• La fratrie des îles d'O

    SUDOUEST.COM

    Jeudi 04 Février 2010


    ÉTONNANTE SIMILITUDE ENTRE LES ÎLES D'OLÉRON ET D'ORLÉANS. Depuis le 400e anniversaire de Québec, un rapprochement est engagé entre les deux territoires

    La fratrie des îles d'O

    Un petit coup d'accent québécois là-dessus, et vous ne faites plus la différence entre Oléron et Orléans. D'où une certaine confusion qui s'apparente aujourd'hui à de la similitude. Les deux îles ont tellement de points communs qu'on leur pardonnera leurs petites différences.

    On produit des huîtres d'un côté, des fraises et du sucre de l'autre. Pour le reste, elles sont toutes deux reliées au continent par un pont, s'allongent sous la même forme ogivale et sur une surface très proche (175 km² pour la Charentaise, 195 pour la Québécoise), se situent à la même latitude, 46 degrés nord, toutes deux maternent une petite île Madame dans leur voisinage proche. Les noms de familles les plus communs sont... communs aux deux îles : Papineau, Archambault, Moreau, Tessier. C'est naturellement le résultat du cousinage historique entre Charentais-Maritimes et Québécois. À la plus grande commune d'Oléron, Saint-Pierre, répond la plus grande commune d'Orléans, Saint-Pierre. C'est même de là que part le point d'ancrage institutionnel entre les deux îles. Entre Patrick Moquay et Roger Deblois, maires des Saint-Pierre d'O.

    Depuis 2008 et les commémorations du 400e anniversaire de Québec, les échanges se multiplient entre les deux îles. Notamment entre les écoliers. Lors de la dernière Expoléron, on a pu voir apparaître une belle cabane à sucre pur jus québécois. Et un site Internet (1) est consacré à cette gémellité.

    Les mêmes initiales

    Un homme est derrière tout ça : Lionel Serik. Oléronnais d'origine, il a passé vingt-deux ans au Québec dans les milieux de la communication et de l'entreprise. Ces incursions dans l'île d'Orléans lui ont permis de mesurer les ressemblances entre les deux territoires. Aujourd'hui plus Oléronnais qu'Orléanais, il a servi de trait d'union entre les institutionnels.

    « J'ai découvert l'île d'Orléans en participant au tournage d'un film sur Félix Leclerc, qui y est enterré. C'est leur célébrité, comme Pierre Loti pour les Oléronnais », explique Lionel Serik, qui ne cesse de comparer les détails qui en enrichissent la ressemblance. Jusqu'aux initiales « IO » que l'on retrouve sur les documents officiels et aux expressions de patois communes : Asteure et Astheure (maintenant), achaler (déranger), etc.

    Deux soeurs jumelles donc. Mais qui n'auraient pas baigné dans le même liquide amniotique. Si Oléron est entourée d'eau salée, l'étrave de l'île d'Orléans déchire l'eau douce du Saint-Laurent. Pas de phare de Chassiron pour surveiller le large dans la campagne orléanaise mais un front boisé.

    Déjà jumelée avec Carinena, en Roumanie, Spangenberg, en Allemagne, Lane End, en Angleterre, et Pleszew, en Pologne, Saint-Pierre-d'Oléron n'ajoutera pas une frangine supplémentaire à sa grande famille : « Le rapprochement se situe au niveau des îles, pas des communes. Nous en sommes à identifier les échanges et les actions concrètes que nous allons mener. L'idée me plaît, car moi aussi j'ai vécu quelque temps au Québec et je connais l'île d'Orléans », commente Patrick Moquay.

    Lors de la grande traversée du 400e anniversaire de Québec en juin 2008, c'est pourtant un bateau rétais qui était, le premier, venu porter un message d'amitié aux Saint-Pierrois d'Orléans. Tous les insulaires du monde se sentent un peu frères.

    (1) www.2-iles-o.com.

    Auteur : thomas brosset
    t.brosset@sudouest.com

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