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    Mississipi : des milliers de poissons morts à cause de la marée noire ?

    Info rédaction, publiée le 24 août 2010
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    http://www.maxisciences.com

    Mississipi : des milliers de poissons morts à cause de la marée noire ?

    Mississipi : des milliers de poissons morts à cause de la marée no...

    Louisiane, États-Unis- Des milliers de poissons morts ont été découverts à l'embouchure du Mississippi, en Louisiane. Les autorités s'interrogent sur un possible lien avec la marée noire du golfe du Mexique.

    Dimanche, les cadavres de milliers de poissons ont été retrouvés flottant à la surface de l'eau. Comme le rapporte le quotidien de la Nouvelle-Orléans Times-Picayune, les crabes, raies pastenagues, anguilles, ascasses et acoupas rouges découverts ont été récupérés grâce aux barrages flottants mis en place pour lutter contre la marée noire dans le golfe du Mexique.

    "Selon nos estimations, il y a eu des milliers de poissons morts, et je parle d'une fourchette allant de 5.000 à 15.000", a déploré dans un communiqué Craig Taffaro, le président du comté de St Bernard, en Louisiane.

    Afin de déterminer si le pétrole qui s'est déversé suite à l'explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon est la cause de cette hécatombe, des responsables du service de la faune et des pêches de Louisiane ont prélevé des échantillons d'eau qui seront rapidement analysés. Les autorités de l'Etat refusent de tirer des conclusions trop hâtives, des problèmes d'oxygène liés au barrage du bayou La Loutre, proche de l'embouchure du Mississippi, étant fréquents dans la région.

    Des milliers de poissons morts découverts à l'embouchure du Mississippi

    (AFP) – Il y a 14 heures

    LA NOUVELLE-ORLEANS (Etats-Unis) — Des milliers de poissons morts ont été découverts à l'embouchure du Mississippi, en Louisiane, et les autorités cherchent à savoir si la marée noire du golfe du Mexique est en cause, a rapporté lundi le quotidien de La Nouvelle-Orléans Times-Picayune.

    Les poissons ont été trouvés dimanche flottant à la surface de l'eau et ont été récupérés grâce aux barrages flottants qui avaient été déployés pour lutter contre la marée noire, selon le journal.

    "Selon nos estimations, il y a eu des milliers de poissons morts, et je parle d'une fourchette allant de 5.000 à 15.000", a déclaré dans un communiqué Craig Taffaro, président de la paroisse (comté) de St Bernard (Louisiane), cité par le quotidien,

    Du pétrole se trouve dans la zone et des responsables du service de la faune et des pêches de Louisiane ont prélevé des échantillons d'eau, a ajouté ce responsable locale, précisant que parmi les animaux morts se trouvaient des crabes, des raies pastenagues, des anguilles, des rascasses et des acoupas rouges.

    Mais, a-t-il ajouté, "nous ne voulons pas tirer de conclusion hâtive car nous avons parfois des problèmes d'oxygène liés au barrage du bayou La Loutre", proche de l'embouchure du Mississippi.

     
     

    Marée noire : du pétrole dérive dans les profondeurs

    20.08.10 | 16h12

    Les autorités américaines ont peut-être crié victoire un peu tôt, face à la disparition apparente du pétrole dans le golfe du Mexique. Certes, quatre mois après l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon, exploitée par BP, qui allait entraîner la pire marée noire de l'histoire des Etats-Unis, les côtes ne subissent pas la déferlante de brut redoutée et la nappe a disparu de la surface de l'eau. Mais une bonne partie du pétrole continue à dériver dans les profondeurs, affirme une étude publiée sur le site Internet de la revue Science, jeudi 19 août.

    Des océanographes américains du Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), un institut privé à but non lucratif, confirment ainsi, pour la première fois, l'existence de nappes sous-marines d'hydrocarbures échappés du puits de BP, jusque-là jugée très improbable."Non seulement nous avons démontré qu'il existe bien un panache de pétrole dans le golfe du Mexique, mais nous avons déterminé son origine et sa composition", a assuré Richard Camilli, l'auteur principal de cette étude, lors d'une conférence de presse, jeudi.

    Entre le 10 et le 28 juin, son équipe a envoyé un robot sous-marin équipé d'un spectrographe de masse zigzaguer dans la colonne d'eau autour du site de la catastrophe et plongé une sonde à échantillonnage à différentes profondeurs. Leur découverte : un panache d'hydrocarbures de plus de 35 kilomètres de long, 2 kilomètres de large et 200 mètres de haut, progressant de 6,7 kilomètres par jour en direction du sud-ouest, à environ 1 100 mètres de profondeur.

    Loin de l'image d'une marée noire sous-marine, ce nuage toxique passe d'autant plus inaperçu qu'il est incolore et inodore, en raison de l'absence de certains composés du pétrole brut. "Les échantillons d'eau prélevés au coeur du panache sont clairs comme de l'eau de source", décrit M. Camilli.

    Pour traquer cette nappe furtive, les chercheurs ont focalisé leurs instruments sur quelques éléments qui composent le pétrole brut : le benzène, le toluène, l'éthyl-benzène et les xylènes, des hydrocarbures volatils toxiques faciles à détecter. "Ces résultats confirment qu'il existe un mécanisme de transfert direct des hydrocarbures dans les écosystèmes marins profonds. Mais la quantité totale de pétrole dans le panache et l'étendue complète des risques possibles pour la faune et la flore marines restent incertaines", indiquent-ils.

    Les premières conclusions sont malgré tout inquiétantes. Etant donné les concentrations relevées à 35 kilomètres du puits, "il paraît probable que le panache s'étend considérablement plus loin que les limites de l'étude", interrompue par l'arrivée de l'ouragan Alex, souligne M. Camilli. Et rien n'indique que la nappe identifiée soit la seule à polluer le fond de l'océan.

    De plus, alors que de nombreux experts tablent sur une biodégradation naturelle du pétrole, les chercheurs du WHOI révèlent que les quantités d'oxygène dissous dans le panache n'avaient, fin juin, pas baissé à des niveaux suggérant que les bactéries détruisent les hydrocarbures. Cette biodégradation, si elle est possible à cette profondeur, pourrait demander de très nombreux mois.

    Malgré la prudence des auteurs, cette étude ne manquera pas de relancer la polémique sur le discours rassurant des autorités américaines et de BP concernant les conséquences pour l'environnement de cette marée noire qui a vu 4,9 millions de barils, soit 780 millions de litres de brut, se déverser dans la mer entre l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon, le 20 avril, au large de la Louisiane, et le colmatage du puits, le 5 août.

    D'après le rapport rendu, le 4 août, par les experts de l'Agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA) et du département de l'intérieur, 25 % seulement du pétrole qui s'est déversé par 1 500 mètres de fond se trouveraient encore dans la nature. Les trois quarts du brut auraient été récupérés, brûlés, dispersés chimiquement, se seraient évaporés ou dissous naturellement. "Il n'y a absolument aucune preuve qu'il existerait une concentration significative de brut que nous n'aurions pas prise en compte", affirmait alors la directrice de la NOAA, Jane Lubcheco. L'article deScience vient bousculer cette certitude.

    Déjà, le 17 août, cinq experts de l'université de Georgie avaient mis en cause le discours officiel et estimé que 70 % à 79 % du brut se trouvait encore dans l'océan. "Une des principales erreurs est de penser que le pétrole qui s'est dissous dans l'eau a disparu et est de ce fait inoffensif", expliquait l'océanographe Chuck Hopkinson.

    Le président démocrate de la sous-commission de l'énergie et de l'environnement de la Chambre des représentants, Ed Markey, a fustigé, jeudi, l'optimisme de la NOAA, jugeant que "ce rapport et la façon dont il est présenté donnent une idée erronée de la situation dans le golfe du Mexique".

    Les Etats-Unis et le Mexique ont prévu d'étudier conjointement les conséquences de la marée noire sur l'environnement. Sans attendre, Greenpeace a déjà lancé une expédition de trois mois pour mesurer l'impact sur les écosystèmes du pétrole, mais aussi des 7 millions de litres de dispersants chimiques déversés dans l'océan.

    La neutralisation définitive du puits, quant à elle, n'interviendra pas avant début septembre, ont annoncé, jeudi, les autorités américaines. Il s'agira de colmater le forage par le bas, à 4 000 mètres sous le fond de la mer, grâce à deux puits de secours. Cette opération devait, dans un premier temps, avoir lieu à la mi-août. Mais BP s'est résolu à remplacer d'abord la valve anti-explosion placée à la sortie du puits, dont la panne avait conduit à la catastrophe.

     

    Actu-Environnement.com

    Golfe du Mexique : la marée noire persisterait sous les eaux

    POLLUTION- Actu-Environnement.com - 23/08/2010
     

    Si ces dernières semaines, la marée noire, issue de la fuite du puits de BP, n'est pas visible en surface, elle n'aurait pas disparu pour autant. Des océanographes américains ont détecté une nappe de pétrole dans les profondeurs du golfe du Mexique.
     
    © Xaver Klaußner


    L'équivalent de cinq millions de barils - près de 800 millions de litres - de pétrole ont été déversés dans le golfe depuis l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon (Louisiane) en avril, avant que la fuite du puits ait été stoppée début août. Le colmatage définitif du puits a, quant à lui, été repoussé à septembre.
    Mais un nuage de pétrole provenant du puits de BP s'étend encore ''sur au moins 35 km à plus de 900 m de profondeur'', ont confirmé les océanographes américains de la Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), un institut privé d'études océanographiques. Leurs travaux ont été publiés le 19 août dans la revue ''Science''. Le panache d'hydrocarbures mesure ''près de 2 km de largeur sur près de 200 m de hauteur''. Le gouvernement américain et BP affirmaient pourtant le 4 août venir à bout de cette marée noire. Pour rassurer la population, le président Barack Obama s'était même récemment baigné en Floride tandis que de nombreuses zones de pêche ont été rouvertes en Louisiane.

    Les chercheurs de la WHOI ont réalisé, du 19 au 28 juin, plus de 57.000 analyses chimiques, à l'aide notamment d'un spectromètre de masse sous-marin, dans un périmètre de 5 km autour du puits. Avant d'être interrompus par l'Ouragan Alex, ils ont mesuré des concentrations de plus de 50 microgrammes d’hydrocarbures par litre et relevé la présence de benzène, de toluène, d'éthybenzène et de xylène. Des gouttelettes d'huile inodores et diffuses ont été prélevées. Cependant, ''nous n’avons pas déterminé le degré de toxicité'' du nuage de pétrole ''ni comment il s'est formé'', a souligné Christopher Reddy, géochimiste marin de l’équipe de recherche.
    Si les chercheurs ont observé que la bio-dégradation de ce pétrole était en cours grâce aux microbes vivant dans les grands fonds, le processus est relativement lent. Alors que le pétrole reste sous la surface, la température de l'eau y est plus froide, ce qui ralentirait le processus de dégradation. Le panache de pétrole pourrait ''subsister dans l'océan plus longtemps qu'on ne le pensait'', ont alerté les scientifiques. Des mois voire des années…? D'autant que la nappe se déplacerait ''à la vitesse de 0,27 km/h en direction du sud-ouest, vers les côtes mexicaines'', a précisé Richard Camilli, le chef de l’expédition scientifique.

    Polémique autour du rapport de la NOAA

    Après les océanographes de l'Université de Géorgie ayant estimé le 17 août que 79 % du brut se trouvait encore dans l'océan, les chercheurs du WHOI ont à leur tour contredit le rapport officiel présenté par l’agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA), qui affirmait pourtant, il y a deux semaines, que les trois quarts du pétrole échappés du puits s'étaient évaporés, dispersés naturellement et/ou avaient été récupérés ou éliminés.
    26% du pétrole seraient toujours dans l'eau, soit à l'état liquide, soit sous forme de résidus lourds au fond de la mer issus des brûlages localisés de la nappe, selon la NOAA. Or, d'après les experts de l'Université de Géorgie, seuls 8 % ont été dispersés, 6 % brûlés, 4 % dragués et 12 % évaporés. ''Une des principales erreurs est de penser que le pétrole qui s'est dissous dans l'eau a disparu et est de ce fait inoffensif'', a prévenu Charles Hopkinson, spécialiste de la vie marine à l'Université de Georgie. ''Le pétrole est toujours là, et il risque de prendre des années à se dissoudre complètement. Nous sommes encore bien loin d’avoir évalué tous les impacts possibles de la catastrophe'', a-t-il ajouté. Selon l'équipe scientifique, un autre nuage de pétrole se dirigerait vers la Floride et serait ''cinq fois plus important'' que celui analysé par les océanographes de la WHOI.

    Quels impacts environnementaux ?

    La question de l'impact environnemental causé par quatre mois de marée noire demeure entière. Tout comme celui des 7 millions de litres de produits chimiques utilisés pour la disperser. Des chercheurs de l'Université de Floride viennent de souligner les effets du pétrole sur la biodiversité, dans une étude préliminaire. Ils ont constaté un impact sur la santé du phytoplancton ''entre 275 m et un millier de mètres de profondeur''. Ils ont par ailleurs découvert des dépôts microscopiques de pétrole dans le sol d’un canyon sous-marin, proche de Panama City, en Floride. Là, où s'était d'ailleurs baigné Barak Obama… De son côté, Samantha Joye, de l’Université de Georgie, entend évaluer l’impact du méthane, échappé aussi du puits. La scientifique appréhende l'apparition de zones mortes provoquées par le méthane, en raison du manque d’oxygène, ce qui asphyxie et tue les créatures marines.

    La publication de ces études scientifiques intervient alors que les Etats-Unis et le Mexique ont annoncé le 20 août ''vouloir réaliser conjointement une première évaluation de l'impact environnemental de la marée noire''. Si les autorités des deux pays ont prévu de se rencontrer fin septembre ''pour préparer cette étude'', l'organisation écologiste Greenpeace vient de lancer une expédition scientifique de trois mois pour mesurer les impacts de la marée noire et des dispersants chimiques sur la vie marine et sous-marine du golfe. L'agence américaine de protection de l'environnement (EPA) assure pour sa part que ''les mélanges dispersants ne sont généralement pas plus toxiques pour les espèces aquatiques testées (une espèce de crevette et de petits poissons, ndlr) que le pétrole seul''.

    Rachida Boughriet

    Marée noire : le fonds d'indemnisation de BP est déjà discuté

    POLLUTION- Actu-Environnement.com - 24/08/2010

    Entré hier en vigueur, le fonds d'indemnisation de 20 milliards de dollars, promis en juin par BP pour les victimes de la marée noire dans le Golfe du Mexique, fait déjà polémique. Baptisé le Gulf Coast Claims Facility (GCCF), ce fonds est administré par l'avocat américain Kenneth Feinberg, qui a déjà géré le fonds d'indemnisation des victimes des attentats du 11 septembre 2001. Il remplace le processus d'indemnisation, géré jusqu'ici par BP qui affirme avoir déjà versé près de 370 millions de dollars aux victimes. Le groupe pétrolier s'est engagé à financer ce fonds sur quatre ans, soit cinq milliards par an.

    Mais la question d'une indemnisation définitive demeure entière, alors que l'ampleur des dégâts provoqués par la marée noire survenue en avril - qui a vu près de 800 millions de litres de pétrole se déverser dans le golfe - reste à déterminer. Selon Reuters, l'avocat est également critiqué pour avoir fixé un délai (jusqu'aux six prochains mois) au-delà duquel toute victime devra renoncer au droit d'attaquer en justice BP. ''Le New York Times'' avait déjà indiqué le 20 août qu'entreprises et particuliers ne pourront être indemnisés que s'ils abandonnent leurs poursuites contre BP et les autres acteurs impliqués. Selon le quotidien, la compensation attribuée à chacune des victimes serait liée à la proximité géographique avec la zone souillée. De son côté, Kenneth Feinberg assure que le fonds va débloquer des indemnités d'urgence en moins de 48 heures pour les particuliers et en moins d'une semaine pour les entreprises.

    Des milliers de poissons morts dans le Mississipi

    La question de l'impact environnemental de la marée noire et des produits chimiques utilisés pour la disperser se pose également. Selon l'édition d'hier du quotidien ''La Nouvelle-Orléans Times-Picayune'', plusieurs milliers de poissons morts (entre 5.000 et 15.000) ont été découverts le 22 août à l'embouchure du Mississippi, en Louisiane. Du pétrole se trouve dans la zone et les autorités cherchent à savoir si la marée noire du golfe du Mexique est en cause. Des problèmes d'oxygène liés au barrage du bayou La Loutre sont aussi invoqués, ce qui aurait tué les poissons. Parmi les animaux morts se trouvaient également des crabes, des raies pastenagues ou des anguilles.

    Rachida Boughriet

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    Greenpeace embarque pour le Golfe du Mexique

    Créé le 12.08.10 à 16h04 -- Mis à jour le 12.08.10 à 16h04

    Un membre de Greenpeace dans les marais de Louisiane, le 19 mai 2010.

    Un membre de Greenpeace dans les marais de Louisiane, le 19 mai 2010. REUTERS/Lee Celano

    PLANETE - Une expédition de trois mois prend le large ce jeudi...

    La fuite est enfin colmatée, mais la marée noire n’a pas fini de faire des ravages sur les écosystèmes marins. L’organisation écologiste Greenpeace compte bien dresser un inventaire des dégâts causés par la marée noire dans le Golfe du Mexique en envoyant, ce jeudi, une expédition de trois mois en mer menée par des enquêteurs indépendants.

    Connaître la véritable étendue du désastre

    «Depuis le tout début, la véritable étendue du désastre lié à la marée noire du golfe a été masquée par BP et même notre gouvernement», a déclaré John Hocevar, responsable des océans chez Greenpeace USA. L’ONG compte sur la participation de scientifiques rattachés à des universités spécialisées dans les études océanographiques pour tirer un bilan objectif des conséquences de la marée noire.

    «La plus grande pollution en mer de l'histoire et le recours sans précédent aux dispersants chimiques auront un impact sur la vie marine du golfe pendant des années, et des études indépendantes sont cruciales pour garantir que les responsables de BP ne peuvent dissimuler ce qu'ils ont fait ou fuir leurs responsabilités», a ajouté John Hocevar.

    BP devant les tribunaux

    Cette expédition prend son départ ce jeudi, alors que le gouvernement américain mène une enquête, qui pourrait finir devant les tribunaux, sur l’origine de l’explosion de la plateforme Deepwater le 20 avril. Les autorités américaines n’ont toutefois pas les moyens techniques de rassembler les preuves qui gisent à près de 1.500 mètres de fond, laissant la responsabilité des opérations de récupération à la société Transocéan, qui louait la plateforme à BP.

    77 plaintes contre BP ont été déposées auprès d’un tribunal de Louisiane. Emanant de pêcheurs, hôteliers ou restaurateurs ayant pâti de la marée noire, les plaintes seront présentées à un juge unique qui devra décider de l’indemnisation des victimes.

    Audrey Chauvet avec AFP
     
     

    Le mauvais temps retarde la dernière étape de colmatage du puits

    Le gouvernement américain et BP ont récemment évoqué... (Photo: Mark RALSTON, AFP)

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    Le gouvernement américain et BP ont récemment évoqué la possibilité que l'opération «bottom kill» ne soit finalement pas nécessaire, puisque la tête du puits a été scellée avec de la boue et du ciment le mois dernier.

    Photo: Mark RALSTON, AFP

     

    Harry R. Weber, Tom Breen
    Associated Press
    La Nouvelle-Orléans

    Le mauvais temps force à repousser à la semaine prochaine l'opération visant à colmater définitivement le puits de pétrole endommagé de BP dans le golfe du Mexique, une opération coûteuse que le gouvernement n'est pas certain de savoir comment mener de la meilleure manière.

    L'amiral à la retraite Thad Allen, nommé par le gouvernement pour superviser les opérations liées à la marée noire, a néanmoins affirmé que l'opération «bottom kill» devrait avoir lieu au début de la semaine prochaine, si elle a vraiment lieu.

    Un bouchon temporaire empêche le pétrole de s'écouler du puits depuis un mois. Les équipes de travail terminent le forage d'un puits de secours qui permettra d'injecter de la boue et du ciment à la base du puits endommagé pour le sceller définitivement.

    Le gouvernement américain et BP ont récemment évoqué la possibilité que l'opération «bottom kill» ne soit finalement pas nécessaire, puisque la tête du puits a été scellée avec de la boue et du ciment le mois dernier.

    Pendant des jours, M. Allen a insisté pour dire que BP devait réaliser l'opération «bottom kill» même si le colmatage effectué à la tête du puits semble tenir. Mais mardi, puis mercredi, il a affirmé que des tests devaient être menés sur le puits avant qu'une décision finale ne soit prise.

    BP et les spécialistes du gouvernement vont vérifier si le ciment injecté par la tête du puits s'est rendu jusqu'au réservoir et est remonté pour combler l'espace entre le tuyau qui entre dans le réservoir et le coffrage extérieur. Si oui, le «bottom kill» pourrait ne pas être nécessaire.

    Pendant ce temps, la dépression tropicale qui menaçait de devenir une tempête tropicale dans le golfe du Mexique s'est dispersée mercredi, un jour après que les équipes qui travaillent sur le forage du puits de secours eurent suspendu leurs opérations à cause du mauvais temps.

    L'amiral Allen a dit mercredi que la suspension des travaux à la tête du puits en attendant le passage de la tempête durera environ 96 heures, ce qui signifie que l'opération «bottom kill» ne pourra pas être réalisée avant lundi ou mardi.

    De fortes pluies sont attendues jusqu'à jeudi dans le golfe du Mexique.

    Les revenus des forages en garantie

    Le fonds d'indemnisation de 20 milliards de dollars mis sur pied pour les victimes de la marée noire dans le golfe du Mexique pourrait avoir comme garantie les revenus des forages pétroliers et gaziers de BP, selon des informations diffusées mercredi par la Maison-Blanche.

    Le groupe de défense des intérêts des consommateurs Public Citizen a estimé que cette disposition constituait un conflit d'intérêts, faisant valoir qu'elle donne au gouvernement un stimulant financier pour encourager BP à continuer ses forages au large des côtes.

    BP a annoncé lundi avoir fait un versement initial de 3 milliards de dollards dans le fonds. L'entreprise doit encore verser 2 milliards d'ici la fin de l'année et poursuivre avec des versements de 1,25 milliards par trimestre, selon les documents diffusés mercredi.

    Le fonds en fiducie exige une garantie pour s'assurer que tout l'argent nécessaire sera disponible si quelque chose devait arriver à la filiale de BP qui l'a établi. Les détails doivent être négociés, mais les documents affirment qu'à moins d'un autre accord, BP acceptera, en cas de besoin, de consacrer en priorité au fonds les revenus tirés de la production de pétrole et de gaz.

    Le directeur de Public Citizen, Tony Slocum, estime que le fait de garantir le fonds d'indemnisation par les revenus des forages est totalement inapproprié, car cela fera de BP et du gouvernement américain des partenaires virtuels dans la production de pétrole dans le golfe. Selon lui, cela donne au gouvernement un stimulant financier pour devenir un promoteur encore plus important des forages pétroliers dans le golfe du Mexique.

    Le fonds en fiducie a été négocié par le département de la Justice. Une porte-parole du département n'a pas retourné les appels l'invitant à commenter l'information.

    Le fonds sera administré par deux fiduciaires et les demandes d'indemnisation seront traitées par Kenneth Feinberg, un membre de l'administration Obama qui a géré le fonds d'indemnisation pour les victimes du 11 septembre 2001.

    Ecocéane envoie ses navires dépollueurs au large de la Louisiane

    [ 12/08/10  - 14H05  - Les Echos  - actualisé à 15:15:24  ]

    Ce petit chantier naval breton qui a mis au point une gamme innovante de bateaux dépollueurs. Une dizaine de ces navires particuliers ont été exportés aux Etats-Unis afin d'accompagner le géant BP dans la lutte contre la marée noire au large de la Louisiane.

    DE NOTRE CORRESPONDANT À RENNES, STANISLAS DU GUERNY

    L'impressionnante marée noire au large de la Louisiane a été une véritable aubaine pour ce petit chantier naval installé sur le port de Paimpol, dans les Côtes-d'Armor. Eric Vial, le dirigeant d'Ecocéane qui l'a créé en 2003 avec son beau-père Robert Gastaldi, vient en effet d'expédier aux Etats-Unis 11 de ses bateaux pour aider le groupe pétrolier BP dans la difficile lutte contre cette pollution par hydrocarbures. Afin de décrocher ce marché inespéré pour un chantier composé d'une trentaine de personnes seulement et affichant cette année environ 5 millions d'euros de chiffre d'affaires, Eric Vial a bénéficié des contacts réguliers qu'il entretient avec le ministre Jean-Louis Borloo.« Depuis plusieurs années, il connaît les compétences d'Ecocéane », fait remarquer le dirigeant. Le ministre a donc ouvert son carnet d'adresses et permis à Eric Vial de faire le déplacement, dès le début de la catastrophe, aux Etats-Unis où il a négocié avec des cadres de BP et ses fournisseurs rapidement conquis par le savoir-faire du chantier breton. « Au total, la commande de 2 millions d'euros, continue le dirigeant, comprend l'achat de 10 bateaux dépollueurs, plus la location d'un autre. Ils ont été acquis non pas par BP mais par la société Ashbritt basée à Miami qui intervient pour le compte du groupe pétrolier dans l'élimination des hydrocarbures. » Neuf des 11 navires sont d'ores et déjà sur site. Construits en quelques semaines, ils ont été expédiés par avion au départ de Nantes. Les deux derniers sont en cours de finalisation à Paimpol et seront très rapidement opérationnels. Les personnels nord-américains ont été formés à leur utilisation par les spécialistes d'Ecocéane qui se sont déplacés outre-Atlantique.

    Le plus important bateau d'Ecocéane utilisé par les Américains est le « Catamar ».

    Ce navire dépollueur de 12 mètres de long, prévu pour intervenir en haute mer, est capable de récupérer 100 mètres cubes de pétrole par heure à la surface de l'eau. Ceux-ci sont ensuite stockés dans des réservoirs flottants transportés à terre par des navires de transfert. « Le "Catamar" peut intervenir par gros temps avec une mer jusqu'à force 5 », précise Eric Vial, qui a fait breveté cette technologie innovante car les navires de la concurrence ne peuvent pas travailler au-delà de force 3 et ne peuvent pas non plus fonctionner en continu comme c'est le cas pour le « Catamar » doté d'un radar de détection des nappes. La commande principale des Américains porte toutefois sur 10 « Cataglop », un modèle de 9 mètres de long qui traite essentiellement les pollutions au bord du littoral.

    L'expertise du Cèdre

    Pour mettre au point ses navires et tester leurs réelles capacités d'intervention, l'équipe d'Ecocéane s'est adressée au laboratoire de renommée internationale, le Cèdre. Situé à Brest, celui-ci a été créé après la pollution des côtes bretonnes par l'« Amoco Cadiz ». Il intervient partout dans le monde pour aider à l'élimination du pétrole. La Marine nationale a aussi accompagné Ecocéane pour lui faciliter la concrétisation de son projet, soutenu financièrement par Oséo Bretagne et le Conseil régional de Bretagne.

    A ce jour, une cinquantaine de bateaux sont sortis du chantier d'Ecocéane. Hors quelques unités vendues en France, les principaux clients sont situés au Maghreb, en Italie, en Espagne, en Australie, en Turquie et au Brésil. Eric Vial n'en poursuit pas moins ses innovations pour rester au tout premier rang sur ce marché de niche. Son bureau d'études vient de sortir un nouveau modèle, le « Work Glop ». Ce bâtiment de 9 mètres de long en aluminium « est destiné aux grands pétroliers qui pourront l'embarquer afin de traiter la nappe le plus rapidement possible », affirme le chef d'entreprise.

    Le journal de l'environnement

    Nouvelle menace pour le golfe du Mexique

    Le 12 août 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg

    Les zones anoxiques du Golfe s'étendent sur 20.000 km2.

    Les zones anoxiques du Golfe s'étendent sur 20.000 km2.

    Après la marée noire, ce sont les algues nourries par les résidus agricoles qui polluent le golfe du Mexique.

    La partie américaine du golfe du Mexique n’en a pas fini avec lapollution. A peine dissipées les craintes d’une marée noire persistante, voici que survient une nouvelle menace : les « zones mortes ». Le phénomène n’est pas nouveau. Tout au long de l’année, les milliers de tonnes de nitrates et de phosphore véhiculées par le puissant Mississipi se déversent dans l’Océan.

    Mais au début de chaque été, sous l’effet de la chaleur, ces nutriments provoquent l’apparition de blooms algaux, grands consommateurs de l’oxygène de l’eau de mer. De nombreuses zones du Golfe deviennent ainsi totalement anoxiques : chaque litre d’eau contient moins de deux milligrammes d’oxygène. Outre la pollution générée par les algues vertes, cette désoxygénation a de piètres conséquences. Une bonne partie de la faune marine s’asphyxie ou s’éloigne de ces « dead zones », comme les surnomment familièrement les pêcheurs du Golfe.

    Cette année, le phénomène est particulièrement virulent. Selon une étude réalisée par Nancy Rabalais, du Louisiana Universities Marine Consortium, pour le compte de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA, l’administration américaine de la météorologie et de la gestion des océans), ce sont près de 20.000 kilomètres carrés (deux fois la superficie du département de la Gironde) qui manqueraient d’oxygène, au large des côtes de Louisiane. Soit 33 % de plus que la surface moyenne observée depuis 1985.

    Sans l’affirmer avec certitude, Nancy Rabalais estime que c’est l’importance des épandages d’engrais agricoles qui est responsable de ce surplus de pollution. Quelle qu’en soit la cause, le phénomène n’est pas du goût des professionnels de la mer, dont les activités dans la région représentent un chiffre d’affaires annuel de 2,8 milliards de dollars (2,1 milliards d’euros). Déjà pénalisés par les conséquences de la marée noire, les pêcheurs de crevettes ne sont pas à la fête. Le volume de leurs prises est inférieur de 70 % au tonnage habituel, hors période estivale.

    Quelle sera l’évolution des zones anoxiques du Golfe ? Bien malin qui peut répondre à la question. Certains scientifiques estiment qu’elles se disperseront rapidement du fait des tempêtes. Sous le double effet des vagues et des vents, l’eau s’agite, diluant les zones anoxiques. Or, à en croire les prévisionnistes de l’université du Colorado, la saison cyclonique 2010 s’annonce comme l’une des plus actives depuis des années sur larégion. D ’autres, à l’instar de Robert Diaz, professeur d’écologie marine au College of William & Mary de Gloucester Point (Virginie) rappelle que l’hypoxie peut se produire en très peu de temps, une fois les conditions réunies.

    Pour dépolluer le Golfe, il faudra donc non seulement enlever le pétrole de BP, mais convaincre aussi les fermiers du Midwest de réduire leurs épandages d’engrais.

     


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    Marée noire: BP suspend ses opérations

    Reuters
    11/08/2010 | Mise à jour : 07:28
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    Le groupe pétrolier BP a suspendu hier le forage du puits de dérivation devant mettre un terme à la marée noire du Golfe du Mexique en raison de mauvaises conditions météo, a annoncé un porte-parole.

    Le Centre américain de veille cyclonique a mis en garde contre un risque de 60% de voir une dépression tropicale se former dans les deux prochains jours en direction de la Louisiane.  "Nous restons sur place mais nous suspendons le forage", a déclaré Max McGahan.  Selon l'amiral des gardes-côtes Thad Allen, qui coordonne les opérations pour le gouvernement américain, cette suspension devrait entraîner un retard de deux à trois jours.

    Le puits de dérivation est à moins de trente mètres du puits Macondo, dont la fuite est à l'origine de la plus grave marée noire de l'histoire des Etats-Unis, et à une profondeur de près de 4.000 mètres sous le plancher sous-marin, a annoncé BP.

    Marée noire: le forage du puits de dérivation reporté

    Par LEXPRESS.fr avec REUTERS, publié le 11/08/2010 à 07:51

    La formation d'une dépression tropicale empêche la poursuite des opérations destinées à mettre un terme à la marée noire.

    Marée noire: le forage du puits de dérivation reporté

     

    La formation d'une dépression tropicale va retarder de deux ou trois jours le forage par BP du puits de dérivation devant mettre un terme à la marée noire dans le golfe du Mexique. (Reuters/Toby Melville)  

    Ce n'est pas encore fini. La formation d'une dépression tropicale va retarder de deux ou trois jours le forage par BP du puits de dérivation devant mettre un terme à la marée noire dans le golfe du Mexique.  

    BP a interrompu ses opérations sur le puits Macondo plusieurs heures avant l'annonce du Centre américain de veille cyclonique.  

    Le centre précise que cette dépression est en cours de formation avec des vents de 55 km/h et se situe à environ 600 km au sud-est de l'embouchure du Mississippi.  

    La dépression devrait se déplacer vers le nord-ouest et passer au-dessus du site avant d'atteindre les côtes de la Louisiane jeudi.  

    "Cela devrait retarder de deux ou trois jours le forage du puis de dérivation", a indiqué à la presse Thad Allen, amiral en retraite chargé par le gouvernement américain de superviser les opérations.  

    La tempête pourrait également retarder jusqu'au milieu de la semaine prochaine l'opération "bottom kill" lorsque le puits de dérivation croisera le puits existant, a précisé Allen. 

    BP stoppée par la tempête

    La fuite touche à sa fin dans le golfe du Mexique, mais il faudra toutefois attendre encore un peu pour que le ciment soit injecté dans le puits endommagé. Mardi, BP a mis ses opérations de forage entre parenthèses afin de laisser passer, sans danger, une dépression tropicale, qui devrait toucher les côtes de Louisiane jeudi.

    Le puits de dérivation devait être terminé en fin de semaine. Mais, encore une fois, l'opération à été repoussée de quelques jours. La technique mise en œuvre par BP n'est toutefois pas en cause. Les travaux ont en fait été interrompus mardi à cause d'une dépression tropicale dans le golfe du Mexique. "Cela devrait retarder de deux ou trois jours le forage du puits de dérivation", a déclaré Thad Allen, chargé par le gouvernement de superviser les opérations. Situé à moins de trente mètres du puits Macondo, et à près de 4.000 mètres de profondeur sous le plancher marin, ce puits de dérivation permettra, une fois terminé, d'injecter du ciment et de mettre un terme définitif à la fuite.

    Par mesure de précaution, l'entreprise britannique a donc mis, pour quelques jours, ses travaux entre parenthèses. "Nous restons sur place, mais nous suspendons le forage", avait expliqué un porte-parole de BP, Max McGahan, plusieurs heures avant l'annonce du Centre américain de veille cyclonique. Mardi, la tempête était en cours de formation avec des vents à 55 km/h et se situait à environ 600 km au sud-est de l'embouchure du Mississippi. Elle devait se déplacer vers le nord-ouest et passer au-dessus du site, où la plate-forme Deepwater a explosé en avril dernier, avant d'atteindre les côtes de Louisiane jeudi.

    Obama optimiste

    En début de semaine, le président Barack Obama s'est voulu, de son côté, rassurant sur les suites de la marée noire. Estimant que le nettoyage des zones sinistrées était bien avancé, le président américain a estimé que "la bataille menée pour que le pétrole cesse de se déverser dans le golfe est sur le point d'être terminée". Et de poursuivre, optimiste: "Les pêcheurs vont pouvoir reprendre le travail. Les Américains peuvent recommencer à consommer des produits de la mer en toute confiance et en toute sécurité." Un menu qui était d'ailleurs, si l'on en croit le chef de l'Etat, au programme de la Maison blanche dimanche.

    Sur le plan financier, BP a annoncé qu'elle avait réalisé un premier versement de 3 milliards de dollars (2,7 milliards d'euros) au fonds d'indemnisation des victimes de la catastrophe. Deux milliards supplémentaires devraient également y être ajoutés d'ici la fin de l'année, puis 1,5 milliard par trimestre, jusqu'à atteindre les 20 milliards prévus. Le groupe pétrolier a également réévalué ses dépenses liées à la marée noire. Le dernier bilan fait état de 6,1 milliards de dollars, dont 319 millions versés à des entreprises et des particuliers en guise d'indemnisation. Sur quelque 145.000 plaintes, 103.900 paiements auraient été effectués par BP.

    Une cour de Louisiane entendra les poursuites

    Mise à jour le mercredi 11 août 2010 à 5 h 23

     
    Des employés de BP tentaient de nettoyer une plage à Port-Fourchon, en Louisiane, en mai dernier.

    Photo: AFP/John Moore/Getty Images

    Des employés de BP tentaient de nettoyer une plage à Port-Fourchon, en Louisiane, en mai dernier.

    Aux États-Unis, la commission judiciaire mandatée pour déterminer dans quel État se dérouleront les poursuites déposées contre la pétrolière BP a tranché mardi. C'est un tribunal fédéral de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, qui entendra toutes les causes. Le juge Carl J. Barbier a été désigné pour traiter des dossiers.

    Cette décision est une victoire pour les victimes de la marée noire qui a déferlé dans le golfe du Mexique, en avril dernier. Les plaignants avaient exhorté la justice fédérale à faire juger BP dans l'un des États les plus durement touchés par la catastrophe et non dans l'État « pétrolier » du Texas, comme le réclamait plutôt le groupe britannique.

    Le U.S. Judicial Panel on Multidistrict Litigation, l'autorité chargée de gérer les litiges qui concernent plusieurs districts judiciaires, a indiqué avoir porté son choix sur la Louisiane parce qu'elle est « le centre de gravité géographique et psychologique » de cette affaire.

    Les sept magistrats fédéraux qui en font partie ont rejeté l'idée qu'il était impossible d'y trouver un juge « neutre ». Le juge Barbier, ont-ils ajouté, a été choisi en raison de sa « carrière exemplaire » et parce qu'il avait déjà la responsabilité d'une partie des plaintes déposées.

    Le tribunal a donc écarté le scénario de poursuites dans plusieurs États, qui avait également été considéré.

    Le regroupement des poursuites « éliminera les doublons, évitera des décisions infondées avant procès [...] et permettra aux parties, aux avocats et au corps judiciaire de préserver leurs ressources », a expliqué la commission.

    Certains des 23 avocats qui se sont exprimés devant le comité judiciaire avaient soutenu que le transfert des cas à Houston, au Texas, où sont établies les activités américaines de BP, pourrait paraître injuste aux yeux des victimes de la marée noire.

    Le juge Barbier étudiera les 77 plaintes déjà déposées en Louisiane et dans les autres États touchés par la marée noire, soit le Mississippi, l'Alabama, la Floride et le Texas. Plus de 200 cas similaires pourraient également être jugés.

    À la suite du naufrage de la plateforme Deepwater Horizon, le 22 avril, 780 millions de litres de pétrole se sont échappés du puits au fond de la mer. Selon les derniers chiffres du gouvernement américain, 127 millions de litres ont été récupérés.

    La pollution a durement touché plusieurs joueurs de l'économie locale, des hôteliers aux restaurateurs en passant par les pêcheurs.

    Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Associated Press

    Un juge nommé pour juger 300 poursuites contre BP

    LA NOUVELLE-ORLÉANS - Un juge fédéral de La Nouvelle-Orléans a été choisi pour juger quelque 300 poursuites intentées contre le géant pétrolier BP et d'autres entreprises à la suite de la marée noire dans le golfe du Mexique.

    Un décret annoncé mardi par l'autorité chargée de gérer les litiges qui concernent plusieurs districts judiciaires (U.S. Judicial Panel on Multidistrict Litigation) affirme que 77 cas, ainsi que plus de 200 cas potentiels similaires, seront transférés au juge fédéral Carl Barbier.

    Le décret du comité judiciaire affirme que le tribunal fédéral de La Nouvelle-Orléans est le meilleur endroit pour juger les litiges parce que le sud-est de la Louisiane est «le centre de gravité géographique et psychologique» des cas soumis.

    Certains des 23 avocats qui se sont exprimés devant le comité judiciaire de sept membres le mois dernier à Boise, dans l'Idaho, ont suggéré que le fait de transférer les cas à Houston, au Texas, où sont établies les activités américaines de BP, pourrait paraître injuste pour les victimes de la marée noire.
     
     
    BP est chargé de récupérer les débris de la plateforme à l'origine de la marée noire

    De Matt DAVIS (AFP) – Il y a 14 heures

    LA NOUVELLE-ORLEANS (Etats-Unis) — Les preuves de ce qui a provoqué la marée noire du golfe du Mexique pourraient bientôt se retrouver dans les mains des principaux suspects: c'est en effet BP et ses sous-traitants qui vont récupérer les débris de la plateforme Deepwater Horizon.

    Le gouvernement américain mène une enquête qui pourrait finir devant les tribunaux sur les causes de l'explosion de la plateforme le 20 avril et de son naufrage deux jours plus tard. Onze employés sont morts dans l'accident et quelque 4,9 millions de barils de pétrole, soit 780 millions de litres, se sont répandus dans l'océan jusqu'à la pose d'un entonnoir sur le puits le 15 juillet.

    Mais les autorités américaines n'ont pas les moyens techniques de rassembler les preuves qui gisent à quelque 1.500 mètres de fond.

    La société Transocean, qui louait la plateforme à BP, devrait prendre en charge les opérations de récupération. Un porte-parole, contacté par l'AFP, a refusé de dire quand elles commenceraient ni qui s'en chargerait, maintenant que les opérations de rebouchage du puits endommagé sont sur le point d'être terminées.

    BP a également refusé de répondre sur ce sujet.

    Et comme BP, Transocean et les autres sous-traitants se renvoient la responsabilité de la catastrophe, le processus de récupération des débris de la plateforme pourrait s'embourber dans des querelles juridiques, estiment des experts.

    Stephen Herman, un avocat de La Nouvelle-Orléans qui représente des centaines de plaignants contre BP, n'est toutefois pas trop pessimiste. "Normalement, on pourrait s'inquiéter que ce soit le renard qui garde le poulailler", explique-t-il. "Mais BP sera forcé à rester honnête par Transocean, dont les intérêts vont à l'encontre des siens".

    En plus de BP et Transocean, les sociétés d'investissement Anadarko et Mitsui sont également concernées par les activités de récupération, car elles ont investi respectivement 25% et 10% du montant des opérations de forage.

    Elles pourraient donc être obligées de participer aux dommages et intérêts à hauteur de ces pourcentages, sauf si elles sont en mesure de prouver une négligence ou une faute intentionnelle de la part de BP ou Transocean.

    Cameron International, qui a fabriqué le système de sécurité censé arrêter la fuite, et Halliburton, qui a envoyé une équipe pour cimenter le puits, devraient également participer aux opérations, car ils ont intérêt à prouver qu'ils ne sont pas responsables de ce qui s'est passé.

    "C'est pour cela que tout le monde montre quelqu'un d'autre du doigt. Ainsi, Anadarko affirme qu'il y a eu négligence manifeste de la part de BP", explique Martin Davies, professeur de droit maritime à l'université de Tulane. "Si BP parvient à montrer qu'il y a eu négligence manifeste de la part de quelqu'un d'autre, il pourra se débarrasser d'une partie des coûts".

    Quelque 77 plaintes déposées contre BP ont été confiées mardi à un juge unique de Louisiane, Etat dont l'économie a le plus souffert de la marée noire. La compagnie britannique pourrait aussi être poursuivie par d'autres sociétés pétrolières dont les activités ont été entravées par le moratoire de six mois sur le forage en haute mer décrété par les autorités. Et la marée noire pourrait coûter à BP jusqu'à 17,6 milliards de dollars d'amendes.

    Mais, ajoute M. Davis, la compagnie pourrait aussi obéir à des intentions louables en récupérant les preuves au fond du Golfe.

    "Je suis sûr que s'ils découvrent qu'il existe un système simple qu'ils auraient pu installer (pour empêcher la catastrophe), ils voudront l'utiliser à l'avenir pour éviter d'être condamnés à payer des milliards de dollars".

     


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  • La marée noire qui valait 6 milliards

    Par Europe1.fr avec Antoine Sailhan

    Publié le 10 Août 2010 à 12h18 Mis à jour le 10 Août 2010 à 12h19

    La compagnie a déjà dépensé 6,1 milliards de dollars. La facture pourrait tripler.

    La lutte contre la fuite de pétrole à l'origine de la marée noire du golfe du Mexique est "quasiment terminée", s'est réjoui lundi le président américain Barack Obama. En revanche pour les finances de BP, la page est loin d’être tournée. La compagnie pétrolière a annoncé lundi que la marée noire lui a coûté 6,1 milliards de dollars (soit 4,6 milliards d’euros) jusqu’à maintenant. La moitié de cette somme a servi à colmater la fuite, l'autre moitié à alimenter un fond pour indemniser les victimes. Mais ce n'est qu'un début, en réalité la facture totale pourrait être multipliée par deux voire par trois.

    Pour l'économiste, spécialiste du pétrole, Jean François Giannesini, les suites judicaires vont être multiples et coûteuses. On va voir une multitude d’actions, surtout des class actions, des recours puis des appels. […] BP va traîner ça comme une casserole bruyante et difficile à dissimuler pendant au moins dix ans.

    4 fois l'Exxon Valdez

    De l'avis des experts, la facture pourrait atteindre 18 milliards de dollars, soit quatre fois le coût de la catastrophe de l'Exxon Valdez en 89 au large de l'Alaska. Maintenant que la brèche est colmatée, il va falloir faire face aux réclamations des victimes et c'est le plus gros de la facture. Les pêcheurs, qui sont les premiers touchés, se regroupent déjà pour attaquer en justice. Les organisations de protection de l'environnement fourbissent leurs armes elles-aussi. Certains états comme la Louisiane, le Texas ou la Floride veulent se faire rembourser le nettoyage des plages. Et enfin, le gouvernement américain pourrait poursuivre la société britannique en justice.

    Pour anticiper ces dépenses, la compagnie a créé un fonds de 20 milliards de dollars, soit l'équivalent d'une année de bénéfice.Si BP ne risque pas de couler, son capital confiance mettra de longues années à se reconstituer. De longues années pendant lesquelles il lui sera beaucoup plus difficile d'obtenir de nouvelles autorisations d'exploitation.

     
     
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    Un geste pour la planète : l'impression de cette information est-elle vraiment nécessaire ?

    Marée noire : BP commence à débloquer des sommes pour le dédommagement

    09.08.10 | 18h00  •  Mis à jour le 09.08.10 | 18h52

    Le pétrolier BP a déposé, lundi 9 août, une somme de trois milliards d'euros dans un fonds d'indemnisation des victimes de la marée noire du golfe du Mexique. Il s'agit d'un premier versement dans le cadre de ce dispositif, imaginé par BP et l'administration de Barack Obama pour venir en aide aux populations sinistrées. A terme, BP devra verser 20 milliards de dollars.

    "L'objectif de ce compte bloqué est de montrer aux personnes touchées par la marée noire que nous tenons nos engagements vis-à-vis d'elles et des contribuables américains", a plaidé Bob Dudley, le nouveau patron du groupe pétrolier, soulignant la "détermination" de BP "à réparer les dégâts sur la côte du golfe du Mexique".

    Les négociations entre BP et le ministère de la justice américain en vue de la création de ce fonds ont abouti lundi. Le pétrolier s'est engagé a apporter 2 milliards de dollars supplémentaires d'ici au quatrième trimestre 2010, puis de verser 1,25 milliard de dollars tous les trimestres jusqu'à atteindre la somme de 20 milliards. BP a passé dans ses comptes du deuxième trimestre une provision de 32,192 milliards de dollars, dont il espère qu'elle suffira à couvrir l'ensemble des frais liés à la catastrophe.

    Jusqu'ici, le pétrolier affirme avoir dépensé près de 6,1 milliards de dollars dans la lutte contre la marée noire causée par l'explosion d'une de ses plates-formes off-shore. Ce coût comprend non seulement les opérations de sauvetage, mais aussi le forage de puits de secours, les opérations de cimentation du puits ainsi que les sommes versées aux Etats riverains et aux autorités fédérales. BP affirme avoir reçu plus de 145 000 demandes de dédommagement de la part de particuliers, et avoir effectué dans ce cadre plus de 103 900 paiements, pour un total de 319 millions de dollars.

    L’après-marée noire ne sera pas de tout repos

    par Gwendal Perrin, Lundi 9 août 2010

    La colère gronde en Louisiane où les riverains du golfe du Mexique se sentent de plus en plus délaissés, au fur et à mesure que la fin de la marée noire approche. Les dégâts écologiques causés par cette dernière sont en effet loin d’être terminés

    Alors que la fin de l’opération « bottom kill » semble approcher à grands pas (Voir ), et avec elle la fin d’une marée noire cataclysmique pour le golfe du Mexique, l’heure est au règlement de comptes.

    17,6 milliards de dollars (13,3 milliards d’euros), c’est le montant estimé de l’amende maximale que pourrait être amené à payer le groupe pétrolier aux instances fédérales. Et quand bien même le versement effectif d’une telle somme dépende notamment du passage devant le Sénat d’un projet de loi sur la réforme du secteur de l’énergie, ce qui au vu des récents agissements de la minorité républicaine sembleloin d’être acquis, la menace continue de planer sur le géant des hydrocarbures. « BP sera clairement tenu responsable », a ainsi déclaré hier sur NBC Carol Browner, conseillère du président Obama sur les questions d’énergie et de changement climatique. « Il y aura une importante pénalité financière » a-t-elle également précisé, sans plus de précisions.

    L’administration Obama a-t-elle ne serait-ce que l’intention de porter plainte contre BP, quand bien même le blocage parlementaire sauterait ? « Je ne ferai pas de commentaire sur l’enquête du département de la Justice » s’est-elle contentée de dire, refusant d’exprimer clairement la volonté de poursuivre – ou pas – en justice le pétrolier pour les méfaits causés par cette marée noire accidentelle déjà considérée commela plus importante de l’histoire. La Maison Blanche avait d’ailleurs demandé au groupe pétrolier de mettre en place un fonds doté de 20 milliards de dollars (15,2 milliards d’euros) pour indemniser tous ceux qui avaient été touchés par ce cataclysme écologique dans la région, un fonds qui devrait être lancé « dans les prochains jours » a défendu Mme Browner.

    Vers une seconde vie pour Macondo ?

    BP a toutefois trouvé une manière plus surprenante de renflouer ses finances déjà rudement mises à mal par cette affaire. Doug Suttles, directeur des opérations du groupe, songe en effet au potentiel d’exploitation du puits Macondo, celui-là même qui est à l’origine de la catastrophe : « Il y a beaucoup de pétrole et de gaz (prisonniers sous terre) et nous devons maintenant réfléchir à ce que nous en faisons ». Et alors même que l’opération « bottom kill », qui devrait normalement condamner à tout jamais la fuite, n’est pas encore terminée, les équipes de BP expliquent par la voix de ce cadre qu’elles « n’ont même pas pensé à ce qu’il fallait faire de ce gisement ». L’explosion de la plateforme Deepwater Horizon a eu en effet lieu alors que le démarrage de la production était prévu dans les jours suivants.

    Le groupe a livré en guise de réponse un communiqué où ni excuse ni démenti n’est apporté : « BP se concentre actuellement totalement sur les mesures d’intervention dans le golfe du Mexique et l’utilisation future du gisement n’est pas actuellement à l’étude ». M. Suttles assurait d’ailleurs lui-même que le puits Macondo ne serait jamais exploité tant bien même que la production reprenne en Louisiane. Ces tergiversations laissent toutefois penser qu’au sein de BP Tony Hayward n’avait visiblement pas le monopole des gaffes bien que sous sa gouverne, son groupe avait fait part de son intention d’exploiter d’autres gisements dans un territoire extrêmement fragile en Alaska.

    La fin de la partie n’a pas sonné

    Ces propos maladroits interviennent alors que sur le terrain, l’heure des réjouissances n’est pas venue. Bien que la marée noire puisse être prochainement rangée du côté du passé, les conséquences écologiques de celles-ci appartiennent plus que jamais au présent. Les habitants de la région sont toujours inquiets et ne font que peu ou pas confiance aux perspectives optimistes des dirigeants de BP quant à la fin de ce drame. Le groupe pétrolier, toujours par la voix de M. Suttles, a toutefois promis que les moyens seront maintenus pour nettoyer l’ensemble du littoral du golfe. « Il y a encore beaucoup de travail. Il y a encore des galettes de brut qui vont arriver et qui devront être ramassées ». Des propos à prendre une fois de plus avec des pincettes alors que son propre patron Robert Dudley considérait de son côté qu’il était temps de « réduire » les efforts de nettoyage du golfe…

    Les informations récemment fournies par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et l’US Geological Survey (USGS) sont pourtant plutôt rassurantes, puisqu’elles indiquent que le pétrole resté dans la mer ou déjà parvenu sur les plages ne présente plus qu’un risque « relativement minime » à l’écosystème du golfe et à ses habitants. « Si le rapport du gouvernement est crédible, alors il constitue en effet une bonne nouvelle » s’est prudemment réjoui James Tripp de l’Environmental Defense Fund. De son côté Jason Funk, conservateur pourLand, Water & Wildlife (LWW) dénonce les propos du PDG de BP : « Ce n’est clairement pas le temps d’une « réduction » des efforts, mais plus probablement d’une transition dans les activités de nettoyage ». Et de promettre que « ce pétrole n’a pas disparu, même s’il n’est plus à la surface… Le processus de récupération n’en est en fait qu’à son commencement ». Et même si le puits semble sur le point d’être colmaté, quitte à être exploité de nouveau dans plusieurs années, les riverains du golfe ne sont pas prêts de voir ce sombre chapitre se refermer.

    Crédit photo : Flickr - Infrogmation
     
     
     
     
     
    Marée noire: BP se concentre désormais sur le nettoyage et l'avenir du puits

    De Matt DAVIS (AFP) – Il y a 4 jours

    LA NOUVELLE ORLEANS — BP a achevé la cimentation du puits à l'origine de la marée noire et se concentrait vendredi sur les suites de la catastrophe, en particulier le nettoyage des plages et marais souillés, ainsi que l'avenir du gisement pétrolier, qu'il n'exclut pas d'exploiter.

    Moins de 24 heures après l'injection réussie de ciment dans le conduit, BP a fait savoir qu'il n'excluait pas de creuser un nouveau forage dans le gisement qui a provoqué la plus gigantesque marée noire de l'histoire des Etats-Unis.

    "Il y a beaucoup de pétrole et de gaz (prisonnier sous terre) et nous devons maintenant réfléchir à ce que nous en faisons", a déclaré à la presse le directeur des opérations de BP, Doug Suttles.

    Trop préoccupées par l'urgence de boucher le puits d'où se sont échappés entre fin avril et mi-juillet quelque 780 millions de litre d'hydrocarbures, les équipes de BP "n'ont même pas pensé à ce qui fallait faire de ce gisement", a-t-il dit.

    Jamais cette nappe n'a été exploitée: l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon a en effet eu lieu le 20 avril, alors que les ingénieurs effectuaient les derniers ajustement avant le démarrage de la production.

    Mais si décision était prise d'extraire des hydrocarbures, en aucun cas le puits qui a fuit pendant 106 jours ne serait utilisé, a assuré M. Suttles.

    Il a précisé en outre que le ciment injecté pendant cinq heures jeudi dans le puits pour servir de bouchon permanent sur la fuite de pétrole devait encore sécher. Ce n'est qu'alors que le forage des deux puits de dérivation reprendra, lors de l'opération "static kill".

    Ces puits de secours permettront de vérifier la réussite de la cimentation, voire de cimenter le puits par en-dessous pour le condamner de manière définitive.

    L'opération "bottom kill" devrait ainsi permettre de clore pour de bon le chapitre technique de la catastrophe qui a affecté les cinq Etats américains du golfe du Mexique, mettant en péril le riche écosystème de la zone et l'économie locale de la pêche et du tourisme.

    Mais le succès du colmatage est loin d'avoir dissipé les inquiétudes des habitants des régions côtières.

    "Il est impossible de savoir comment tout cela va finalement se terminer", a déclaré Matt O'Brian, qui travaille dans le secteur de la pêche à la crevette, à Venice, en Louisiane.

    S'il se réjouit du succès de la cimentation, il s'inquiète de l'avenir du marché des fruits de mer en provenance de Louisiane. "Cela ne peut pas vaincre l'atmosphère d'incertitude qui subsiste en mer", a-t-il affirmé.

    "Il y a une énorme pression sur BP pour qu'il dise que tout va bien à présent. Mais ce qui nous fait peur, à moi et à nombre de personnes ici c'est l'impression que tout le monde -- BP, les gardes-côtes, les autorités, les équipes de nettoyage -- vont tout d'un coup faire leurs valises et partir", renchérit Todd Goodman, fonctionnaire local qui s'occupe aussi d'un parc de caravanes.

    "Et alors, deux mois après -- boom ! -- encore plus de pétrole qui nous tombe dessus".

    Et BP, qui continue de tenter de redorer son blason à coups de publicités dans les grands médias américains, s'abstient de crier victoire.

    "Il y a encore beaucoup de travail", a lancé Doug Suttles. "Il y a encore des galettes de brut qui vont arriver (sur la côte) et qui devront être ramassées."

    En conséquence, a-t-il assuré, les grands moyens seront maintenus sur le littoral du golfe afin de nettoyer les plages et marais souillés, et le géant britannique ne va pas se dérober à sa responsabilité à long terme.

    BP: les plaintes à un juge de Louisiane

    AFP
    10/08/2010 | Mise à jour : 20:49 Réagir

    Les plaintes déposées contre BP à la suite de la marée noire du golfe du Mexique doivent être présentées à un juge unique de Louisiane, a décrété aujourd'hui une commission judiciaire mandatée pour trancher sur cette question.

    Le juge Carl J. Barbier a été désigné pour s'occuper des 77 plaintes déjà déposées en Louisiane et dans les autres Etats touchés par la marée noire, Texas, Mississippi, Alabama et Floride. Le regroupement des affaires "éliminera les doublons, évitera des décisions infondées avant procès (...) et permettra aux parties, avocats et au corps judiciaire de préserver leurs ressources", a indiqué la commission composée des sept juges fédéraux de la commission des contentieux multi-juridictionnels.

    Cette décision représente une victoire pour les victimes de la marée noire qui avaient exhorté la justice fédérale à faire juger BP dans l'un des Etats les plus durement touchés par la catastrophe et non dans l'Etat "pétrolier" du Texas, qui avait la préférence du groupe britannique.

    Polémique: Quand la marée noire inspire la mode

    Polémique: Quand la marée noire inspire la mode

    La couverture du numéro de septembre du magazine Vogue Italie. | Photo Steven Meisel / Vogue Italie

     


     

    Vogue Italie publie «Water & Oil», un shooting au réalisme troublant, dans son numéro de septembre: le mannequin Kristen McMenamy pose sous l’objectif du photographe Steven Meisel, grimée en oiseau enduit de pétrole agonisant sur une plage.

    Mathilde Laurelli - Parismatch.com

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    «Eau et Huile». Deux liquides qui ne font pas bon ménage. L’éditorial photo du numéro de septembre de «Vogue Italie» s’annonce comme un mélange détonnant dès la lecture du titre. Le photographe Steven Meisel, habitué des séries dérangeantes plus ou moins scandaleuses (voir encadré) dépasse une nouvelle fois la frontière du moralement correct, avec une série mixant photojournalisme de mode ancré dans la réalité et esthétisation d’une catastrophe naturelle.

    Le provocateur a choisi de mettre en scène la marée noire, provoquée par l’explosion de la plate-forme pétrolière BP dans le Golfe du Mexique, le 20 avril dernier. Il semble que les 780 millions de litres de pétrole brut, déversés dans la mer pendant plus de trois mois, lui aient donné des idées macabres. «Nous avons tous été choqués par la propagation de la marée noire sur le golfe du Mexique et par les tentatives ratées de stopper le déversement», peuvent lire les internautes sur le site officiel du magazine. Le but de ce «reportage artistique» est clairement affiché par l’artiste qui «dépeint notre consternation collective» pour «dérouter le spectateur, saisi par la réalité de la situation». Steven Meisel pousse même la mise en scène jusqu’à inclure un mannequin américain dans ce décor de désolation.

    Coup de pub révoltant ouréel manifeste écolo ?

    Sous son objectif, Kristen McMenamy endosse les plumes d’un oiseau mazouté symbole des répercussions catastrophiques sur l’écosystème marin des côtes de Louisiane. Face contre sable au milieu des rochers, empêtrée dans un filet de pêche: elle pose blafarde et trempée dans une robe à plumes engluée d’hydrocarbure, telle une apparition cadavérique, entourée d’un halo de fumée blanche se reflétant sur la surface huileuse du rivage. Un cliché se détache des vingt-quatre pages de photos, où Kristen recrache de l’eau de mer écumeuse en s’étouffant dans un dernier souffle avec la main crispée sur sa gorge. (Photo: Steven Meisel/Vogue Italie)

    Etats-Unis : la marée noire prend le large

    Les pêcheurs de Louisiane ont repris leur activité dans un golfe du Mexique quasi débarrassé de son pétrole en surface.

    Par LORRAINE MILLOT Envoyée spéciale à Venice (Louisiane)

    La plateforme de BP, le 13 juillet.

    La plateforme de BP, le 13 juillet. (REUTERS)

    Depuis la marina de Venice, on peut voir les crabes et les poissons qui ont l’air en pleine forme à la surface de la mer. Ici, l’eau du golfe du Mexique est marron vert, car mélangée avec les afflux du Mississippi, mais sans pétrole : les seules petites plaques luisantes à la surface sont celles semées par les moteurs des bateaux qui participent à la gigantesque opération de nettoyage. La plateforme Deepwater Horizon, qui a explosé le 20 avril, est à 80 kilomètres d’ici. Venice est l’un des bouts de terre les plus proches de l’accident, mais le pétrole y est invisible. «On dirait qu’il est brûlé par le soleil, suggère David, un des vieux loups de mer qui traînent ce matin sur la marina. Il y a quelques jours, j’ai vu un peu d’huile entrer dans les roseaux, à une heure de bateau d’ici. Mais, globalement, on a vu très peu de pétrole par là.»

    «Truite mouchetée». David, qui ne veut pas donner son nom de famille, travaille depuis longtemps pour l’industrie pétrolière. «Je les rends millionnaires», sourit-il, expliquant que les plateformes dont il assure la maintenance dégagent des profits de l’ordre de «100 000 dollars [76 000 euros, ndlr] par jour». Ce qui le choque n’est déjà plus la quantité de pétrole déversée dans le golfe, mais «tout l’argent gâché par BP dans cette opération de nettoyage». «Regardez-les», dit-il, montrant sur la marina les dizaines de «secouristes», reconnaissables à leurs gilets de sauvetage, qui attendent une hypothétique mission. «Ce matin, ils sont partis à 50 bateaux pour aller observer les oiseaux, et chaque bateau est payé 1 500 ou 2 000 dollars la journée !»

    Au début de la marée noire, quand le pétrole jaillissait au rythme de 5,5 à 9,5 millions de litres par jour (selon la dernière estimation officielle), les habitants de Venice se voyaient déjà «foutus».«Je ne sais pas si je remettrai jamais les pieds sur un bateau»,«peut-être ne pourrons-nous plus jamais pêcher de notre vie», disaient-ils. Depuis que le puits a été placé sous entonnoir, le 15 juillet, et que le pétrole a quasiment disparu, le discours s’est inversé. «On a mangé l’autre jour une truite mouchetée ramenée par des pêcheurs : elle était délicieuse, raconte Chris Dahl, autre loup de mer. L’essentiel des eaux accessibles depuis Venice est rouvert à la pêche. Les médias devraient bombarder l’opinion pour les convaincre que nos poissons sont sains.» Mike Ballay, le manager de la marina, opine : «Nous devons être optimistes. Croire que les larves ne seront pas contaminées, et que tous les poissons qui n’ont pas été pêchés pendant deux mois compenseront ceux tués par le pétrole.»

    Depuis l’accident, la marina de Venice est transformée en base logistique pour les opérations de surveillance et d’endiguement de la marée noire. Mais les brigades de nettoyeurs, et de nettoyeurs des nettoyeurs (ils sont des cohortes à ramasser les déchets produits par les premiers), ne compensent pas les activités habituelles de la marina, compare Mike : «En temps normal, je vends près de 50 000 gallons [190 000 litres, ndlr] d’essence par semaine aux pêcheurs de plaisance. Là, même avec les opérations de secours, j’en suis à 10 000 gallons par semaine.» Les «dollars de la mauvaise conscience» déversés par BP sur la région ne sont pas non plus sans effets perturbateurs : «J’ai des employés qui ont démissionné pour participer aux opérations de nettoyage, confie le manager de la marina. Chez moi, ils gagnent 10 dollars de l’heure et sont obligés de travailler. Avec BP, ils sont payés 18 dollars de l’heure, dix heures par jour, même s’ils ne travaillent que quatre heures.» Pour toutes ces raisons, Mike Ballay est pressé d’oublier le pétrole et de croire à un retour à la normale. «Même si, en fait, personne ne connaît les effets à redouter. Il n’y a pas d’experts, puisque cette marée noire est une première. Mais on n’a pas fini d’en voir les conséquences. Je serai mort quand on continuera d’écrire l’histoire de cette marée noire», médite Mike, du haut de ses 59 ans.

    «Contents». Sur les docks des pêcheurs de crevettes, l’heure est aussi à l’optimisme, même s’il est parfois un peu forcé. La pêche a été réautorisée vendredi, après presque trois mois de suspension. Ce lundi (le temps pour les docks de se réapprovisionner en glace), les chalutiers ont repris la mer. «Oui, on est contents, avoue Buddy Compton, 57 ans, affairé ce week-end à préparer son chalut. Après cette période où la pêche était interdite, il va y avoir beaucoup de crevettes. On s’attend à de très bonnes journées.»

    Même dans son enthousiasme à reprendre le large, Buddy estime que le pétrole est encore là : «J’ai bien le sentiment qu’il y a du pétrole dans l’eau. Mais on va faire attention à pêcher dans des zones où la mer est propre.Si on trouve le moindre pétrole dans nos crevettes, on ne les vendra pas, bien sûr.» Cela fait sept ans que Buddy pêche la crevette à Venice. Avant, il travaillait dans une raffinerie où il a perdu un œil, dans un accident. «J’ai quitté le job pour ne pas perdre l’œil qui me restait», explique-t-il. Mais la malédiction du pétrole l’a poursuivi jusque sur son chalutier : «D’habitude, en cette saison, je peux gagner 30 000 dollars par mois, bien plus en tout cas que les 5 000 dollars d’indemnités donnés par BP aux pêcheurs.» Comme tous ses collègues de Venice, ou presque, Buddy s’était inscrit sur les listes de BP pour participer aux opérations de nettoyage, payées 2 000 dollars par jour et par bateau, mais il n’a jamais été appelé : «Ils ont embauché des gars venus d’ailleurs. Pour en être, il fallait avoir les bonnes connexions, que je n’avais pas.»

    «Pilules». A deux pontons de là, quelques ostréiculteurs, tous originaires de Croatie et d’ordinaire basés à Empire, un petit port voisin, ont eu la «chance», eux, d’être recrutés par BP. Depuis vingt jours, ils attendent à Venice sur leurs bateaux, payés 2 400 dollars par jour, même s’ils ne font rien. Ils n’ont été appelés qu’une fois, pour récupérer un sac de pétrole aspiré à la surface de la mer, «une centaine de gallons à peine [moins de 400 litres, ndlr]».«Le problème est que le pétrole n’est plus à la surface, où on peut le ramasser. Il a été dispersé au fond de l’eau… justement là où sont nos huîtres», explique l’un d’eux, qui demande à rester anonyme.

    Le ramassage des huîtres a aussi été rouvert dans certaines zones du golfe, jugées «propres». Mais ces pêcheurs n’y croient pas : «Je ne veux plus ramasser d’huîtres par ici, dit un autre. Il faudrait fermer la zone pour au moins cinq ans. De toute façon, les gens auront peur de manger les huîtres d’ici, ce sont des déchets maintenant. Moi-même je n’en mangerai plus.» La crainte des pêcheurs embauchés par BP, c’est que les opérations de nettoyage vont bientôt prendre fin alors que les dégâts sur leurs zones de pêche sont loin d’être évalués. «Nos problèmes ne font que commencer, résume Ante Marinkovic, 56 ans, un pêcheur qui ose donner son nom, comme s’il n’avait plus grand-chose à perdre. Ma femme m’a quitté car je ne gagnais plus assez d’argent.Elle est repartie en Croatie avec nos deux filles, de 8 et 15 ans. Je suis en pleine dépression, j’ai des crises d’anxiété et je suis maintenant accroc aux pilules. Je n’ai plus d’appartement, seulement ce bateau pour vivre, et je ne sais plus que faire. J’avais 19 ans quand j’ai quitté la Croatie, je ne crois pas que je pourrais m’y réadapter.» Cette marée noire «est comme une guerre», compare ce pêcheur : «Les souffrances sont souvent plus dures une fois la guerre terminée.» Mais le risque est alors que, comme ce pétrole, elles deviennent invisibles.

    BP: la météo retarde les opérations

    Reuters
    10/08/2010 | Mise à jour : 20:56 Réagir

    Le groupe pétrolier BP a suspendu aujourd'hui leforage du puits de dérivation devant mettre un terme à la marée noire du Golfe du Mexique en raison de mauvaises conditions météo, a annoncé un porte-parole.

    Le Centre américain de veille cyclonique a mis en garde contre un risque de 60% de voir une dépression tropicale se former dans les deux prochains jours en direction de la Louisiane.  "Nous restons sur place mais nous suspendons le forage", a déclaré Max McGahan.  Selon l'amiral des gardes-côtes Thad Allen, qui coordonne les opérations pour le gouvernement américain, cette suspension devrait entraîner un retard de deux à trois jours.

    Le puits de dérivation est à moins de trente mètres du puits Macondo, dont la fuite est à l'origine de la plus grave marée noire de l'histoire des Etats-Unis, et à une profondeur de près de 4.000 mètres sous le plancher sous-marin, a annoncé BP

    Le journal de l'environnement

     

    La faune a (relativement) peu souffert de la marée noire

    Le 10 août 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg

    Plus de peur que de mal, pourrait-on dire à la lecture du dernier bilan « faunistique » de la marée noire qui frappe le golfe du Mexique depuis le 20 avril. Publié le 9 août, il s’appuie sur les recensements réalisés en Alabama, Floride, Louisiane, Mississipi, Texas, et en mer, par l’U.S. Fish and Wildlife Service (USFWS) et la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

    Bien évidemment, il ne concerne que les espèces visibles ou ceux dont les corps ont été récupérés. L’impact sur l’ichtyofaune ne sera peut-être jamais réalisé, pas plus que celui sur les méduses, les crustacés ou les planctons.


    Quoi qu’il en soit, 5.771 oiseaux, 1.020 tortues, 76 mammifères marins et 2 reptiles ont été récupérés par les sauveteurs. Sur le lot, 1.869 oiseaux, 503 tortues, 5 mammifères marins et 1 reptile étaient vivants. Ces miraculés ne sont pas encore prêts à revoir leur milieu. Moins de 800 oiseaux ont été relâchés, contre 127 tortues marines et 1 mammifère. Le reptile rescapé se morfond encore dans son vivarium.


    Pour mémoire, la catastrophe de l’Exxon Valdez (1989) a provoqué la mort de plusieurs milliers de mammifères (loutres, cétacés, phoques), et de plus de 300.000 oiseaux. Au voisinage de la pollution, invertébrés et crustacés disparurent. Ainsi que plusieurs milliers de poissons.

    Entente en vue sur le nettoyage de la marée noire

    Marée noire aux États-Unis

    Marée noire aux États-Unis

    L'une des pires marées noires de l'histoire des États-Unis menace les côtes de la Louisiane. Suivez le développement de cette «catastrophe nationale» et ses conséquences désastreuses pour l'environnement. »

     

    Le naufrage le 22 avril de la plateforme... (AP)

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    Le naufrage le 22 avril de la plateforme en eaux profonds Deepwater Horizon, opérée par BP dans le golfe du Mexique, est à l'origine de la pire marée noire de l'histoire des États-Unis.

    AP

    Agence France-Presse

    Le gouvernement américain et BP sont proches d'un accord pour que les futurs revenus des activités du géant pétrolier dans le golfe du Mexique garantissent le fonds de nettoyage et de compensation des victimes de la marée noire, écrit le Wall Street Journal mardi.

    «L'administration Obama et BP sont proches d'un accord pour utiliser les futurs revenus du géant pétrolier dans le golfe du Mexique afin de garantir les opérations de nettoyage et le fonds de compensation (aux victimes) de 20 milliards de dollars, ce qui donnerait aux deux parties une incitation à poursuivre la production dans le golfe», affirme le quotidien financier.

    Le naufrage le 22 avril de la plateforme en eaux profonds Deepwater Horizon, opérée par BP dans le golfe du Mexique, est à l'origine de la pire marée noire de l'histoire des États-Unis.

    BP avait annoncé lundi avoir fait un premier versement de trois milliards de dollars à ce fonds.

    «Les discussions continuent, toutefois, sur la manière dont BP va garantir ses obligations restantes de 17 milliards de dollars», poursuit le quotidien.

    «À un moment, il a été question de garantir ces fonds avec les champs pétroliers de BP dans le golfe, mais le gouvernement ne voulait pas se retrouver propriétaire de puits», souligne le Wall Street Journal, citant une source proche du dossier.

    BP a jusqu'à présent indiqué qu'il comptait s'acquitter du paiement des 20 milliards de dollars grâce à ses opérations habituelles et à des ventes d'actifs.

    Mais l'administration américaine souhaite des biens offerts en garantie afin de sécuriser le financement du fonds de nettoyage et de compensation, dans l'hypothèse où BP ne serait pas en mesure de faire face à ses obligations en raison de problèmes financiers ou juridiques dans la foulée de la marée noire.

    Garantir ce fonds avec l'exploitation des opérations de BP dans le golfe du Mexique ferait que BP et le gouvernement américain se retrouveraient en quelques sortes partenaire, ce qui serait délicat politiquement.

    Interrogé par l'AFP, un porte-parole de BP n'a pas commenté les informations du Wall Street Journal, mais a rappelé que le groupe s'était «engagé à ouvrir ce compte de garantie bloqué et à mettre de l'argent dessus».

    «Nous continuons à discuter avec les autorités sur la meilleure manière de tenir cet engagement», a rappelé ce porte-parole.

    Maîtres de nous-mêmes

    L’ambition affichée par Descartes de voir l’homme « comme maître et possesseur de la nature » n’est pas pour demain. Elle avait atteint Arthur Rimbaud lui-même comme une sorte de fièvre du progrès. « Nous monterons sur tout, écrivait-il, comme sur un cheval. » Mais l’animal est rétif. Tremblements de terre, tsunamis, volcans… Des milliers, certaines années des dizaines de milliers de morts sont 
en effet imputables à la nature mais ce que nombre 
de catastrophes révèlent c’est que, loin d’être maîtres 
de la nature, nous ne le sommes même pas de nous-mêmes. Nombre de décisions majeures nous échappent. Elles sont prises dans les salons ministériels, dans les conseils d’administration, où le secret se cultive avec 
le même soin que les dividendes, et ceux qui les prennent 
ne semblent pas d’abord préoccupés par l’avenir de notre maison commune, quand bien même nous n’en avons pas de rechange. Ainsi, alors que s’accumulent les preuves du réchauffement climatique avec les catastrophes annoncées que sont la montée 
des eaux, l’avancement des déserts, la fonte des glaciers qui déjà, en Amérique latine par exemple, menace de priver d’eau des millions de personnes, où sont les décisions que chacun feint désormais de vouloir adopter ? Certes, nous sommes tous responsables, ne serait-ce que par insuffisance de protestation, mais certains, tout de même, plus que d’autres.

    Car dans nombre de catastrophes, il y a des responsabilités. En France même, combien 
de sinistres, dramatiques comme pour la tempête Xynthia, sont dus à des constructions en zones inondables, à des digues mal entretenues, 
à la déforestation… Spéculation immobilière, économies dans les services publics. La marée noire du golfe 
du Mexique est due bien évidemment à BP. Les énormes majors du pétrole sont de fantastiques machines 
à profit. La gestion de ses conséquences pose autant 
de questions que la catastrophe elle-même. 
Le gouvernement américain a-t-il, quoi qu’il en dise, ménagé la compagnie ? Les dispersants utilisés 
ont-ils servi à lutter réellement contre la pollution 
ou, littéralement, à noyer le poisson ? Déjà, on songe 
à exploiter le pétrole de l’Arctique par 4 000 mètres 
de fond, mais des apprentis sorciers bardés de technologie ont mis trois mois à boucher une fuite par 1 500 mètres…

    Ce n’est pas Vladimir Poutine qui a mis le feu aux tourbières. Mais ce qui commence désormais 
à se savoir, c’est que les réformes de la gestion des forêts des dernières années les ont privatisées, que les politiques de prévention ont été abandonnées, que les milliardaires et les oligarques qui se les sont appropriées se sont souciés comme d’une guigne de leur entretien, que les pompiers en Russie ne sont pas plus nombreux qu’en France pour un territoire sans mesure commune, parce que les pompiers sont un service public qui coûte et ne rapporte pas. Ce n’est pas Poutine qui a mis le feu mais c’est 
la soumission de la société russe à l’argent qui a généré l’ampleur de la catastrophe.

    Nous ne sommes pas maîtres, collectivement, de nous-mêmes, c’est la réalité d’aujourd’hui. 
Mais il appartient à chacun, que ce soit en France, 
en Louisiane, en Russie, en Chine, au Pakistan, où que ce soit, non seulement de demander des comptes, mais d’exiger la participation de tous aux décisions qui les concernent et parfois les condamnent. La nature n’a 
que faire de la démocratie. C’est notre affaire.

     

    Visite-éclair de George W. Bush en Haïti

    George W. Bush... (Photo: AFP)

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    George W. Bush

    Photo: AFP

    Agence France-Presse

    L'ex-président américain George W. Bush est arrivé mardi en Haïti pour une visite de quelques heures au cours de laquelle il visitera des projets financés par des fonds recueillis à la suite du séisme du 12 janvier, a indiqué son service de presse.

    «M. Bush est en Haïti pour visiter les projets qui ont bénéficié de fonds de la Fondation Bush-Clinton créée par le président (Barack) Obama après le séisme. Il verra aussi les progrès réalisés dans le processus de reconstruction d'Haïti en terme de création d'emplois», a déclaré à l'AFP Meg Pearce, porte-parole du 43e président américain.

     

    George W. Bush et Bill Clinton ont mis sur pied le «Fonds Clinton-Bush pour Haïti» à la demande de leur successeur Barack Obama, quelques jours après la catastrophe.

     

    M. Bush, doit aussi avoir un bref entretien avec le président haïtien René Préval au palais national détruit par la secousse qui a fait au moins 250.000 morts et 1,5 million de sans-abri.

     

    Au cours de son séjour à Port-au-Prince, il visitera également un centre d'accueil de malades du sida en compagnie du premier ministre d'Haïti Jean-Max Bellerive, a ajouté Mme Pearce.

    Obama se fait l'avocat des produits de la pêche du Golfe du Mexique

     
     
    Le président des Etats-Unis, Barack Obama, s'est fait l'avocat des produits de la mer du golfe du Mexique, encourageant lundi ses concitoyens à en consommer, après le coup dur porté au secteur par la marée noire.
 (c) Afp Le président des Etats-Unis, Barack Obama, s'est fait l'avocat des produits de la mer du golfe du Mexique, encourageant lundi ses concitoyens à en consommer, après le coup dur porté au secteur par la marée noire. (c) Afp

    Le président des Etats-Unis, Barack Obama, s'est fait l'avocat des produits de la mer du golfe du Mexique, encourageant lundi ses concitoyens à en consommer, après le coup dur porté au secteur par la marée noire.

    Le puits endommagé qui a répandu des millions de litres de brut dans le golfe du Mexique a été provisoirement rebouché la semaine dernière par BP. "Le processus entrepris pour empêcher le pétrole de fuir à l'aide d'un bouchon de ciment semble avoir réussi", s'est réjoui lundi M. Obama.

    "Avec la réouverture des pêcheries du Golfe, nous sommes heureux que les pêcheurs puissent reprendre le travail", a expliqué le président, qui recevait l'équipe de football américain des Saints de La Nouvelle-Orléans (Louisiane, sud), vainqueurs en titre du Superbowl.

    "Les Américains peuvent en toute confiance et en toute sécurité apprécier à nouveau les produits de la pêche du Golfe, et nous allons les apprécier ici, à la Maison Blanche", a encore promis M. Obama.

    "Nous en avons mangé hier" dimanche, a d'ailleurs précisé le président, qui avait réuni des amis sur les pelouses de la Maison Blanche à l'occasion d'un barbecue pour fêter son 49e anniversaire.

    Lors de ses visites sur les lieux de la catastrophe en mai et juin, M. Obama avait encouragé ses compatriotes à consommer des produits de la mer issus du Golfe, mangeant ostensiblement des crustacés dans des restaurants locaux.

    Le président, qui avait également incité les Américains à faire du tourisme pour soutenir l'économie des Etats côtiers, doit montrer l'exemple le week-end prochain en séjournant en famille en Floride (sud-est).

    Après la cérémonie de lundi, des joueurs des Saints et un cuisinier sont venus dans la salle de presse de la Maison Blanche pour distribuer des spécialités du Golfe.

     

     

     

     


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