• Voiles de nuit

    Samedi dernier, le vieux port de La Rochelle servit de décor à la dernière manifestation de "Sites en scènes", en  partenariat avec le "Grand Pavois",  grand salon nautique rochelais. Nous aurons d'abord droit à des démonstrations sportives de glisse sur l'eau.

    Précédant la tour Saint-Nicolas et la tour de la chaîne, la tour des Quatre Sergents  (encore appelée "tour de la lanterne") saluait 25 vieux gréements qui s'étaient donné rendez-vous pour une grande parade. Certains sont célèbres, d'autres, plus modestes, restent discrets.

    Parmi les vedettes de la soirée, le "Fleur de Lampaul", qui pendant plusieurs années sillonna les mers avec à son bord un équipage de jeunes âgés de 12 à 16 ans, sert actuellement de vitrine à la fondation Nicolas Hulot pour la sensibilisation à l'environnement.

    Il est également en mission scientifique en Méditerranée.

     

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    Bord à bord avec les plus grands, de toutes petites embarcations, comme le "Fre Pat" exhumé du cimetière marin et ressucité par l'association des vieux gréements du Port du Plomb, à Nieul sur mer.

    Ils arrivent de toute part, de Bretagne, Vendée, Oléron, Ré,  Pays Basque, et même de Chine !

    Une autre vedette, ce soir à La Rochelle : la chaloupe de l'Hermione, la frégate de Lafayette actuellement en renaissance dans la double forme de radoub de Rochefort. L'Hermione nouvelle devrait voir le jour en 2012 et refera le voyage vers l'Amérique. Pour l'instant, ses deux chaloupes l'attendent, et la plus grande est venue jouer dans la cour des grands à La Rochelle. Les rameurs de service ont encore quelques difficultés à tenir de rythme, mais l'ambiance y est.

    Superbe parade, donc, sur lumière de coucher de soleil dans un premier temps, puis un grand défilé nocturne devant les tours et sous les feux d'artifice d'une qualité exceptionnelle.

    Bel hommage à ces voiliers d'un autre temps, splendide spectacle pyrotechnique.

    Quelques réflexions, toutefois :

    • Le niveau sonore : Est-il donc indispensable que l'idée de fête soit systématiquement associée à un maximum de bruit ? Autre constat inquiétant : le nombre de très jeunes enfants, des bébés, exposés à des décibels dangereux pour leurs oreilles en formation. Les jeunes parents actuels semblent ne pas être suffisamment conscients des risques qu'ils font courir à leurs petits.   audition prévention ou les dangers du bruit
    • Le choix des musiques : Etait-il indispensable de faire subir à l'ensemble du public une ambiance de discothèque ?

    Ce défilé aurait eu beaucoup plus de classe dans un silence laissant le chant des voiles s'exprimer. Ou encore sur fond d'une musique digne de ces beaux oiseaux des mers.

    C'était toutefois du grand spectacle !

    Flonigogne


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  • Belem-sur-Charente

    Samedi 27 juin 2009, 7 heures du matin à Port-des-barques, à l'embouchure du fleuve Charente. Il paraît que le Belem est quelque part entre l'Ile d'Aix et Fouras... La brume nous le laisse entrevoir.

    Il fallait attendre le flux de la marée pour remonter la Charente. C'est à une belle allure que le trois-mâts barque entreprend de rallier le port de Rochefort pour rendre visite à sa petite cousine éloignée, l'Hermione, encore dans le ventre de sa mère, c'est-à-dire la double forme de radoub.

    Le bateau avance vite. C'est surprenant dans ce brouillard, d'autant qu'il faut prendre l'alignement des balises pour bien rester dans le chenal navigable ; et ce n'est pas une ligne droite ! (Peut-être bien que le pilote actuel n'a que faire du brouillard et des balises s'il se fie au GPS... Mais quand même : s'il y a un petit bateau perdu au milieu de la Charente, que fait-on ?)

    Prochain point de vue pour le Traversier chasseur d'images : Martrou, entre le nouveau viaduc qui franchit la Charente au sud de Rochefort et le fameux pont transbordeur (le seul ouvrage de ce type qui fonctionne encore en France). Emplacement épatant, au bout de la voie d'accès à un pont (démonté) à travée levante : il n' y a qu'à guetter. Pas de chance : le brouillard est plus dense qu'à Port-des-Barques. On verra bien le bateau mais pas les ponts, pourtant très proches ! (On peut difficilement deviner le viaduc, derrière le bateau...)

    Le beau voilier arrivera malgré tout à Rochefort et sera amarré le long d'un quai du bassin de commerce. Nous pourrons le voir au soleil et à l'ombre et le visiter le dimanche matin. Il valait mieux s'y prendre de bonne heure !

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    Ô combien de marins pour faire naviguer le bateau ? L'équipage est de seize hommes (femmes comprises, s'il y en a...) Combien de capitaines ? Deux en alternance. Il y a plusieurs équipages, composés de permanents et de temporaires (traduction moderne : CDI et CDD et stagiaires).
    Deux moteurs ; des voiles et des cordages !

    Nous avons fait un brin de causette avec un marin sur le gaillard d'avant puis avec les deux cuistots, à gauche Frank, à droite Lionel, à la porte de la cambuse.

    ... Où l'on apprend que ce sont deux Bretons, le premier du Finistère, le second du Morbihan... et que Lionel a fait la traversée du 400ème de Bordeaux à Québec ! C'est l'occasion d'évoquer la Nouvelle-France, l'accueil des Québécois, la vallée du Saint-Laurent, mais aussi la Gaspésie, les Iles de Madeleine, Saint-Pierre et Miquelon, seule terre française en Amérique du Nord, les conditions de pêche, les Indiens...

    Le lendemain, départ du Belem qui va redescendre la Charente avec la marée. Il faut à la fois qu'il y ait de l'eau pour que le bateau soit à flot, mais aussi qu'il n'y ait pas trop d'eau pour qu'il puisse passer sous le pont transbordeur et surtout sous le viaduc !

    Le Belem se dirige vers port-Neuf, rive droite, mouillage de plaisance de Rochefort. La Cigogne l'y attend...

    Le voilà qui arrive, tel un fier destrier au trot. C'est à peine s'il salue les petits voiliers d'un coup de sirène, juste pour leur dire : je passe, je vous vois, mais je suis si pressé de retourner en mer...

    Salut les marins, que les vents vous soient favorables. Le grand voilier passe, majestueux. Nous répondons à son salut en lui faisant un signe de la main, nous terriens restés à quai....

    Et déjà il s'éloigne, rejoint le Vergeroux à la fin du méandre qui protège Rochefort, ville royale, où l'Hermione, frégate de La Fayette, est en train de renaître...

    Il n'est déjà plus qu'un souvenir qu'on perçoit à travers champs et marais...

    Puis le relais est passé au Caribou qui l'attend à Port-des-Barques, sous l'estacade (que vous ne verrez pas et que personne ne veut réparer...)

    La prochaine visite du Belem sera pour les fêtes de la mer à Royan, dans quelques jours.

    Good-bye farewell !

    AlCaribou
    & Flonigogne

    Pour en savoir plus sur le Belem et connaître les événements d'actualité :
    Fondation Belem 


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