi des poursuites au civil et au pénal pour déterminer les responsabilités de la catastrophe causée par le naufrage de la plate-forme de forage Deepwater Horizon, le 20 avril.

     

    Des bancs de sable pour protéger la Louisiane

    Un bateau partant ramasser le pétrole polluant les côtes de 
Lousiane
    Des bancs de sables artificiels vont être édifiés pour protéger les côtes de Louisiane de la marée noire

    Le groupe, qui a déjà dépensé au moins un milliard de dollars à réparer les  conséquences de la marée noire, précise encore avoir consacré 170 millions de  dollars à aider la Louisiane, l'Alabama, le Mississippi et la Floride à financer  la lutte contre la marée noire et à sauvegarder leur industrie touristique. Il  indique aussi avoir déjà payé environ 42 millions de dédommagement aux  populations et aux entreprises affectées par cette pollution.    
    Jeudi dernier, l'administration américaine avait donné son feu vert à la  construction d'une île artificielle pour empêcher la marée noire de toucher une  partie des côtes de Louisiane. Le Corps du Génie de l'armée américaine avait  indiqué que la Louisiane pourrait réaliser à ses frais six autres sections de  son plan, celles dont BP vient d'annoncer la prise en charge financière.

     

    MARÉE NOIRE- L'aveu d'impuissance du directeur de BP

    Par Jeanne Dussueil

    MARÉE NOIRE- L'aveu d'impuissance du directeur de BP

    Le directeur général de BP, Tony M. Hayward, a reconnu que les groupes pétroliers ne disposent pas "d'outils" efficaces face aux catastrophes de ce type © LANDOV / MAXPPP

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    L'heure est à l'abattement du côté des dirigeants de BP. Mercredi, le directeur général du groupe, Tony M. Hayward, a présenté ses excuses sur le site communautaire Facebook. Sensible à la détresse des habitants de Louisiane, il avait déclaré quelques jours plus tôt qu'il voulait "retrouver sa vie d'avant". Un aveu en forme d'insulte pour les familles des onze victimes, décédées le 20 avril sur la plate-forme. Cette fois, c'est un aveu d'impuissance qu'il livre jeudi, face à l'étendue de la marée noire, dans une interview publiée par le Financial Times .

    Cela fait près d'un mois et demi que le groupe pétrolier britannique est engagé dans une lutte contre la marée noire, provoquée par l'explosion d'une de ses plates-formes dans le golfe du Mexique. Après de nombreuses tentatives pour stopper le flux de la fuite, le directeur a finalement reconnu que le groupe n'était pas préparé à un tel problème. Selon lui, il est même "entièrement juste" de critiquer BP dont l'équipement ne serait pas adapté aux fuites situées à 5.000 pieds en dessous du niveau de la mer. L'aveu concerne BP, mais Tony M. Hayward interpelle par la même occasion les autres grands groupes pétroliers et les milliers de plates-formes pétrolières essaimées sur les océans.

    Car selon le directeur général, aucun d'entre eux ne dispose à ce jour de techniques efficaces de gestion de catastrophe. Embourbées dans un scénario identique à celui qui se déroule actuellement, elles seraient toutes contraintes d'utiliser de vieilles méthodes pour parer à la crise, comme semblent le faire actuellement les autorités de Louisiane et le géant pétrolier. "Nous n'avions pas les instruments qu'il aurait fallu dans notre trousse à outils", admet-il dans le quotidien financier. Tout en estimant toutefois que BP avait "très bien réussi" à empêcher la marée noire de trop souiller les côtes. Mais sur "l'étendue (du problème) une petite partie nous a échappé", concède-t-il. Il a aussi évalué à "une chance sur un million" le risque d'une telle explosion, un risque qu'il faut abaisser à "un sur un milliard ou un sur mille milliards", a-t-il précisé. Des propos qui passent mal pour le président de la municipalité de Plaquemines Parish en Lousiane. "Tout ce qu'il fait est de donner des excuses et de défendre des affirmations ridicules", indique-t-il. "C'est une bonne chose qu'aucun d'entre nous ne l'ait rencontré, l'un de nous aurait fini en prison", menace-t-il sous le coup de la frustration dans un quotidien local.

    Les prévisions financières plongent

    Les agences de notation n'ont, elles, pas cédé à l'émotion. Jeudi, elles ont abaissé la note de crédit de la compagnie pétrolière de AA+ à AA pour Fitch, et de Aa1 à Aa2 (Moody's). Les prévisions pour le groupe demeurent de fait négatives. La lutte contre cette marée noire a pour l'instant coûté plus de 800 millions d'euros à BP, mais certains analystes estiment que le total des coûts pour la compagnie pourrait grimper à 20 milliards de dollars. À la Bourse, le titre a, quant à lui, sombré dans les abysses de la méfiance. L'action aurait perdu le tiers de sa valeur depuis le 20 avril, soit 50 milliards de dollars. L'avenir de BP se lit déjà dans le marc de pétrole, pour certains analystes.

    Les turbulences financières du groupe suite à la catastrophe se répandent également sur le champ politique. Deux sénateurs démocrates américains ont demandé mercredi au patron du groupe pétrolier de ne pas payer de dividendes à ses actionnaires, tant que les coûts de la marée noire n'auront pas été calculés. "Nous trouvons incompréhensible que BP rémunère ses actionnaires alors que le coût total de la marée noire de BP n'a pas été estimé", ont écrit les sénateurs Charles Schumer et Ron Wyden dans une lettre à Tony Hayward. En 2009, BP avait payé 10,4 milliards de dollars à ses actionnaires, selon son rapport annuel. Les prochaines dividendes devraient être versées en juin prochain. Attendu vendredi en Lousiane pour sa troisième visite, Barack Obama pourrait donner son point de vue sur la question.

     

    Marée noire: les scientifiques incertains quant à l'étendue du désastre

    De Jean-Louis SANTINI (AFP) – Il y a 12 heures

    WASHINGTON — La marée noire dans le golfe du Mexique, la pire dans l'histoire des Etats-Unis et qui pourrait encore durer des mois, fait craindre un désastre sans précédent pour les écosystèmes des fonds marins et des côtes, dont l'ampleur plonge les experts dans une totale incertitude.

    "La situation pour l'environnement est la pire que j'ai jamais vue sans pouvoir évaluer quel en sera l'impact (...) qui se fera certainement ressentir pendant plusieurs années", a résumé Michel Boufadel, président de la chaire d'ingéniérie environnementale à l'Université de Temple en Pennsylvanie (est), un des experts privés consultés par le gouvernement américain.

    "La seule chose sûre dans le golfe c'est le haut degré d'incertitude", a-t-il poursuivi dans un entretien à l'AFP soulignant le grand nombre de variables en jeu.

    Il se faisait l'écho de Lisa Jackson, directrice de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) qui a récemment dit que "les effets à long terme (de la nappe de pétrole, ndlr) sur la vie aquatique restent inconnus".

    La fuite du puits à 1.500 mètres de profondeur a commencé il y a plus de six semaines après l'explosion et le naufrage de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon de BP, à 80 km des côtes de Louisiane.

    La grande question est de savoir quels seront les effets des particules de pétrole et des composants chimiques du dispersant utilisé à la source de l'écoulement du brut sur la chaîne alimentaire des divers organismes des eaux du golfe, a précisé l'expert.

    Le dispersant et le brut qu'il décompose en gouttelettes pour le rendre plus biodégradable, forment des panaches au fond de l'océan à proximité du puits endommagé d'où s'écoulent chaque jour entre 2 et 3 millions de litres de brut, selon les estimations des experts mandatés par l'administration américaine.

    Ces particules sont en suspension dans l'eau et peuvent se coller à des petites plantes et nutriments qui descendent se déposer au fond de l'océan où ils sont consommés par tous les organismes qui y vivent.

    Le fait que le pétrole et le dispersant contiennent une variété de substances chimiques "rend plus difficile de prédire l'impact à long terme sur les différentes espèces" avec la possibilité de mutations génétiques ou la disparition pure et simple de certains animaux qui pourrait bouleverser l'écosystème, a expliqué Michel Boufadel.

    Il a noté le peu d'études faites jusqu'ici sur l'impact écologique d'une marée noire dans les grands fonds océaniques et sur l'effet de l'énorme pression de l'eau sur la composition des dispersants, jamais utilisés auparavant à une telle profondeur.

    Eric Gordes, un biologiste marin, également de l'Université Temple, craint qu'un autre panache de pétrole et de dispersant en suspension ne soit transporté par les courants de fond vers des massifs coralliens qui se trouvent à une quarantaine de kilomètres au nord de la fuite.

    "Le pire qui pourrait arriver, c'est que ces coraux soient étouffés par ces particules et détruits", a-t-il dit à l'AFP.

    Selon, Douglas Rader, chef océanographe de l'Environmental Defense Funds, un groupe privé de défense de l'environnement, "cette marée noire est le pire scénario car elle affecte à la fois les écosystèmes côtiers et en haute mer, un fait sans précédent".

    Les eaux du golfe du Mexique sont parmi les plus riches en poissons et fruits de mer dans le monde, représentant dix milliards de dollars de revenus par an aux Etats riverains dont notamment la Louisiane, a-t-il souligné.

    Des bancs de sable contre la marée noire

    Le gouverneur de Louisiane, Bobby Jindal, a déclaré mercredi que la Maison-Blanche avait accepté l'édification de bancs de sable artificiels pour protéger les côtes de la marée noire qui s'étend dans le golfe du Mexique. Ce plan s'ajoute aux quatre autres projets validés par l'administration Obama et à celui du corps du génie. Ils seront tous financés par BP, la compagnie pétrolière propriétaire du puits à l'origine de la catastrophe.


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