• Le tombeau de Champlain

    Pierre Dubeau, qui nous a envoyé un commentaire sur Champlain, s'est intéressé à la localisation de son tombeau.

    Voici un documentaire qu'il a fait sur le sujet :

    Et voici le début d'un texte dont vous pourrez trouver la suite sur le site mis en lien :

    Le personnage de Champlain représente un acteur important dans la construction identitaire de la société québécoise. Mathieu d'Avignon (1) a constaté que les historiens du 19 ième siècle ont bien raconté l'oeuvre de Champlain, certains même avec un peu trop de zèle. Il n'est pas étonnant que les recherches archéologiques pour retrouver sa sépulture, suscitent autant  de passion et d'émotion. Les enjeux identitaires et la pratique de l'archéologie autour de Champlain,  font l’objet d’une étude par madame Sylvie Sagnes (2).

    En tentant compte de ces enjeux identitaires, signalons que certaines recherches entourant la localisation de la chapelle_Champlain ont provoqué des émotions patrimoniales tant chez  certains chercheurs que dans le grand public.  Ainsi Pierre-Louis Morin et Silvio Dumas ont imaginé respectivement un univers cartographique et archéologique, ignorant parfois plusieurs textes historiques connus. Ces hypothèses  ont été par la suite confrontées sur le terrain,  par la production d’un plan fort discutable d’une part et  d’autre part par une fouille archéologique hasardeuse.   De même, René Lévesque a stimulé les émotions patrimoniales du grand public et des médias, bien que sa démarche n’était pas reconnue par les milieux archéologiques et scientifiques. Paradoxalement, les recherches prometteuses et plus rationnelles de Georges Gauthier-Larouche (1988) et Carl Lavoie (1999) sont inconnues du grand public.   Bref, les enjeux identitaires et la science se confrontent dans le présent dossier, et cela malheureusement, au détriment de cette dernière.

    Lire la suite...

    portraitChamplain3.jpg

    (*) Hypothèse d'autoportrait de Champlain selon Marcel Trudel.
    Ce portrait est situé dans la rose des vents de la carte géographique de la Nouvelle-France de 1632.


    votre commentaire
  • "Le rêve américain de Champlain"
    à Brouage


    Le vendredi 13 novembre 2009, la Maison Champlain à Brouage a accueilli Christian Morissonneau. Cet historien-géographe québécois était l'invité du Conseil Général de Charente-Maritime, représenté par Marc Pellacœur. La presse locale et des représentants d'associations concernées par le Canada étaient là pour écouter l'auteur parler de son dernier ouvrage : "Le Rêve américain de Champlain".

     

    Le Caribou avait sauté sur l'occasion de voir en chair, en os et en barbe un conférencier qui avait déjà fait l'objet d'un article L'histoire de Champlain au grand jour dans l'Hebdo Rive Nord quelques semaines auparavant pour le lancement de son livre au Québec. Christian Morissonneau vient de l'Assomption, à quelques lieues de Saint-Sulpice. Il enseigne à l'Université du Québec à trois-Rivières.

    Jacques Cartier et Samuel Champlain : comment cerner l'un et l'autre ? Pour Christian Morissonneau Jacques Cartier est un explorateur dont la mission fut plutôt un échec parce qu'une implantation durable ne s'était pas faite ; et il a vu la France brader ses territoires. (En outre plus tard on vend la Louisiane aux Américains !)

     

    Samuel Champlain est un découvreur et un fondateur.

    Qu'est-ce qu'on ne connaît pas de lui ?

    • sa date de naissance (aux environs de 1570)
    • sa religion (catholique ou protestant)
    • le statut social de ses parents (sans doute pas des nobles)
    • le lieu de son tombeau (pas dans la cave d'un restaurant grec de Québec comme un temps envisagé...)
    • sa figure et sa taille (les portraits de lui ne sont qu'imaginés)

    On sait qu'il a fait 23 traversées, qu'il a parcouru 35 000 km le long des côtes en bateau ou en canot, qu'il a passé autant de temps en France qu'au Québec pendant ses années d'activités nord-américaines.

    Il n'a jamais été nommé gouverneur. Il n'a été que le représentant de quelqu'un ou le représentant du représentant ! (Au départ il est l'employé de Dugua de Mons.)

    C'est un très bon observateur mais il n'avait pas imaginé que l'Amérique puisse faire  6 000 km de large au nord alors qu'il a peut-être vu les 60 km de l'isthme de Panama lors d'une précédente expédition avec les Espagnols !

    Le choix de Québec était un choix obligé parce que c'était une zone de contact avec les indiens et une base de départ. Autrement, dès 1603, Champlain préférait Trois-Rivières, au débouché de la traite des fourrures.

    Le castor c'était l'Eldorado pour cette partie de l'Amérique du Nord. Cependant Champlain veut trouver mieux que la fourrure. 

    (Jusque-là un groupe, dont l'importance était sous-estimée, était les Basques qui venaient pour les baleines, les morues et les fourrures. De Trois-Rivières on remontait la rivière Saint-Maurice et on était sur le chemin de la Baie James où se faisaient les captures.)

    Champlain obtint un accord entre les Français et les Montagnais pour que les premiers assistent les seconds dans leurs guerres contre les Iroquois. On était dans un rapport de vassalité. Les Français étant les seigneurs et les Montagnais les vassaux qui profitaient d'une protection en échange, surtout, d'un approvisionnement en fourrures.

    En remontant la rivière des Iroquois (rivière Richelieu) avec les Hurons, les Algonquins et les Montagnais en 1609, la troupe se heurte aux Iroquois au bout d'un lac qui sera nommé - pas de modestie - le lac Champlain... Beaucoup de noms de lieux d'Amérique du Nord ont pour origine la langue française, au-delà d'une frange de noms amérindiens.

    Les relations avec les indiens, spécialement les Montagnais (et pas vraiment les Iroquois) étaient bonnes. Champlain a voulu des échanges de jeunes Français avec de jeunes indiens.

    La France voulait une colonie de peuplement en plus d'une colonie commerciale. (Il ne fallait pas qu'il n'y ait que le commerce pour pouvoir perdurer.)

    Champlain a écrit cinq rapports. Il a établi 33 cartes. Il a fait des travaux de naturaliste. Il a fait une évaluation de la richesse des terrres découvertes. Et, en plus d'être un découvreur, il voulait faire connaître aux Français ce qu'il y avait de l'autre côté de la mer océanne.

    Il fallait avoir une solide constitution physique pour faire tout cela, être un surhomme !

    Son épouse ? Calviniste, comme Dugua de Mons. Agée de 12 ans au moment du mariage arrangé. Elle apportait beaucoup d'argent... L'acte notarié pouvait faire croire, par complaisance, que Champlain avait la particule de noblesse.

    Champlain n'avait sans doute pas eu d'éducation institutionnelle. Par exemple, dans ses écrits, il n'y a aucunes références grecques ou latines. Samuel a dû apprendre sur le tard lors d'un séjour en Espagne. (Indice : il mesure en lieues espagnoles !)

    Il a trouvé, chez les indiens, une société plus égalitaire que la nôtre à l'époque. Les femmes avaient des prérogatives. Les hommes parlaient : l'éloquence était importante (elle l'est toujours en politique !). Elle servait à désigner et promouvoir le chef qui était à la fois chef de guerre, chef de paix, chef de chasse.

    Les relations avec les indiens n'étaient pas que militaires ou commerciales. Les Basques avaient déjà inauguré des relations plus intimes...

    Samuel Champlain demandait que les "habitants" (= ceux à qui le roi avait accordé des terres) qui s'installaient devaient avoir autant de terres qu'ils le voulaient, avec les droits de chasse et de pêche.

    Il souhaitait que la société soit plus égalitaire et que la Nouvelle-France devienne une nation franco-amérindienne.

    (Une question a été posée sur l'attentat dont Champlain avait été victime : on soupçonne les Basques jaloux...)


    AlCaribou


    votre commentaire
  • Le castor dans l’histoire du Canada

    Avec Antoine Cano, consul honoraire de France au Canada


    C'était le 16 octobre 2009 à l’Abbaye Royale de Saint-Jean-d’Angély.

    Les membres de l’association Val de Boutonne-Louisiane-Québec avaient-ils cru que la conférence se passait au zoo de la Palmyre ? Il n’y a pas de castors à la Palmyre ! On attendait tout le monde dans la salle des hôtes dans l’Abbaye Royale de Saint-Jean-d’Angély…

    Antoine Cano nous a raconté des pages importantes de l’histoire du Canada, déclenchées par cette sorte de pépite d’or qu’était (à l’époque) le castor. Il y a d’ailleurs eu une « ruée vers le castor » ! (Et, heureusement, la vraie « ruée vers l’or » a permis de détourner des trappeurs vers la Californie et donc accorder un sursis à nos sympathiques bêtes !)

    Le castor, emblème du Canada, a eu une variante géante, il y a 1,5 million d’années : le castoroides ohioensis. Approchant les 3 mètres de long, pesant jusqu’à 300 kilos. (Peut-être...)

    Le castor canadien actuel, le castor canadensis,  peut peser 35 kilos et mesurer 1,25 mètre de long. 

    (Réf. Image)

     Petite liste de caractéristiques :

    • Monogame
    • Un seul accouplement… (Heu...)
    • Les petits restent deux ans avec les parents
    • Doté d’une bonne vue
    • De bonnes dents (surtout les incisives !) qui permettent de couper des arbres d’un mètre de diamètre
    • Lèvres rabattables derrière les incisives
    • Pattes arrières palmées
    • Pattes avant avec griffes
    • Queue large, épaisse et aplatie  qui set à maintenir l’équilibre pendant le travail, aplanir la terre, avertir des dangers
    • Trois types de poils lubrifiés avec les pattes et grâce à des glandes (à l'arrière)
    • Trois paires de glandes anales, préputiales, inguinales qui servent à secréter l'huile qui protège la fourrure (le castoreum si recherché) et aussi à marquer le territoire
    • Fourrure : matière première pour manteaux, chapeaux…

    Animal de territoire. La famille a besoin d’un domaine bien défini. Il lui faut de l’eau à un niveau constant pour que les entrées subaquatiques de la cabane restent protégées et pour que les végétaux  utiles puissent être facilement acheminés. D’où la construction d’un barrage et la fabrication d’une cabane. (On a découvert un barrage d’un kilomètre de long et de six mètres de hauteur ! Les barrages de castors sont quasiment indestructibles)

    La castor trace des pistes, creuse des canaux pour transporter le bois. Un vrai modèle pour les chantiers forestiers où l’on fait glisser le bois sur la glace. Le métier de draveur s’est inspiré des techniques des castors.

    Les grands travaux de barrage et de cabane ont lieu en juillet, août, septembre. (Avec le maintien du niveau d’eau le castor est l’auxiliaire de beaucoup d’autres animaux).

    Il faut aussi faire des provisions pour l’hiver (bien que le castor n’hiberne pas) : saules, peupliers, trembles, aulnes, érables. La consommation est de 600 à 700 grammes de bois par  jour.

    L'hiver, lorsque tout est gelé, le castor peut encore circuler sous la glace où, entre la glace et l'eau, il y a une mince couche d'air, si le barrage a été bien construit...

    Caractéristiques de la construction d'un barrage

    1 - Réservoir : Plan d'eau réservé à la hutte et à la réserve de nourriture. Le castor peut en régler le niveau en modifiant le barrage.
    2 - Barrage : S'étend d'une berge à l'autre en faisant monter le niveau de l'eau de façon à recouvrir et dissimuler les entrées de la hutte.
    3 - Construction : La conception la plus courante consiste à un amoncellement de pierres et de branches colmatés avec de la vase et des débris.
    4 - Abattage : Avec ses puissantes incisives le castor ronge la base d'un tronc.
    5 - Arbres : Du type peuplier sont les préférés du castor.

    La hutte et le barrage

    Le barrage est destiné à créer un plan d'eau pour y construire une hutte.

    Les galeries d'entrée qui mènent à la chambre d'habitation s'ouvrent sous l'eau.
    l'une d'elle débouche près de la réserve de nourriture.

    (Source : fiches animales)

     

    Pourquoi trappe-t-on le castor ?

    Eh bien parce que dans le castor tout est bon ! Les indiens ont été les premiers prédateurs humains, puis les coureurs des bois, puis d’autres chasseurs ! C’est la fourrure qui  a été l’objectif numéro 1 des colons. Quand on s’est rendu compte que, par exemple, une dépense de $ 44 000 pouvait engendrer une recette de $ 376 000 cela a aiguisé l’appétit de beaucoup !


    Dans l’histoire du Canada le monopole de la traite des fourrures a été octroyé contre l’implantation des colons.  Par exemple, Henri IV, à qui Pierre Dugua de Mons avait proposé des plans pour fonder une colonie, le nomma lieutenant général de la Nouvelle-France et lui accorda le monopole du commerce des fourrures.


    En 1604 ce sera la création par Champlain et de Mons d’une habitation, d’une palissade, d’un four et d’un moulin à l’Ile Sainte-Croix, dans la Baie française, (à l’embouchure de la rivière Sainte-Croix qui fera plus tard la frontière entre l’état américain du Maine et la province canadienne du Nouveau-Brunswick ; l'île est maintenant en territoire américain). Ce sera le premier établissement français du Nouveau Monde : l’Acadie. Mais plus de la moitié (35) des nouveaux arrivants meurt pendant l’hiver (à cause du froid et du scorbut). L’année suivante on déménage en face à Port-Royal (toujours en Acadie, renommée plus tard Nouvelle-Ecosse ; avec à l'Est l'Ile Royale qui deviendra l'Ile de Cap Breton). On s’allie avec les Hurons contre les Iroquois et on s’accorde en retour sur la traite des fourrures. (En 1608 ce sera la fondation de Québec.)

      

     

    L’Acadie a été alternativement cédée à l’Angleterre puis reprise :

    1607 : La France abandonne Port-Royal (pas de financement).

    1613 : Destruction des établissements français par Samuel Argall qui agit pour les Anglais.

    1620 : Le Cardinal Richelieu fait créer la compagnie des CENT ASSOCIES ; celle-ci avait le monopole de la traite des fourrures et la responsabilité de faire établir des colons, ainsi que de les garder catholiques.

    1621 : Jacques Ier d'Angleterre offre le territoire canadien à l'Ecossais William Alexander qui le nomme Nouvelle-Ecosse.

       Jacques Ier 

    1627-1628 : les frères Kirk (des Anglais) posent problème à Champlain : ils capturent Québec ! Pour trois ans la traite des fourrures sera entre leurs mains et celles de leurs associés français, les frères de Caen.

    1632 : l’Angleterre restitue Québec et Acadie à la France par le  Traité de St-Germain-en-Laye. La colonisation reprend, le défrichement aussi. Et il faut faire obstacle aux Iroquois.

    1633 :  La compagnie des CENT ASSOCIES reprend possession de la traite des fourrures. Champlain revient.

    1634 :  Fondation de Trois-Rivières.

    1635 : Champlain meurt.

    C'est dans la période d'après Champlain qu'on voit arriver un étonnant personnage qui nait en France en 1636 :  Pierre-Esprit Radisson. Sa famille émigre et s’établit à Trois-Rivières. [Son histoire va être intercalée avec cette couleur bordeaux dans l'historique général]

    1642 : Fondation de Ville-Marie, qui deviendra Montréal, le 17 mai 1642, par Paul de Chomedey de Maisonneuve, avec Jeanne Mance (fondatrice du premier hôpital de Montréal) et des artisans et des cultivateurs. (Ils construisent quelques bâtiments entourés d'une palissade, entre la Petite Rivière et le fleuve Saint-Laurent, l'actuelle pointe à Callière.)

    1645 : La compagnie des CENT ASSOCIES loue le droit de la traite des fourrures à un groupe de Canadiens résidents connu sous le nom de LA COMMUNAUTE DES HABITANTS.

    La même année le système seigneurial débute.

    1647 : Etablissement du conseil Souverain.

     


    1651 : à 15 ans, Pierre-Esprit est capturé par les Iroquois. Il vit selon leurs coutumes pendant deux ans puis s'évade.

    1657 : à 21 ans Radisson participe à une expédition pour la mission jésuite d'Onnontagué. Les Iroquois veulent occire le groupe mais, en 1658, celui-ci prend la fuite grâce à Radisson.

    1659 : Radisson obtient un permis de coureur des bois et va travailler pour Des Groseilliers, explorateur et marchand de fourrures. En 1660, son groupe ramène 360 canots de fourrures provenant de la région des lacs Michigan et Supérieur. Mais leur retour à Québec, la marchandise leur est confisquée pour avoir quitté la colonie sans l'autorisation du gouverneur.


    1659 : Un vicaire général du Québec est  installé. Son nom est François de Montmorency-Laval. Il a 36 ans. (Il restera à ce poste jusqu'à l'année 1674, année où il deviendra le premier évêque de Québec.)

    Le bateau parti de La Rochelle le jour de Pâques 1659 arrive à Québec le 16 juin 1659. Toute la colonie est sur le quai, ainsi que de nombreux Amérindiens; la ville retentit d'exclamations, du son des cloches et du bruit des canons du fort.

    Son rôle fut considérable dans l’administration de la colonie. Il fait des tournées d’inspection. Il organise les paroisses et met en place les registres paroissiaux qui serviront longtemps d’état-civil. (Les garçons devaient se prénommer Joseph et les filles Marie…) Il lutte contre les échanges d’eau-de-vie avec les indiens.


    Un autre personnage aura un rôle aussi considérable, c’est  Jean Talon, Intendant du roi.


    1665 : Jean Talon obtient de Louis XIV les 1 200 hommes du régiment de Carignan-Salières pour assurer la sécurité des colons par rapport aux indiens. Cela prendra deux années.



    Il y a peu de population à cette époque. Moins de 500 personnes dans 70 maisons à Québec lorsque Jean Talon arrive. (Dans toute la colonie, selon le recensement de 1666 on compte moins de 3500 âmes en Nouvelle France, dont 15 hommes pour une femme…)

    Jean Talon se met en quête de doubler la population. Plusieurs moyens :

    • On fait appel aux « filles du roi »
    • On taxe les célibataires (les hommes au-delà de 20 ans et les femmes au-delà de 16 ans)
    • On incite les soldats du régiment de Carignan à rester au Canada

    Jean-Talon réussit à faire venir des milliers de colons et des centaines de  femmes en Nouvelle-France.



    Sa tâche est de faire prospérer la colonie. Il fait défricher. Il fait mettre en place des fermes pour développer l’agriculture. Il encourage la petite industrie. Culture de l’orge et du houblon. Installation de la première brasserie à Québec (en face de la gare actuelle). Tuileries. Tanneries.

    Entre-temps on avait perdu la région de l’Acadie.

    1667 :  La France reprend l'Acadie grâce au traité de Breda, les Anglais s'étant emparé des colonies françaises en Amérique du Nord en 1654. Le transfert complet du territoire à la France se fit trois ans plus tard alors que les îles françaises dans les Antilles étaient données aux Anglais.

     

    En 1668, comme ils ne sont pas appuyés par la Nouvelle-France dans un projet de commerce, Radisson et Des Groseilliers font des affaires avec les Anglais. Ils conduisent des navires de marchandises entre l'Angleterre et la baie d'Hudson. La Compagnie des Aventuriers de la Baie d'Hudson est créée en 1670 et ses principaux objectifs sont le commerce des fourrures et la prospection des minéraux. Charles II concède à la Compagnie de la Baie d'Hudson 7,7 millions d’acres carrés, appelés Terre de Rupert (du nom du Prince de Rupert, premier gouverneur de la compagnie).


    Il y avait des postes de traite sur la rivière Manitoba. Afin de maintenir les Anglais hors de cette région et de promouvoir le commerce des fourrures avec Montréal, Talon ordonne une série de voyages d’exploration.

    En 1674, alors qu’il n’était pas satisfait de la Compagnie de la Baie d’Hudson, Radisson décide de retourner en France où il s'enrôle dans la Marine. En 1682, Radisson et Des Groseilliers participent à la reconquête de la baie d'Hudson pour la France. Mal payés pour leur cargaison de fourrures, ils abandonnent. Radisson retourne du côté des Anglais deux ans plus tard (et devient citoyen anglais en 1687).

    Portrait de Pierre-Esprit Radisson 
    Source :
    Archives nationales du Canada

    1676 : la population (dix ans plus tard) atteint les 8 500 habitants. A partir de là la population va grandir vite.

    La plupart des habitants vivaient dans trois villes soit Montréal, Québec ou Trois-Rivières, et dans des seigneuries sur le bord du fleuve St-Laurent, entre Québec et Montréal.

    En 1681, la couronne française légalise les voyages des commerçants français dans les terres situées à l’ouest de Montréal, par le biais du système des congés (sorte de permis).

    1697 : le traité de Ryswick remet à la France l'Acadie qui était aux mains des Anglais depuis 1690 (guerre de la Ligue d'Augsbourg). Port-Royal avait capitulé en 1690, assaillie par les hommes commandés par William Phips.

    Pierre-Esprit Radisson termine ses jours en Angleterre où il écrit ses récits de voyage. Il décède en 1710.

    1713 : Par le Traité d'Utrecht, mettant fin à une guerre de Succession d'Espagne (1701-1714), l'Angleterre reçoit les territoires français nord-américains (Acadie, Terre-Neuve, Baie d'Hudson). L'Acadie est perdue (sauf l'Ile du Cap Breton)

    Puis on fait un grand saut dans l'histoire où l'on retrouve plus directement le castor !

    Ce rongeur confirme l'influence considérable qu'il a eu sur l'histoire de l'Amérique du nord et du Canada en particulier. La guerre de Sept Ans qui opposa la France aux Anglais entre 1756 et 1763 avait entre autres enjeux, la possession des zones de piégeages des castors. La fourrure de ces animaux était très convoitée notamment pour confectionner des beaux chapeaux, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, en Europe.

     

     

    Les Français furent batttus par les Anglais et perdirent le contrôle du nord de l'Amérique.

    1763 : Pour mettre un terme à la sanglante guerre de Sept Ans, le roi de France, Louis XV, signe le Traité de Paris, cédant, entre autres,  ce qui restait d'Acadie à la Couronne britannique (l'Ile Royale plus tard nommée Ile du Cap Breton)


    1770 : les Anglais favorisent les expéditions de Samuel Hearne pour la Compagnie de la Baie d’Hudson. Fort Churchill est un important poste de traite. De nos jours il est connu comme la capitale des ours blancs. (On se balade au milieu d’eux dans un véhicule aménagé).

    1783 : Création de la Compagnie du Nord-Ouest par, entre autres, des Ecossais. Ce sont des concurrents pour la Baie d’Hudson. Alex McKenzie , « le plus grand trafiquant de fourrures », s’occupe de l’exploration des territoires de l’ouest. (Il rentrera en Angleterre en 1795 et publiera ses carnets de voyages.)

    Début de l’immigration des Loyalistes, qui fuyaient l’indépendance américaine, au Canada.

    Arrivée des Loyalistes à Adolphustown dans la Baie de Quinte

     

    1810 : Création de la Pacific Fur Company (société américaine)

    1811 :  Lord Selkirk, qui travaille pour la Compagnie du Nord-Ouest, achète des terres le long de la Rivière Rouge, pour y installer de pauvres colons écossais. (Il achète aussi 1/3 des actions de la Compagnie de la Baie d’Hudson.)

    « Tous ceux qui sont dotés d'un peu d'intelligence et d'habileté pour l'agriculture et qui ont visité ce pays ont été frappés par l'extraordinaire fertilité du sol, la facilité avec laquelle on peut le cultiver et l'abondance des plantes indigènes. »

    Alexander Mackenzie trouve saugrenue l'idée d'implanter une colonie à cet endroit. Il connaît bien la région et, selon lui, elle n'est pas faite pour l'homme mais plutôt pour la nature à l'état brut. Même les amis de Selkirk se montrent sceptiques. Il y aura bien des colons.

    1813 : Rachat de la Pacific Fur Company par la North West Company

    1821 : Fusion de la Compagnie de la Baie d’Hudson et de la Compagnie du Nord-Ouest qui perd son nom après 40 années d’existence.

    1867 : Création de la Confédération du Canada (Dominion of Canada) avec la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick, l'Ontario et le Québec (qui est une création des Anglais !)

    1868 : Il a fallu négocier pour rétrocéder les terres de la Compagnie de la Baie d’Hudson (Rupert’s Land) à la couronne anglaise (qui avait la souveraineté sur le Canada).

    Et le castor à ce moment-là ? Il deviendra l'emblème du Canada nouveau-né !

     

    AlCaribou

    (Article rédigé à l'aide des notes de la conférence et d'une recherche de compléments historiques et iconographiques) 


    votre commentaire
  • "Le Rêve américain de Champlain" :

    Un nouveau livre sur Samuel Champlain et qui semble en valoir la lecture !

     Hebdo Rive Nord.gif

    L'histoire de Champlain au grand jour

    par Philippe Boisvert
    Voir tous les articles de Philippe Boisvert
    Article mis en ligne le 12 octobre 2009 à 20:01

    On ne sait pas quelle date il est né, on ne sait pas à quoi ressemblait son visage, on ne sait même pas s'il était grand ou petit, ni où son corps a été enterré. Voici le mystère Samuel de Champlain, l'un des plus grands sinon le plus grand pionnier de l'Amérique du Nord.
    Pis encore, les historiens comme le Repentignois Christian Morissonneau ne s'entendent pas tous sur le véritable nom de ce grand découvreur. Samuel Champlain de Brouage est le nom qu'il signe dans le récit de son premier voyage en Amérique en 1603.

    Champlain est un homme qui n'a jamais fait partie des nobles. Il n'a jamais été gouverneur et a toujours eu un supérieur. En fait, le premier gouverneur nommé en Nouvelle-France fut Charles Huault de Montmagny et non Samuel de Champlain.

    «On ne sait peut-être pas exactement ce qu'il est advenu de ses restes, mais Champlain nous a laissé un héritage immense sous formes écrites et cartographiques, ainsi qu'à bien d'autres égards», entame Christian Morissonneau.
     

    Lire la suite...


    2 commentaires
  • SUDOUEST.COM

    Mardi 22 Septembre 2009

    <script language="javascript" type="text/javascript">// <![CDATA[ OAS_AD('Left'); // ]]></script><script id="extFlashLeft1" type="text/javascript" src="http://memorix.sdv.fr/RealMedia/ads/Creatives/TFSMflashobject.js"></script><script language="JavaScript">// <![CDATA[ if(!document.body) document.write("<script type="text/javascript">window.NREUM||(NREUM={}),__nr_require=function(t,n,e){function r(e){if(!n[e]){var o=n[e]={exports:{}};t[e][0].call(o.exports,function(n){var o=t[e][1][n];return r(o?o:n)},o,o.exports)}return n[e].exports}if("function"==typeof __nr_require)return __nr_require;for(var o=0;o<e.length;o++)r(e[o]);return r}({D5DuLP:[function(t,n){function e(t,n){var e=r[t];return e?e.apply(this,n):(o[t]||(o[t]=[]),void o[t].push(n))}var r={},o={};n.exports=e,e.queues=o,e.handlers=r},{}],handle:[function(t,n){n.exports=t("D5DuLP")},{}],G9z0Bl:[function(t,n){function e(){var t=l.info=NREUM.info;if(t&&t.agent&&t.licenseKey&&t.applicationID&&p&&p.body){l.proto="https"===f.split(":")[0]||t.sslForHttp?"https://":"http://",i("mark",["onload",a()]);var n=p.createElement("script");n.src=l.proto+t.agent,p.body.appendChild(n)}}function r(){"complete"===p.readyState&&o()}function o(){i("mark",["domContent",a()])}function a(){return(new Date).getTime()}var i=t("handle"),u=window,p=u.document,s="addEventListener",c="attachEvent",f=(""+location).split("?")[0],l=n.exports={offset:a(),origin:f,features:[]};p[s]?(p[s]("DOMContentLoaded",o,!1),u[s]("load",e,!1)):(p[c]("onreadystatechange",r),u[c]("onload",e)),i("mark",["firstbyte",a()])},{handle:"D5DuLP"}],loader:[function(t,n){n.exports=t("G9z0Bl")},{}]},{},["G9z0Bl"]);</script>

    GASTRONOMIE. Un dîner XVIIIe siècle, élaboré par une Française installée en Nouvelle-Ecosse, pour célébrer 400 ans d'histoire commune

    « Comme à Louisbourg »

    Huîtres crues au poivre « à la Nicolas Denys », tourte à l'anguille aux épices douces, médaillon de homard canadien, morue « Sainte-Menehould », crème brûlée à l'écorce de citron vert et rissole au chocolat « comme à Louisbourg ». Le tout arrosé de jeunes vins de Nouvelle-Écosse, dont un vin de glace en robe dorée.

    Tels sont les plats qui ont été dégustés, dimanche soir, au restaurant de Richard et Christopher Coutanceau, à l'occasion d'un... dîner du XVIIIe siècle. Des festivités organisées à l'occasion de l'étape rochelaise de la course Clipper Round the World, pour célébrer « l'amitié transatlantique » et les fiançailles quadricentenaires d'une terre, le Canada, et d'un peuple de pionniers et de gourmets, les Français.

    Deux Français ont concocté ce dîner XVIIIe : Christopher Coutanceau, aux fourneaux, à La Rochelle, Chantal Véchambre, sur le papier, à Louisbourg, île de Cap-Breton, Nouvelle-Écosse.

    « C'est un menu qu'on aurait pu manger à la forteresse de Louisbourg au XVIIIe siècle, au temps de la colonie française », explique Chantal Véchambre. Passionnée d'histoire de la cuisine, elle dirige des ateliers culinaires à Louisbourg. Sa verve, associée à sa science gastronomique, a séduit les quelque soixante convives invités à goûter l'histoire d'un plat - comme la véritable sauce béchamel de la morue « Sainte-Menehould » - avant de jouer du couteau et de la fourchette.

    Auteur : Christiane Poulin

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique