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    Marée noire: les marais de Louisiane défigurés pour longtemps

    VENICE (Etats-Unis) — Sanctuaire d'un écosystème fragile, les marais de Louisiane, qui ont déjà été détruits sur près de 55 km par la marée noire dans le golfe du Mexique, risquent d'être défigurés pendant des décennies, s'inquiètent des experts.

    Le brut a atteint les marais de Louisiane mercredi et 55 kilomètres de bayous et de plages de l'Etat ont été souillés. "Tout est mort", a déclaré jeudi Billy Nungesser, le président du comté le plus touché par le pétrole qui s'écoule depuis le 22 avril dans le golfe du Mexique.

    "Il n'y a plus de vie dans ce marais. On ne pourra pas nettoyer", a-t-il dit sur la chaîne MSNBC.

    Revenant d'un tour en bateau dans l'estuaire du Mississippi, le gouverneur de Louisiane, Bobby Jindal, avait par ailleurs lancé mercredi: "le jour que nous avions tous craint est arrivé aujourd'hui". "Le pétrole (lourd) est là, et nous devons agir maintenant", a déclaré l'élu un mois après l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon, soulignant que "fondamentalement la marée noire menace le mode de vie de la Louisiane".

    Labyrinthe de canaux et d'étangs, les bayous de cet Etat méridional représentent 40% des marais des Etats-Unis. Largement inhabités, ils constituent une halte de choix pour les oiseaux qui migrent et sont le berceau d'une vie marine riche et diversifiée. Poissons, crevettes, huîtres, moules ou crabes: l'industrie halieutique de l'Etat représente 2,4 milliards de dollars par an.

    Avec l'infiltration croissante du pétrole, cet écosystème risque d'être mis à mal pour des décennies, s'inquiètent scientifiques et écologistes.

    "On commence juste à voir arriver du pétrole dans les marais et cela va avoir un énorme impact pour des années, si ce n'est des décennies", déclare à l'AFP John Hocevar, biologiste chez Greenpeace. Le brut "va affecter les poissons, la faune et la flore du golfe" du Mexique, abonde le Dr. Steve Murawski, vétérinaire à l'Agence américaine des parcs nationaux.

    Ingérés par le plancton, les poissons, crustacés et autres tortues de mer, les produits toxiques contenus dans le pétrole, qui continue de se déverser dans les abysses du golfe du Mexique, va se répandre dans la chaîne alimentaire, s'inquiètent-ils. Entre autres, le sort des thons rouges est préoccupant car "la marée noire a lieu en plein milieu de leur période de reproduction", indique M. Hocevar.

    Face au travail herculéen que représente la décontamination des marais, les grands moyens sont envisagés, alors que près de 20.000 personnes participent aux opérations menées sur les côtes de Floride, Alabama, Mississippi et Louisiane.

    Si le nettoyage du rivage avec de l'eau et des écumoires ne suffit pas, les autorités pourraient mettre le feu aux marais souillés. "En dernier recours", souligne le capitaine des garde-côtes Edwin Stanton, qui dirige les secours en Louisiane, lors d'un entretien accordé à l'AFP. "Nous l'avons déjà fait par le passé, c'est une tactique acceptable pour enlever le pétrole. Mais on ne peut le faire qu'une seule fois", dit-il, affirmant que "la végétation des marais repoussera ensuite".

    Cette solution "pourrait causer plus de dommages que si on laissait le pétrole se dégrader naturellement", pense LuAnn White, scientifique à l'Université Tulane de La Nouvelle-Orléans.

    De toute façon, "le mal est déjà fait", estime John Hocevar.

    Le biologiste de Greenpeace ajoute: "En Alaska, 20 ans après (le naufrage du pétrolier) Exxon Valdez, la faune continue toujours d'ingérer le pétrole provenant de cette marée noire. Et la marée noire qui touche le golfe du Mexique actuellement est bien plus importante".

    Marée noire: les plages de Louisiane s'ornent de taches brunâtres

    De Clément SABOURIN (AFP) – Il y a 1 jour

    GRAND ISLE (Etats-Unis) — L'inexorable progression de la marée noire dans les marais de Louisiane, déjà maculés sur 80 kilomètres, et les approximations de BP sur la quantité de brut qui s'écoule dans le golfe du Mexique attisaient vendredi la colère des habitants et élus locaux.

    L'Agence maritime américaine NOAA a affirmé vendredi que près de 80 km de bayous, plages et côtes de l'Etat étaient souillés par le pétrole.

    "Ce n'est que le début", s'exclame avec colère et dépit Lana Downing, une Louisianaise de 69 ans qui possède une résidence secondaire à Grand Isle en regardant la grande plage de cette station balnéaire entachée de brut. "Hier c'était le premier impact, c'était en petite quantité. Aujourd'hui, il y en a partout!", dit-elle à l'AFP.

    Les autorités municipales ont annoncé vendredi la fermeture de cette plage, longue de plusieurs kilomètres, mais cette mesure n'empêchait visiblement pas badauds et curieux de venir inspecter la matière brunâtre aux reflets orangés échouée sur le rivage. Le brut, assez liquide, ne se voit pas dans la mer, mais seulement une fois qu'il touche la côte.

    Sur le rivage, une vingtaine de personnes avec des pelles ramassaient le liquide visqueux pour le mettre dans de grands sacs plastiques blancs.

    Et à proximité, le centre de commandement de BP a aussi commencé à former des volontaires pour aller nettoyer les plages, à partir de samedi, moyennant 10 dollars l'heure.

    Mais comme le pressentent les vacanciers, le désastre écologique que connaît le très fragile écosystème de Louisiane, berceau de plusieurs centaines d'espèces animales, n'en est qu'à ses débuts.

    Dans le golfe du Mexique, à 1.500 mètres de profondeur, le pétrole continue de se déverser, sans que l'on sache toutefois dans quelles proportions.

    Jusqu'à présent, BP avançait le chiffre de 5.000 barils de brut (800.000 litres) s'écoulant quotidiennement dans la mer. Mais, après des déclarations d'experts assurant que cette quantité était largement sous-évaluée, le groupe a finalement avoué jeudi l'avoir sous-estimé.

    Et vendredi, alors que BP avait annoncé la veille qu'il parvenait enfin à récolter 5.000 barils par jour en provenance de la fuite, un porte-parole du groupe John Curry a indiqué que cette quantité n'était plus que de 2.200 barils. Le responsable a expliqué cette divergence en soulignant que le flux de pétrole était fluctuant.

    Sur ABC vendredi, Doug Suttles, le directeur d'exploitation de BP, a en outre indiqué que le groupe, auquel les autorités ont demandé de changer de produit dispersant, "n'a pas encore trouvé de meilleur produit que le Corexit", une substance qui, selon des défenseurs de l'environnement dont Greenpeace, cause de graves dommages à la faune et la flore.

    Sur place, habitants et élus laissent libre cours à leur colère.

    "La marée noire met en danger notre mode de vie", ne cesse de répéter le gouverneur de Louisiane Bobby Jindal, prévenant dans la foulée qu'il pourrait déjà être trop tard pour sauver les 60.000 emplois liés au secteur de la pêche.

    "Il n'y a plus de vie dans ces marais (...). Nous ne cessons de demander à BP de prendre ses responsabilités", insistait jeudi Billy Nungesser, le président de la paroisse (comté) de Plaquemines, au sud de La Nouvelle-Orléans.

    Plus à l'Est, la Floride a étendu l'état d'urgence en vigueur dans une partie de l'Etat à des zones comprenant l'archipel des Keys et la ville de Miami. Car le brut aspiré par le "Loop Current", un puissant courant marin, pourrait atteindre les côtes de cet Etat dans les prochains jours.

    Pour sa part, Cuba surveille de près la progression de la marée noire, mais il n'y a, à ce stade, "aucune menace

    Au-dessus du «Deep water» à la verticale de la marée noire 

    Mots clés : Marée noire, Marée noire, ETATS-UNIS, ETATS-UNIS

    Par Thierry Portes
    20/05/2010 | Mise à jour : 13:32 Réaction (4)
    Une plate-forme pétrolière sur la nappe de pétrole dans le golfe 
du Mexique.
    Une plate-forme pétrolière sur la nappe de pétrole dans le golfe du Mexique. Crédits photo : AP

    REPORTAGE - Depuis l'explosion de la plate-forme off­shore Deepwater Horizon, le 20 avril dernier, des travaux sont conduits 24 heures sur 24 au large de la Louisiane.

    Quand s'est ouvert l'arrière de l'avion des gardes-côtes volant à basse altitude au-dessus de l'ancienne plate-forme Deepwater Horizon, à la verticale de la source de la marée noire, l'odeur de pétrole a instantanément envahi la carlingue battue par les vents. Fugace, l'impression d'être dans une station-service à ciel ouvert au large de la Louisiane s'est rapidement dissipée. Puis, lors des trois passages successifs organisés pour les journalistes sanglés à tour de rôle sur les deux sièges face au vide, est apparue la dizaine de bateaux œuvrant au cœur de la marée noire. De ces navires sont manœuvrés les robots envoyés près de la fuite, à 1 500 mètres de profondeur ; de là aussi sont projetés les dispersants, ces produits qui séparent les molécules de pétrole ; de leur côté, deux bâtiments traînent un immense câble pour emprisonner le pétrole, avant de le transvaser dans un tanker. Des travaux conduits 24 heures sur 24 depuis un mois, non loin des autres plates-formes pétrolières en activité.

    Ce sont les traînées rouge et orange dues aux produits chimiques déversés qui sont ensuite les plus facilement discernables. La mer n'est pas noire. Elle est plutôt grise, son bleu naturel étant remplacé par une touche de marron. Impossible de lui trouver de la profondeur, de voir un peu sous la surface. On la sent lourde, cette mer sur laquelle n'apparaît aucune écume blanche. Pas de vagues, elle ondoie, pesamment. Et quand le soleil la frappe, cela peut créer des milliers d'étincelles, de longs scintillements, ou un éclair, comme sur une plaque d'aluminium.

     

    «Je la vois avancer»

    «Non, ce n'est pas comme si on versait de l'huile dans une baignoire», explique le copilote, le lieutenant Andy Greenwood. Depuis le début de la catastrophe, il survole chaque jour la nappe de pétrole. «Et chaque jour, je la vois avancer», dit-il, en montrant son dernier relevé. L'écart avec le précédent, celui de la veille, est impressionnant. Les images satellite, reproduites sur les sites des agences fédérales américaines, n'offrent pas un aussi saisissant compte rendu de l'étendue de cette marée noire. «Nos cartes et les photographies satellite correspondent», assure pourtant le lieutenant, comme il certifie, lui qui vole au-dessus de cette zone depuis de nombreuses années, qu'il n'y avait pas d'odeur de pétrole avant la catastrophe, et que l'on pouvait discerner des fonds marins auparavant.

    Sur le chemin du retour, il tentera bien de montrer le pétrole, plus léger, déjà un peu dilué, qui dérive vers les côtes américaines du golfe du Mexique, inexorablement. Mais même avec des lunettes de soleil et des verres polarisants, le scintillement censé trahir une plaque au milieu de l'océan Pacifique ne saute pas aux yeux du profane.

    Arrivé à la base de Houma, sur ce petit aéroport construit par et pour les compagnies pétrolières au milieu du bayou de Louisiane, le lieutenant, désormais surveillé par un responsable de la communication des gardes-côtes, n'en dira guère plus. Il aura juste cet aveu : «Le jour de l'explosion et de l'incendie, je ne pouvais pas toucher le hublot de l'appareil, tellement il était chaud ; d'abord, on n'a pas pensé à la marée noire ; on cherchait à sauver les gens de la plate-forme ; il y avait des hélicoptères, des avions et 19 différents bateaux qui tentaient de leur porter secours et de les repérer dans la mer.»

    L'ampleur prise par cette catastrophe écologique a déjà fait oublier que 11 des 126 personnes présentes le 20 avril dernier sur la plate-forme Deepwater Horizon sont mortes, 17 ayant été blessées. Quand, peu avant 10 heures ce soir-là, de l'eau et de la boue, suivies par du gaz, se sont engouffrées dans le tuyau d'extraction, remontant à toute vitesse jusqu'à la plate-forme, il a suffi d'une étincelle pour tout faire exploser. Quittant à la hâte leur poste de travail ou leur couchette, les ouvriers se sont rués vers les deux bateaux de secours, qui prendront la mer 10 minutes plus tard. Il y eut une deuxième explosion, des flammes gigantesques. S'étant récemment confiés au «New York Times», des survivants ont parlé d'une «tornade de feu». Durant l'attente dans les bateaux de secours, «on croyait tous qu'on allait mourir», a raconté un rescapé, un second revoyant l'image de ses collègues qui sautaient dans la mer parmi les flammes.

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    Marée noire: sur une plage de Louisiane, du pétrole "partout et ce n'est que le début"

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    <btn_noimpr> </btn_noimpr> 22.05.2010, 00h10
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    Les premières galettes de pétrole sont arrivées jeudi. Et puis, vendredi, ce sont des bandes entières d'hydrocarbures brunâtres qui se sont échouées sur les plages de Grand Isle, en Louisiane. "Il y en a partout et ce n'est que le début", dit une habitante.
    Lana Downing, une grand mère de 69 ans, a sa résidence secondaire dans cette station balnéaire du sud des Etats-Unis. Elle est venue inspecter le littoral, "pour voir si mes petites filles peuvent se baigner". <btn_noimpr>
     
    </btn_noimpr> Mais les larges bandes de brut qui ornent la plage rendent toute baignade impossible.
    "C'est arrivé hier. Au début, il y en avait juste un peu et maintenant il y en a partout", dit-elle dans un mélange de colère et de désarroi. "Ca a mis 30 jours pour arriver, ce n'est que le début", poursuit-elle avant de rentrer chez elle, dans une des maisons sur pilotis qui longent la côte.
    Les autorités ont décidé de fermer la plage au public vendredi. Mais la grève de sable gris clair, longue d'une dizaine de kilomètres, est trop grande pour pouvoir en condamner les accès. Et les badauds sont toujours là. Pour prendre le soleil, faire un jogging, ou observer les ravages d'une catastrophe annoncée.
    Dans le centre de commandement de BP, le groupe britannique dont la plateforme naufragée est à l'origine de la marée noire, la mobilisation a sonné. "Nous recherchons, pour embauche dès que possible, 10 bateaux de pêche avec capitaine et équipage afin d'installer des barrages flottants, ainsi que 30 personnes pour nettoyer les plages", proclame une pancarte à l'entrée.
    A l'intérieur des équipes forment les volontaires qui se présentent au compte-gouttes. La formation dure quelques heures. Elle commence par quelques mots: "BP est très sensible à tout ce qui se passe ici et fait son possible pour répondre à la situation".
    Armés de râteaux, de seaux et de sacs en plastique, des équipes de nettoyage s'affairent sur la plage.
    William Clayton dirige l'une d'elles. Pour qui travaillent ses hommes, depuis quand, pour combien de temps? Il ne veut rien dire. "Tout ce que je peux dire, c'est que BP payera tout", dit-il, dans cette contrée où les hommes du géant pétrolier sont omniprésents.
    A quelques kilomètres au sud, sur une plage d'Elmers Island, une centaine d'hommes embauchés par BP ratissent la plage, alors qu'une ballet incessant de camions à benne installe des barrières de sable.
    Eric Thomson porte un casque de chantier blanc, des lunettes de soleil et des bottes noires.
    "Quand on a commencé à nettoyer à 6 heures du matin, c'était vraiment sale. On a tout nettoyé puis on est allés déjeuner. Quand on est revenus, le pétrole était partout, il a fallu tout recommencer", raconte-t-il, fumant une cigarette sous un soleil de plomb.
    "Ici, c'est chez moi, alors je veux faire tout ce que je peux pour nettoyer", dit dans un sourire ce jeune homme de 19 ans, payé 12 dollars de l'heure. "Je ne sais pas combien de temps ça va durer, au moins six mois à mon avis", dit-il sous le regard d'un cadre de BP qui accompagne la presse.
    BP, il en est aussi question dans les postes de télévision d'un fast-food de Grand Isle. Une télévision locale diffuse des publicités qui conseillent aux habitants de se tourner vers des avocats pour gérer leur indemnisation. "Récupérez tout l'argent qu'on vous doit", dit une de ces réclames.
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    Marée noire: 2.000 barils/jour pompés

    AFP
    18/05/2010 | Mise à jour : 09:37 Réagir

    Le groupe pétrolier britannique BP a estimé aujourd'hui à 2.000 barils par jour le volume de pétrole qu'un système de tuyau sous-marin lui permet de récupérer du flux qui continue à s'écouler dans le golfe du Mexique, une marée noire qui lui a déjà coûté 625 millions de dollars.

    Des responsables du groupe avaient indiqué la veille que le système de siphon mis en place sur la fuite, à 1.500 mètres de profondeur, et amenant le pétrole pompé sur un navire en surface, permettait de récupérer 1.000 barils par jour, sur les 5.000 qui s'écouleraient actuellement.

    Le groupe a évoqué aujourd'hui le chiffre de 2.000 barils par jour dans un communiqué. Mais il précise qu'il faudra "un certain temps" pour accroître ce flux. Le groupe indique continuer à réfléchir à un système de bouchage du puits qui serait ensuite cimenté.
    En surface par ailleurs, 750 bateaux tentent de récupérer et de disperser le pétrole qui flotte : 158.000 barils ont été récupérés à ce jour, selon BP. Quelque 19.000 personnes employées par BP, d'autres entreprises et par des agences gouvernementales travaillent actuellement sur cette marée noire, indique le groupe.

    Il a déjà enregistré 15.600 plaintes et réglé par des dédommagements 2.700 dossiers.
    La marée noire a pour l'instant coûté 625 millions de dollars au groupe pétrolier, notamment via le versement à la Floride, à l'Alabama, à la Louisiane et au Mississippi d'un total de 70 millions de dollars de subventions pour atténuer les effets de la marée noire.

    Cette catastrophe a été provoquée par le naufrage d'une plate-forme de BP, Deepwater Horizon, le 22 avril après une explosion. L'accident a fait onze morts.

     

    En Louisiane, la marée noire chez les Indiens du bayou 

    Mots clés : marée noire, LOuisiane, ETATS-UNIS, BP

    Par Thierry Portes
    20/05/2010 | Mise à jour : 22:10 Réaction (8)
    Le gouverneur de Lousiane, Bobby Jindal (avec l'épuisette), 
constate jeudi les dégâts dans les marais.
    Le gouverneur de Lousiane, Bobby Jindal (avec l'épuisette), constate jeudi les dégâts dans les marais. Crédits photo : AP

    Un mois après l'explosion de la plate-forme «Deepwater Horizon», le pétrole a touché terre jeudi. 

    «Ils nous ont pris nos terres ; ils ont amené l'eau de l'océan en creusant des canaux pour que leurs bateaux rejoignent leurs plates-formes dans les marais ; maintenant ils nous envoient une marée noire»… L'accent traînant de Kirk Cherame, Indien de la tribu Houma, renforce le poids de sa complainte contre ces compagnies pétrolières, arrivées au début des années 1930 dans ce bayou au sud de la Louisiane, qu'elles ont peu à peu annexé. Jeudi, c'est devenu officiel : le pétrole, issu du puits sous la plate-forme BP Deepwater Horizon détruite le 20 avril dernier, a commencé à pénétrer les canaux et marécages. «Ce brut que tout le monde redoutait est maintenant ici ! », s'est exclamé Bobby Jindal, le gouverneur de la Louisiane, lors d'un tour d'inspection en bateau.

    Entre eau, herbes et boues, le désastre écologique est en marche, dans cette gigantesque zone de reproduction du plus giboyeux et poissonneux État américain. Une fois le plancton et les micro-organismes détruits, c'est toute la chaîne alimentaire - huîtres, crevettes, poissons, oiseaux - qui sera touchée. Jusqu'aux hommes qui vivent de la pêche.

    Structurée socialement autour de cette activité, la tribu indienne Houma, qui revendique 17000 âmes dans le sud de la Louisiane, pourrait ainsi se déliter. Le bayou appartiendrait alors entièrement aux maîtres de l'or noir.

    Pour les pêcheurs, le combat était par trop inégal. Entre Port Fouchon, où sont arrivées les premières boulettes de mazout il y a deux semaines, et Houma, cette ville qui tire son nom de la tribu éponyme, la plupart des familles, même celles où l'homme part sur son bateau, ont un salaire versé par l'industrie pétrolière. Les routes, les bâtiments, les écoles, tout a été peu ou prou financé par l'or noir, bien que la Louisiane demeure le plus gros producteur de poissons et de fruits de mer des États-Unis.

     

    «La chevrette va crever» 

    Le bayou, l'une des premières réserves écologiques de l'Amérique, est quadrillé par les plates-formes pétrolières et un important réseau de pipelines. À Port Fouchon, le responsable de l'État de Louisiane chargé d'encadrer tout journaliste désireux de constater l'avancée de la marée noire sur la plage, n'en fait pas mystère : «18 % des besoins en pétrole des États-Unis passent par Port Fouchon. Rien ne doit arrêter le trafic ici, car cela aurait des conséquences sur le pays tout en entier.» Tournant le dos, comme pour le protéger, à un vaste complexe pétrolifère, cet officiel entend signifier que le va-et-vient des bateaux entre les plates-formes en mer et Port Fouchon ne sera pas retardé par des opérations de décontamination.

    Aujourd'hui du côté des pêcheurs, Kirk Cherame, a, lui aussi, longtemps travaillé pour le camp ennemi. «Mais je n'y retournerai pas, promet-il. Ce qui me fait le plus du mal, c'est d'imaginer que je vais peut-être devoir quitter cette terre, remonter vers le nord. Ma fille déjà ne reviendra pas : à quoi bon, si on ne peut plus pêcher, plus se baigner dans l'océan !»

    Kirk Cherame vivrait cet exil forcé comme une nouvelle épreuve imposée à son peuple. Repoussés par la jeune nation américaine tout en bas de la Louisiane, les Houmas s'étaient installés dans ce bayou infecté de moustiques et de caïmans. Alliés des Français dont ils parlent encore la langue, ce surprenant cajun, ils ont été ensuite floués par les anglophones attirés par la découverte de pétrole dans le sud de la Louisiane.

    Maintenant la marée noire met peu à peu au chômage tous les pêcheurs. Sans lien évident de parenté avec Kirk, Roy Cherame a accepté les conditions de BP, déposé ses filets, et n'attend plus qu'un coup de téléphone de la compagnie pétrolière pour s'enrôler à son service. Le cachet de 2000 dollars par prestation l'a appâté. Mais, alors qu'il doit laisser son bateau à quai, le téléphone n'a toujours pas sonné depuis deux semaines. Roy parle en cajun de la «chevrette » (la crevette), qui vit au fond des marais. «Si l'huile entre en dedans, la chevrette, le crabe, le poisson, tout va crever, et nous aussi on va crever.» Comme pourrait également sombrer dans la marée noire, ce français aux tournures du XVIIe siècle dont le phrasé s'apparente au québécois, encore parlé ici par certains Indiens et Cajuns, ces descendants de la Louisiane conquise par Louis XIV.

     
    En Louisiane, la marée noire arrive et la colère monte
    LE MONDE | 22.05.10 | 12h45  •  Mis à jour le 22.05.10 | 12h45
    Washington Correspondante

    ne première plage a été fermée, vendredi 21 mai, en Louisiane, par la municipalité de Grand Isle, à 150 km au sud de la Nouvelle-Orléans. Un mois après le naufrage de la plate-forme Deepwater Horizon, l'inexorable est arrivé sur les côtes, sous la forme de langues gluantes d'un liquide couleur chocolat.

     

     
    Selon les autorités, 80 km de plages, de bayous et de marécages sont maintenant pollués, alors que la fuite n'a toujours pas été colmatée et que l'entreprise BP a repoussé sa nouvelle tentative de sauvetage high-tech à mardi 25 mai au plus tôt.

    Après le dôme de confinement, et le tube aspirant, la compagnie a promis d'essayer le "Top Kill" : une procédure qui verra l'injection de ciment pour sceller le puits. L'exercice est périlleux en raison de la profondeur (1 500 m) et de l'énorme pression nécessaire pour renverser le gaz.

    Parallèlement, la colère a nettement monté à Washington contre l'attitude de la compagnie britannique et l'impuissance du gouvernement. Après dix jours de requêtes, BP a enfin transmis au Congrès les vidéos tournées 24 heures sur 24 par ses robots sous-marins. La commission de l'énergie de la Chambre des représentants a posté les images sur son site. Celui-ci a été pris d'assaut. Les spectateurs ont pu s'apercevoir que, malgré le "succès" du tube aspirant, de gros bouillons continuent à s'échapper au fond du Golfe.

    Jeudi, BP a dû admettre que les chiffres que ses spécialistes avaient mentionnés - un écoulement de 5 000 barils par jour, soit 800 000 litres - étaient nettement sous-évalués. L'administration Obama a répondu en créant un groupe de travail chargé d'évaluer les quantités diffusées. Celui-ci ne comporte aucun membre de BP. Il devrait fournir une évaluation dans quelques jours.

    TRANSPARENCE

    La Maison Blanche a dû aussi écrire à BP pour demander plus de transparence : diffuser, par exemple, les relevés de pollution marine et atmosphérique. Le New York Times a montré, vendredi, que la compagnie faisait analyser les prélèvements effectués dans les municipalités par un laboratoire travaillant notamment pour l'industrie pétrolière, dont BP.

    Un différend oppose également l'Agence pour la protection de l'environnement (EPA) au géant du pétrole sur la nature des produits dispersants utilisés en quantité astronomique (2,27 millions de litres) pour fragmenter la nappe et faciliter son évaporation. L'EPA a donné 24 heures à BP pour cesser de répandre du Corexit, produit nocif interdit il y a plus de dix ans en Angleterre, mais des stocks sont déjà arrivés en quantité en Louisiane, et BP a indiqué qu'elle allait continuer, faute d'une meilleure option pour l'instant.

    Bousculé - un phénomène assez rare - par la presse, le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a eu peine à convaincre que le gouvernement faisait "tout ce qui est humainement et technologiquement possible" pour arrêter l'écoulement. "Nous sommes confrontés à un désastre dont la magnitude n'a jamais été vue dans le golfe du Mexique", a-t-il justifié.

    Barack Obama a, lui aussi, senti qu'il était nécessaire de s'expliquer. Plutôt qu'à la réforme financière, il a consacré son intervention hebdomadaire à la marée noire. Il a assuré que la réponse du gouvernement était à la hauteur, avec 24 000 personnes, plus de 1 000 bateaux et "les meilleurs esprits" du pays. Il a nommé les deux responsables de la commission d'enquête sur les forages pétroliers : Bob Graham, ancien sénateur de Floride, hostile aux forages, et William Reilly, un ancien administrateur de l'EPA et président émérite du WWF, le fonds mondial pour la nature.

    ne première plage a été fermée, vendredi 21 mai, en Louisiane, par la municipalité de Grand Isle, à 150 km au sud de la Nouvelle-Orléans. Un mois après le naufrage de la plate-forme Deepwater Horizon, l'inexorable est arrivé sur les côtes, sous la forme de langues gluantes d'un liquide couleur chocolat.

     

     
    Selon les autorités, 80 km de plages, de bayous et de marécages sont maintenant pollués, alors que la fuite n'a toujours pas été colmatée et que l'entreprise BP a repoussé sa nouvelle tentative de sauvetage high-tech à mardi 25 mai au plus tôt.

    Après le dôme de confinement, et le tube aspirant, la compagnie a promis d'essayer le "Top Kill" : une procédure qui verra l'injection de ciment pour sceller le puits. L'exercice est périlleux en raison de la profondeur (1 500 m) et de l'énorme pression nécessaire pour renverser le gaz.

    Parallèlement, la colère a nettement monté à Washington contre l'attitude de la compagnie britannique et l'impuissance du gouvernement. Après dix jours de requêtes, BP a enfin transmis au Congrès les vidéos tournées 24 heures sur 24 par ses robots sous-marins. La commission de l'énergie de la Chambre des représentants a posté les images sur son site. Celui-ci a été pris d'assaut. Les spectateurs ont pu s'apercevoir que, malgré le "succès" du tube aspirant, de gros bouillons continuent à s'échapper au fond du Golfe.

    Jeudi, BP a dû admettre que les chiffres que ses spécialistes avaient mentionnés - un écoulement de 5 000 barils par jour, soit 800 000 litres - étaient nettement sous-évalués. L'administration Obama a répondu en créant un groupe de travail chargé d'évaluer les quantités diffusées. Celui-ci ne comporte aucun membre de BP. Il devrait fournir une évaluation dans quelques jours.

    TRANSPARENCE

    La Maison Blanche a dû aussi écrire à BP pour demander plus de transparence : diffuser, par exemple, les relevés de pollution marine et atmosphérique. Le New York Times a montré, vendredi, que la compagnie faisait analyser les prélèvements effectués dans les municipalités par un laboratoire travaillant notamment pour l'industrie pétrolière, dont BP.

    Un différend oppose également l'Agence pour la protection de l'environnement (EPA) au géant du pétrole sur la nature des produits dispersants utilisés en quantité astronomique (2,27 millions de litres) pour fragmenter la nappe et faciliter son évaporation. L'EPA a donné 24 heures à BP pour cesser de répandre du Corexit, produit nocif interdit il y a plus de dix ans en Angleterre, mais des stocks sont déjà arrivés en quantité en Louisiane, et BP a indiqué qu'elle allait continuer, faute d'une meilleure option pour l'instant.

    Bousculé - un phénomène assez rare - par la presse, le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a eu peine à convaincre que le gouvernement faisait "tout ce qui est humainement et technologiquement possible" pour arrêter l'écoulement. "Nous sommes confrontés à un désastre dont la magnitude n'a jamais été vue dans le golfe du Mexique", a-t-il justifié.

    Barack Obama a, lui aussi, senti qu'il était nécessaire de s'expliquer. Plutôt qu'à la réforme financière, il a consacré son intervention hebdomadaire à la marée noire. Il a assuré que la réponse du gouvernement était à la hauteur, avec 24 000 personnes, plus de 1 000 bateaux et "les meilleurs esprits" du pays. Il a nommé les deux responsables de la commission d'enquête sur les forages pétroliers : Bob Graham, ancien sénateur de Floride, hostile aux forages, et William Reilly, un ancien administrateur de l'EPA et président émérite du WWF, le fonds mondial pour la nature.

    Monde

     

     

    Publié le 22/05/2010 à 15:08 Reuters

    Barack Obama exige des garanties pour les futurs forages en mer

    Barack Obama exige des garanties pour les futurs forages en mer

    Barack Obama a annoncé dans son allocution hebdomadaire que les forages pétroliers ne pourraient se poursuivre en mer qu'à condition d'obtenir les garanties qu'une catastrophe comme celle en cours dans le golfe du Mexique ne se reproduirait pas. /Photo prise le 20 mai 2010/REUTERS/Jonathan Ernst

     
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    Barack Obama a déclaré samedi que les futurs forages pétroliers en mer seraient subordonnés à des garanties pour éviter que ne se reproduise une catastrophe comme celle du golfe du Mexique, où des fuites de brut lourd atteignent les bayous de Louisiane.

    Dans son allocution hebdomadaire à la radio et sur internet, le président américain a présenté la composition d'une commission chargée d'enquêter sur l'accident de la plate-forme opérant pour le compte de BP au large des côtes américaines.

    Il compte maintenir la pression sur les compagnies impliquées dans la fuite de pétrole qui n'est toujours pas colmatée - BP, Halliburton et Transocean - mais entend aussi veiller à ce que Washington amende ses pratiques.

    "L'objet de cette commission est à la fois d'examiner les causes fondamentales de la catastrophe et de proposer des recommandations sur la sécurité et la protection de l'environnement nécessaires pour éviter qu'un désastre similaire ne se reproduise", a dit le chef de la Maison blanche.

    Face à la colère qui monte dans les régions touchées et aux risques politiques liés à cette situation, Obama a chargé l'ancien sénateur démocrate Bob Graham et William Reilly, ex-directeur de l'Agence fédérale de protection de l'environnement (EPA), de coprésider cette commission bipartisane dont il attend un rapport dans les six mois.

    PÊCHE ET FAUNE EN PÉRIL

    La marée noire remet en question une proposition antérieure d'Obama en faveur d'une extension des forages en mer dans le cadre d'une stratégie visant à rallier des voix républicaines à une législation sur le changement climatique.

    Le président a rappelé samedi qu'il avait donné pour instruction d'inspecter tous les sites de forage en eau profonde et suspendu pour un mois toute autorisation de nouveau site.

    "Parce qu'il représente 30% de notre production pétrolière, le golfe du Mexique peut jouer un rôle important dans la sécurisation de notre avenir énergétique. Mais nous ne pourrons poursuivre le forage pétrolier en mer que si nous avons l'assurance qu'une catastrophe comparable à la marée noire de BP ne se produira pas", a-t-il dit.

    Un mois après l'explosion et le naufrage de la plate-forme Deepwater Horizon, qui a fait onze morts, des nappes de brut lourd de couleur rouille commencent à encrasser les fragiles marais situés aux abords du delta du Mississippi, menaçant zones de pêche et vie sauvage.

    "Pour moi, depuis le début, il ne s'agit avec BP que de relations publiques", déclare Roger Halphen, enseignant de Louisiane qui a travaillé dans l'industrie pétrolière et dans le secteur de la pêche commerciale. "C'est un désastre. Tout le monde dormait là-dessus et maintenant, d'un seul coup, on est dedans", a-t-il ajouté au sujet de la marée noire qui s'étend.

    ÉLECTIONS ET CRISE

    Accusée de négligence et de dissimulation, la compagnie pétrolière sise à Londres a fait savoir que ses ingénieurs coopéraient avec des experts fédéraux pour déterminer l'ampleur exacte de la marée noire. Elle a réaffirmé vendredi qu'elle s'imposait un effort de transparence pour informer le public américain de l'évolution de la situation.

    A mesure qu'apparaissent les atteintes à l'environnement et à l'activité économique, des analystes jugent possible que la marée noire handicape le président Obama aux élections de mi-mandat prévues en novembre, où ses alliés démocrates risquent déjà d'essuyer des pertes liées au taux élevé du chômage.

    La création d'une commission permet au président de marquer son rôle de leader dans une crise durant laquelle des critiques ont visé à la fois les compagnies pétrolières et les services gouvernementaux chargés d'en superviser les activités.

    Après avoir promis de contraindre les compagnies concernées à faire toute la lumière sur la fuite et à la colmater, Obama a mis en garde samedi les services fédéraux.

    "Au moment où nous demandons à BP d'assumer ses responsabilités, nous devons en demander autant à Washington", a-t-il dit. "La question est de savoir quelles leçons tirer de ce désastre pour être sûr qu'il ne se reproduise jamais."

    "Si nos lois ne sont pas suffisantes pour prévenir une telle marée noire, ou si nous ne les avons pas appliquées, je tiens à le savoir", a poursuivi Obama. "Je tiens à savoir (...) où la supervision de l'industrie pétrolière et gazière a failli.

    "Nous savons (...) que des relations de connivence entre les compagnies pétrolières et gazières et les agences qui les réglementent est un sujet de préoccupation depuis longtemps."

    BP, qui poursuit ses opérations de pompage et espère colmater à bref délai le puits endommagé, a annoncé que la quantité de brut qu'elle siphonnait était tombée à 2.200 barils par jour dans les 24 heures ayant pris fin jeudi à minuit.

    Henri-Pierre André et Philippe Bas-Rabérin pour le service français


    Corine Lesnes
    Article paru dans l'édition du 23.05.10
    Accueil > Environnement > Actualité > Marée Noire > Marée noire : 55 kilomètres de marais et de plages souillés par le pétrole
    environnement

    Marée noire : 55 kilomètres de marais et de plages souillés par le pétrole

    Info rédaction, publiée le 21 mai 2010
     
    http://www.maxisciences.com
    La marée noire a finalement atteint les marais de Louisiane
    La marée noire a finalement atteint les marais de Louisiane

    États-Unis  - Alors que BP a reconnu une fuite de pétrole plus importante que prévu (voir article), la marée noire a commencé à déferler sur les marais des côtes de Louisiane. Des dizaines de kilomètres de ce fragile écosystème ont déjà été souillés.

    Ce sont en effet près de 55 kilomètres de bayous et de plages qui ont été touchés par la marée noire dans le golfe du Mexique. Des écosystèmes très fragiles, qui pourraient être défigurés pour des dizaine d'années.
    "Il n'y a plus de vie dans ces marais. On ne pourra pas nettoyer" a déploré Billy Nungesser, le président du comté de Plaquemine, le plus touché par la fuite de pétrole engendrée le 22 avril par l'explosion d'une plate-forme pétrolière du groupe BP.
    Les bayous de Louisiane représentent 40% des marais des États-Unis. Très peu peuplés par l'Homme, ils abritent des oiseaux migrateurs et constitue une immense zone de reproduction, berceau d'une très riche biodiversité marine. Si le plancton et les micro-organismes qui peuplent ses eaux sont détruits, toute la chaîne alimentaire sera alors touchée, des huîtres aux crevettes, en passant par les oiseaux. Un désastre écologique bien sûr, mais aussi économique dans un État pour lequel l'industrie halieutique représente 2,4 milliards de dollars par an.
    Ne pouvant que constater l'arrivée du pétrole dans les marais, écologistes et scientifiques s'alarment du temps qu'il faudra à ces écosystèmes fragiles pour se remettre de la marée noire. "Cela va avoir un énorme impact pour des années, si ce n'est des décennies" explique John Hocevar, biologiste chez Greenpeace.
    Alors que dans les marais, les opérations de décontamination et de nettoyage ont commencé, il pourrait être envisagé si cela n'est pas suffisant, de brûler les endroits souillés. "Nous l'avons déjà fait par le passé, c'est une tactique acceptable pour enlever le pétrole. Mais on ne peut le faire qu'une seule fois", a précisé le capitaine des garde-côtes Edwin Stanton, assurant que "la végétation des marais repoussera ensuite".
    Un avis que ne partage pas LuAnn White, scientifique à l'Université Tulane de La Nouvelle-Orléans, qui estime pour sa part que cette solution "pourrait causer plus de dommages que si on laissait le pétrole se dégrader naturellement".

     
     
     
     
     
     
     
     
     
    En Louisiane, la marée noire arrive et la colère monte
    LE MONDE | 22.05.10 | 12h45  •  Mis à jour le 22.05.10 | 12h45
    Washington Correspondante

    ne première plage a été fermée, vendredi 21 mai, en Louisiane, par la municipalité de Grand Isle, à 150 km au sud de la Nouvelle-Orléans. Un mois après le naufrage de la plate-forme Deepwater Horizon, l'inexorable est arrivé sur les côtes, sous la forme de langues gluantes d'un liquide couleur chocolat.

     

    Selon les autorités, 80 km de plages, de bayous et de marécages sont maintenant pollués, alors que la fuite n'a toujours pas été colmatée et que l'entreprise BP a repoussé sa nouvelle tentative de sauvetage high-tech à mardi 25 mai au plus tôt.

    Après le dôme de confinement, et le tube aspirant, la compagnie a promis d'essayer le "Top Kill" : une procédure qui verra l'injection de ciment pour sceller le puits. L'exercice est périlleux en raison de la profondeur (1 500 m) et de l'énorme pression nécessaire pour renverser le gaz.

    Parallèlement, la colère a nettement monté à Washington contre l'attitude de la compagnie britannique et l'impuissance du gouvernement. Après dix jours de requêtes, BP a enfin transmis au Congrès les vidéos tournées 24 heures sur 24 par ses robots sous-marins. La commission de l'énergie de la Chambre des représentants a posté les images sur son site. Celui-ci a été pris d'assaut. Les spectateurs ont pu s'apercevoir que, malgré le "succès" du tube aspirant, de gros bouillons continuent à s'échapper au fond du Golfe.

    Jeudi, BP a dû admettre que les chiffres que ses spécialistes avaient mentionnés - un écoulement de 5 000 barils par jour, soit 800 000 litres - étaient nettement sous-évalués. L'administration Obama a répondu en créant un groupe de travail chargé d'évaluer les quantités diffusées. Celui-ci ne comporte aucun membre de BP. Il devrait fournir une évaluation dans quelques jours.

    TRANSPARENCE

    La Maison Blanche a dû aussi écrire à BP pour demander plus de transparence : diffuser, par exemple, les relevés de pollution marine et atmosphérique. Le New York Times a montré, vendredi, que la compagnie faisait analyser les prélèvements effectués dans les municipalités par un laboratoire travaillant notamment pour l'industrie pétrolière, dont BP.

    Un différend oppose également l'Agence pour la protection de l'environnement (EPA) au géant du pétrole sur la nature des produits dispersants utilisés en quantité astronomique (2,27 millions de litres) pour fragmenter la nappe et faciliter son évaporation. L'EPA a donné 24 heures à BP pour cesser de répandre du Corexit, produit nocif interdit il y a plus de dix ans en Angleterre, mais des stocks sont déjà arrivés en quantité en Louisiane, et BP a indiqué qu'elle allait continuer, faute d'une meilleure option pour l'instant.

    Bousculé - un phénomène assez rare - par la presse, le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a eu peine à convaincre que le gouvernement faisait "tout ce qui est humainement et technologiquement possible" pour arrêter l'écoulement. "Nous sommes confrontés à un désastre dont la magnitude n'a jamais été vue dans le golfe du Mexique", a-t-il justifié.

    Barack Obama a, lui aussi, senti qu'il était nécessaire de s'expliquer. Plutôt qu'à la réforme financière, il a consacré son intervention hebdomadaire à la marée noire. Il a assuré que la réponse du gouvernement était à la hauteur, avec 24 000 personnes, plus de 1 000 bateaux et "les meilleurs esprits" du pays. Il a nommé les deux responsables de la commission d'enquête sur les forages pétroliers : Bob Graham, ancien sénateur de Floride, hostile aux forages, et William Reilly, un ancien administrateur de l'EPA et président émérite du WWF, le fonds mondial pour la nature.


    Corine Lesnes
    Article paru dans l'édition du 23.05.10

     

    Marée noire : 492 millions de litres de pétrole déjà déversés

    Le pétrole continue de fuir dans le Golfe du Mexique, atteignant des volumes inimaginables. Un biologiste estime que la marée noire ménage des surprises pour l'avenir.


    En un mois, il s'est déversé dans la mer 492 millions de 
litres de pétrole (AFP) En un mois, il s'est déversé dans la mer 492 millions de litres de pétrole (AFP)

    Le pétrole continue de fuir quotidiennement dans le Golfe du Mexique, atteignant des volumes inimaginables.

    Il s'est ainsi déversé dans la mer, en un mois, environ 492 millions de litres de pétrole. S'il remplissait des bouteilles de lait de 3,8 litres, alignées bord à bord, le fuel aurait couvert en un moisla distance de New York à Buenos-Aires, aller-retour, 18.184 km, estiment des chercheurs.

    Si le contenant était un gymnase avec un terrain de basket, il en remplirait 102.

     

    Des surprises pour l'avenir

    Même s'il y a cinq milliards de gouttes d'eau pour une de pétrole dans le Golfe du Mexique, c'est déjà trop pour l'écosystème, estime Darryl Felder, biologiste à l'université Lafayette de Louisiane. D'autant qu'une bonne part va recouvrir des couches profondes, comme s'il se glissait sous le tapis, ménageant des surprises pour l'avenir, prévient le chercheur.

    BP annonce retirer quotidiennement 795.000 litres, autant qu'il s'en déverse. D'après la compagnie, la moitié de ce qui fuit dans la nature est du gaz.

    Marée noire: les projets de Shell en Alaska sur la sellette

    De Rob WOOLLARD (AFP) – Il y a 22 heures

    LOS ANGELES — La marée noire qui s'abat sur les plages du sud des Etats-Unis suscite des craintes à l'autre bout du pays, en Alaska, où des travaux d'exploration pétrolière doivent démarrer rapidement au large d'un Etat qui a déjà connu les dégâts causés par le pétrole.

    Dans le collimateur des écologistes: des projets de forage de Shell en mer de Beaufort (au nord de l'Alaska) et en mer des Tchouktches, au nord du détroit de Béring.

    A Washington, le secrétaire à l'Intérieur, Ken Salazar, responsable des ressources naturelles, doit donner son feu vert à partir du 28 mai, une fois rendu un rapport sur la sécurité du projet commandé par l'administration Obama.

    Le groupe anglo-néerlandais a reçu un coup de pouce la semaine dernière quand la justice a rejeté une plainte d'écologistes visant l'autorisation préliminaire accordée par le Service de gestion minier (MMS). Cet organisme, accusé de laxisme envers l'industrie pétrolière, est sur la sellette à la suite de la marée noire dans le golfe du Mexique et vient d'ailleurs d'être scindé par M. Salazar pour réduire les risques de collusion avec les pétroliers.

    Pour les écologistes, une catastrophe comme celle de l'explosion de la plateforme qui s'est produite le 22 avril au large de la Louisiane aurait des conséquences encore plus dramatiques au nord du cercle polaire, où le froid, le vent et l'éloignement compliqueraient à l'extrême les opérations de secours.

    Le site proposé par Shell à l'ouest de l'Alaska se trouve à 400 km du quai le plus proche, contre 75 km dans le cas de la plateforme de BP qui a coulé dans le golfe du Mexique, fait valoir Cindy Shogan, directrice de l'association Alaska Wilderness League.

    Si une trentaine de navires de nettoyage ont pu intervenir dans les 24 heures au large de la Louisiane, il n'y en aurait qu'une dizaine présents dans tout l'Arctique, avec une capacité de pompage sept fois plus faible, affirme-t-elle.

    Dans ses plans de secours, Shell assure pouvoir déployer dans l'heure suivant une éventuelle explosion de plateforme un "couvercle" géant qui colmaterait une fuite d'hydrocarbures. Des produits dispersants seraient immédiatement répandus sur la nappe de pétrole, tandis que des plongeurs et des robots submersibles seraient mobilisés.

    Mais pour Rebecca Noblin, directrice pour l'Alaska du Centre pour la diversité biologique, ces plans "ignorent totalement les dangers de l'environnement arctique". Shell "essaie de faire croire qu'il serait plus facile de nettoyer une marée noire dans des eaux glacées: ça ne tient pas debout", assène-t-elle.

    "En cas de marée noire, il serait extrêmement difficile de mobiliser les hommes, les bateaux et les hélicoptères nécessaires. Il faudrait acheminer les gens en avion. Et même comme ça, on ne saurait où les loger", avertit Mme Noblin.

    Une nouvelle catastrophe écologique serait dramatique pour les populations locales et la faune dans un Etat où sont encore visibles les conséquences de la marée noire de l'Exxon Valdez, le pétrolier qui a déversé 41 millions de litres de brut au sud de l'Alaska en 1989.

    "Les ours polaires sont déjà en difficulté. Une marée noire pourrait les faire passer de la survie à l'extinction", redoute Mme Noblin.

    Martha I Falk, représentante de la tribu des Inupiat, vient d'observer les opérations de secours dans le golfe du Mexique. "Dans l'Arctique, il n'y a pas de technologie prouvée pour répondre à une marée noire", a-t-elle déclaré jeudi lors d'un point de presse à Washington. "Nos baleines, nos phoques, nos ours et tout l'écosystème seraient frappés".

     

    Publié le 22 mai 2010 à 08h43 | Mis à jour à 08h46

    Marée noire: «il n'y avait rien de prévu en cas d'accident»


    Dossiers»

    Marée noire aux États-Unis

     

    Marée noire aux États-Unis

    L'une des pires marées noires de l'histoire des États-Unis menace les côtes de la Louisiane. Suivez le développement de cette «catastrophe nationale» et ses conséquences désastreuses pour l'environnement. »

    L'ancienne ministre française de l'Environnement Corinne Lepage, 
l'une... (Photo: Charles Platiau, Reuters)

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    L'ancienne ministre française de l'Environnement Corinne Lepage, l'une des premières avocates de France à pratiquer le droit de l'environnement.

    Photo: Charles Platiau, Reuters

    Laura-Julie Perreault
    La Presse

    Alors que, un mois après l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon, le pétrole continue de se répandre dans le golfe du Mexique, La Presse a demandé à Corinne Lepage, ancienne ministre française de l'Environnement, de revenir sur les événements.

    Q Comment peut-on expliquer que la marée noire ne soit pas encore maîtrisée un mois après l'explosion?

    R Selon ce que l'on peut comprendre, il y a plusieurs raisons. D'abord, il n'y avait rien de prévu en cas d'accident. Puisqu'il n'y avait rien de prévu, rien n'était en place et il a fallu improviser.

     

    Deuxièmement, il est étonnant de constater que ce qu'a cherché BP, ce n'est pas d'arrêter la fuite pour arrêter la fuite, mais de trouver un système qui va lui permettre à la fois d'arrêter la fuite et de récupérer le pétrole. De telle sorte qu'il n'a jamais été question de remettre au goût du jour le choix qui avait été privilégié au moment de l'incident d'Ixtoc 1 (NDLR: l'explosion de cette plateforme de forage, en 1979, avait déversé 600 000 tonnes de pétrole brut dans le golfe du Mexique). À cette époque, le puits qui fuyait a été noyé sous le béton. Dans le cas qui nous intéresse aujourd'hui, il n'en a jamais été question. Peut-être que, techniquement, ce n'est pas possible, mais je suis étonnée que ce ne soit pas envisagé. Ça avait très bien marché.

    Q Voyez-vous de la mauvaise foi dans la manière dont BP gère la crise, notamment en déployant de grands vases de béton qui doivent récupérer le pétrole?

    R Non, il n'est pas question de mauvaise foi, mais on voit que la priorité est de pouvoir gagner encore un peu d'argent, même si c'est au détriment de la situation en général, et ça, je trouve ça scandaleux.

    Q En disant cela, n'accusez-vous pas BP de négligence?

    R Ce que je dis est peut-être une accusation grave, je n'en sais rien. Mais convenez que c'est étonnant de voir qu'on cherche des solutions pour pomper le pétrole avec une espèce de puits, et ce, même si ça ne fonctionne pas. Ça m'apparaît une drôle de façon de régler le problème. Je le dis sans agressivité, mais avec un certain étonnement.

    Q Comme avocate, vous avez plaidé dans deux grandes causes de marée noire. Y a-t-il des leçons que nous aurions dû apprendre du passé?

    R Je crains que nous n'ayons pas beaucoup tiré de leçons du passé, mais ce n'est pas le cas des sociétés pétrolières. Si elles ont tiré une leçon, c'était de revoir comment elles allaient s'organiser pour ne pas avoir à payer au prochain accident. À la suite de l'affaire de l'Amoco Cadiz (NDLR: un pétrolier qui a sombré au large des côtes bretonnes en 1978), les pétroliers ont décidé qu'ils ne seraient plus propriétaires des bateaux, mais affréteurs. Pourquoi? Pour échapper à la jurisprudence, qui, dans le cas de l'Amoco Cadiz, a condamné la société mère (Amoco). Cela a conduit à la situation actuelle, qui a fait qu'en France, dans l'affaire de l'Erika (NDLR: pétrolier qui a sombré au nord de la France en 1999), que j'ai plaidée il y a quelques mois, la société pétrolière Total a été condamnée pour responsabilité pénale, ce qui est grave, mais n'a pas été condamnée à payer quoi que ce soit parce que la Convention internationale sur la responsabilité civile sur le fait des pollutions exclut la responsabilité des affréteurs. C'est extravagant, mais c'est comme ça.

    Q Craignez-vous qu'un tel scénario se reproduise dans le cas de la marée noire du golfe du Mexique et que les victimes aient de la difficulté à se faire indemniser?

    R La loi en place est différente. On ne parle pas ici de pollution de mer par bateau, mais de pollution de mer par plateforme. Dans ce cas, c'est l'Oil Pollution Act qui joue et c'est un texte qui est apparu après l'Exxon Valdez. Cette fois, le propriétaire de la plateforme est responsable, mais avec un plafond extrêmement bas, de 75 millions. Le président Obama veut changer la loi pour que le plafond soit plus haut, mais il semble avoir de la difficulté.

    Pour le moment, je trouve déplorable que la société pétrolière BP et l'opérateur de la plateforme, Transocean, se renvoient la balle pour savoir qui est responsable. Ce genre de bataille peut avoir des effets terribles sur les victimes qui, dans certains cas, ont attendu jusqu'à 15 ou 20 ans pour recevoir une compensation.

    Q Vous avez été ministre de l'Environnement et avez eu à légiférer dans le domaine. Selon vous, l'administration américaine utilise-t-elle tous les leviers qui sont à sa disposition pour régler cette crise?

    R Vu de l'extérieur, j'ai le sentiment que le président n'est pas libre de faire ce qu'il voudrait. En général, je n'ai pas le sentiment que l'administration américaine jusqu'à présent a été d'une vigueur particulière pour le contrôle des platesformes offshore.

    Q Un de vos principaux chevaux de bataille ces jours-ci est l'instauration d'une cour pénale internationale pour l'environnement. Comment fonctionnerait une telle cour?

    R Les cours des différents pays ne peuvent intervenir que s'il y a de la pollution locale, des enjeux locaux. Sur la mer internationale, on aurait besoin d'une cour qui a juridiction. Dans les pays où la justice ne fonctionne pas et où les cas de pollution ne font jamais l'objet de procès, ce serait utile. Troisièmement, une cour de ce genre aurait l'avantage de permettre les poursuites quand il y a des catastrophes d'envergure planétaire. Je pense à une affaire comme Bhopal, qui, après 25 ans, n'a toujours pas été jugée.

    Q Cette cour pénale aurait-elle juridiction dans le cas de la marée noire du golfe du Mexique?

    R Pour le moment, les dégâts sont aux États-Unis et concernent les cours américaines, mais si ça touchait d'autres pays, une telle cour pourrait être utile.

     

    Experte en marées noires

    Les marées noires, l'ancienne ministre française de l'Environnement Corinne Lepage s'y connaît. Une des premières avocates de l'Hexagone à avoir choisi de pratiquer le droit de l'environnement, elle a représenté des victimes des marées noires causées par l'Amoco Cadiz en 1978. Ces jours-ci, elle plaide dans le procès entourant le naufrage de l'Erika au large des côtes bretonnes en 1999. Parallèlement, elle est députée au Parlement européen et vient de publier un essai intitulé Sans le nucléaire, on s'éclairerait à la chandelle, dans lequel, avec son mari Jean-François Bouvet, elle dénonce les scientifiques qui mettent leur talent au service d'intérêts privés. - Laura-Julie Perreault

     

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    De nouvelles galettes de pétrole repérées en Louisiane et au Mississippi

    LEMONDE.FR avec AFP | 16.05.10 | 10h35  •  Mis à jour le 16.05.10 | 13h16

     

    e nouvelles galettes de pétrole ont été repérées samedi en Louisiane, alors que BP, qui essaie toujours de canaliser la fuite de brut au fond du golfe du Mexique, a été pressé par Washington de préciser ses intentions sur la prise en charge de la pollution.

    Plus de trois semaines après l'explosion, puis le naufrage, de la plateforme Deepwater Horizon, des boulettes d'or noir ont été retrouvées à au moins deux nouveaux endroits : à Whiskey Island, en Louisiane, et à Long Beach, au Mississippi, selon un porte-parole des garde-côtes, Erik Swanson.

     

    Au moins 800 000 litres de pétrole continuent à se déverser tous les jours dans la mer selon les estimations officielles, 5 à 20 fois plus selon des experts et BP, qui exploitait la plateforme, n'est toujours pas parvenu à colmater la fuite à 1 500 m de profondeur. Des scientifiques de plusieurs universités interrogés par le New York Times ont découvert "une quantité abominable de pétrole dans les profondeurs", sur une centaine de mètres, laissant supposer des estimations bien en deça de la réalité.

    Le géant britannique a commencé vendredi à raccorder au puits un tube relié à un pétrolier, mais les opérations posent plus de difficultés que prévu, a indiqué un porte-parole de BP, John Crabtree. "Nous espérions que cela allait être opérationnel la nuit dernière", a-t-il avoué. "C'est un procédé vraiment compliqué et cela n'a jamais été fait auparavant", a dit un autre porte-parole du groupe, Mark Proegler, estimant qu'il avait été "très optimiste de dire qu'il serait opérationnel dès la nuit dernière."

    BP DANS LE COLLIMATEUR DE WASHINGTON

    Au lendemain de la colère de Barack Obama, qui a accusé les dirigeants des trois compagnies impliquées dans le naufrage de la plateforme d'avoir présenté devant le Congrès "un spectacle ridicule" en se renvoyant la responsabilité de la catastrophe, BP s'est à nouveau retrouvé dans le collimateur de Washington.

    Dans une lettre adressée samedi au directeur général du groupe britannique, le secrétaire aux affaires intérieures Ken Salazar et la secrétaire à la sécurité intérieure Janet Napolitano ont pressé la compagnie pétrolière de préciser ses "vrais intentions" concernant la prise en charge des indemnisations liées à la marée noire. BP a en effet annoncé mardi devant le Congrès qu'il verserait aux victimes de la marée noire du golfe du Mexique une somme supérieure au plafond de 75 millions de dollars prévu par la loi. "

    Pour répondre à ce qui semble être la pire marée noire de l'histoire des Etats-Unis, Washington a dépêché sur les côtes de Louisiane, du Mississippi, de l'Alabama et de Floride plus de 13 000 personnes, qui sont assistées par des milliers de bénévoles, ainsi que par des pêcheurs recrutés par BP pour notamment installer des kilomètres de bouées.

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    LE TELEGRAMME

    Marée noire en Louisiane. Fort Jackson se mobilise et la colère gronde

    17 mai 2010 à 16h08

    L'allégresse du concert géant de soutien aux pêcheurs organisé ce week-end à La Nouvelle-Orléans cache mal la colère qui gronde en Lousiane. Alors que la conscience du désastre grandit, le sentiment que British petroleum se moque du monde se répand aussi sûrement que la nappe de pétrole. Chez BP, pourtant, la mobilisation ne faiblit pas. Et à Fort Jackson, on se prépare à sauver la faune sauvage. Témoignages de volontaires.

     

  •  Marée noire en Louisiane . Fort Jackson se mobilise et la colère 
gronde
  • Jay, Erica et Sharon font partie des dizaines de volontaires mobilisées à Fort Jackson. Comment voient-ils l’avenir ? De manière sombre....

    Jay, ancien de l’Erika, redoute un ouragan
    Jay Holcomb, directeur du Centre International de Recherche et de Secours des Oiseaux : « J’étais en Bretagne lors de la marée noire de l’Erika. J’en garde un souvenir terrible. Tous ces oiseaux mazoutés... Ici, à la différence de la Bretagne, nos oiseaux sont sur les plages ou dans les terres du littoral plutôt que sur les rochers ou sur la mer. C’est a priori plus facile donc de les sauver mais bon… Vu l’ampleur de la catastrophe, on s’attend à du dégât ici aussi ! Le pire scénario serait que l’étalement du pétrole dure encore des semaines et des semaines et qu’il finisse par y avoir un ouragan là-dessus. Je ne vous dis pas la catastrophe générale que cela provoquerait. Tout ce pétrole disséminé sur les rives et à l’intérieur de la Louisiane… ».

    Erica croit en la boite vocale 
    Erica Miller, vétérinaire à Fort Jackson : « On a sauvé plusieurs oiseaux ici depuis mon arrivée il y a deux semaines. Cela prend plus ou moins de temps pour les nettoyer. Tout dépend de leur taille en fait. Plus ils sont grands, plus c’est long. Notre plan de secours aux oiseaux me semble plutôt bien pensé. On a mis en place une boîte vocale où toute personne qui voit un oiseau en difficulté sur le littoral ou en mer peut passer un coup de fil rapidement sur cette boite. Une fois le message réceptionné, on envoie notre équipe sur place. J’ai déjà travaillé sur la précédente marée noire du Golfe du Mexique en 2005. La nappe était beaucoup plus petite que celle-ci et on avait perdu 500 oiseaux. Là, on redoute que l’ampleur du désastre soit tout autre ».

    Sharon veut que ça s’arrête
    Sharon K. Taylor, membre de l’Unité de la Vie Sauvage du Département de l’Intérieur : « On a reçu ce samedi la visite de Ken Salazar, le secrétaire du Département de l’Intérieur. Il voulait voir comment nous nous préparions. C’est un signe que les autorités sont auprès de nous. Ici, à Fort Jackson, il y a de 10 à 100 personnes mobilisées tous les jours depuis que nous sommes installés. On dispose de 30 bateaux dans les marinas de Venice et de la Nouvelle-Orléans prêts à se rendre sur zone dès qu’un oiseau ou une tortue est trouvé. J’ai déjà travaillé sur la marée noire du Cosco Busan, un bateau qui avait heurté le pont de la baie de San Francisco il y a deux ans. Mais là, c’est pire cette attente. On veut tous que ça s’arrête ».

     LaDepeche.fr

     

    Marée noire en Louisiane : ce sera pire que prévu

    louisiane

    Pour lutter contre la
 marée ç venir des centaines de bénévoles déploient des barrages 
flottants pour préserver les côtes de la Louisiane./Photos AFP.

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déploient des barrages flottants pour préserver les côtes de la 
Louisiane./Photos AFP.

    Une nappe de pétrole de 16 km de long et 5 km de large, c'est la marée noire vue du ciel. Mais il y a désormais pire comme la catastrophe semble virer inéluctablement au désastre sans précédent. Des scientifiques embarqués depuis le 3 mai dernier sur un navire de recherches, ont ainsi découvert la présence d'énormes quantités de brut, à grande profondeur et sur plusieurs niveaux dans le golfe du Mexique. Cela laisse donc supposer que le flux visqueux s'échappant du puits de la plateforme Deepwater Horizon, est bien plus important que les estimations annoncées depuis l'explosion, lesquelles évaluaient à 800 000 litres la perte quotidienne du pétrole exploité par BP, depuis trois semaines. Elle serait en fait de 8,9 à 13 millions de litre par jour, selon les chercheurs.

    Face à un tel désastre qui entraînerait l'asphyxie quasi programmée de la faune et de la flore marine, dans les deux mois, faute d'oxygène dans l'eau, les autorités américaines et les pêcheurs explorent toutes les pistes pour lutter contre la marée noire. Pour Edwin Stanton, le patron des gardes côtes, le Mississipi demeure ainsi « le meilleur ami » de la Louisiane. Son débit pouvant atteindre jusqu'à 20 000 mètres cubes/seconde, « il pousse le pétrole et le garde loin du delta » explique-t-il. Les autorités ont donc décidé d'ouvrir les vannes de centaines de canaux qui lui sont reliés afin d'augmenter son débit.

    Une décision d'apprentis sorciers, selon les écologistes et les pêcheurs, alors que poissons et crustacés sont en pleine période de reproduction et que ce flot repousserait les juvéniles directement dans la marée noire. Autre danger : cette eau, non traitée, serait aussi chargée de produits chimiques agricoles. Quant à l'usage actuel de dispersant en profondeur, dans la mer, il ne sera pas sans impact non plus… tandis que les barrages flottants installés pour tenter de juguler la pire marée noire qu'aient connue les États-Unis semblent toujours dérisoires, même si plus de 13 000 personnes ont été dépêchées sur les côtes de Louisiane, du Mississipi, de l'Alabama et de la Floride, aidées de milliers de bénévoles pour installer des kilomètres de bouées.

    Exaspéré, le président Barack Obama a dénoncé « le spectacle ridicule » des dirigeants des trois compagnies impliquées et BP est toujours dans le collimateur de Washington qui attend des promesses d'indemnisation claires de toutes les victimes et, surtout, un colmatage de la fuite. Peut-être dans huit jours. Au mieux.

    La catastrophe subie par le golfe du Mexique est sans précédent. Véritable « iceberg » pétrolier, la nappe s'étend en longueur mais aussi en profondeur. Le président Barack Obama ne cache plus sa colère et l'on évoque maintenant le Mississipi contre la marée noire.


    Le chiffre : 14

    14 fois plus importante. Trois experts ont estimé que la fuite était 14 fois plus importante que l'estimation officielle de 800 000 litres par jour.

    « Il est évident que le système a échoué gravement. »

    Barack Obama, président des États-Unis à propos des relations existant depuis plus d'une décennie entre les compagnies pétrolières et l'agence fédérale autorisant les forages.


    Une lueur d'espoir

    Le groupe pétrolier BP est parvenu pour la première fois à pomper du pétrole s'échappant du puits situé dans le golfe du Mexique grâce à un conduit relié à un bateau en surface, ont annoncé hier les autorités américaines.

    Le conduit, que le groupe britannique tentait d'installer depuis vendredi, a « été testé avec succès et inséré dans le puits qui fuit, recueillant un certain volume de pétrole et de gaz », a indiqué le centre de commandement des opérations de secours dans un communiqué.

    Le pétrole a été stocké à bord d'un navire de forage se trouvant à 1 500 m du plancher océanique, tandis que le gaz naturel a été brûlé à la surface, selon la même source.

    Le test a toutefois été écourté car le tube s'est déplacé de son ancrage, ce qui est « décevant » mais pas surprenant, ont affirmé les autorités américaines, soulignant qu'une telle opération n'avait jamais été testée jusqu'à présent à de telles profondeurs.

    Depuis vendredi les ingénieurs de BP, aidés par des sous-marins télécommandés, tentaient d'introduire le tube de 15 cm de diamètre dans le puits d'une cinquantaine de centimètres de large.

     

     

    Marée noire : le pire reste invisible

    Par TF1 News (D'après agence), le 16 mai 2010 à 06h49, mis à jour le 16 mai 2010 à 07:05

     

    En surface, la nappe de pétrole s'étend dans le golfe du Mexique. Mais à grande profondeur, le brut s'accumule aussi en quantités énormes, avec des conséquences potentiellement catastrophiques.

    Vue par satellite de la marée noire dans le golfe du Mexique (15 mai 2010) © www.nasa.gov

    Les efforts se poursuivent fébrilement depuis des jours, en mer comme à terre, pour lutter contre la marée noire dans le golfe du Mexique. Mais une grande partie des dégâts échappe sans doute encore à la vue. Ce n'est que tout récemment que des scientifiques de plusieurs universités, travaillant à bord d'un navire de recherches, le Pelican, qui avait quitté Cocodrie, en Louisiane, le 3 mai, ont découvert la présence d'énormes nappes de pétrole à grande profondeur. Ce qui laisse supposer que la quantité de pétrole s'échappant du puits pourrait être bien pire que les précédentes estimations, selon le New York Times. Les nappes, d'une épaisseur d'une centaine de mètres, font 16 km de long et 5 km de large, précise le quotidien.

     

    "Il y a une quantité abominable de pétrole dans les profondeurs en comparaison avec ce vous voyez à la surface. Il y a une énorme quantité de pétrole sur plusieurs couches, qui s'étagent sur trois, quatre ou cinq niveaux", indique le New York Times, citant une chercheuse de l'université de Géorgie, Samantha Joye. Et ces nappes sont en train priver le golfe du Mexique d'oxygène avec pour risque de tuer la majorité de la faune marine dans la zone, indique le journal. Selon la chercheuse, la quantité d'oxygène aurait déjà baissé de 30% près de ces nappes. Si cela continue, a-t-elle poursuivi, "vous pourriez avoir de l'oxygène à un niveau très bas qui mettra en danger la vie des animaux dans les deux mois. C'est alarmant".

    Une série de grandes taches de pétrole

    Pendant ce temps, en surface, la marée noire s'étend toujours un peu plus dans le golfe du Mexique. Et il devient de plus en plus difficile de lutter contre elle, alors que la source de la nappe est toujours ouverte en grand. Comme le montrent les vues aériennes, l'or noir qui menace les côtes américaines n'a pas coagulé en un vaste ensemble. Il forme une série de taches séparées qui évoluent entre le chapelet des plateformes pétrolières du golfe. De différentes tailles, ces bandes assez droites sont parfois difficiles à distinguer des flots qui les charrient, compliquant le travail des quelque 13.000 personnes déployées par les autorités américaines dans les Etats de Louisiane, du Mississippi, de l'Alabama et de Floride. Il faut aller à 80 kilomètres au sud de la Louisiane, à la verticale du puits d'où s'échappent chaque jour des milliers de litre de brut, pour trouver de grosses taches noires foncées, elles aussi séparées les unes des autres.

    Toutes ces observations laissent présager une possible révision spectaculaire de l'importance de la fuite par les experts qui tentent de l'évaluer. Selon la radio publique NPR, trois d'entre eux, utilisant des techniques différentes, ont estimé qu'elle était 14 fois plus importante que l'estimation officielle de 800.000 litres par jour. La marée noire serait donc déjà la pire catastrophe écologique de l'histoire des Etats-Unis, devant celle de l'Exxon Valdez en Alaska en 1989.

    BP a contesté ces analyses, affirmant qu'il n'existait pas de méthode fiable pour calculer le flux d'hydrocarbures. Mais le directeur d'exploitation du groupe a par ailleurs reconnu que l'écoulement ne pourrait sans doute pas être maîtrisé avant plusieurs jours encore, alors que BP tente depuis trois semaines déjà d'empêcher le brut de se répandre, essayant notamment sans succès de poser un "couvercle" sur la fuite. Depuis le début de la crise, du dispersant a aussi été utilisé en profondeur à la source de la fuite pour limiter l'impact de la marée noire. Vendredi, des experts mandatés par les autorités américaines ont donné leur feu vert à cette pratique qui inquiète les écologistes. De son côté, Barack Obama a remarqué "qu'il y a eu des informations différentes ces derniers jours sur l'importance de la fuite", mais a souligné que "ce qui est vraiment important, c'est qu'il y a du pétrole qui fuit, et il faut le stopper, le stopper le plus vite possible".

    Par TF1 News (D'après agence)le 16 mai 2010 à 06:49
     
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    Marée noire : les Etats-Unis en état d'urgence


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    Marée noire : d'immenses poches de pétrole souterraines détectées

    La quantité de pétrole qui s'échappe du puits exploité par BP au large des côtes de la Louisiane pourrait être bien supérieure aux estimations, selon des scientifiques. Washington presse la compagnie pétrolière britannique de trouver une solution, au moins pour indemniser les victimes.

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    16.05.2010, 08h18 | Mise à jour : 11h36

    Des scientifiques ont découvert la présence d'énormes nappes de pétrole à grande profondeur dans le golfe du Mexique, laissant supposer que la quantité de pétrole s'échappant du puits exploité par BP pourrait être bien pire que les précédentes estimations de 800 000 litres de brut par 24 heures.

    Selon le New York Times, les nappes sont immenses, l'une mesurant même une centaine de mètres d'épaisseur, sur 16 km de long et 5 km de large. <btn_noimpr> </btn_noimpr>

    Elles ont été découvertes par des scientifiques de plusieurs universités, travaillant à bord d'un navire de recherches qui avait quitté Cocodrie, en Louisiane, le 3 mai.

     «Une quantité abominable de pétrole dans les profondeurs»

    Exploitée par BP, la plate-forme Deepwater Horizon a sombré à 80 km des côtes de Louisiane le 22 avril après une explosion et quelque 800 000 litres de brut se déversent depuis quotidiennement dans les eaux du golfe du Mexique. «Il y a une quantité abominable de pétrole dans les profondeurs en comparaison avec ce vous voyez à la surface. Il y a une énorme quantité de pétrole qui s'étagent sur trois, quatre ou cinq niveaux», indique le NYT, citant une chercheuse de l'université de Géorgie, Samantha Joye.

    Or ces poches gluantes pompent l'oxygène présent dans l'eau avec pour risque de tuer la majorité de la faune marine dans le golfe du Mexique. La quantité d'oxygène aurait déjà chuté de 30 % autour de ces nappes sous-marines. 

    Et c'est sans mesurer l'effet du pétrole de surface qui touche les côtes. De nouvelles galettes de pétrole ont été repérées samedi en Louisiane et dans le Mississippi, plus de trois semaines après l'explosion, puis le naufrage, de la plateforme Deepwater Horizon, et malgré la construction de digues à toute vitesse par des réservistes de l'armée américaine. Des crevettes mazoutées ont aussi été attrapées par un chalutier au large de la Louisiane. La pêche, qui a rouvert il y a quelques jours, pourrait être de nouveau suspendue avec l'approche de centaines de bandes noires et poisseuses. 

    BP sommée d'indemniser les victimes

    Pour endiguer la fuite, après avoir vainement essayé de la mettre sous cloche, la compagnie BP tente un nouvelle solution. Vendredi, les ingénieurs ont raccorder au puits un tube relié à un pétrolier. Le raccordement n'est toujours pas effectif, au lendemain de la colère de Barack Obama, qui a accusé les dirigeants des trois compagnies impliquées dans le naufrage de la plateforme d'avoir présenté devant le Congrès «un spectacle ridicule» en se renvoyant la responsabilité de la catastrophe.

    Deux ministres ont écrit au géant britannique pour le sommer d'indemniser les victimes de la marée noire. «Les gens ont droit à une explication claire sur les engagements de BP à réparer tous les dégâts qui ont été occasionnés ou qui le seront», écrivent au directeur général de BP, Tony Hayward, le secrétaire aux Affaires intérieures Ken Salazar et la secrétaire à la Sécurité intérieure Janet Napolitano.

    Surtout que, soulignent-ils, le groupe pétrolier a dit publiquement qu'il assumerait tous les coûts associés à la lutte contre la marée noire et au nettoyage de la pollution. BP a en effet annoncé mardi devant le Congrès qu'il verserait aux victimes de la marée noire du golfe du Mexique une somme supérieure au plafond de 75 millions de dollars prévu par la loi. «Pour être sûrs que nous avons bien compris, nous vous demandons une clarification publique immédiate des vraies intentions de BP», concluent les deux ministres.

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    Marée noire : les Etats-Unis en état d'urgence


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    Marée noire : BP pompe «jusqu'à 1000 barils» de pétrole par jour

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    C'est un premier succès pour la compagnie pétrolière BP depuis que la marée noire a touché le golfe du Mexique aux Etats-Unis. Lundi, le géant britannique dit avoir enregistré de «grands progrès» dans la lutte contre la marée noire grâce à un tuyau permettant de siphonner une partie du pétrole brut qui se déverse dans le golfe du Mexique. <btn_noimpr> </btn_noimpr>

    Le tuyau avait été testé dans la nuit de samedi à dimanche mais l'opération avait dû être écourtée car le conduit s'était déplacé de son ancrage.

    Le tube «est en marche depuis plus de 24 heures» et récupère jusqu'à «1 000» barils de brut (environ 160 000 litres) par jour, a expliqué Doug Suttles, un responsable de géant pétrolier britannique sur le chaîne d'information américaine CNN. Les hydrocarbures sont en fait absorbés grâce à un tube d'une dizaine de centimètres de diamètre inséré dans le conduit du puits gisant sur le sol marin à 1 500 m de profondeur. Le pétrole récupéré est ensuite stocké à bord d'un navire à la surface, à quelques 80 km des côtes de Louisiane (sud des Etats-Unis). 

    Seul un cinquième de la fuite est absorbé

    Ce dispositif ne permet toutefois de recueillir qu'un cinquième des 800.000 litres d'hydrocarbures (un chiffre donné par BP mais les quantités pourraient être bien plus importantes) qui se répandent quotidiennement dans la mer depuis le 22 avril. A cette date, une plateforme pétrolière a sombré en mer après avoir explosé, faisant onze disparus et provoquant une des plus graves marées noires de l'histoire. Toutefois, seules de petites quantités ont atteint les côtes américaines jusqu'à présent.
     
    «On espère pouvoir augmenter la quantité récupérée dans les prochaines 24 heures», a toutefois assuré Doug Suttles. Après l'échec de la mise en place d'un dôme sur le puits qui fuit, d'autres dispositifs doivent être mis en place pour colmater la fuite.

    Ce succès -relatif- permettra-t-il à BP de redorer son image? Visé par des manifestations aux Etats-Unis la semaine dernière, le groupe pétrolier a par ailleurs été la cible de critiques acerbes lors d'une concert organisé dimanche à La Nouvelle-Orléans au profit des organismes travaillant à la protection des bayous et des pêcheurs sinistrés.

    Lenny Kravitz se mobilise pour les pêcheurs

    Le groupe britannique «doit indemniser» les pêcheurs, a lancé à cette occasion le rockeur américain Lenny Kravitz. «L'argent que gagne (cette compagnie) est phénoménal. Et ça ne leur coûterait rien de s'occuper de ces gens».

    «Nous avons dit depuis le premier jour que nous assumerions la responsabilité de la marée noire, que nous ne nous cacherions pas derrière le plafond de 75 millions de dollars (NDLR : prévu par la loi américaine)», a-t-il assuré.

    «Nous signons (déjà) des chèques à ceux qui ont été touchés dans la zone de pêche pour qu'ils n'aient pas une traite en retard pour leurs bateaux ou leurs maisons», a expliqué Bob Dudley, un responsable de BP. 

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    France Info - Les 
nappes de pétrole qui flottent à la surface ne seraient que la partie 
émergée de l'iceberg... - (c) REUTERS/Rick Wilking

    Les nappes de pétrole qui flottent à la surface ne seraient que la partie émergée de l'iceberg...
    © REUTERS/Rick Wilking

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    oire : BP met en place un système de siphonnage
    France Info - 11:18

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    Près d’un mois après l’explosion de la plate-forme de forage au large de la Louisiane, BP semble avoir trouvé une solution pour endiguer le flot de pétrole : la compagnie a mis en place un système de siphonnage. L’administration américaine reste sceptique, tandis que les scientifiques affirment avoir repéré des nappes de pétrole sous-marines.

    Les conséquences écologiques de la marée noire ont-elles été sous-estimées ? C’est ce que pensent les scientifiques américains. Leur dernière découverte ravive les inquiétudes : sous la surface de l’eau, dans le golfe du Mexique, se cachent des gigantesques nappes de pétrole. Quatre ont été repérées pour le moment, et leurs dimensions sont impressionnantes : l’une de ces nappes s’étend ainsi sur 16 kilomètres de long et 1,6 kilomètre de large.

    Ces nappes vont-elles bientôt atteindre les côtes américaines ? Oui, répond Hans Graber. Selon cet expert de l’université de Miami, "c’est juste une question de temps et on va bientôt voir apparaître le premier niveau important de pétrole" sur certaines côtes.

      Des nappes de pétrole géantes ont été découvertes en profondeur - précisions de Michel Zerr, correspondant de France Info à Washington, avec Catherine Pottier  (1'55")
       

    La découverte de ces nouvelles nappes montre en tout cas que la fuite de pétrole serait supérieure à l’estimation de 800.000 litres par jour, retenue par la Maison Blanche. La pression s’accentue donc sur BP, qui n’est toujours pas parvenu à endiguer la fuite.

    Un tube introduit dans le puits accidenté

    Mais après avoir échoué à installer un couvercle de confinement sur le puits accidenté, la compagnie affirme avoir trouvé une solution efficace : pour la première fois depuis le début de la marée noire, le groupe pétrolier a réussi à pomper du pétrole s’échappant du puits, grâce à un système de siphonnage : un tube a été introduit par des robots dans le puits et permet de recueillir du pétrole et du gaz. "Cela fonctionne comme prévu et nous augmentons très lentement le débit de l’outil qui pompe vers la surface" affirme le vice-président de la compagnie pétrolière.

    L’administration américaine ne cache pas son scepticisme : "Cette technique n’est pas la solution au problème et on ignore dans quelle mesure cela peut réussir" déclare le gouvernement dans un communiqué.

    Parallèlement, BP poursuit ses préparatifs d’injection de boue dans le puits afin d’arrêter définitivement la fuite. Préparatifs qui devraient être terminés "d’ici sept à dix jours".

    Céline Asselot
    /05/10 17:08 3 réactions

     

     

     

    La marée noire menace des récifs de corail

     

    LA NOUVELLE-ORLEANS (AP) — Inquiétude pour les récifs de corail du golfe du Mexique. La marée noire provoquée par l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon menace certains de ces fragiles écosystèmes, tout comme l'usage de dispersants chimiques contre le pétrole.

    La fuite située à 80 kilomètres des côtes de Louisiane a déjà libéré des nappes sous-marines de brut dans une zone abritant des récifs, et les experts craignent maintenant que des courants n'emportent la pollution vers des barrières de corail situées au large de la Floride et du Texas.

    La profondeur de la fuite (1.500 mètres) et l'utilisation de 2,1 millions de litres de produits chimiques pour disperser le pétrole ont aidé à maintenir la nappe sous la surface. Ce qui contribue à protéger les espèces vivant en surface et sur les côtes, mais augmente le risque de dommages pour les récifs situés en eau profonde, qui sont des indicateurs-clés de la santé de la mer.

    "D'abord, nous nous sommes beaucoup inquiétés pour les animaux de surface comme les tortues, les baleines et les dauphins", souligne Paul Montagna, biologiste marin à l'université A&M du Texas, qui étudie les récifs du golfe. "Maintenant, nous nous inquiétons pour tout."

    Dimanche, des chercheurs ont rapporté que selon des modèles informatiques la nappe a rencontré un courant qui pourrait l'emmener vers l'archipel des Keys, troisième plus longue barrière de corail au monde, à la pointe sud de la Floride. Le pétrole se trouve actuellement à la lisière ouest des "Pinnacles, une zone de récifs de 100 kilomètres de long située à 40 kilomètres au nord de l'emplacement initial de Deepwater Horizon.

    Les Pinnacles avaient été pressenties pour intégrer un sanctuaire marin envisagé par l'Administration nationale américaine des océans et de l'atmosphère (NOAA) dans le golfe du Mexique. Cette zone protégée aurait permis de restreindre la pêche et l'exploitation pétrolière dans les alentours, mais le projet a été suspendu après les protestations véhémentes de parlementaires républicains, de pêcheurs et de l'industrie pétrolière.

    Les nappes de pétrole sous-marines d'une quinzaine de kilomètres de long découvertes sur les lieux de la catastrophe représentent un danger sans précédent pour l'environnement des profondeurs marines, souligne Samantha Joye, professeure de sciences marines à l'université de Géorgie.

    Les nappes sont grignotées par des micro-organismes à des centaines de mètres sous la surface, ce qui prive l'eau d'oxygène. "Le corail en eau profonde est abondant dans cette zone du golfe, et il a besoin d'oxygène. Sans cela, il ne peut survivre", explique Mme Joye.

    L'injection massive de dispersants chimiques dans les profondeurs de la mer pourrait aider à protéger les zones humides du littoral, mais aussi provoquer des dégâts sur la vie marine, selon les experts.

    En faisant couler le pétrole, les dispersants peuvent amener le brut à recouvrir des coraux et d'autres organismes des récifs, et ainsi à les étouffer, souligne Edward Van Vleet, de l'université de Floride du sud. Lorsque le pétrole dispersé est décomposé en gouttelettes plus petites, il est absorbé plus facilement par les petits organismes des récifs et peut ainsi les tuer ou les affecter, ajoute-t-il.

    Des études publiées en 2005 par l'Académie américaine des sciences (NAS) ont rapporté que le mélange pétrole-dispersants pouvait endommager la reproduction de certains coraux et provoquer des malformations chez leurs larves. Les travaux avaient conclu que les autorités devaient mener des études plus approfondies avant d'utiliser de quantités massives de dispersants.

    Selon les autorités, il est trop tôt pour prédire les dégâts que pourraient subir les récifs et d'autres habitats importants du golfe. A mesure que la nappe augmente, le pétrole se dirige vers d'autres récifs qui s'étendent à l'est, entre le site de la plate-forme naufragée et le Sanctuaire marin des Keys.

    Si le pétrole était transporté par le courant jusqu'aux Keys, situés à plus de 700 km, il menacerait alors l'une des zones naturelles sous-marines les plus importantes des Etats-Unis, ainsi que le tourisme, un secteur-clé pour cet archipel qui attire deux millions de visiteurs par an.

    Pour William Hogarth, de l'université de Floride du Sud, le courant ne devrait pas amener de pétrole sur les plages, mais il l'admet: "Nous sommes très inquiets pour les Keys." AP

    Marée noire : BP assure récupérer un cinquième de la fuite

     

     

    Le groupe britannique a repris le pompage du pétrole se déversant dans le golfe du Mexique. Il assure pouvoir récupérer un cinquième de la fuite, dont l'ampleur pourrait cependant être nettement sous-estimée.

    marée noire BP

    Lueur d'espoir dans le golfe du Mexique. BP a indiqué ce lundi qu'il avait repris le pompage du pétrole s'échappant de la plate-forme Deepwater, qui a sombré le 22 avril dernier suite à une explosion. Le groupe britannique assure pouvoir récupérer jusqu'à 1.000 barils par jour grâce à un tube de 15cm de diamètre relié à un pétrolier en surface.

    Cela représente environ un cinquième des quelques 800.000 litres de pétrole se déversent chaque jour dans le golfe du Mexique, selon les estimations de BP. "Il y a toujours du pétrole qui sort", a reconnu un responsable du groupe. "Mais on espère pouvoir augmenter la quantité récupérée dans les prochaines 24 heures".

    Cependant, plusieurs experts parlent d'une quantité 5 à 20 fois plus élevée. La découverte d'importantes nappes de pétrole en profondeur laisse en effet à penser que BP a sous-évalué l'ampleur de la fuite. Ces nappes, épaisses d'une centaine de mètres, s'étendent sur 16 km de long et sur 5 km de large et menacent de tuer la majorité de la faune marine dans les "deux mois", a expliqué ce week-end une scientifique au New York Times.

    Pour autant, seules quelques galettes de pétrole ont jusqu'à présent touché les côtes américaines, alors que les autorités ont décidé d'augmenter le débit du fleuve Mississippi en détournant des dizaines de canaux afin de repousser le pétrole des rivages. De nouvelles galettes ont cependant été repérées ce samedi en Louisiane et au Mississippi.

    latribune.fr

    Golfe du Mexique: le pétrole menace maintenant les Keys, en Floride

    Photo : La Presse canadienne (photo) Alex Brandon/AP
    Après plusieurs semaines de tentatives ratées, les ingénieurs de British Petroleum ont finalement trouvé la solution pour siphonner une partie du pétrole à l’origine de la marée noire dans le golfe du Mexique. Mais il est peut-être trop tard pour empêcher le brut d’atteindre un puissant courant océanique qui pourrait le pousser vers l’archipel des Keys en Floride et la côte Est.

    Dimanche, les équipes ont posé un tube de 1,6 km de long pour collecter, d’abord lentement puis en quantités de plus en plus importantes, le pétrole que crache le puits depuis l’explosion le 20 avril de la plate-forme de forage, catastrophe qui a fait onze morts.

     L’objectif est de récupérer plus de 1000 barils par jour (près de 159 000 litres) sur un navire-citerne, a déclaré aujourd’hui Doug Suttles, directeur des opérations de BP, l’exploitant du puits, sur la chaîne NBC. Depuis vendredi, les techniciens s’employaient à placer le conduit dans un tuyau d’un peu plus de 50 cm, au moyen de robots sous-marins télécommandés, à près de 1500m de profondeur.

    Après deux revers, le système a fonctionné, mais la solution définitive réside dans le forage d’un puits secondaire, qui devrait prendre plus deux mois.

    De façon sporadique, des boulettes d’hydrocarbures ont échoué sur des plages de plusieurs États, dont le Mississippi, mais jusqu’à présent, le pétrole n’a pas atteint le rivage en grandes quantités.

    En revanche, le golfe du Mexique est déjà fortement pollué. Le gouvernement américain a évalué à près de 800 000 litres la quantité de brut s’échappant chaque jour du puits, mais certains scientifiques redoutent que la fuite ne soit en réalité beaucoup plus importante.

    Des nappes de pétrole sous-marines ont été découvertes ces derniers jours, qui menacent d’empoisonner et d’asphyxier la vie sous-marine en frappant la chaîne alimentaire. Il faudrait au moins une décennie pour réparer les dégâts.

    D’après Samantha Joye, professeur en sciences marines à l’Université de Géorgie, le brut pourrait se révéler toxique pour les poissons, tandis que les microbes mangeurs de pétrole absorbent de grandes quantités d’oxygène, phénomène accéléré par le fait que les microbes se nourrissent aussi des dispersants. Baleines, dauphins et thons sont notamment menacés.

    Par ailleurs, William Hogarth, de l’University of South Florida, craint que le pétrole ne dérive vers l’Est. Un modèle informatique montre selon lui que le pétrole a déjà atteint le «loop current», un «courant en boucle» susceptible de pousser le brut dans l’océan Atlantique, tandis que d’après un second modèle, du pétrole se trouve à moins de 5km du courant. «Nous sommes préoccupés par ce qui se produit dans les Keys», cet ensemble d’îles situées à l’extrémité sud de la Floride, explique le chercheur.

    Il note qu’il est encore trop tôt pour savoir combien de pétrole dérivera, et quels dégâts cette avancée est susceptible de causer dans les Keys ou sur les plages de la côte atlantique de la Floride. «Plus vite ils reboucheront (la fuite), mieux ce sera» mais l’impact sur l’environnement est déjà «énorme», observe Paul Montagna, de l’Université Texas A&M.
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  • Marée noire en Louisiane : revue de presse du 14 mai 2010

     

     

    Publié le 14/05/2010 à 03:03 - Modifié le 14/05/2010 à 17:26 AFP

    Marée noire: la nappe s'éparpille en une multitude de "taches", selon les garde-côtes

    Marée noire: la nappe s'éparpille en une multitude de

    La nappe de pétrole qui s'échappe du gisement exploité par la plateforme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique est en train de se diviser en une multitude de petites "taches" de brut, a expliqué vendredi un responsable des garde-côtes.

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    La nappe de pétrole qui s'échappe du gisement exploité par la plateforme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique est en train de se diviser en une multitude de petites "taches" de brut, a expliqué vendredi un responsable des garde-côtes.

    Plus de trois semaines après l'explosion puis le naufrage de la plateforme, le littoral des Etats de Louisiane, Mississippi et Alabama n'a pas encore été souillé par la marée noire, a dit l'amiral Thad Allen lors d'une conférence de presse.

    "On nous a informés de la présence de boulettes de pétrole qui peuvent être ramassées à la main. Mais pour le moment, le pétrole est encore très loin, au large", a-t-il dit.

    "Je pense que la nappe est en train de prendre une forme différente. Je ne crois plus à une marée noire de grande superficie", a-t-il insisté.

    Lorsque le brut s'échappe de la fuite à 1.500 mètres de profondeur pour remonter vers la surface, il ne coagule pas pour former une immense nappe. Au contraire, il "se disperse en différentes taches séparées les unes des autres par l'eau de mer", a observé l'amiral Allen.

    "C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Il est très difficile de gérer (la nappe) à cause de cet éparpillement. Mais, d'un autre côté, (le pétrole) qui touche les côtes arrive en de plus petites quantités que lors d'une marée noire de grande superficie", a-t-il poursuivi.

    Une controverse est née sur la quantité de pétrole qui se déverse chaque jour dans le golfe du Mexique. Jusqu'à maintenant, les garde-côtes estimaient que ce volume tournait autour de 800.000 litres quotidiens. Mais selon des chiffres avancés par certains experts, ce chiffre devrait être multiplié par dix.

    L'amiral Allen n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet. Un peu plus tôt vendredi, Doug Suttles, directeur d'exploitation de BP, l'exploitant de la plateforme, a reconnu que "depuis le début, il est difficile de quantifier précisément" la fuite, lors d'un entretien sur la chaîne CBS.

    Trois semaines après le début de la marée noire dans le golfe du Mexique, l'administration Obama est montée au créneau en décidant de mobiliser les meilleurs scientifiques du pays pour aider BP à contenir la fuite de brut. Après un premier échec la semaine dernière, le géant pétrolier a déposé mercredi au fond du golfe du Mexique un nouveau "couvercle", plus petit, qui devrait être installé dans les prochains jours sur le puits afin de canaliser le pétrole qui s'en échappe. Mais le temps presse : la vaste nappe de pétrole n'est plus qu'à quelques kilomètres de la terre ferme, qu'elle devrait atteindre samedi, selon les dernières prévisions de l'Agence

     

     

     

     

    Marée noire: la nappe s'éparpille en une multitude de «taches»

    La nappe de pétrole qui s'échappe du gisement exploité par la plateforme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique est en train de se diviser en une multitude de petites «taches» de brut.

    Plus de trois semaines après l'explosion puis le naufrage de la plateforme, le littoral des Etats de Louisiane, Mississippi et Alabama n'a pas encore été souillé par la marée noire, a dit aujourd'hui l'amiral Thad Allen lors d'une conférence de presse.

    «On nous a informés de la présence de boulettes de pétrole qui peuvent être ramassées à la main. Mais pour le moment, le pétrole est encore très loin, au large», a-t-il dit.

    «Je pense que la nappe est en train de prendre une forme différente. Je ne crois plus à une marée noire de grande superficie», a-t-il insisté.

    Lorsque le brut s'échappe de la fuite à 1.500 mètres de profondeur pour remonter vers la surface, il ne coagule pas pour former une immense nappe. Au contraire, il «se disperse en différentes taches séparées les unes des autres par l'eau de mer», a observé l'amiral Allen.

     

    Bonne nouvelle et mauvaise à la fois

    «C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Il est très difficile de gérer (la nappe) à cause de cet éparpillement. Mais, d'un autre côté, (le pétrole) qui touche les côtes arrive en de plus petites quantités que lors d'une marée noire de grande superficie», a-t-il poursuivi.

    Une controverse est née sur la quantité de pétrole qui se déverse chaque jour dans le golfe du Mexique. Jusqu'à maintenant, les garde-côtes estimaient que ce volume tournait autour de 800.000 litres quotidiens. Mais selon des chiffres avancés par certains experts, ce chiffre devrait être multiplié par dix.

    L'amiral Allen n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet. Un peu plus tôt ce matin, Doug Suttles, directeur d'exploitation de BP, l'exploitant de la plateforme, a reconnu que «depuis le début, il est difficile de quantifier précisément» la fuite, lors d'un entretien sur la chaîne CBS.

     

     

     

    Opération à puits de pétrole ouvert pour BP

    Par TF1 News (D'après agence), le 14 mai 2010 à 07h18, mis à jour le 14 mai 2010 à 09:09

    Le géant pétrolier BP tente une opération risquée dans les profondeurs du golfe du Mexique : raccorder un tuyau au puits d'où s'échappent depuis trois semaines des millions de litres de pétrole.

    Après l'échec de la mise en place d'un premier couvercle censé obturer la fuite sous-marine de brut à l'origine de la nappe qui pollue le golfe du Mexique, BP avait décidé de se rabattre sur un autre, plus petit. Mais alors que la pose de ce nouveau dôme était sur le point d'être réalisée, le groupe pétrolier s'est ravisé, par crainte de voir se former dans l'entonnoir des cristaux similaires à de la glace, comme ce fut le cas la semaine dernière, et a décidé d'installer un tube devant canaliser le brut jusqu'à un pétrolier situé en surface. Une véritable opération de chirurgie pétrolière, un pontage sous-marin plutôt osé. Mais le temps presse : 800.000 litres de pétrole s'échappent chaque jour du forage.

    Aidés par des sous-marins télécommandés, les ingénieurs du géant pétrolier britannique comptent donc essayer d'introduire un tube de 15 cm de diamètre dans le puits d'une cinquantaine de centimètres de large. "Plusieurs joints attachés au tube vont aider à l'arrimer", a précisé un responsable, insistant sur le fait que l'opération était loin d'être "sans risque", en raison notamment de la pression abyssale. Si elle réussissait, elle représenterait un premier succès bienvenu pour BP. Depuis l'explosion, puis le naufrage le 22 avril, de sa plateforme Deepwater Horizon, BP fait en effet l'objet d'une pression tant politique que populaire et financière.

    Un allié : la météo

    Jeudi, le Wall Street Journal, citant deux entrepreneurs, affirmait que des tests avaient été conduits 48 heures avant l'explosion de la plateforme. Les résultats "semblaient indiquer que du gaz hautement combustible s'était infiltré dans le puits". En dépit de ces tests, BP aurait continué ses travaux de forage, selon le quotidien. Cette analyse fait écho à une audition mercredi au Congrès lors de laquelle les élus américains qui enquêtent sur la marée noire ont affirmé disposer d'éléments indiquant qu'un dispositif crucial de sécurité "mal conçu" fuyait avant l'accident.

    BP dispose toutefois d'un allier de poids : la météo. Trois semaines après l'explosion, qui a fait 11 morts, les courants et les vents continuent à ralentir la progression de la marée noire, donnant un bon coup de pouce aux 13.000 sauveteurs dépêchés par les autorités américaines en Louisiane, au Mississippi, en Alabama et en Floride. Leur mission est tant d'installer un vaste réseau de bouées et de digues le long des côtes, que de répandre un produit devant dissoudre le pétrole ou encore de s'occuper de la faune affectée.

     

     


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  • Marée noire en Louisiane : revue de presse du 13 mai 2010

     

    Marée noire : BP a ignoré les signaux d'alarme

    La presse américaine accuse la compagnie pétrolière de négligence dans l'exploitation de la plate-forme qui a coulé au large de la Louisiane.

     
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    Exploitée par BP, la plateforme Deepwater Horizon a sombré à
 80 km des côtes de Louisiane le 22 avril après une explosion. 800.000 
litres de brut se déversent depuis quotidiennement dans les eaux du 
golfe du Mexique. (AFP) Exploitée par BP, la plateforme Deepwater Horizon a sombré à 80 km des côtes de Louisiane le 22 avril après une explosion. 800.000 litres de brut se déversent depuis quotidiennement dans les eaux du golfe du Mexique. (AFP)

    La marée noire dans le Golfe du Mexique aurait pu être évitée, affirme le Wall Street Journal, jeudi 13 mai. Le quotidien américain pointe la responsabilité de BP, qui exploite la plate-forme pétrolière. Citant deux entrepreneurs, le journal affirme que des teste de sécurité ont été effectués sur la plate-forme deux jours avant l'explosion. Ces tests ont révélé la présence d'une fuite de gaz à l'intérieur du puits, et pourtant BP a décidé de poursuivre ses travaux de forage.

    Sur le même sujet

    Le Wall Street Journal mentionne également une note des enquêteurs du Congrès. Selon celle-ci, BP aurait pratiqué une ouverture afin de retirer de la boue obstruant le puits, mais n'aurait pas rebouché l'ouverture au moyen d'un bouchon en béton. C'est cette fuite qui aurait provoqué des problèmes au niveau de valves de sécurité.

    Exploitée par BP, la plateforme Deepwater Horizon a sombré à 80 km des côtes de Louisiane le 22 avril après une explosion. 800.000 litres de brut se déversent depuis quotidiennement dans les eaux du golfe du Mexique.

     

    "SeizeBP"

    La colère grandit aux Etats-Unis contre la compagnie pétrolière. Mercredi, une trentaine de manifestants se sont rassemblés dans une station essence BP de Los Angeles, dans le cadre d'un mouvement national, pour réclamer le gel des actifs. Une vingtaine de villes aux Etats-Unis, parmi lesquelles San Francisco, Washington, Fort Lauderdale (Floride), Chicago, New York ou Philadelphie, ont organisé mercredi en fin d'après-midi des manifestations à l'appel du collectif Answer, instigateur de la campagne "SeizeBP" ("Gelez les actifs de BP").

    A Los Angeles, les manifestants s'étaient réunis dans la "Green Curve" de BP, une station service ultramoderne et "verte", présentée par la compagnie sur son site internet comme une preuve d'"engagement pour allier les besoins en énergie de la société à une approche responsable de l'environnement".

    La trentaine de manifestants brandissait des pancartes "BP, l'horrible visage du capitalisme" ou "BP s'enrichit, le peuple et la planète en paient le prix", en scandant "Nous ne paierons pas pour les dégâts de BP!".

    "Nous sommes ici pour dire au gouvernement américain qu'il doit geler les actifs de BP pour s'assurer que (la compagnie pétrolière) sera mise devant ses responsabilités pour ce qu'elle a fait dans le golfe du Mexique, ce désastre, et qu'elle paiera pour les gens et pour le nettoyage", a déclaré à l'AFP Ian Thompson, responsable de la coalition Answer à Los Angeles.

    (Nouvelobs.com avec AFP)

     

    La marée a déjà coûté 450M$ à BP

    lefigaro.fr avec Reuters
    13/05/2010 | Mise à jour : 12:22 Réagir

    Le géant pétrolier britannique BP a déclaré jeudi que la marée noire dans le Golfe du Mexique lui avait coûté 450 millions de dollars (358 millions d'euros) jusqu'à maintenant, soit 100 millions de plus que le chiffre annoncé en début de semaine.

    Les analystes estiment que le coût de nettoyage et les indemnisations pour la Louisiane pourraient être compris entre quelques centaines de millions de dollars et plus de 12 milliards de dollars.

    Les 450 millions de dollars avancés par BP comprennent les coûts de lutte contre la marée noire, de confinement, d'allègement du puits, des engagements du groupe vis-à-vis des Etats côtiers du Golfe du Mexique, ainsi que les règlements et les coûts au niveau fédéral, a précisé BP dans un communiqué.

    Il a ajouté que jusqu'à présent 6.700 demandes d'indemnisations avaient été enregistrées, dont près de 1.000 avait déjà été payées.

    LIRE AUSSI :

    » Marée noire : BP aurait négligé les conditions de sécurité

    Maud Vallereau

    Une négligence de BP à l'origine de la marée noire ?

    Une négligence de la compagnie pétrolière britannique serait à l'origine de l'explosion de la plate-forme selon le Wall Street Journal.

    LeWall Street Journal s’appuie sur des documents et des témoignages publiés par des enquêteurs du Congrès. Selon ces sources, une négligence de la compagnie pétrolière BP pourrait être à l'origine de l'explosion de la plate-forme survenue le 20 avril dernier et qui a pro

    voqué la gigantesque marée noire dérivant toujours dans le Golfe du Mexique.

    Des tests auraient révélé une fuite de gaz dans le puits, mais la compagnie pétrolière aurait décidé de continuer les travaux de forage en dépit des risques encourus, explique le journal.

    De la boue empêchait le gaz de s'échapper du puits. BP aurait alors nettoyé cette boue sans colmater la fuite avec un bouchon en béton. La fuite n'aurait donc jamais été réparée convenablement et aurait eu une conséquence dramatique sur certaines valves de sécurité.

    Obama demande une aide de 129 millions d'euros
    De nouvelles révélations qui accablent un peu plus la compagnie pétrolière britannique. Barack Obama avait promis ce jeudi que les entreprises impliquées dans la construction de la plate-forme allaient être confrontées à une série de poursuites judiciaires.

    Il était monté au créneau en proposant de taxer davantage les groupes pétroliers et en mobilisant les meilleurs scientifiques du pays pour aider BP à contenir la fuite de brut. "Je ne lésinerai sur aucun effort pour effacer les traces des dommages causés, aider ceux dont le gagne-pain a été affecté par la marée noire et remettre en état les côtes" a déclaré le président Obama dans une lettre adressée à la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. Barack Obama a par ailleurs demandé au Congrès de débloquer une aide de 129 millions de dollars pour lutter contre la catastrophe.

    De son côté, le géant pétrolier britannique BP a annoncé que la marée noire lui avait déjà coûté 450 millions de dollars soit 100 millions de dollars de plus que lors d'une précédente estimation énoncée lundi. La compagnie a publié pour la première fois une vidéo de la fuite et les tentatives pour la colmater (voir ci-contre).

    Kevin Costner et le prix Nobel de physique en renfort
    La star hollywoodienne Kevin Costner devrait se rendre ce jeudi dans le golfe du Mexique avec son frère Dan, un scientifique qui doit faire la démonstration du fonctionnement d'un appareil qui permettrait de séparer l'eau du pétrole, a indiqué Billy Nungesser, le président du comté de Plaquemines, dans le sud de la Louisiane. Les deux frères ont fondé la Costner Industries Nevada Corporation (CINC) qui a mis au point ce systèmede filtration.

    Lesecrétaire américain à l'Energie, Steven Chu, ancien lauréat du prix Nobel de physique, a quant à lui annoncé que les autorités américaines avaient réuni à Houston (Texas) l'élite de la communauté scientifique américaine pour tenter de trouver des solutions.

    Pour l'heure, les dernières tentatives pour endiguer la marée noire sont restées vaines. BP a cependant déposé mercredi au fond de la mer un "couvercle" en remplacement d'une première tentative qui avait échouée. 800.000 litres de brut continuent toujours de s’échapper dan

    Maud Vallereau

    <no>Maud Vallereau</no>
    Metrofrance.com
     

     

     

     

     

     

    Marée noire : les Etats-Unis en état d'urgence

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    ETATS-UNIS

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    Marée noire en Louisiane : le pétrole a atteint une île

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    </btn_noimpr> 06.05.2010, 20h26 | Mise à jour : 22h48
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    Tout le monde le redoutait et voilà qu'après des jours d'attente, le pétrole a fini par atteindre la terre ferme. Des galettes de pétrole en provenance de la marée noire qui se propage dans le golfe du Mexique ont en effet touché jeudi une île au large de la Louisiane, ont annoncé les garde-côtes, officialisant un premier impact de brut. <btn_noimpr> </btn_noimpr>

     

    «Les équipes ont confirmé qu'il y avait du pétrole sur Freemason Island», a indiqué Connie Terrell, responsable des garde-côtes. «C'est à l'extrémité sud des îles Chandeleur. C'est principalement des flaques, sans traces de pétrole de moyenne ou forte densité».

    Un porte-parole de BP, compagnie britannique qui exploitait la plateforme pétrolière à l'origine de la marée noire, a annoncé de son côté que trois équipes d'intervention d'urgence avaient été envoyées sur l'île à environ 50 km au large des côtes et déployaient des boudins gonflables pour protéger la faune et la flore.

    Les îles Chandeleur font partie de la réserve naturelle Breton National Wildlife Refuge, la deuxième plus ancienne des Etats-Unis, qui abrite un nombre incalculable d'oiseaux. 

    Le «couvercle» géant opérationnel lundi

    Les riverains du golfe du Mexique observaient jeudi avec inquiétude les efforts entrepris pour colmater la fuite à l'origine d'une vaste marée noire, et notamment la mise en place d'un «couvercle» géant, au moment même où le premier impact à terre était annoncé.

    Le géant pétrolier BP a indiqué que cette sorte d'entonnoir, déposé au fond de l'eau dans la journée de jeudi, devait permettre de recueillir le pétrole qui s'écoule à environ 1.500 mètres sous le niveau de la mer. La mise en place du couvercle devrait prendre cinq jours, et les responsables espèrent donc que le dispositif sera opérationnel lundi.

    L'idée est de pomper le brut pour le récupérer à bord d'un pétrolier situé à la verticale. Dans le pire des scénarios, ont toutefois averti les experts de BP, la pose du couvercle pourrait aggraver la fuite et multiplier par 12 la quantité de pétrole rejetée dans la mer, actuellement de 800.000 litres par jour.

    «Nous espérons tous que cela marchera, mais je voudrais rappeler à tout le monde que ce dispositif est le premier du genre», a déclaré le contre-amiral des garde-côtes, Mary Landry. L'objet, un silo blanc haut de 12 mètres, avec un haut en forme de dôme, concentre les espoirs de tous les riverains, du Texas jusqu'à la Floride, dont les moyens de subsistance sont menacés par la marée noire.

    Audio. La Louisiane se prépare au pire. 


     

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    Leparisien.fr

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    jeudi 13 mai 2010

    Marée noire: la faune coincée sous les eaux huileuses


    Marée noire: la faune coincée sous les eaux huileuses

    La situation dans le Golfe du Mexique devient de plus en plus dramatique de jour en jour. Il ne semble pas que cette situation puisse s'améliorer. Une photo montrant des dauphins coincés sous les eaux huileuses au large de la côte de la Louisiane a été publiée. Par ailleurs, Gizmodo a diffusé une vidéo montrant la fuite du gisement de pétrole sous la plateforme pétrolière:


    Photo des dauphins: AP Photo/Alex Brandon
     
     


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  • Marée noire en Louisiane : revue de presse du 12 mai 2010

    Marée noire : pas encore de solution efficace pour stopper le pétrole

    Publié le mercredi 12 mai 2010 à 16h40

     

     

     

    Trois semaines après l'explosion au large des Etats-Unis de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, la compagnie British Petroleum (BP) et les autorités américaines ne trouvent pas de solutions efficaces d’endiguement. L’un des écosystèmes les plus riches du monde est menacé.

    Oiseau souillé par 
une marée noire
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    Par Josselin Renaud

    Le pétrole se déverse toujours à un débit d’environ 800 000 litres par jour dans le golfe du Mexique. Ce week-end, l’installation d'un dôme géant d'une centaine de tonnes a échoué à cause de la formation de cristaux de glace empêchant le dispositif de fonctionner comme prévu. Un nouveau dôme plus petit est actuellement mis en place. Sa petite taille signifie qu'il sera moins efficace pour contenir le pétrole.

    Un puits de secours pour boucher définitivement le puits principal est en cours de forage mais l’opération pourrait prendre près de trois mois. BP a aussi commencé à injecter des produits chimiques dispersants, directement à l'endroit de la fuite. Ils sont censés réduire la nappe de pétrole en petites particules qui se dégraderont plus facilement. Plus de 110 000 litres de produits ont déjà été utilisés : leur impact sur l'environnement inquiète les autorités de Louisiane et les écologistes.

    Le pétrole a déjà touché des îles inhabitées de Louisiane. Des boulettes de goudron atteignent les îles-barrières qui protègent le golfe de Mobile, dans l'Alabama.

    Lundi, le président Barack Obama est intervenu sur la nécessité e consulter « des experts indépendants » et « que tous les points de vue s'expriment pour identifier des solutions ».

    Toutes les solutions sont bonnes à prendre

    BP improvise et avance l’idée d’ injecter sous très haute pression un tas de débris pour stopper la fuite. Une méthode qui ne pourrait être opérationnelle qu'au bout de deux semaines.

    En dépit d’une solution d'urgence efficace pour arrêter l'hémorragie de pétrole, BP se lance dans la communication : la compagnie a ouvert un site Internet dédié à la marée noire. Les internautes peuvent y suivrent les opérations en cours mais aussi suggérer des solutions alternatives. Les plus pertinentes seront étudiées par les ingénieurs de la compagnie pétrolière.

    Une association américaine "Matter of trust" récupère des cheveux sur tout le continent pour en remplir des bas afin d'en faire des éponges à pétrole. La police du comté de Walton, en Floride, préconise l’utilisation de paille pour protéger ses côtes. La paille absorberait le pétrole et ne laisserait apparemment aucun déchet toxique.

    Un écosystème unique déjà souillé

    La pollution menace la faune et la flore, les plages et les réserves naturelles de quatre Etats (Alabama, Lousiane, Mississippi et Floride). Les premiers animaux ont été atteints par la marée noire en Louisiane. Des oiseaux et des tortues marines couverts de pétrole ont été retrouvés au Breton National Wildlife Refuge, l’une des plus anciennes réserves naturelles des Etats-Unis.

    Plusieurs kilomètres de barrières flottantes ont été étendues pour protéger les zones marécageuses et les réserves sauvages du golfe du Mexique. Quelque 400 espèces pourraient être touchées, des tortues marines aux cachalots, aux requins ou aux thons, en passant par les oiseaux migrateurs.

    Certains petits groupes d’animaux comme les dauphins à gros nez, risqueraient d’être décimés. La nappe arrive à un moment délicat pour la faune car la période de reproduction a commencé pour de nombreuses espèces, à l'image des truites ou des crevettes.

    Pour consulter le site Internet de BP sur la marée noire, cliquez sur le lien suivant : http://www.deepwaterhorizonresponse.com/

    Marée noire: pose d'une autre cloche

    AFP
    12/05/2010 |

    Un couvercle plus petit que le premier, destiné à contenir la fuite de pétrole du Golfe du Mexique, a été posé mercredi matin. La cloche a été lentement installée sous l'eau mardi, mais elle ne sera pas placée immédiatement au-dessus de la fuite.

    Le porte-parole de British Petroleum, Bill Salvin, a précisé que les ingénieurs souhaitaient s'assurer que tout était correctement configuré. Il s'agit d'éviter le fiasco du coffre géant d'acier et de ciment sur lequel des cristaux de glace s'étaient formés, empêchant tout pompage.

    Le nouveau couvercle sera relié à un navire à la surface. De l'eau chaude et du méthanol devraient être utilisés pour éviter la formation de glace. La cloche sera placée au-dessus de la fuite d'ici jeudi. Plus de 15,14 millions de litres de pétrole se sont échappés du puits depuis l'explosion de la plate-forme le 20 avril.

    USA/forage en mer: nouvelles limites

    AFP
    12/05/2010 | Mise à jour : 20:17 Réagir

    Des sénateurs américains ont proposé dans un vaste projet de loi sur le climat, de nouvelles protections pour les Etats côtiers qui pourront s'opposer à des projets de forage en mer, alors qu'une vaste marée noire se répand dans le golfe du Mexique. A la suite de l'explosion de la plateforme Deepwater horizon le 20 avril qui a provoqué une vaste marée noire au large des côtes de Louisiane (sud), le sénateur John Kerry et son collègue démocrate Joe Lieberman ont dû revoir leur copie.

    Dans le vaste projet de réduction des gaz à effet de serre visant notamment à atteindre l'indépendance énergétique aux Etats-Unis, les Etats côtiers disposeront d'un droit de veto pour tout projet d'exploitation qui se situera à moins de 120 km de leurs côtes.

    En outre, un autre Etat qui se trouve à proximité du projet de forage aura également la possibilité de s'opposer par un veto s'il est exposé à de possibles "impacts significatifs sur son économie ou son environnement. Par ailleurs, les Etats qui décideront de forer recevront 37,5% des revenus afin de les aider à protéger leur littoral.

     

    Marée noire : BP nettoie le littoral

    Source: | 05-12-2010 16:23

    Marée noire aux Etats-Unis... British Petrolium a dépêché des équipes de nettoyage pour retirer le sable contaminé sur le littoral du Sud des Etats-Unis.

    Des nettoyeurs portant des vêtements de protection contre les substances dangereuses sont en train d'enlever le sable couvert de pétrole de la côte de Louisiane. Des digues flottantes ont été installées dans tout le golfe du Mexique pour protéger les autres rives menacées par le pétrole. Un porte-parole de BP a confirmé que le pétrole a atteint la côte de l'Alabama et deux îles au large de la Louisiane.

    Daren Beaudo

    Porte-parole de BP

    "Nous sommes à l'extérieur de la passe sud de la Louisiane, un des premiers endroits affectés par le pétrole. Ce qu'on voit derrière, c'est une zone avancée d'intervention. Il y a une grande barge avec toute sorte de matériel et des hommes qui chargent les bateaux plus petits. On voit beaucoup de flotteurs. C'est un flotteur qui absorbe le pétrole le long du littoral et vous voyez des zodiacs et des bateaux à moteur en train d'être chargés une nouvelle fois pour acheminer ce matériel et pour le mettre en place afin de s'attaquer à la pollution sur les rives.

    Rédacteur: Hu Xiaoyan


    Marée noire aux USA: pose d'un "couvercle" anti-fuite, épisode 2

    (AFP) – Il y a 4 heures

    VENICE — Le géant pétrolier BP a annoncé mercredi avoir déposé au fond de la mer le nouveau "couvercle" destiné à endiguer la fuite de pétrole qui provoque une vaste marée noire dans le golfe du Mexique, après l'échec du précédent.

    "Le +couvercle+ a été descendu au fond de la mer la nuit dernière et se trouve actuellement dans la zone immédiate de la fuite, et le plan est de le placer sur celle-ci afin qu'il soit opérationnel d'ici la fin de la semaine", a indiqué à l'AFP un responsable de BP, Bryan Ferguson.

    La semaine dernière, le groupe qui exploitait la plateforme Deepwater Horizon, qui a sombré à 80 km des côtes de Louisiane le 22 avril après une explosion, avait déjà tenté une opération similaire, espérant stopper l'écoulement quotidien de 800.000 litres de brut.

    BP avait placé une sorte d'entonnoir d'acier mesurant 12 mètres de haut et pesant une centaine de tonnes sur la fuite, afin de récupérer le pétrole, mais avait été contraint samedi de retirer cette chape en raison de la formation de cristaux similaires à de la glace, sous l'effet du gaz et de l'eau.

    Le nouveau couvercle étant beaucoup plus petit, avec 1,6 tonne pour environ 2,4 mètres de hauteur, BP espère limiter cette formation de cristaux, d'autant que de l'eau chaude et du méthanol pourront y être injectés à cet effet.

    Mais alors que la marée noire continue de menacer la faune et la flore locale au grand dam de l'administration américaine, le responsable de BP a toutefois relevé qu'il s'agissait "d'un procédé inédit et très complexe".

    Le secrétaire américain à l'Energie, Steven Chu, s'est montré de son côté optimiste sur la possibilité de contenir la marée noire après avoir rencontré mercredi des experts au centre de commandement de BP à Houston au Texas.

    "Les choses ont bonne allure. Des progrès sont effectués", a dit M. Chu, sans détailler les raisons de cet optimisme soudain, et en soulignant que la situation n'était pas encore maîtrisée. Mais, a-t-il toutefois affirmé, "je suis plus à l'aise qu'il y a huit jours".

    Au même moment, les autorités de Louisiane ont semblé aller dans son sens, annonçant la réouverture d'une petite partie des zones côtières de l'Etat à la pêche commerciale et de loisir. La zone concernée se situe au large de Grand Isle, depuis l'embouchure du Mississippi jusqu'à Belle Pass.

    Des élus américains enquêtent sur la sécurité du forage BP

    mercredi 12 mai 2010 20h31
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    par Tom Doggett et Steve Gorman

    WASHINGTON/PORT FOURCHON, Louisiane, 12 mai (Reuters) - Des membres du Congrès américain ont interrogé mercredi des responsables de BP (BP.L: Cotation), Transocean (RIG.N: Cotation) et Halliburton (HAL.N: Cotation) sur la sécurité de la plate-forme de forage Deepwater Horizon, à l'origine de la marée noire dans le golfe du Mexique.

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    USA: un projet de loi énergie-climat présenté au Sénat en pleine marée noire

    WASHINGTON (AFP) - 12.05.2010 18:52

    Un projet de loi sur le climat, attendu de longue date au Sénat américain, a été présenté mercredi alors que la marée noire qui se répand au large des côtes de Louisiane (sud) change légèrement la donne sur la question des forages en mer.

    voir_le_zoom : Une plateforme de forage dans le Golfe du MexiqueUne plateforme de forage dans le Golfe du Mexique

    Un projet de loi sur le climat, attendu de longue date au Sénat américain, a été présenté mercredi alors que la marée noire qui se répand au large des côtes de Louisiane (sud) change légèrement la donne sur la question des forages en mer.

    AFP/Getty Images/archives - Joe Raedle
    voir_le_zoom : John Kerry à Washington le 25 mars 2009John Kerry à Washington le 25 mars 2009

    Le texte sera présenté par le sénateur Kerry et son collègue indépendant Joe Lieberman lors d'une conférence de presse à 13H30 (18H30 GMT).

    AFP/Archives - Paul J. Richards

    Un projet de loi sur le climat, attendu de longue date au Sénat américain, a été présenté mercredi alors que la marée noire qui se répand au large des côtes de Louisiane (sud) change légèrement la donne sur la question des forages en mer.

    "Nous pouvons enfin dire au monde que les Etats-Unis sont prêts à reprendre leur rôle de leader mondial de l'énergie", a écrit dans un communiqué le sénateur John Kerry, le principal auteur du projet de loi, qui a présenté le projet mercredi avec son collègue indépendant Joe Lieberman.

    Après plusieurs mois de négociations difficiles et presque un an après que la Chambre des représentants eut adopté un projet de loi sur le sujet, le Sénat s'apprête à entamer les débats sur sa propre version du plan.

    Les sénateurs n'insistent pas sur ce point, mais le projet de loi présenté mercredi se fonde globalement sur le principe d'une bourse des droits de pollution dit "cap and trade", sur le modèle de l'Union européenne (UE).

    Toutefois, à la différence de la Chambre, le projet du Sénat propose une approche sectorielle avec des conditions et des restrictions taillées sur mesure pour les trois secteurs ciblés: énergie, industrie, transport.

    Selon des conseillers de MM. Kerry et Lieberman, le projet de loi se développe autour de trois axes: transformer l'économie américaine afin de l'orienter vers l'efficacité énergétique et les emplois verts, parvenir à l'indépendance énergétique des Etats-Unis, améliorer la qualité de l'air.

    Le texte vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 17% d'ici à 2020 par rapport au niveau de 2005.

    Pour y parvenir, il impose des restrictions d'émissions aux plus gros pollueurs, ceux qui produisent plus de 25.000 tonnes de carbone annuellement, soit 7.500 usines et centrales électriques.

    Mais à la suite de l'explosion de la plateforme Deepwater horizon le 20 avril qui a provoqué une vaste marée noire au large des côtes de Louisiane (sud), MM. Kerry et Lieberman ont dû revoir leur copie sur ce point.

    Les Etats côtiers disposeront d'un droit de veto pour tout projet d'exploitation qui se situera à moins de 120 km de leurs côtes.

    Le projet déjà annoncé fin avril avait dû être retardé en raison du retrait des discussions du sénateur républicain Lindsey Graham qui avait négocié avec MM. Kerry et Lieberman pendant plusieurs mois.

    M. Graham a indiqué mercredi dans un communiqué qu'il était prêt à travailler avec ses collègues pour "améliorer" le projet de loi, tout en estimant qu'un climat politique tendu au Congrès et la marée noire ont rendu la voie vers un soutien bipartite "extrêmement difficile".

    L'insertion dans le texte d'une expansion des zones de forage en mer au large du littoral américain, une initiative mise en avant par l'administration Obama, était considérée, avant la marée noire, comme l'une des clés pour obtenir le soutien de l'opposition républicaine.

    Le renforcement des mesures en faveur de l'énergie nucléaire aux Etats-Unis est le deuxième axe sur lequel la majorité démocrate compte jouer pour obtenir des soutiens républicains. Ce dernier, qui figure en bonne place dans le projet de loi présenté mercredi, n'a pas été remis en cause.

    La Chambre des représentants a adopté en juin 2009 un projet de loi de réduction des gaz à effet de serre.

    L'UE s'est engagée de son côté à réduire ses émissions de 20% d'ici 2020 par rapport à 1990 et certains se disent même prêts à une réduction de 30%.

    © 2010 AFP

     

     


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