• Cousins d'Amérique


    Réalisé par : Marc Bessous

    Il y a 400 ans, le Charentais Samuel de Champlain fondait la ville de Québec, prélude à l'étonnante épopée américaine de la France. Une grande part de ceux qui allaient peupler la Nouvelle-France venait du Poitou et les millions de francophones canadiens et américains sont leurs descendants. Aujourd'hui, de part et d'autre de l'Atlantique, de La Rochelle à la Nouvelle-Ecosse, des lignées portent le même nom sans forcément se connaître et jettent sur leurs cousins de l'autre continent un regard tendre et curieux. Ces Landry, Boudrot, Granger ou Leblanc racontent leur histoire, avec leurs similitudes et leurs différences.

     

    LCP - Public Senat

    Jeudi 20 août 2009
    22h00 à 22h55
    Durée : 55 min

     

    les autres diffusions Cousins d'Amérique :

    Jeudi 20 août 22h00
    Vendredi 21 août 16h30
    Samedi 22 août 13h30
    Lundi 24 août 01h00
    Mardi 25 août 18h30

     

     


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  • Une petite vidéo qui retrace l'histoire du Québec en cliquant ici


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    Saint-Sulpice dépasse déjà ses 300 ans d'histoire (1706-2006).  À partir de l'unique chemin ouvert en 1737, le Chemin du Roy devenu successivement la route nationale no.2, la rue Notre-Dame puis la route 138... notre municipalité compte aujourd'hui 41 noms de chemins, de rues ou de routes incluant l'Ile Bouchard.

    Je vous présente ces rues que vous habitez en souhaitant vous faire connaître les motifs pour lesquels chaque rue porte son nom et, surtout, leur lien avec notre histoire paroissiale. Je souhaite que chaque citoyen, connaissant l'origine du nom de sa rue, devienne encore plus fier de notre patrimoine et que cela renforce notre sentiment d'appartenance à notre petit mais si beau village!


    • Rue de l'AQUEDUC : avec un nom pareil, l'on devinera rapidement que la rue est le site de l'usine de filtration de l'eau. En provenance de nos bassins naturels de Lavaltrie, l'eau transite à cette usine pour la chlorination et la réserve avant d'être redistribuée dans la municipalité.
    • Rue BLAIS : nom donné en l'honneur de M. Augustin Blais (1910-1974) qui fut secrétaire-trésorier de la municipalité pendant 22 ans (1952-1974). M. Blais a aussi tenu magasin général et épicerie pendant de nombreuses années se transformant, avec son fils Camille, en Marché d'alimentation Richelieu.
    • Chemin du BORD-DE-L'EAU : partie de la route originale du Chemin du Roy de 1737, ce chemin d'environ 2 kilomètres rappelle la proximité et le panorama du fleuve tout en exprimant son ancienneté par la présence de 2 vieilles maisons de pierre, ses immenses peupliers dont l'un a une circonférence de + de 19 pieds ainsi que sa voie étroite rappelant les anciens chemins de terre du 18e siècle.
    • TERRASSE BOUCHER : située sur un terrain plat à proximité du ruisseau, cette rue rappelle le souvenir du Curé Adélard Boucher (1878-1957), pasteur de St-Sulpice de 1931 à 1957. Ayant connu le plus long terme à la cure paroissiale, il a aussi laissé son nom à l'école centrale puis, de nos jours, au gymnase de l'école Aux-Quatre-Vents.
    • CHEMIN DE LA CHAPELLE (Ile Bouchard) : nom donné en l'honneur de la chapelle Notre-Dame-des-Iles construite sur l'Ile Bouchard en 1954. De nos jours, cette chapelle appartient à la municipalité qui permet, à l'occasion, son accès pour des expositions culturelles ou lors de visites historiques dans l'Ile.


    Ayant longtemps permis aux Abbés Laporte d'y dire la messe chaque dimanche de l'été, l'intérieur contient un Chemin de Croix dont les stations proviennent de dons de plusieurs paroissiens d'alors. Le tout rappelle la vie religieuse des vacanciers venus sur les Iles en bateau et accessible plus facilement côté Verchères.


    • CHEMIN DU CURÉ-LAPORTE (Ile Bouchard): rappel direct du Curé Emery Laporte (1909-1993) né sur l'Ile et curé de St-Sulpice de 1963 à 1967. Avec ses frères prêtres Philippe et Jean-Paul, ils sont les fondateurs de la chapelle Notre-Dame-des-Iles. Amoureux de leur coin de naissance, les 3 frères revenaient chaque été y passer leurs vacances et dire la messe, tout d'abord dans la maison familiale de l'Ile, puis dans la petite chapelle pendant environ 50 ans au total (env. 1935 à 1985).
    • Rue CHAUSSÉ : sise sur la terre familiale de M. Louis-Joseph Chaussé, cette rue rappelle aussi une famille souche présente dans St-Sulpice depuis plus de 300 ans. L'ancêtre Nicolas Jouan-Han dit Chaussé a occupé le premier poste de farinier au moulin à farine seigneurial (MMs de St-Sulpice de Montréal) en 1707.


    Depuis cette époque il y a toujours eu des Chaussé (certains ont porté le nom de Han jusque vers 1850). Plusieurs descendants, au cours des siècles, ont occupé des fonctions de marguillers et de conseillers dont le dernier, M. Albert Chaussé l'a été pendant 18 ans (1954 à 1972). De nos jours, le centre communautaire porte le nom d'un autre descendant et grand bénévole depuis plus de 25 ans... M. Léo Chaussé.


    • Rue CHEVALIER : ce nom rappelle le fait que quelques familles de Chevalier étaient présentes à St-Sulpice dans les années 1700 puis on en retrouva davantage vers la fin du 19e siècle et au 20e
    • Rue CORMIER : famille établie à St-Sulpice vers la fin des années 1800. Le plus illustre, M. Amédée Cormier (1862-1936) a été maire de 1894 à 1908. Son fils, Urgel a aussi été maire de 1947 à 1948 et de 1951 à 1952.
    • Rues ÉMILE ET FOREST : fait unique, ces 2 rues, sises sur la terre de M. Ferdinand Forest, portent le prénom et le nom de son fils qui a ouvert ces rues, M. Émile Forest au tournant des années 1970. Plusieurs membres de la famille de cet entrepreneur, décédé en 1975,  continuent d'habiter St-Sulpice dont sa fille Lynda qui habite la demeure familiale du 995, rue Notre-Dame. Les rues Émile et Forest sont les dessertes principales conduisant à la bibliothèque et au centre communautaire.
    • Rue des ÉTANGS : dénomination d'une rue conduisant au site des étangs aérés (usine de purification des égouts municipaux).
    • Rue FORTIN : à l'époque, le terrain sur lequel la rue a été construite appartenait à M. Honoré Fortin. Le nom de Fortin rappelle aussi M. Albert Fortin qui a été maire de St-Sulpice de 1971 à 1984.
    • Rue GARIÉPY : dans cette partie du centre domiciliaire, on prit l'habitude de choisir des noms de rues commençant par un G. C'est ainsi que, sans lien historique évident, on choisit alors ce nom de rue.
    • Rue GAUTHIER : après avoir été appelée 1e avenue Landreville, en confusion avec la rue Landreville, on modifia le nom pour celui de Gauthier qui conserve quand même un aspect historique puisque les Landreville s'appelaient aussi anciennement des Gauthier dit Landreville. Ce nom rappelle aussi M. Lucien Gauthier qui a tenu épicerie de 1935 à 1968 et fut secrétaire-trésorier de la paroisse en 1949 et 1950.
    • Rue GIARD : en plus de commencer par un G, ce nom rappelle tous les Giard présents à St-Sulpice depuis la fin des années 1800.
    • Rue GIGUÈRE : historiquement, ce nom rappelle tous les Giguère vivant à St-Sulpice depuis plus de 200 ans. Une autre lignée de Giguère est établie dans l'Ile Bouchard depuis plus de 100 ans : Jean-Baptiste, ses fils Joseph (ti-rouge) et Lucien ainsi que leurs descendants. M. Siméon Giguère a été le premier à ouvrir une beurrerie en 1875 tandis que plusieurs autres furent conseillers, marguillers et commissaires d'école.
    • Rue GIROUX : propriétaires à l'époque de plusieurs terrains à l'ouest du centre domiciliaire, Charles Giroux et ses enfants (Léonard, Gracia, Sylvio et Edgar) ont tenu un restaurant (1947 à 1962) puis un magasin de variétés (1962 à 1984) devenu le dépanneur Allard.

    L'un d'eux, Sylvio a été conseiller municipal de 1962 à 1970.

    • Rue GOUIN : ce nom illustre rappelle M. Paul Gouin (dont le père Sir Lomer Gouin a été Premier Ministre du Québec de 1905 à 1920) lui-même député de l'Assomption en 1935-36 et chef de l'Action Libérale Nationale en 1934. Aussi petit-fils d'Honoré Mercier, premier ministre du Québec de 1887 à 1891, M. Paul Gouin s'est fait construire une résidence d'été chez nous en 1934 et permis à la Fabrique d'obtenir une importante subvention permettant les rénovations majeures de l'église en 1959-60.

    Son fils, Pierre, habite toujours ici et a cédé à la municipalité la Croix de Chemin sise sur son domaine familial depuis 70 ans. Au printemps 2009, cette Croix de Chemin symbolisera le tricentenaire de St-Sulpice au carrefour du Chemin du Bord-de-L'Eau et de la rue Notre-Dame au centre du village.


    •  Rue GOULET : ce nom honore tous les Goulet présents dans St-Sulpice dès les années 1720.
    • Rue GOUR : nom illustre rappelant la descendance de Pierre Gour, 2e farinier de St-Sulpice et dont la renommée dans la région, à l'époque, à laissé l'expression « moulin du père Gour » rappelant, à travers les siècles, l'importance de son rôle dans la vie quotidienne des cultivateurs de la région qui venaient y faire moudre leur grain.
    • HÉTU : en rappel à une ancienne lignée familiale présente à St-Sulpice dès 1741 et dont les descendants continuent d'y habiter en bon nombre de nos jours.

    Un descendant, Joseph-Pierre, détient toujours le record du plus long règne (20 ans) comme maire (de 1925 à 1945). Ce record sera égalé par le maire actuel M. Michel Champagne en 2009.

    Un autre Hétu, M. Awildas, a aussi été maire de 1912 à 1914 et a reçu la médaille d'or du Mérite Agricole en 1925. Avant lui, son père, Ambroise, avait gagné la médaille d'argent en 1898. Il faut aussi noter la présence depuis 1950 des Serres Hétu fondées par M. Edgar et tenu par ses fils Gilles, Michel et René de nos jours.

    Enfin, plusieurs Hétu ont été conseillers, secrétaires-trésoriers, commissaires d'école et marguillers... sans compter plusieurs Hétu devenus prêtres, religieux et religieuses.


    • Rue LANGEVIN : cette rue a été établie sur la terre de M. Joseph Langevin. Natif de l'Ile Bouchard comme son père Cléophas, Joseph Langevin a occupé un poste de conseiller municipal pendant 19 ans (de 1953 à 1972).
    • Rue LANDREVILLE : nom donné en l'honneur d'une très ancienne famille en terre sulpicienne dès 1760 et toujours présente de nos jours.

    La rue est située sur une terre de M. Gérard Landreville, médaille de bronze du mérite agricole en 1950 et médaille d'argent en 1955. M. Gérard fut aussi maire de 1962 à 1971, précédé par son père Charles qui fut maire de 1915 à 1924 et suivi de son fils Paul, maire de St-Sulpice de 1984 à 1989.

    D'autres Landreville ont laissé leurs traces en tant que maire (M. Aristide en 1945 et 1946), conseillers municipaux, commissaires et marguillers.


    • Rue LEBLANC : nom donné en l'honneur du propriétaire du terrain, M. Egide Leblanc et sa famille, sur lequel s'est ouverte cette rue descendant vers le fleuve.
    • Rue DES LOISIRS : courte rue longeant le terrain du centre communautaire et faisant le lien entre les rues Émile et Forest.
    • MONTÉE SAINT-SULPICE : rejoignant la limite du Chemin Bord-de-L'Eau, cette rue identifie l'ancien chemin reliant, dès 1715, le moulin à farine du Père Gour à la Paroisse de L'Assomption. Le moulin à farine était situé à l'époque à l'arrière de la Restothèque près du fleuve. De nos jours, cette route mène à l'autoroute 40 vers le nord.
    • Rue NOTRE-DAME : C'est l'artère principale qui traverse St-Sulpice d'est en ouest. Connu à l'origine (1737) comme le Chemin du Roy (Québec-Montréal), cette route devint au début du 20e siècle la route no.2 puis, dans les années 1970 la route 138... tout en conservant son ancienne dénomination de rue Notre-Dame. Ce nom, Notre-Dame, est sûrement en lien avec les sulpiciens de Montréal et la Société de Notre-Dame dont les membres sont les fondateurs de Montréal.


    C'est la route qui longe le fleuve et offre des vues panoramiques sur le Saint-Laurent. Avant l'avènement de l'autoroute 40 en 1966, c'est par la rue Notre-Dame que se déplaçaient les voitures à cheval puis les premières automobiles suivies par le flot de voyageurs, de camionneurs et de touristes des années '30, '40, '50 et '60. Il n'était pas rare à cette époque de voir la circulation du dimanche soir (vers Montréal) être ralentie et bloquée pendant des heures par une filée d'autos de St-Sulpice jusqu'au bout de Repentigny. Les noms « rue Notre-Dame » et « Chemin du Roy »... quelle belle résonnance de 300 ans de déplacements sur cette route, initialement en terre, puis en gravier, en macadam et maintenant en asphalte.


    • Rue PAYETTE : au moins 2 familles de Payette ont marqué notre vie paroissiale. De l'Ile Bouchard, les descendants de Médéric Payette (Lucien, Joseph et Ovila) on rejoint vers 1960 la Côte Sulpicienne et continué cette descendance depuis plus de 150 ans. Lucien et Ovila ont été commissaires d'école et conseillers représentant l'Ile Bouchard. Lucien Payette a aussi été associé à l'invention de l'hydroglisseur (ou aéroglisseur) vers 1953, invention qui a marqué toutes les traversées de l'Ile vers la terre sulpicienne à l'époque.

    Une 2e famille, celle des boulangers Louis et Roméo Payette, a habité au centre du village il y a plus de 75 ans. Une descendante, Gisèle Payette-Foisy, a été conseillère (première femme) et Maîtresse de Poste de 1981 à 1998.


    • Rue PELLETIER : en l'honneur de tous les Pelletier (Peltier) ayant vécu dans notre paroisse depuis plus de 200 ans. L'un d'eux, M. Joseph Peltier a été maire en 1884. De plus, M. Napoléon Peltier a été secrétaire-trésorier de la municipalité pendant 47 ans (de 1893 à 1940). C'est un record imbattable au service de ses concitoyens... tout en étant cultivateur et père de Roméo (secrétaire-trésorier pendant 5 ans) et 3 autres fils devenus prêtres : Siméon, Hector et spécialement Edgar qui fut vicaire à St-Sulpice pendant plus de 30 ans.
    • Rue PERREAULT (PERROT) : en référence à une importante famille souche présente dès la fondation de St-Sulpice en 1706. Parmi les premiers occupants de concessions sulpiciennes, il y avait Claude, Jean, Michel, Pierre et Clémence Perrot. Leur Père, Nicolas, n'a jamais habité ici mais il a été un coureur des bois parlant 18 langues amérindiennes et, de ce fait, a joué un rôle important lors des pourparlers en vue de la signature de la Grande Paix de Montréal en 1701, traité qui mettait fin aux guerres et attaques incessantes contre les premiers habitants dont ceux de la Côte sulpicienne. Plusieurs descendants de Perreault ont occupé des fonctions de marguillers, secrétaires-trésoriers et conseillers municipaux.

    À notre époque, une illustre citoyenne, Mme Clara Perreault, a occupé la fonction de gérante de la Banque Canadienne-Nationale de 1929 à 1969 et maîtresse de Poste de 1931 à 1937. Enfin une centenaire, Mme Germaine Perreault-Dupras (1907-2008) était aussi de cette lignée de Perreault et native de St-Sulpice.


    •  Chemin de la PETITE-CÔTE : depuis toujours ce nom identifie la route de terre partant de la 138 (chez les Frères de la Charité) et se prolongeant au nord jusqu'à un territoire boisé où vivaient quelques familles de cultivateurs jusque vers 1950. Ces familles, dont des Deschênes, vivaient alors sans électricité et un peu isolées de la vie paroissiale. Par opposition, anciennement, tout le territoire le long du fleuve s'appelait alors la « Grande Côte ». Ce chemin de la « Petite Côte » conduit aussi à un ancien site amérindien (±5000 ans) et une partie appartient à la municipalité. Plus personne n'habite aujourd'hui la Petite Côte mais des terrains privés appartiennent encore à des familles sulpiciennes.
    • Rue PLOUFFE : partie de la terre de M. Conrad Plouffe sur laquelle son fils, Paul-Albert, a ouvert une courte rue pour s'y établir. Les Plouffe sont établis ici depuis 1860 et plusieurs ont été conseillers municipaux, commissaires et marguillers.

    M. Étienne Plouffe a été maître-chantre à l'église paroissiale pendant 48 ans (de 1904 à 1952)... tout un exploit quand on sait qu'il y avait des messes à tous les jours.


    • Rue PRUD'HOMME : référence à une famille souche présente dès la fondation de St-Sulpice. L'ancêtre Jean Prud'homme, marié et établi en 1706, a vu plusieurs de ses 8 fils s'établir sur des terres sulpiciennes et assurer la descendance de 11 générations issues d'un de ses fils, Jean-Baptiste.

    L'ancêtre Jean Prud'homme a été le premier capitaine de milice en 1706 et ce, pendant près de 20 ans. Narcisse, Aimé et son fils Maurice (depuis 25 ans) ont été conseillers municipaux tandis que d'autres ont été marguillers ou commissaires d'école. Le nom de la rue provient aussi du fait qu'elle est située  sur la terre ancestrale d'Aimé et de son fils Raynald.

     

    • Rue RIVEST (Rivet): référence à une famille souche présente dès le début de notre paroisse. Plusieurs frères Rivest (Rivet) se sont établis chez nous : Pierre, Charles, Michel, Maurice et Alexis. Tous ces Rivest ont engendré une nombreuse progéniture établie à St-Sulpice et Repentigny. Avec les années, seuls les descendants de Michel ont toujours été présents à St-Sulpice et ce, depuis 10 générations.

    Un descendant de la 8e génération, M. Tancrède Rivest, a été notre seul centenaire connu pour avoir vécu toute sa vie sur sa terre sulpicienne. Il a été un cultivateur amoureux de la terre et conseiller municipal de 1939 à 1945. D'autres Rivest dont Alain (conseiller en 1951 et 1952), Louis (maire de 1866 à 1877) et Benjamin (maire de 1909 à 1911) ont laissé leur trace dans la vie politique et sociale de notre paroisse.


    • Rue ROBILLARD : témoigne du souvenir d'une très ancienne famille présente dès les débuts de St-Sulpice. M. Amable Robillard a été représentant municipal au Conseil du Comté de 1853 à 1855 et premier maître de Poste de 1854 à 1856. De nos jours, les Robillard sont moins présents ici et une descendante, Mme Elmire Robillard-Marsolais vient malheureusement de nous quitter en 2008 à l'âge de 97 ans après avoir passé toute sa vie à St-Sulpice.
    • Rue ROBITAILLE : en rappel des familles présentes chez nous depuis plus de 200 ans. M. Joseph Robitaille a été représentant au Conseil du Comté  de 1850 à 1852. MM. Charles (de 1890 à 1897), Joseph-Edouard (en 1931) et Denis (1931 à 1937) ont été maître de Poste. La première station service d'essence et réparations a été tenue par Joseph-Edouard avant que ce garage devienne le Garage Texaco tenu par Philippe et Léopold Roy.

    Des Robitaille ont été marchand général et forgeron en plus d'occuper des postes de conseillers, secrétaires-trésoriers, marguillers et commissaires d'école.


    • Rue ROY : nom donné en l'honneur du propriétaire du terrain sur lequel la rue a été ouverte M. Léopold Roy. Ce nom est aussi un rappel du poste d'essence Texaco (puis Esso) où M. Philippe et son fils Léopold ont servi le public pendant plus de 65 ans.
    • Rue ST-CHARLES : petite rue sise au centre du village et dont le nom rappellerait le propriétaire du terrain à l'époque M. Charles Giard.
    • CHEMIN DES SEIGNEURS (Ile Bouchard): un beau rappel en l'honneur des seigneurs du temps de la seigneurie des Iles Bouchard. A partir des De Jordy-Moreau-de Cabanac en 1705 et leurs successeurs jusqu'en 1854, chaque seigneur des Iles mérite que la route principale qui traverse l'Ile Bouchard d'est en ouest porte ce nom.
    • BOULEVARD DES SULPICIENS : sans être un véritable boulevard, l'artère principale du centre domiciliaire porte le nom des fondateurs et seigneurs de St-Sulpice (les MMs de St-Sulpice), prêtres sulpiciens arrivés à Montréal en 1657 et aussi seigneurs de l'Ile de Montréal.


    NOTE : Il est possible que des faits reliant les noms de rue à l'histoire sulpicienne soient incomplets. Je m'en excuse à l'avance et apprécierais en connaître la teneur. Merci.


    Maurice Prud'homme.


     


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  • L'Acadie, deuxième partie :

    LES ACADIENS

     

    I - Les origines

    Des 120 premiers engagés par Pierre de Guast, 23 resteront jusqu'en 1610 moins encore jusqu'en 1632.

    Des 300 hommes de Razilly, peu demeurèrent : les 15 mariés : Martin, Trahan, Landry, Gaudet, Dugast et Aucouin.

    Aulnay, au cours de ses trois voyages emmena une vingtaine de familles françaises dont les Doucet, Bourgeois, Petipas et Boudrot.

    En 1635, Aulnay assimila cinq familles écossaises : Les Poselet, Quaisy, Pitre, Colson et Melanson.

    On estime en 1645 à une quarantaine de familles les souches de la population acadienne. Le premier recensement, effectué en 1671, donna 392 habitants pour 63 familles et 50 noms. En 1686 : 1 136 habitants, en 1714 : 2 540, en 1755 : 14 000 habitants dans la péninsule, soit une population multipliée par 1 000 en 110 ans !

    Les 50 familles venant de Saintonge, du Poitou, de Bretagne, Normandie et Pays Basque sont, outre les susnommées, les : Amirault, Arsenault, Belliveau, Brault, Bastarache, Bernard, Blanchard, Bourc, Brossard, Comeau, Cormier, Cyr, Daigre, Bamours, D'Eon, Doiron, Dupuis, Gauthenot, Guilbault, Girouard, Granger, Haché-Gallant, Hebert, Laurier, Lavergne, Leblanc, Léger, Leprince, Mignault, Mius d'Entremont, Obask, Poirier, Préjean, Richard, Robichaud, Roy, Saunier, Savoie, Surette, Terriault, Thibodeau, Vécot, Vigneau, et Vincent.

    II - Leur installation
     
    Dès leur arrivée en 1604 à Port Royal, puis avec Aulnay qui avait fait venir des saulniers habitués aux travaux d'assèchement (entrepris dans le marais poitevin par l'ingénieur rochelais Pierre Siette à la demande de Louis XIII) ils entreprennent de drainer les terres basses immergées de la Baie Française (actuellement Baie de Fundy) avec le système des Aboiteaux, plutôt que de défricher l'immense forêt vierge qui descendait des coteaux.
     
    Au fur et à mesure de l'accroissement de la colonie, ils s'installèrent le long de la baie en pratiquant de même. Ainsi en 1707 sur 1 800 habitants seuls 554 habitaient à Port Royal.
     

     

    La Technique des Aboiteaux

    1) On construit une digue de 2 mètres de hauteur, appelée levée, pour arrêter la marée montante

    2) On creuse dans le marais des canaux de drainage qui rejoignent un canal central

    3) A la jonction du canal central et de la levée on perce un tunnel dans la levée, celui-ci est fermé à la sortie par un clapet qui ne s'ouvre que dans un sens : de l'intérieur vers l'extérieur.

     

    III - L'économie Acadienne

    La majorité des Acadiens est avant tout d'origine rurale.
     
    Les Acadiens produisaient eux-mêmes leur nourriture, leurs vêtements, leurs habitations, les meubles et souvent leurs propres outils.

    La pêche, la chasse et le commerce étaient importants, mais on ne peut pas trop insister sur l'importance capitale des produits de la maison, des jardins et des fermes.

    Les porcs et les poules étaient aussi importants pour les Acadiens que les vaches et les brebis.

    Choux, betteraves, oignons, carottes, ciboulettes, échalotes, navets et toutes sortes de salades étaient des richesses presqu'égales à leurs champs de blé.

    Mais la colonie acadienne était aussi un pôle important du commerce international basé sur :

    - La pelleterie

    Dès le départ en 1638, elle rapportait 150 000 livres par an pour la seule région de la vallée de Saint-Jean.

    - La Pêche à la morue

    Principale richesse de l'Acadie qui rapportait en 1645, bon an mal an, plus d'un million d'or par an.

    Le Commerce du bois

     

    IV - Le statut légal des Acadiens

     

    Les Acadiens détenaient leur terre à titre censitaire, c'est-à-dire un sol par arpent et par an. Bien sûr, ils y avaient les différents droits mais ils s'élevaient à peu de chose si on les compare aux lourdes charges qui pesaient sur les paysans de la métropole.

    En 1674, Colbert proclame le pays « Domaine du Roy » ce qui transfère sa propriété à la couronne mais les droits n'en furent pas accrus ; bien au contraire, il interdit d'augmenter les dîmes et redevances.

    En fait, ils furent nullement gouvernés et abandonnés à eux-mêmes et sans soldat pour les défendre, ce qui explique le nombre de changements de nationalité : plus de dix fois durant le 17ème siècle.

     

    V - Leurs relations avec les indigènes

    Les Micmacs et l'ensemble des indigènes firent bon accueil aux Français ; Champlain signa même un traité avec le grand chef Monbertou et autres Sagamos qu'il invitait fréquemment à sa table eu égard à leur rang.

    Entre les Français d'Acadie et les Micmacs, il n'y eu jamais de querelle mais toujours entente cordiale et entraide

    Dès 1610, 21 Micmacs, dont le Sagamo, se convertirent au Catholicisme

     

    VI - L'importance du Clergé

    Dès 1603, des prêtres accompagnèrent les premiers colons mais ils ne restèrent pas.

    En 1619, sur l'initiative de Champlain, 6 Récollets de la province d'Aquitaine vinrent aux frais de la Société d'Acadie organisée à Bordeaux

    En 1632, Richelieu leur substitua les Capucins qui ouvrirent un séminaire à Port Royal. C'est entre 1671 et 1713 que la religion catholique est devenue la religion communautaire ; la religion catholique devenait pour les Acadiens quelque chose d'aussi simple, d'aussi nécessaire et d'aussi peu compliqué que leur pain.

    Leur rôle dans la société, à l'époque, n'était pas prépondérant ; les Acadiens ont même écrit à Louis XIV en lui disant que « si c'était lui, le Roy, qui payait les octrois pour le prêtre, aussi bien épargner son argent, ou envoyer quelqu'un qui aurait pour but principal la religion catholique pour les Acadiens »

    Toutefois, on doit noter que le travail social de ces prêtres qui créèrent les premières écoles et furent les arbitres des conflits d'intérêts ou contestations familiales bien qu'il y eu des notaires en Acadie.


    VII - Une vie patriarcale et communautaire

     

    Sur les vastes concessions délimitées par la rivière ou le bassin et par les hautes terres, vivaient dans une simple maison de bois à haut toit de chaume ou de bardeaux, le patriarche, l'ancêtre souvent fort vieux, entouré de deux ou trois générations.

    Lorsqu'une fille savait tisser une paire de draps, et un garçon fabriquer une paire de roues, on les estimait capables d'entrer en ménage.

    Au garçon, on donnait un lopin de terre, et à la fille 25 livres de denrées et parfois un beau lit de plume. On ne faisait de contrat qu'après le mariage et tout le village s'employait à établir les nouveaux mariés en la maison de bois neuve qu'on bâtissait sur la ferme nouvellement endiguée et défrichée. On leur accordait ou avançait bétail, porc, volaille et semences.

    Si le chef de famille venait à disparaître prématurément, les voisins s'entendaient pour cultiver le champ de la veuve, lui récolter sa moisson, lui couper son bois. Les orphelins de père ou de mère étaient reçus chez des parents ou des amis qui les traitaient comme leurs propres enfants et, quant aux pauvres, il n'y en avait pas.

    Lorsque les parents devenaient vieux, ils cédaient tout l'héritage au plus apte et non pas toujours à l'aîné, à condition qu'il les prenne à charge, et qu'une compensation soit accordée aux frères et sœurs.

    N'ayant guère d'argent, ils n'échangeaient entre eux que produits et corvées agricoles. Cette simplicité de vie, fit, qu'entre eux, il n'y eu que vie harmonieuses « les annales acadiennes, dit un mémoire, ne contiennent pas de crime, vol débauche ou de naissance illégitime ».

     

    VIII - Une vie sociale et culturelle développées

    Dès 1606, Samuel Champlain créé « l'Ordre du Bon Temps » dans le double but de maintenir le moral de ses compagnons et de veiller à ce que « la Chair soit bonne et variée ». Ce fut, en quelque sorte le premier club social du Canada et d'Amérique du Nord (Il existe toujours, et sert à honorer les étrangers ayant participé au renom de la Nouvelle-Ecosse, son Grand Maître actuel étant le Premier Ministre de cette Province)

    Si cette notion de sociabilité et de bonne humeur berça la création de la colonie, elle en devint l'un des principaux traits de caractère. Une gaieté spontanée, avide de réjouissances, tempérait ce qu'il pouvait y avoir de rude en leurs labeurs et de rustres en leur manière.

    Pendant la belle saison, travaux des champs et parties de chasse ou de pêches se faisaient en commun. En hiver, pendant les longues veillées de ces pays froids, devant les flambées de bouleau et de pins, on se réunissait entre amis et voisins, on se racontait ou écoutait les histoires du vieux pays qu'avaient vus les ancêtres, on chantait les vieux refrains en chœur et on dansait.

    Le travail d'Onésiphore Turgeon, parmi d'autres, nous montre que les Acadiens n'étaient pas, avant la déportation, un type de paysan ignorant, et il faut affirmer immédiatement que la déportation n'a pas créé les Acadiens : en 1755, la population acadienne possédait 150 ans de sa propre histoire avec sa propre culture.

    Un assez grand nombre savait lire et possédait des livres (se rappeler le rôle des prêtres) et déjà certains étaient bilingues. En effet, une des choses les plus importantes pour les relations extérieures des Acadiens étaient leur communication avec les autorités anglaises d'Annapolis Royal, surtout à partir de 1713.
    Par la voix du Chef Député du village, les Acadiens ont su garder en leurs propres mains (jusqu'en 1755) leur vie pour presque toutes les questions et pendant presque toutes les années du régime anglais. Ils ont été capables de créer l'idée de neutralité et ce notamment durant les guerres de 1740.

    Non seulement, ils furent de fins politiques, mais ils commencèrent aussi à créer leur propre littérature avec les auteurs tels :

    • Marc Lescarbot qui écrit en 1606, la première pièce de théâtre en Amérique du Nord « Le théâtre de Neptune » (disponible à La Rochelle), il fut même reconnu comme le premier poète d'Amérique du Nord avec son recueil intitulé : « les muses de la Nouvelle France »

    • Nicolas Denys qui laisse de nombreux textes précis sur la description du pays et de ces problèmes,

    • Le Sieur de Dierville avec sa remarquable « Relation du voyage de Port-Royal de l'Acadie ou de Nouvelle-France » qui décrit particulièrement bien la vie des Indiens Micmacs.

    En fait, on peut retenir une dizaine de nom d'écrivains acadiens entre 1604 et 1755.

    C'est donc à une culture entière que la déportation de 1755 mis fin. L'histoire qui suivit en fut une autre avec de nouveaux mythes dont celui d'Évangeline.....

    FIN

    Bibliographie

    Plusieurs ouvrages m'ont permis de vous présenter ce bref exposé, et je tiens à remercier Georges Arsenault, feu le Père Comeau, ancien Président de la S.N.A et de l'Université Sainte Anne (N.E) et Jean Marie Nadeau ancien Secrétaire Général de la S.N.A, qui m'ont offert une partie d'entre eux. Pour plus d'approfondissements sur cette période, je vous conseille donc la lecture des œuvres suivantes :

    -        L'Acadie par Emile Lauvrière (Librairie Plon 1929)

    -        Les Acadiens  (Conseil de la Vie française 1987)

    avec plus précisément les articles de :

    o      Naomi Griffiths

    o      Jean Tarrade de l'Université de Poitiers -Centre d'Etude Acadienne

    o      Melvin Gallant

    o      André Berubé

    -      La vie acadienne en Nouvelle Ecosse - Tome 1 « Le passé »  Centre Provincial de Ressources Pédagogiques de l'Université Sainte Anne (N.E) 1984

    -      Les Acadiens de l'Ile de Georges Arsenault - Edition d'Acadie 1987

    -    Histoire des Acadiens de l'Ile du Prince Edouard - 1927, rééditée par la S.S.T.A.  (I.P.E)   de J.H. Blanchard              

    -    La Religion et les Acadiens à l'I.P.E 1720-1980 - S.S.T.A. Summerside 1983  de Georges Arsenault

    Cyrille Grandcamp

    Mise en page et illustration Flonigogne


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     L'Acadie, de sa découverte au Grand Dérangement 

     

    Première partie : L'histoire

    Découverte par Jean Cabot en 1497, elle doit son nom au navigateur Verrazano qui l'explora pour le compte de François 1er en 1524 et la nomma Arcadie.

     

     

     

     

     

     

     

    I : Situation géographique

    Aujourd'hui encore, peu de personnes s'entendent sur le territoire qu'elle recouvre. Dès sa colonisation la question fut posée : Nouvelle-Ecosse uniquement, pour les Anglais ; Nouvelle -Ecosse, île environnante et rives du continent, pour les Français. Toutefois, on peut, grosso modo, l'assimiler à l'ensemble des Provinces Maritimes du Canada.

    II : Les premiers habitants

    Il s'agit de trois tribus indiennes :

    3 à 4 000 Micmacs (Nouvelle Ecosse) 5 000 Malécites (Vallée du Saint-Jean, Nouveau-Brunswick) Abénakis, les plus nombreux dans le Madawaska (N.O du N.B)
     

    III : La première installation Française : Port Royal 1604-1613

     

    Le 7 avril 1604, sur deux navires et deux pataches, s'embarquent, du Havre de Grâce, Pierre de Guard, Sieur de Monts et gouverneur de Honfleur, nouvellement nommé « vice-roi et capitaine général, tant en mer qu'en la terre, au pays de la Cadie, du Canada et autres terres de Nouvelle-France, du 40ème au 46ème, avec mission de peupler, cultiver et fortifier les dites terres et en convertir les indigènes » par Henri IV.

     

    Il est accompagné du géographe du Roi, Samuel Champlain, du Sieur de Poutrincourt (gentilhomme Picard) et de cent-vingt « engagés » divers, tant catholiques que protestants « tous désireux de participer à la gloire d'une si belle et généreuse entreprise ».

    Ils s'installent, dès leur arrivée, dans une petite île baptisée Sainte-Croix. Après un hiver catastrophique les 45 survivants s'installent à Port-Royal, actuellement Annapolis (N.E) qui devient la première cité du Nord de l'Amérique).

    En juillet 1606, Jean de Biencourt, sieur de Poutrincourt, ramène de La Rochelle toute une équipe d'ouvriers et de laboureurs, un apothicaire de Paris, Louis Hébert,...

    ... ainsi qu'un avocat de la même ville Marc Lescarbot qui sera le premier historien de l'Amérique du Nord (histoire de la Nouvelle France-1609)
     

    IV : Le premier crépuscule acadien 1613-1632

    Dès 1607, une cabale de marchands enlève à Monts et Poutrincourt leur monopole de trafic de 10 ans. La réussite Acadienne commence à exercer des convoitises, notamment de la part de Samuel Argall qui ruine la colonie française de Port-Royal et celle de Saint Sauveur créée en 1608 par les Pères Biard et Massé sur les monts du désert de Pentagouëts. En 1613, profitant de ces dissensions, Jacques 1er d'Angleterre s'installe en Nouvelle Ecosse avec le concours du félon Charles Latour, la nomme Nova Scotia et y introduit les premiers colons Ecossais.

     

    V : La véritable colonisation 1632

    Après de traité de Saint-Germain, Richelieu nomme son cousin "commandeur de Malte " Isaac de Razilly « Lieutenant général du Roi et Gouverneur de l'Acadie ».

    Le 4 juillet 1632, part d'Auray la frégate royale « l'Espérance en Dieu » escortant deux transports avec à son bord : de Razilly, Champlain, Charles Menou d'Aulnay, Nicolas Denys (Marchand de Tours), trois pères Capucins, 285 engagés célibataires et 15 couples. Il établit ces engagés dans 40 concessions censitaires reparties dans la Baie Française (aujourd'hui baie de Fundy). Les engagés le sont pour 36 mois aux frais d'Isaac de Razilly : ce sont des artisans, des sauniers (ils créent les premiers aboiteaux). Peu d'entre-eux resteront.

    A la mort de Razilly, son cousin Charles Menou d'Aulnay-Charnizay, lui succède malgré les embûches des Anglais et de Charles Latour. C'est en réalité Charles Menou qui créera une véritable colonie en faisant venir à ses frais les premières familles en Acadie, ce qui lui coûtera sa fortune. A sa mort le 24 mai 1650, alors qu'il revenait d'une tournée d'inspection des travaux d'assèchement, il avait dépensé plus de 800 000 livres et avait dû hypothéquer toutes ses terres de France et d'Amérique. Son décès fut une perte irréparable pour l'Acadie et dès lors, et ce jusqu'au traité d'Utrecht en 1713, les luttes incessantes entre les Anglais et les Français seront le lot quotidien de la première Acadie.
     

    VI : D'Utrecht au Grand Dérangement 1713-1755

     

    Le traité d'Utrecht donne à l'Angleterre, l'Acadie péninsulaire, la France garde le Cap Breton, l'ile Saint-Jean (aujourd'hui Ile du Prince-Edouard) et le Nouveau-Brunswick.

    Dès lors un nouveau peuplement de l'Acadie verra son essor de l'Acadie péninsulaire vers l'Acadie insulaire et continentale. 

    Dès 1713, on met en œuvre un peuplement conçu dès 1709 par les Intendants Raudot père et fils sous l'impulsion de l'ex-gouverneur de Terre-Neuve et de Saint-Pierre. En 1714, une trentaine de familles sera ainsi installée, à Louisbourg en particulier. On songe à faire partir les Acadiens puisqu'une clause additionnelle au traité d'Utrecht établie le 23 juin  par la Reine Anne d'Angleterre autorisait les Acadiens à partir des terres nouvellement devenues britanniques. De plus, le 23 septembre, les Acadiens déclaraient : « Nous ne prêterons jamais le serment de fidélité à la Reine de Grande-Bretagne aux dépens de ce que nous devons à notre pays et à notre religion, et, si l'on s'efforce d'attenter à l'un ou à l'autre des ces deux articles de notre fidélité, nous sommes prêts à tout quitter plutôt que de violer en quoi que ce soit un de ces articles. »

     

    Toutefois, le gouverneur Nicholson leur refuse l'exeat nécessaire. Tous les Acadiens n'en optèrent pas moins  publiquement pour le départ, ce à quoi le Gouverneur répondit en confisquant leur barque. L'on va alors avoir une double vie acadienne : celle de ceux restés sous la domination anglaise soumis à toutes vexations, et à la neutralité et ceux qui purent rejoindre les territoires français et peuplèrent plus particulièrement l'Ile-Royale, puis l'Ile Saint-Jean et le Nouveau Brunswick. 

    Pour venir à bout des Acadiens restant sur leur territoire et sur les meilleures terres, dès 1745, les Anglais prépareront un plan de déportation en faisant venir d'Europe plus de 2 500 émigrants pour fonder Halifax. Ce fut le Général Charles Lawrence qui, dès 1753, mit en œuvre ce plan. Ainsi, écrit-il aux lords du commerce à leur propos «  .... Comme ils possèdent les plus vastes et les meilleures terres de la province, je suis d'avis que, s'ils refusent le serment, mieux vaut qu'ils disparaissent ». Sur quoi, après avis du juge Belcher, qui consiste à légaliser leur expulsion, « Les Acadiens n'ont pas plus le droit de prêter serment que de rester dans la province », et il décide le grand dérangement.

    VII : Le Grand Dérangement 1755

    En juillet 1755, une centaine de délégués du peuple acadiens refusant de prêter serment sont jetés en prison avec les trois derniers prêtres français. Alors,  "il fut décidé à l'unanimité que, pour prévenir le retour des habitants français et les empêcher de nuire aux autres colons, il fallait les disperser dans les diverses colonies du continent et affréter au plus tôt les vaisseaux nécessaire à ce transport". Une agence maritime de Boston est chargée de cette mission.

    Le Colonel Winslow écrit « pour la future histoire » : "nous formons le noble et grand projet de chasser les Français neutres de cette province, si nous pouvons accomplir cette expulsion, ce sera une des plus grandes actions qu'aient jamais accomplies les Anglais en Amérique car, entre autres considérations, la partie du pays qu'ils occupent contient les meilleurs terres qui soient au monde et nous pourrions installer quelques bons fermiers anglais dans leurs habitations."

     

    Le 9 août 1755 à Beaubassin, 400 habitants sont emprisonnées et dépossédés de leurs biens et en octobre 1 100 prisonniers sont jetés pêle-mêle dans 7 transports. Aux mines, 2 743 victimes dont 182 en surnombre furent mis à fond de cale, le 10 septembre. A Cobeguit, 1 100 et enfin le 27 octobre 24 navires emportèrent un peuple de 3 700 âmes tandis que de Port-Royal en partirent de même 1 664.

    On estime à 14 000 le nombre d'Acadiens ainsi déportés...

    A suivre...

    Texte Cyrille Grancamp

    Iconographie et mise en page FloN


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