• Le dauphin n'est pas à la fête dans le golfe de Gascogne

    Le réseau de sentinelles de Vincent Ridoux recense notamment tous les échouages de dauphins ou de baleines. (photo Xavier léoty)

    Professeur à l'université de La Rochelle, Vincent Ridoux dirige également le Centre de recherches sur les mammifères marins. Il coordonne notamment un réseau de sentinelles chargées de recenser tous les échouages le long des côtes françaises.

    « Sud Ouest ». Depuis sa création en 1972, votre réseau a répertorié plus de 14 000 mammifères échoués, essentiellement des dauphins. Cette statistique est-elle alarmante ?

    Depuis sa création en 1972, votre réseau a répertorié plus de 14 000 mammifères échoués, essentiellement des dauphins. Cette statistique est-elle alarmante ?

    Vincent Ridoux. Pas forcément. Souvent l'animal meurt en mer, victime des tempêtes. L'ampleur de ces échouages varie d'une année à l'autre, entre 200 et 800. Certaines populations sont d'ailleurs beaucoup plus nombreuses qu'il y a vingt ans.

    Le marsouin, par exemple, à l'époque très rare sur la côte atlantique, est réapparu de manière explosive depuis trois ou quatre ans. Mais il s'agit d'une redistribution, sans doute parce que la ressource alimentaire est désormais plus importante chez nous qu'en Europe du Nord. Les phoques aussi semblent de plus en plus présents.

    À l'inverse, le dauphin commun n'est pas à la fête dans le golfe de Gascogne.

    Les années 90 ont été compliquées, en particulier à cause des filets utilisés à bord des chaluts pélagiques. Les dauphins ne survivaient pas à leurs blessures. Nous avons tiré la sonnette d'alarme. Depuis, les choses se sont améliorées.

    L'accueil des pêcheurs n'a pas dû être des plus chaleureux ?

    Les relations n'ont pas été simples au début. Nous passions pour des intrus. Mais le problème était réel et aujourd'hui les échanges se passent mieux.

    Il est aussi un ennemi plus sournois : le sac plastique. S'agit-il d'une véritable épidémie, ou bien le phénomène est-il anecdotique ?

    S'agit-il d'une véritable épidémie, ou bien le phénomène est-il anecdotique ?

    Le sac plastique fait surtout des victimes parmi les grands plongeurs, comme les baleines à bec, qui vivent très au large.Certaines, en effet, meurent après les avoir ingérés, pensant sans doute qu'il s'agit d'un calamar.

    Sans que le réchauffement climatique n'en soit la cause certaine, vous assistez également à l'apparition de quelques espèces exotiques dans nos eaux...

    C'est très ponctuel, en effet, mais spectaculaire. Nous apercevons parfois des dauphins tachetés, originaires des Bahamas, et des globicéphales tropicaux. Alors, bien sûr, notre antenne « réchauffement de la planète » se dresse aussitôt, mais, dans le même temps, nous voyons apparaître des phoques polaires...

    En collaboration avec le ministère de l'Environnement et l'Agence des aires marines protégées, vous avez dirigé cette année deux campagnes d'observation en Guyane et aux Antilles.

    Des survols aériens qui vont se poursuivre au-dessus de toutes les eaux françaises de la planète, de l'océan Indien au Pacifique, soit plus de quatre fois la surface de la Méditerranée ! Déjà la campagne 2008 nous a offert quelques surprises, en particulier aux Antilles, où nous n'imaginions pas croiser autant de grands cétacés comme le cachalot.

    Le golfe de Gascogne n'est hélas pas le Saint-Laurent, mais peut-on tout de même y apercevoir quelques grands spécimens ?

    Il y en a, oui, essentiellement des baleines à bec et des rorquals communs, dont certains atteignent les 20 mètres. Mais ils sont généralement loin des côtes.

    Auteur : Sylvain cottin
    s.cottin@sudouest.com


    Tags : Environnement Nature la rochelle saint-laurent Actualité

    SUD OUEST | Dimanche 23 Novembre 2008


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