• Marée noire en Louisiane : revue de presse du31 mai 2010

    Marée noire : faut-il craindre une "tempête noire" ?

    Les météorologues s'inquiètent d'une possible combinaison de la marée noire et des ouragans à venir.

    La saison des cyclones inquiète les météorologues et les 
chercheurs américains.

    La saison des cyclones inquiète les météorologues et les chercheurs américains.

    Photo : AFP

    Alors que les tentatives de BP pour endiguer la marée noire sont pour l’heure restées vaines, la saison des ouragans qui débute mardi fait craindre une nouvelle catastrophe pour les côtes du Golfe du Mexique.

    Les météorologues sont inquiets. Selon les prévisions de l’Administration américaine fédérale océanique et atmosphérique (NOAA) la saison des ouragans (1er juin - 30 novembre) pourrait être l'une des "plus actives jamais connues".

    Entre 14 et 23 tempêtes tropicales pourraient se former. Trois à sept d'entre elles pourraient se transformer en ouragans majeurs de catégorie 3 avec des vents à plus de 175 km/h.

    Les experts estiment à 70 % la probabilité que ces projections se réalisent. En effet, le Golfe du Mexique et ses eaux chaudes constituent une véritable autoroute pour les cyclones, qui s'y forment ou y prennent une ampleur importante, avant de se déplacer vers le nord ou l'ouest en direction de la côte. C’est sur ce chemin, emprunté par les plus violents ouragans de l'histoire, Camille en 1969 et Katrina en 2005, que l'on trouve désormais la fuite de pétrole à l'origine de la marée noire.

    Une possible combinaison aux conséquences dramatiques
    C'est la possible combinaison entre les ouragans et le pétrole qui est au coeur des préoccupations. Des vents violents et de larges vagues pourraient projetées le pétrole sur les côtes, à l'intérieur des terres, dans les estuaires et les zones humides sur des dizaines de kilomètres carrés.

    Si le scénario catastrophe de la "tempête noire" venait à se produire, les conséquences sur le long terme pourraient être désastreuses. Poussé dans les marécages des villes comme la Nouvelle-Orléans, le pétrole pourrait alors empêcher "le travail" des étendues marécageuses de la région qui jouaient jusqu'alors un rôle de ralentisseur naturel et minimisaient l'impact des ouragans. Sans barrière naturelle, certaines zones pourraient se retrouver beaucoup plus exposées aux tornades.

    Un scénario qui reste cependant hypothétique et très difficile à prévoir pour les météorologues; le seul précédent remontant à l'été 1979, quand les ouragans ont entravé la lutte contre la marée noire provoquée par une plate-forme mexicaine, Ixtoc 1, au large de la péninsule du Yucatan. L'ouragan Henri avait endommagé une tête de puits de 310 tonnes destinée à combler la fuite, la pire de toute l'histoire avec près de 530 millions de litres de pétrole déversés dans la mer.

    "Un ouragan pourrait diluer le pétrole"
    "Ce qui inquiète la plupart d'entre nous, c'est qu'un ouragan emmène le pétrole dans des endroits qui ne seraient pas sinon touchés durement, comme la péninsule de Floride et le Texas", résume Gregory Stone, directeur des études côtières à l'Université de Louisiane. Un ouragan de la puissance de Katrina serait "le pire des scénarios", estime Doug Inkley, chercheur à la Fédération nationale de la flore et la faune. "Cela étoufferait la végétation, on aurait des oiseaux et autres animaux mazoutés à grande échelle. Il est virtuellement impossible de nettoyer ce pétrole".

    Quant à Joe Bastardi, spécialiste des ouragans de la société de prévisions météo AccuWeather qui estime difficile de prévoir ce qui pourrait se passer, il nuance ces prévisions dramatiques : un ouragan pourrait également "contribuer à diluer le pétrole et le disperser, réduisant sa présence à des concentrations beaucoup moins dommageables que celles rencontrées actuellement".

     
     

     

     

    Marée noire: le Golfe du Mexique redoute à présent les ouragans, dont la saison débute mardi

     

    VENICE, Louisiane (AP) — La saison des ouragans dans l'Atlantique commence mardi, faisant peser une menace supplémentaire pour les côtes du Golfe du Mexique sinistré par une gigantesque marée noire, que BP ne parvient toujours pas à endiguer.

    Le Golfe du Mexique et ses eaux chaudes constituent une sorte d'autoroute à cyclones, qui s'y forment ou y prennent une ampleur explosive, avant de se déplacer vers le nord ou l'ouest en direction de la côte. Certains des plus violents ouragans de l'histoire s'y sont produits, comme Camille (1969) et Katrina (2005), qui avait ravagé les côtes de Louisiane.

    La saison des ouragans, qui débute mardi pour s'achever le 30 novembre, pourrait être une des "plus actives connues", selon les prévisions de l'Administration fédérale océanique et atmosphérique (NOAA). Entre 14 et 23 tempêtes tropicales pourraient se former, et de trois à sept pourraient se transformer en ouragans majeurs, de catégorie 3, avec des vents soutenus de plus de 175km/h.

    Selon les météorologues, le pétrole répandu par millions de litres dans les eaux du Golfe ne devrait pas avoir d'influence sur la formation des cyclones. Mais, redoutent-ils, la combinaison entre les éléments déchaînés et la pollution pourrait être catastrophique, projetant le pétrole sur les côtes et loin à l'intérieur des terres. "Il est difficile de prédire ce qui risque de se passer", note Joe Bastardi, spécialiste des ouragans de la société de prévisions météo AccuWeather.

    Le seul précédent remonte à l'été 1979, quand les ouragans ont entravé la lutte contre la marée noire provoquée par une plate-forme mexicaine, Ixtoc 1, au large de la péninsule du Yucatan. L'ouragan Henri avait endommagé une tête de puits de 310 tonnes destinée à combler la fuite, la pire de toute l'histoire -530 millions de litres de pétrole.

    Joe Bastardi, s'il reste prudent, pense aussi qu'un ouragan "pourrait grandement contribuer à diluer le pétrole" et le disperser. L'actuelle marée noire provoquée par l'explosion le 20 avril de la plate-forme Deepwater Horizon au large de la Louisiane est la plus grave de l'histoire des Etats-Unis.

    D'après de nouvelles estimations rendues publiques la semaine dernière par l'Institut géologique américain, jusqu'à 193 millions de litres de pétrole -dans le meilleur des cas- pourraient se répandre dans le Golfe du Mexique d'ici le 1er août. Le scénario le plus pessimiste fait état de 378,5 millions de litres. En 1989, 42 millions de litres s'étaient répandus après le naufrage du pétrolier "Exxon Valdez" sur les côtes de l'Alaska, à la pointe nord-ouest des Etats-Unis.

    Dans l'actuelle marée noire, une partie du pétrole a touché les côtes de Louisiane, mettant en danger un écosystème particulièrement riche et mazoutant de nombreux oiseaux. Le pétrole s'est infiltré dans le complexe réseau d'étendues d'eau, bayous et marais formant une barrière naturelle contre l'élévation brutale du niveau des eaux. Si la végétation des marais devait mourir asphyxiée par le pétrole, l'intérieur des terres en Louisiane serait beaucoup plus exposé aux inondations, prévient Joseph Suhayda, directeur du Centre des ouragans de l'Université de Louisiane.

    Un ouragan de la puissance de Katrina serait en tout cas "le pire des scénarios", estime Doug Inkley, un chercheur de la Fédération nationale de la flore et la faune. "Cela étoufferait la végétation, on aurait des oiseaux et autres animaux mazoutés" à grande échelle, dit-il. "Il est virtuellement impossible de nettoyer ce pétrole", ajoute-t-il.

    "Il n'y a pas besoin d'un ouragan pour créer le chaos, même une tempête tropicale pourrait causer des problèmes", observe William Hawkins, directeur du Laboratoire de recherches de l'Université du Mississippi. La trajectoire des ouragans, en outre, est par nature difficile à prévoir.

    "Ce qui inquiète la plupart d'entre nous, c'est qu'un ouragan emmène le pétrole dans des endroits qui ne seraient pas sinon touchés durement, comme la péninsule de Floride et le Texas", résume Gregory Stone, directeur des études côtières à l'Université de Louisiane. AP

    ll/v0030/nc

     

    Le pétrole pourrait se déverser jusqu'en août

    Karin Zeitvogel
    Agence France-Presse
    Galliano

    Les autorités américaines et BP ont averti que du pétrole pourrait continuer à se déverser dans le golfe du Mexique jusqu'en août, alors que la compagnie pétrolière travaillait lundi à une nouvelle opération censée contenir la fuite de brut.

    Selon Carol Browner, la conseillère du président Obama pour les questions d'énergie et de changement climatique, il se pourrait que du pétrole «continue à s'écouler de ce puits jusqu'en août et l'installation de puits secondaires».

    Ces puits sont censés atténuer la pression qui s'exerce sur le puits principal pour pouvoir le sceller définitivement et stopper l'écoulement de millions de litres de brut dans les eaux du golfe.

    Mme Browner a affirmé dimanche qu'il s'agissait de «la pire marée noire de l'histoire des États-Unis».

    De son côté, John Currie, un porte-parole de BP, a admis lundi que «le forage de puits secondaires est la meilleure solution» pour en finir avec la fuite à l'origine de la marée noire.

    Les responsables de BP ont également indiqué que la mise en place du nouveau dispositif destiné à contenir la fuite pourrait prendre une semaine.

    Au contraire de l'opération de cimentation, baptisée «top kill», qui a échoué samedi, le nouveau procédé ne vise pas à arrêter la fuite de brut, mais à la contenir.

    Les ingénieurs prévoient de sectionner les pipelines endommagés et d'y ajuster une sorte de chapeau en métal permettant de capturer le pétrole puis de le siphonner jusqu'à un navire en surface.

    Mais, a prévenu Mme Browner, le risque est réel que cette technique augmente, du moins temporairement, de 20% le volume de brut qui se déverse dans la mer.

    «Nous allons travailler à 1500 mètres de profondeur avec des robots. Nous allons prendre notre temps et faire preuve d'une extrême précaution. À la fin de la semaine», l'installation devrait être en place, a annoncé sur CNN Bob Dudley, le directeur général de BP.

    Et, prévient Larry Crowder, professeur de biologie marine à la Duke University, si la fuite devait effectivement continuer à souiller le golfe du Mexique pendant deux mois, il est presque acquis que le pétrole serait happé par le «Loop Current», un courant qui forme une boucle dans le golfe puis s'échappe par le détroit de Floride en direction de l'Atlantique où il se transforme en Gulf Stream.

    Dès lors, il faudrait s'attendre à ce que les Keys, l'archipel à la pointe de la Floride qui forme la troisième barrière de corail du monde, soit touché par le pétrole.

    Selon des estimations publiées par l'administration la semaine dernière, entre 72 millions et 113 millions de litres de brut se sont écoulés dans la mer depuis l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon le 20 avril.

    En Louisiane, l'État le plus touché par la marée noire, les habitants n'hésitent plus à donner de la voix contre BP et la gestion de la crise par l'administration Obama.

    Dimanche, quelque 500 personnes ont bravé la pluie pour manifester dans le Quartier Français de La Nouvelle-Orléans. «Éco-meurtriers!», criait notamment Belinda Sopczak, une des manifestantes. Sur une pancarte, elle avait écrit «British Polluters» («Pollueurs britanniques»), jeu de mots sur British Petroleum dont BP est l'acronyme.

    Au micro de la radio locale WWL, le sénateur de Louisiane David Vitter s'est prononcé pour que la gestion de la crise se fasse «de façon militaire». «Nous avons besoin d'une chaîne de commandement de style militaire, où les ordres sont donnés et immédiatement exécutés», a dit M. Vitter.

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    environnement

    Marée noire en Louisiane : empoisonnés par le pétrole, les marécages se meurent

    Info rédaction, publiée le 31 mai 2010
     
    http://www.maxisciences.com

    La marée noire détruit peu à peu toute vie sur son passage

    La marée noire détruit peu à peu toute vie sur son passage

    Pass-a-Loutre, États-Unis - Alors que BP ne parvient toujours pas à colmater la fuite d'hydrocarbures qui contamine le golfe du Mexique depuis le 22 avril avril dernier, la nappe de pétrole a atteint le delta du Mississippi, et notamment Pass-a-Loutre, où elle se répand dans les marécages.

    "Tout est presque mort" ne peut que malheureusement constater Angelina Freeman, une scientifique venue observer les dégâts de la marée noire dans le delta du Mississippi. Le pétrole brut qui se répand sur les roseaux des marécages "est très noir. Il a un peu la substance sirupeuse du chocolat. Il est très épais" explique-t-elle.

    Depuis que la plateforme Deepwater Horizon a explosé puis sombré il y a plus d'un mois, ce sont entre 60.000 et 94.000 tonnes de pétrole qui se sont déversées dans le golfe du Mexique. Et alors qu'aucune des tentatives de BP pour maîtriser la fuite de pétrole n'a fonctionné, Olivier Brochenin, consul général de France à La Nouvelle-Orléans qui s'est rendu sur place pour constater l'ampleur des dégâts, évoque dansFrance Soir, un véritable "massacre", indiquant que "plus de 20% des zones de pêche sont déjà interdites à la récolte dans le golfe américain".

    Lorsque le pétrole se répand dans les marécages, il asphyxie et empoisonne des trésors de biodiversité. "C'est ici que les poissons élèvent leurs petits, que les oiseaux nidifient. [Ces marais] protègent les terres en amont des dégâts des tempêtes, filtrent l'eau en ralentissant le courant et en facilitant le dépôt de sédiments" explique Angelina Freeman.

    Et la crainte de voir disparaître ce milieu naturel exceptionnel est d'autant plus grande que la saison des ouragans s'annonce particulièrement violente. Des tempêtes pourraient emporter le pétrole plus en amont du Mississippi, dans des marécages pour l'instant épargnés par la marée noire (voir article).


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