• Filips Jordens invite Brel au plat pays charentais

     FILIP JORDENS INVITE BREL AU PLAT PAYS CHARENTAIS
     
    Pour clore les journées francophones de Marennes dédiées cette année à la Belgique, une grande soirée, un événement rare ce soir-là à l’Estran.
    Ce spectacle fait un carton depuis dix ans en Belgique, en Allemagne et au Pays-Bas. Il est présenté pour la première fois en France… et c’est à Marennes !
     
    Filip Jordens forme avec ses musiciens les « Chopins du petit matin » : il est au chant, Alano Gruarin au piano, Stijn Bettens à l’accordéon, Peter Verhaegen à la contrebasse. De sacrés musiciens, même si la parole est par moments un peu trop donnée aux instruments, aussi bons soient-ils, au détriment de la compréhension du texte. Brel était avant tout un homme de texte… Moins fort, la musique ; elle ne doit être que le faire-valoir du poème qui s’envole en tourbillonnant. Si elle prend parfois le dessus, comme « Dans le port d’Amsterdam », ce ne doit être que pour mieux redevenir l’ombre du texte.
    Ceci étant dit, bravo aux instrumentistes, tous trois excellents.
     
    Filip Jordens est un jeune comédien belge, né en 1975, soit trois ans seulement avant la mort de Jacques Brel qu’il n’a donc pas pu connaître, d’un père francophone et d’une mère flamande. Il a commencé son parcours par une formation de comédien et un enseignement du chant à l’institut des arts dramatiques d’Antwerpen (dans la province d’Anvers en Belgique), puis une carrière théâtrale avec des rôles dans Richard II de Shakespeare, Andromaque de Racine ou la Trilogie de Pagnol.
     
    S’il a commencé à interpréter Brel sur scène à 19 ans, il en a été imprégné avant même de naître par ses parents (« Quand on n’a que l’amour » fut la musique choisie pour leurs fiançailles…). Il chantait déjà Brel tout enfant et s’y est essayé à la guitare dès son adolescence. Brel fait partie de lui, de sa culture familiale la plus intime.
     
    Jacques Brel a beaucoup été « imité » depuis sa mort. Mais Filip Jordens n’est pas un imitateur. Il est la réincarnation du grand artiste belge. On voit beaucoup de plagiats qui laissent un goût amer à ceux qui connaissent l’original, et qui donnent une fausse image du modèle à ceux qui ne l’ont pas rencontré.
    Très vite le public s’est embarqué à bord du bateau Brel-Jordens. Brel était là, sur la scène de l’Estran. Filip Jordens a su être aussi fragile, aussi humble et sarcastique que le grand Brel, jusque dans ses gestes et les vibrati.
     
    Quelle émotion… Nous sommes passés des larmes au sourire, comme lorsque Brel passait de « Les flamandes » à « Ne me quitte pas ».
     
    Et quand il a interprété « Le plat pays », savait-il, qu’il était dans un plat pays, dans ce plat pays charentais maritime, avec clochers pour uniques montagnes ? A-t-il eu le temps de monter en tout en haut du clocher de l’église de Marennes qui domine les marais et les parcs à huîtres ?
     
    Bravo l’artiste. Merci pour les bonbons. Ne viens pas les rechercher ; nous les avons dégustés avec délectation. Mais reviens nous régaler.
     
    Bon choix, la Coupe d’Or. Merci l’équipe de Marennes qui a su dénicher ce jeune artiste qui ne fera, comme il le dit lui-même, qu’interpréter le grand Brel différemment au fur et à mesure qu’il avancera lui-même sur le chemin de la vie. Que pouvait-il comprendre aux « Vieux » à 20 ans, comment les perçoit-il à 36 ans, et qu’en sera-t-il quand il sera lui-même « un vieux » ? Brel, lui, n'a pas eu le temps de vieillir.
    Les pendules d’argent ne martèlent plus beaucoup les secondes dans nos demeures modernes, mais je connais un coucou suisse qui dit oui qui dit non, qui dit qu'il nous attend...
     
    Flonigogne
     
    Cliquez sur les liens ci-dessous pour retrouver Filip Jordens à travers quelques vidéos :
     
     

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