• A Saint-Trojan, « un mini-tsunami »

    Un retraité, qui connaît l'île depuis 1946, raconte sa vision du village submergé par Xynthia.

     Jean-Claude Roussignol.  J. D.

    Jean-Claude Roussignol. J. D.

    <script type="text/javascript"> var t_rss = new Array; t_rss[0]= new Array('http://www.sudouest.fr/charente-maritime/saint-trojan-les-bains','Saint-Trojan-les-Bains'); t_rss[1]= new Array('http://www.sudouest.fr/charente-maritime/saint-denis-d-oleron','Saint-Denis-d\'Oléron'); t_rss[2]= new Array('http://www.sudouest.fr/environnement/tempete-xynthia','tempête Xynthia'); writeOutils(info_id,'http%3A%2F%2Fwww.sudouest.fr%2F2010%2F07%2F28%2Fa-saint-trojan-un-mini-tsunami-148349-4778.php','A+Saint-Trojan%2C+%C2%AB+un+mini-tsunami+%C2%BB',t_rss,'defaut','A Saint-Trojan, « un mini-tsunami »'); </script>

    Jean-Claude Roussignol, retraité en Oléron et fin connaisseur de l'île, se remémore les dégâts causés par la tempête.

    « Le vent est arrivé du sud-ouest, par Maumusson, ça a été une marée extraordinaire. En 65 ans, je n'avais jamais vu ça », raconte Jean-Claude Roussignol. Lui connaît l'île depuis 1946. Petit, il était venu profiter du climat pour guérir d'une double pneumonie ; il y est régulièrement revenu en vacances, depuis, et a décidé de passer sa retraite dans la maison de Saint-Trojan.

    <script language="JavaScript" type="text/javascript"> OAS_AD('Position1'); </script>

    Dans ce village, il nous invite à une visite-souvenir des dommages causés par la tempête Xynthia. « Dès que j'ai su l'ampleur de la catastrophe, je suis tout de suite venu sur place pour constater l'état de ma maison et de celle de ma famille. » Tout le village avait changé de visage.

    Plus de marais

    Première étape de sa tournée, la digue. Construite sur la partie Est de la commune, elle a vite été submergée, ce qui n'a guère étonné le retraité. « Déjà, quand la marée est haute, il ne reste que 80 centimètres avant que l'eau n'atteigne le haut de la digue. Alors forcément, elle a été submergée. Résultat : les marais qui s'étalaient à perte de vue ont laissé place à de la végétation sauvage. »

    Ce qui a le plus marqué notre guide reste sans doute la place du Marché. Sur le parking, situé juste en face, « l'eau arrivait jusqu'aux boîtes à lettres, assure Jean-Claude. Même les véhicules de pompiers étaient inondés, c'était difficile de venir au secours de la population. »

    Au port, le chenal a connu un mini-tsunami. « C'est bien simple, il y a eu un effet "chasse d'eau". Quand vous avez une marée haute et du vent, ça déborde », explique notre guide. Au fur et à mesure de la balade, il montre l'emplacement de quelques maisons aujourd'hui détruites. « Quelques jours après, on annonçait une marée similaire, on a eu très peur. Mais heureusement, cette fois-ci, il n'y a pas eu de vent. »

    Le calme après… Xynthia

    Première victoire pour les Oléronnais victimes de la tempête. Rien ne les forcera à quitter leurs maisons.

     Boyardville au lendemain de la tempête. Aujourd'hui, les habitants poussent un « ouf » de soulagement.  Archives M.-C. A.

    Boyardville au lendemain de la tempête. Aujourd'hui, les habitants poussent un « ouf » de soulagement.Archives M.-C. A.

    «Processus amiable sans effet coercitif. » Une expression barbare qui fait la joie des victimes de la tempête Xynthia sur l'île d'Oléron. Concrètement, l'État et les propriétaires situés sur les zones de solidarité - ou zones noires - sont invités à engager des discussions, mais aucune obligation n'est imposée aux deux parties.

    Pour les sinistrés menacés d'expropriation, cette ordonnance délivrée par le tribunal administratif de Poitiers est un soulagement. « En gros, rien ne se fera avant 2012, voire 2013 », se réjouit Olivier Schmit, président de l'Association pour la sauvegarde du site de Boyardville-la Perrotine.

    Une accalmie rassurante

    C'est une accalmie au cœur de cette tourmente. Quelques jours après le passage de Xynthia, les 27 et 28 février dernier, 150 demeures s'étaient retrouvées en zone noire. Traduction : elles devaient être détruites car inhabitables. La carte postale de Boyardville se retrouvait quelque peu écornée, puisque même des monuments historiques étaient concernés par cette mesure.

    Les habitants de Boyardville y voyaient peu clair dans ce brouillard administratif. Et pour cause, aucun document officiel n'avait en effet annoncé le classement en zone noire. Pour combattre le processus enclenché, des associations s'étaient montées, alliées aux élus - les maires des communes de Boyardville, la Perrotine et Saint-Trojan avaient refusé de se déclarer en zone noire.

    « La résistance locale a su montrer les faiblesses de la procédure juridique », résume Patrick Moquay, président de la communauté de communes (CdC), lors d'une réunion publique organisée samedi dernier pour apporter des précisions sur cette nouvelle situation. Mais le porte-parole de la structure reste méfiant : « On voit bien qu'une partie des volontés s'émousse, mais il y a toujours une menace d'expropriation. »

    Si le temps gagné semble jouer en faveur des habitants, pas question d'oublier pour autant les manquements qui ont causé de gros dégâts à la suite du passage de Xynthia. En ligne de mire : les digues. Le Conseil général de la Charente-Maritime vient d'octroyer 184 000 euros pour la rénovation des digues, la CdC vient, quant à elle, de voter un plan digue. « Il faut aussi se pencher sur l'hydraulique et l'ensemble des consignes de sécurité », assure le président de la structure.

    Projet de village sécurisé

    Des initiatives germent dans les esprits. La dernière en date serait de transformer Boyardville en « village sécurisé », avec sirène d'alarme, des lits entreposés dans des hangars en cas d'inondation… « Ou, pourquoi pas, faire de Boyardville une grande marina ! », ironise Olivier Schmit.

    Malgré cette première bataille remportée, le labeur pour l'association est loin d'être terminé. Prochain enjeu : veiller aux remboursements des assurances. « J'ai déjà récolté cinq lettres d'assurances qui affirment avoir versé la totalité de la somme des remboursements après la tempête, rapporte le président de l'association. Or, les sinistrés n'ont rien vu de cet argent. Il faut qu'on reste vigilant. »

  • La médiathèque se relève après Xynthia

    Après les dégâts de Xynthia, la structure fait peu à peu peau neuve.

     Plus de 80 000 livres attendent parents et enfants.  photo celia prot

    Plus de 80 000 livres attendent parents et enfants. photo celia prot

    La réouverture de la médiathèque, à la Corderie royale, le 18 mai dernier a échappé à beaucoup de Rochefortais. Pourtant, après le 28 février et les dégâts considérables que Xynthia a produit, le personnel a mis la main à la pâte avec énergie pour tenter de sauver les livres et réhabiliter les lieux au plus vite.3 000 livres irrécupérables

    Il aura fallu plus de deux mois, pour enlever les moquettes gorgées d'eau, faire sécher plus de 1 000 livres, pages par pages, encore récupérables et remettre en état tout le réseau éléctrique au sol.

    Avec plus de 30 centimètres d'eau au lendemain de la tempête, plus de 3 000 livres ont été perdus, plein de vases, irrécupérables.

    Cet événement et les travaux qui ont suivi ont entraîné d'importantes réflexions sur les matériaux à utiliser en cas de nouvelles tempêtes et ont également été l'occasion de penser à du nouveau mobilier qui donnerait envie aux gens de rester, de se poser pour lire ou écouter de la musique. Olivier Desgrange, le conservateur de la médiathèque « souhaite créer un véritable espace de vie, modernisé ».

    Ce désir de modernisation passera par l'amélioration du site Internet pour permettre aux personnes « d'aller à la bibliothèque de chez eux », explique-t-il.

    Autre nouveauté et non des moindre, les tarifs vont considérablement baisser. Pour un abonnement parents enfants comptez 10 euros contre 15, 90 € auparavant et sachez que la gratuité totale va s'appliquer pour les étudiants, les demandeurs d'emplois, les personnes âgées et handicapées et les bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA).

    Les artistes n'oublient pas les sinistrés de Xynthia

     Une partie des artistes.  photo jean-pierre sarazin

    Une partie des artistes. photo jean-pierre sarazin

    L'association Art, culture et littoral organise à la salle des fêtes de Port- des-Barques, son exposition annuelle, jusqu'au jeudi 5 août. Pour cette deuxième édition, 13 artistes, peintres, sculpteurs, photographes et mosaïstes présentent leurs œuvres où côté peinture, cette année, l'abstrait domine.

    Durant l'exposition, un blason géant pré-dessiné aux couleurs de Port-des-Barques, divisé en cases à peindre pourra être terminé par les visiteurs. Les bénéfices de cette action seront reversés aux associations de sinistrés de la tempête Xynthia. Un concours artistique sur le thème de la mer et de la terre est prévu jusqu'au 28 juillet. Quatre artistes assureront des ateliers d'initiation : Benoit Hapiot pour la gravure et la peinture matière, Marie Deschamps pour la mosaïque et Patrice Duval pour la peinture à l'huile et la sculpture, le dessin d'observation sera assuré par Bertrand Richet.

    Renseignement au 06 83 30 77 42. L'Expo2 est ouverte tous les jours, entrée gratuite de 10 heures à 12 h 30 et de 15 heures à 19 heures.

    8 juillet 2010 06h00 | Par Philippe Ménard 0 commentaire(s)

    Du gypse pour soigner les terres noyées par Xynthia

    Le groupe Garandeau a démultiplié sa production de gypse fin pour une campagne d'épandage destinée à dessaliniser les champs meurtris par la tempête.

     Emilie Richaud devant le stock de gypse fin aux propriétés déssalinisantes.  Photo Ph.M.

    Emilie Richaud devant le stock de gypse fin aux propriétés déssalinisantes. Photo Ph.M.

    Au chapitre des coïncidences miraculeuses que réserve la nature, le gypse réalise un drôle de numéro. Cette roche sédimentaire née de la mer il y des dizaines de millions d'années sert aujourd'hui à en soigner les maux. Depuis le 20 juillet, jusqu'à fin septembre, une campagne d'épandage se déroule dans les terres agricoles dévastées par la tempête Xynthia, dans la nuit du 27 au 28 février.

    Les propriétés du gypse sont connues depuis fort longtemps. Il sert pour l'amendement des terres, comme engrais et comme conditionneur. Dans le cas présent, ces atouts ne sont pas inutiles, mais c'est une autre qualité qui est recherchée : « Le gypse est constitué de sulfate de calcium hydraté. Il joue un rôle de captage du sodium, autrement dit le sel. Cela évite la formation de croûtes sur le terrain, et assure une meilleure hydrométrie », détaille Émilie Richaud, responsable du développement du groupe Garandeau.

    5 à 20 tonnes par hectare

    En France, les gisements sont rares. Fabriquant de plâtre dans les Deux-Sèvres, Pierre Daunizeau a eu l'intuition du bon filon en 1869 en prenant possession de la carrière de Champblanc, à Cherves-Richemont, près de Cognac. Six générations plus tard, le groupe familial Garandeau compte 550 salariés et une trentaine de sites exploités en Charente, Charente-Maritime, Vienne et Gironde. La carrière de Champblanc reste la seule à fournir du gypse. L'autorisation de production est fixée à 400 000 tonnes par an.

    Habituellement, le gypse fin, avec un grain de deux millimètres au maximum, se contente de 20 000 à 40 000 tonnes par an. Issu du plus profond des quatre bancs exploités dans ce qui était, il y a 140 millions d'années, une lagune d'eau salée isolée de l'océan, il ne correspond pas aux besoins de l'usine Placoplatre voisine qui absorbe 65 % de la production de gypse.

    Après la tempête, les fédérations agricoles de Charente-Maritime et de Vendée se sont mobilisées pour fournir à leurs adhérents les 5 à 20 tonnes par hectare nécessaires pour dessaliniser les champs. Garandeau s'est adapté pour atteindre une production de 16 000 tonnes par mois de gypse fin pendant cinq mois. « L'installation a tourné 24 heures sur 24, avec un effectif constant, en redistribuant les taches », note Jean-Jacques Klapita, le chef de carrière.

    Élan de solidarité

    Cela a nécessité de trouver des lieux de stockage pour que les 80 000 tonnes fournies par Garandeau soient disponibles le jour venu. « Il y a eu un formidable élan de solidarité pour trouver des solutions temporaires », salue Émilie Richaud. Le groupe a joué le jeu en concédant des tarifs à la baisse et des conditions de paiement spéciales, sans attendre les garanties financières. La livraison a été assurée par Transco, filiale de transports de Garandeau. Sa proximité a fait de l'entreprise un acteur majeur de l'opération, mais elle n'est pas la seule à intervenir. Du gypse vient également de la région parisienne et du Maroc.

    Une campagne de moindre envergure sera renouvelée en 2011 et 2012 pour redonner vie aux terrains maltraités par la roublarde nature.

  •  
  • Rue de Millam, principe de précaution autour de la contruction de 40 maisons

    lundi 26.07.2010, 05:08 - La Voix du Nord

     Les quarante nouvelles maisons prévues rue de Millam attendront un peu. Les quarante nouvelles maisons prévues rue de Millam attendront un peu.

    | WATTEN |

    La commune vient d'avoir une mauvaise surprise : le permis de construire ...

     

    pour deux programmes de construction, rue de Millam, a été suspendu par le sous-préfet de Dunkerque. « Nous avons eu connaissance de sa décision deux jours avant la fin du délai de recours. Nous avons été surpris.

    La DDE avait donné son accord », raconte le maire Daniel Deschodt.

    La raison invoquée par le sous-préfet : le risque d'inondations dans la zone où doivent être construites 40 maisons, en l'occurrence près du collège et du parc des sports. Depuis la tempête Xynthia et les ravages qu'elle a faits en Vendée, le principe de précaution est de rigueur dès lors qu'il s'agit d'un risque d'inondation. « Ce n'est pas une zone dans laquelle il y a un risque, précise Daniel Deschodt ; il y a deux ans, nous avons réalisé des études hydrauliques qui l'ont confirmé. » Passée la déception, les partenaires - le promoteur privé lillois, la commune, l'agence d'urbanisme, la DDE, le SIVOM - se sont remis au travail. Ils vont présenter un nouveau projet : « Le sous-préfet demande que soient prévus plus de sipositifs pour capter les eaux pluviales », explique le maire. Outre les citerne de 5 000 litres qui équiperont chaque maison pour récupérer les eaux de pluie, le lotissement devra être desservi par une chaussée drainante. Le programme, qui devait démarrer en septembre avec une maison témoin, prendra donc un peu de retard : Daniel Deschodt imagine son démarrage en 2011. « Finalement, ça va dans le bon sens », juge le maire avec philosophie.

    Ces quarante maisons individuelles (des F3, F4 et F5) en accession à la propriété bénéficient des mesures du Pass foncier (TVA à 5,5 %). Soutenu financièrement par la commune, elles lui permettront de regarnir un peu sa démographie, en perte de vitesse ces dernières années. A noter que le projet de nouvelle gendarmerie subit lui aussi indirectement les conséquences de Xynthia. Son permis de construire doit également être modifié pour rehausser les bâtiments. •

    ANNICK MICHAUD

    Tourisme : se relever après Xynthia

    Mots clés : tempête Xynthia, saison touristique, été 2010, LA faute-sur-mer, L'Aiguillon-sur-mer, VENDÉE, CHARENTE-MARITIME, île de Ré

    Par Sophie Amsili
    23/07/2010 | Mise à jour : 22:59 Réagir

    A gauche, des maisons près de l'Aiguillon-sur-Mer après le passage de Xynthia. A droite une plage de l'Ile de Ré. Crédits photos : AP et Sébastien SORIANO / Le Figaro
    A gauche, des maisons près de l'Aiguillon-sur-Mer après le passage de Xynthia. A droite une plage de l'Ile de Ré. Crédits photos : AP et Sébastien SORIANO / Le Figaro

    Les régions frappées par la tempête meurtrière qui a frappé la côte atlantique en février se remettent progressivement. La destruction des logements plombe cependant la saison touristique des communes les plus touchées déjà éprouvée par la conjoncture économique.

    Le soleil devrait être au beau fixe ces prochains jours sur le littoral de la Vendée et de la Charente-Maritime. En cette période de grandes vacances, la mer devrait même être délicieuse. Rien de semblable avec la météo du 28 février dernier, lorsque la tempête Xynthia qui a balayé le pays semait le chaos sur cette partie du littoral atlantique. Dans les seules communes vendéennes de La Faute-sur-Mer et L'Aiguillon-sur-Mer, les plus touchées par la tempête, 29 personnes ont péri. Près de cinq mois après la tragédie, ces deux communes dévastées se remettent peu à peu. Mais dans cette région très touristique durant l'été, Xynthia a laissé des marques qui ont miné le début de la saison.

    Si l'Office du tourisme de l'Aiguillon-sur-Mer déplore une baisse de fréquentation de l'ordre de 10%, les commerçants dressent des constats plus négatifs. «La clientèle est en baisse de 30% à 40%», confie Pascale Soussi du restaurant La Terrasse à la Faute-sur-Mer. «Et on en a discuté entre commerçants: c'est pareil pour tout le monde». Au restaurant La Marina, soixante couverts sont servis chaque jour sur la centaine habituelle. A l'Hôtel du Port, à l'Aiguillon-sur-Mer, Sophie Ramon dresse un constat encore moins favorable : dans cet hôtel qui a été inondé par 82 centimètres d'eau fin février et fermé plus d'un mois, la fréquentation a été divisée par deux.

     

    Trois campings fermés

    En cause, la destruction de plusieurs campings et de nombreuses maisons secondaires qui ont contribué à vider les rues de la commune. A La Faute-sur-Mer, le camping municipal est définitivement fermé et celui des Flots Bleus ne devrait rouvrir qu'en avril 2011. Quant au camping municipal de L'Aiguillon-sur-Mer, il n'est qu'à moitié accessible: caravanes et tentes peuvent de nouveau élire résidence dans la «partie haute» depuis le 1er juillet. Mais l'autre partie, où l'on pouvait louer des mobil-homes, des chalets et des caravanes, demeure fermée pour travaux. Elle représente, à elle seule, une centaine de lits en moins.

    Au total, à La Faute-sur-Mer, près de 8000 touristes en moins seraient attendus, sur les 35.000 habituellement accueillis chaque été. Ajoutés à une conjoncture peu favorable selon les commerçants, ces hébergements détruits représentent un important manque à gagner.

     

    L'Ile de Ré accuse aussi une petite baisse

    A quelques dizaines de kilomètres au sud de La Faute-sur-Mer, sur l'Ile de Ré, les dégâts de la tempête ont été moins importants. «L'île n'est absolument pas détruite !», tient à rappeler la gérante d'un hôtel-restaurant. Un camping destiné à un comité d'entreprise demeure cependant fermé cette saison et l'hôtel Odalys n'accueillera de nouveaux visiteurs qu'à partir du 31 juillet.

    Le Relais Thalasso, également fermé après la tempête, a finalement rouvert ses portes le 4 juillet. Quatre mois de travaux auront été nécessaires pour que l'établissement se remette de l'inondation qui a dévasté quarante chambres. «Aujourd'hui, l'activité reprend normalement, affirme le directeur de l'établissement Didier Gireau. Nos prévisions pour le mois d'août sont dans la norme, voire bonnes. Nous avons fait des efforts pour faire oublier l'inondation et que l'image du centre ne soit pas ternie».

    Mais de nombreux commerçants et restaurateurs de l'Ile de Ré déplorent cet été une petite baisse de la fréquentation. Certains mettent en avant les conséquences de la tempête, d'autres pointent surtout du doigt le contexte économique défavorable. «La situation économique est préoccupante», explique la directrice d'Ile de Ré Tourisme, Catherine Senand, refusant d'incrimer la tempête qui a laissé «peu de séquelles» sur l'île. Elle admet que la saison a «commencé doucement», mais table sur un meilleur mois d'août.

     

    Un impact «modéré» pour les départements

    Pour François Riou, adjoint de direction au Comité départemental du tourisme de Vendée, l'impact de Xynthia reste «très modéré». Seulement 2% du littoral vendéen a été détruit par la tempête, «une frange infime» qui ne porte pas atteinte, selon lui, à la saison touristique du département. Face à une affluence en berne cette année, les professionnels locaux du tourisme se veulent donc rassurants sur leurs perspectives. «Seulement deux campings sont fermés sur les 400 que compte la Vendée», rappelle-t-il.

    Même constat à l'échelle du département voisin: «Au lendemain de la tempête, seulement 3% des infrastructures de Charente-Maritime ont été touchées», explique Stéphane Villain, président du Comité du tourisme du département. «L'été s'annonce très bien», affirme-t-il. «Le taux de réservation est sensiblement identique à celui de 2009 qui était une très bonne année». Et on promet aux visiteurs que la qualité d'accueil sera au rendez-vous: «Les habitants ont mis les bouchées doubles pour accueillir les visiteurs dans de très bonnes conditions, poursuit Stéphane Villain. Elles seront peut-être même meilleures que d'habitude».

     

    L'image de la région en jeu

    <intertitre>L'image de la façade atlantique est en jeu, comme le prouve la campagne télévisée pour promouvoir le tourisme en Vendée. Diffusée au début du mois de juin, les spots publicitaires visaient à «rappeler les valeurs d'hospitalité et de tourisme» du département, selon François Riou. </intertitre>

    Les régions touchées par Xynthia s'efforcent donc désormais de convaincre les visiteurs qu'elles sont à nouveau prêtes à les accueillir, avec leur charme et leur tranquillité habituels.

     

    Xynthia : les aménagements se feront par tranches - Les Moutiers-en-Retz

    lundi 26 juillet 2010


    Salle Jean-Varnier, une soixantaine d'habitants ont débattu, parfois houleusement, avec le maire Jean Guillot et son adjoint à l'environnement, Bertrand Alliot.</P>

    Vendredi soir, salle Jean-Varnier, le maire Jean Guillot et son adjoint en charge des questions du littoral Bertrand Alliot ont mené une réunion avec les habitants touchés par les inondations après le passage de la tempête Xynthia. Devant une soixantaine de personnes, au cours de cette rencontre relativement houleuse, la municipalité a rappelé la priorité de la commune : la construction d'une école, estimée à 2 millions d'euros. Les aménagements liés à la catastrophe de Xynthia passeront ensuite (l'amélioration des réseaux de traitement des eaux pluviales et la création d'un canal à ciel ouvert au niveau de la gare sont en projet). L'argent reste le fond du problème pour Jean Guillot. Trop chers, ces travaux se feront successivement et « par tranche ».

    D'où l'espoir d'une aide de l'État pour continuer ces aménagements : la municipalité attend un Plan de prévention des risques d'inondation (PPRI). La date de sa mise en oeuvre est pour l'instant totalement inconnue. Un tel dispositif permettrait une aide supplémentaire de la part de l'État et l'accélération de certaines modifications nécessaires à la commune. Cependant, il amènerait également la désignation de zones inondables. Devant le spectre des « zones noires » de La Faute-sur-Mer en Vendée, Jean Guillot s'est voulu rassurant. Selon lui, « un PPRI ne signifie pas la destruction des maisons situées sur les zones jugées inondables par l'État et chaque propriétaire sera consulté ». Il n'empêche, les terrains deviendraient non-constructibles, interdisant toute extension et rendant plus difficile leur vente.

    Une piste a émergé de cette réunion, elle consiste à remplacer le parking de la place Charles-de-Gaulle par un bassin de rétention, qui serait traversé par des ponts. Chez les Monastériens, on s'impatiente. Lors de la réunion, plusieurs personnes ont quitté la salle prématurément, en fustigeant le manque de mesure concrète. « Qui peut donner maintenant aux propriétaires quelques conseils pour prévenir les inondations chez eux ? » a-t-on demandé dans le public. Le maire a annoncé la diffusion, dans les trois semaines, d'un document de conseils pour protéger sa maison. Le document serait déjà prêt selon Bertrand Alliot.

    Après Xynthia, moins de vacanciers, mais de l'espoir

    jeudi 22 juillet 2010
    • Sur le plan d'eau de L'Aiguillon-sur-Mer, les traces de la tempête sont désormais très discrètes : tout a été fait pour que les vacances soient « comme avant ».

      Sur le plan d'eau de L'Aiguillon-sur-Mer, les traces de la tempête sont désormais très discrètes : tout a été fait pour que les vacances soient « comme avant ».

      Thomas Brégardis
     

    Tongs, serviettes de plage et pique-nique. Dans le Sud-Vendée, quatre mois après la catastrophe meurtrière, L'Aiguillon et La Faute-sur-Mer accueillent ces panoplies avec le sourire. Mais ce n'est pas la grande foule.

    Le soleil est là, les sourires aussi. Quatre mois après la catastrophe meurtrière de Xynthia, L'Aiguillon et La Faute-sur-Mer retrouvent leurs allures de stations balnéaires : on sirote à la terrasse d'un café, on se promène sous les pins, les enfants profitent de la piscine du camping. « Il y a moins de monde », glissent les habitués. Les amoureux défendent : « Ça n'a jamais été noir comme aux Sables. Ça fait partie du charme. » La cohue, c'est le week-end, avec les Vendéens qui viennent en nombre profiter des plages.

    Locations inhabitables, deux campings fermés dont un qui ne rouvrira pas : les fichiers de l'office de tourisme de La Faute, forts de 110 locations, se sont vidés de 40 possibilités d'hébergement. De nombreuses résidences secondaires sont fermées, parfois pour toujours. « Cette année, on aura 8 000 personnes en moins », estime Marie-Claire Suire, conseillère en séjours. Elle se veut pourtant optimiste : « Xynthiaa détruit des possibilités d'hébergements, mais les réservations sont bonnes. Les touristes ne nous boudent pas. »

    Dans cette station qui accueillait jusqu'ici 35 à 40 000 touristes par saison, certains hébergeurs jugent ces propos« un peu roses ». La diminution de l'offre n'a pas profité à tout le monde. « Aucune de mes huit locations n'est louée. D'habitude je n'ai pas de problème. Au téléphone, on m'a dit que je devrais avoir honte de louer à La Faute. On m'a même demandé si je pataugeais encore dans l'eau ! », se plaint Fosca, 55 ans. Parmi les sept campings ouverts, quelques-uns sont complets, notamment en août. D'autres ne cachent pas que « début juillet a été plus difficile que l'an dernier ». Un« effet Xynthia » ? « Très clairement », pour certains, « non » pour d'autres. « Il y a des problèmes de pouvoir d'achat, comme sur l'ensemble du littoral français. »

    Les commerçants annoncent des chiffres d'affaires en forte diminution. Pour les soutenir, des chèques de 20 € sont distribués aux touristes. Là aussi, beaucoup avancent que les porte-monnaies sont à plat, que la météo joue. Pour« compenser les images de la catastrophe », certains auraient voulu « davantage de communication positive ». La gérante d'un camping se réjouit d'avoir mis le paquet :« Très vite, la page d'accueil de notre site a fait le point sur les dégâts, pour rassurer les clients. On a aussi retravaillé le référencement sur internet. Résultat : une baisse les quinze premiers jours de juillet mais pour août, on est en avance par rapport à l'an dernier ! »

    Des chèques aux touristes

    Sous le soleil, cyclistes et promeneurs sont quand même visibles. Les fidèles le sont souvent restés. Quitte à troquer le mobile-home pour une caravane, ils ont retrouvé leurs voisins habituels. La plupart sont épatés : « C'est incroyable, le nettoyage qui a été fait. Il faut bien connaître pour mesurer les changements ! » Marie, 46 ans, qui vient quinze jours « chaque année, chez des amis », revient d'un jogging sur la pointe d'Arçay, à La Faute : « Franchement, je ne vois pas la différence », souffle-t-elle.

    Évidemment, dans le paysage, tout n'est pasexactement « comme avant ». Route de la Pointe, les cailloux découragent voitures et vélos sur cette digue naguère très visitée. Comme à La Faute, des maisons sont bardées de banderoles où les propriétaires crient leur colère : ce sont les zones noires (ou zones de solidarité). Elles concernent 915 maisons.

    « On peut facilement éviter ces zones », réagissent plusieurs touristes. Le voyeurisme, qui peut susciter quelques tensions, semble marginal. Les plus malins envoient les indélicats sur une fausse route. C'est de bonne guerre. Sinon, les touristes sont les bienvenus : « Ça nous change les idées. On en a besoin », sourient des sinistrés, lassés de certaines questions, mais plus encore d'attendre leurs indemnisations.

    Au 1er juillet, un quart d'entre eux sont retournés vivre dans leurs maisons, y compris en zone noire. Les blessures sont encore profondes dans les coeurs et dans les têtes. Mais un travail de titan a permis qu'elles soient discrètes dans les rues, sur le port. Les activités estivales fonctionnent toutes : char à voile, école de natation, karaoké, balades nocturnes... Dimanche, L'Aiguillon-sur-Mer accueillera le troisième triathlon Sud Vendée.

    Les professionnels du tourisme espèrent beaucoup du mois d'août et des fameuses« réservations de dernière minute ». Au casino de La Faute, l'un des plus gros acteurs économiques de la station, le directeur, Gia Khanh Pham, rêve de projets à long terme :« Avec 29 morts, nous avons encore besoin de compassion. Heureusement, l'homme renaît toujours. Si on concentre les forces, en tirant les leçons du passé, on peut faire plein de choses. Et pas seulement pour les touristes. »

    Claire HAUBRY.

votre commentaire
  • Xynthia, revue de presse du 20 juillet 2010

     

     

     

     

    Xynthia : le préfet de Charente-Maritime va répondre aux sinistrés

    Demain matin, le préfet de Charente-Maritime répondra en direct aux questions des journalistes de « Sud Ouest » et « Demoiselle FM ».

     À Boyardville, le 13 avril dernier, la réunion entre le préfet et
 les sinistrés avait tourné à l'altercation. Demain, Henri Masse 
évoquera à nouveau les sujets qui fâchent.  photo archives k.charov

    À Boyardville, le 13 avril dernier, la réunion entre le préfet et les sinistrés avait tourné à l'altercation. Demain, Henri Masse évoquera à nouveau les sujets qui fâchent. photo archives k.charov

    <script type="text/javascript"> var t_rss = new Array; t_rss[0]= new Array('http://www.sudouest.fr/charente-maritime/rochefort','Rochefort'); t_rss[1]= new Array('http://www.sudouest.fr/charente-maritime','Charente-Maritime'); t_rss[2]= new Array('http://www.sudouest.fr/environnement/tempete-xynthia','tempête Xynthia'); writeOutils(info_id,'http%3A%2F%2Fwww.sudouest.fr%2F2010%2F07%2F20%2Fxynthia-le-prefet-va-repondre-aux-sinistres-143144-1504.php','Xynthia+%3A+le+pr%C3%A9fet+de+Charente-Maritime+va+r%C3%A9pondre+aux+sinistr%C3%A9s',t_rss,'defaut','Xynthia : le préfet de Charente-Maritime va répondre aux sinistrés'); </script>
    Si, malgré l'acharnement de certains d'entre eux, les touristes ont bien du mal à retrouver cet été les plaies ouvertes par Xynthia en Charente-Maritime, dans les têtes des sinistrés, celles-ci sont encore béantes. Des plaies, mais aussi des frustrations et des colères parfois concentrées sur un seul homme : Henri Masse. Cinq mois après la tempête, le préfet de Charente-Maritime accepte pourtant de faire face à toutes les polémiques. Zonages, plan digues ou bien indemnisations, il répondra demain matin en direct aux questions des journalistes de « Sud Ouest » et de « Demoiselle FM », mais aussi à celles des associations de sinistrés dont nous relayons ici une partie des interrogations.

    1 A Fouras, l'État ferait pression en sous-main

    <script language="JavaScript" type="text/javascript"> OAS_AD('Position1'); </script>

    Entre rumeurs et certitudes, Jacques Bargiel - le président de l'association Vivre à Fouras - continue de plaider en faveur des 107 familles de la pointe de la Fumée classées en zone noire : « Tout le monde est victime de pressions assez primaires de l'État. Pour que les sinistrés touchent l'argent de l'assurance, les gens doivent par exemple signer une quittance reconnaissant qu'ils sont en zone noire.

    Mais j'ai trois questions précises pour le préfet : d'abord qu'il me dise si oui ou non une circulaire a bien été envoyée aux artisans afin de leur interdire de faire des réparations en zone noire, leur signalant au passage qu'ils ne seraient pas payés s'ils passaient outre. La seconde question concerne le 14 juillet, puisqu'il se dit que le préfet - craignant les effets d'un orage conjugués aux fortes marées - était ce jour-là sur le point de faire évacuer la presqu'île.

    Enfin, qu'il nous explique pourquoi la cote NGF, celle qui détermine le niveau de protection, est de 7 mètres à Fouras, alors qu'elle n'est que de 4 mètres dans l'île de Ré. La mer serait-elle plus haute chez nous que là-bas ? »

    2 Charron et sa zone noire « inhumaine »

    « Inhumanité, iniquité et manque de transparence », les propos de Thierry Demaegdt ne manqueront sans doute pas de faire réagir le préfet. Et c'est d'ailleurs ce que le président de Reconstruire Charron réclame : « Oui, je l'ai dans le collimateur parce qu'il n'a jamais répondu aux courriers qu'avec notre avocat, nous lui avons envoyés.

    On se demande ce qu'il fait. Nous attendons en effet qu'il revienne en arrière sur le classement en zone noire de plusieurs maisons qui n'ont même pas été sinistrées ! Il s'agit manifestement d'une grossière erreur, peut-être parce que les auteurs du zonage ne sont pas venus sur le terrain… Mais au moins que le préfet ait la dignité de répondre à nos questions, sans quoi il rajoute encore un peu plus de pression à la pression.

    Je voudrais également lui faire remarquer que, lorsque l'offre de rachat par l'État est acceptée et signée, l'État a trente jours pour signer le chèque. Or, pour plus d'une centaine de sinistrés, le terme de ce délai approche, et il semble hélas que la promesse ne sera pas tenue. Pourquoi ? »

    3 Boyardville et ses quais flottants

    Tout le monde se souvient de l'accueil plus qu'agité qu'avait reçu le préfet dans le quartier sinistré de Boyardville il y a quelques mois (photo ci-dessus). Dans une lettre adressée au préfet de Charente-Maritime le 11 juin dernier, Jean-Louis Borloo évoque d'ailleurs presque ouvertement ses doutes « juridiques » quant à l'expropriation de certains riverains le long de ce quai de la Perrotine que n'aurait pas suffisamment entretenu l'État. « J'attends des explications », explique donc Olivier Schmit, à la tête du comité local de sauvegarde. « Car ici ce n'est pas la tempête qui a fait s'affaisser nos berges de 80 centimètres, mais bien un manque d'entretien du propriétaire que le préfet représente. »

    4 Port-des-Barques et la double peine

    Déjà submergée en 1999, la petite commune ouvrant l'estuaire de la Charente se plaint parfois de ne pas être autant considérée que ses voisines sinistrées un peu plus haut sur le littoral. Jacky Laugraud, son bouillonnant maire, en tête : « Je veux qu'il nous confirme en urgence que le plan 3 sur les digues sera bien réalisé dès le printemps prochain, et pas dans trois ou quatre ans. D'ici là, nous tenterons de passer l'hiver avec simplement les sirènes comme bouclier, mais l'État doit à tout prix - en l'occurrence 700 000 euros - assurer la protection des personnes en construisant une digue d'un gros kilomètre sur ce qui fait partie du domaine portuaire départemental.

    J'attends également du préfet qu'il décide au plus vite d'interdire la reconstruction du lotissement Pré du rivage, puisqu'il n'a pas jugé bon de classer en zone noire cette quinzaine de maisons en carton-pâte noyées deux fois en dix ans. »

    L'émission sera diffusée en direct mercredi, de 11 heures à 12 h 30, sur l'antenne de « Demoiselle FM » (Rochefort et La Rochelle sur 97.8, Oléron sur 107 et Royan sur 102.2.)


    votre commentaire
  • Xynthia, revue de presse du 17 juillet 2010

     

     

     

     

    La France consacrera 500 millions d'euros pour renforcer les digues sur ses côtes

    Après la tempête Xynthia et les inondations impromptues du Var en juin, la France entend renforcer ses protections et ses systèmes d'alerte en y consacrant 500 millions d'euros d'ici 2016.

    Travaux de renforcement des digues, ici en juin sur l'ïle de Ré, 
après la tempête Xynthia (photo Xavier Léoty)

    Travaux de renforcement des digues, ici en juin sur l'ïle de Ré, après la tempête Xynthia (photo Xavier Léoty)

     

    Le "Plan digues" présenté mardi en Conseil des ministres par le ministre du Développement durable, Jean-Louis Borloo, prévoit le renforcement de 1.200 km de digues fluviales et maritimes mais aussi de mettre l'accent sur la prévention, avec l'identification, d'ici fin 2010, des "zones à hauts risques" de submersion, qui bénéficieront d'un plan de prévention des risques (PPR) dans les trois ans.

    "Mais la meilleure protection, c'est la prévention. Pour commencer, on arrête les bêtises, on ne construit plus en zone inondable et on ne fait plus de digues pour construire derrière", prévient la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Chantal Jouanno. Les digues existantes seront expertisées d'ici la fin de l'année, quitte à supprimer celles qui n'apparaîtront pas essentielles. "Sinon, à un million d'euros le kilomètre de travaux de confortement, le budget entier de l'Etat n'y suffirait pas", note Mme Jouanno.

    La France compte plus de 9.000 km de digues dont un millier contre la mer,  parmi lesquelles un tiers poseraient problème, notamment en Pays de la Loire, Poitou-Charentes et Nord-Pas-de-Calais. Sur l'ensemble de ces digues, un tiers sont gérées par des maîtres d'ouvrage "qui n'ont pas les capacités techniques ni financières de remplir toutes leurs obligations, y compris en zone urbaine", expliquait récemment l'experte du ministère de l'Ecologie, Anne-Marie Levraut.

    Le Plan digues (intitulé "Propositions pour un plan de prévention des submersions marines et des crues rapides") suggère donc un transfert de compétences aux communes et départements avec, dès janvier 2011, un contrôle renforcé et des sanctions administratives et pénales. Le Plan recommande également la révision des PPR "dont très peu prennent en compte le risque de submersion marine" - tel qu'il s'est manifesté en Vendée ou en Charente-Maritime lors de la tempête Xynthia du 28 février (53 morts) .

    L'Etat a depuis ordonné l'évacuation d'environ 1.500 maisons particulièrement affectées - et en a déjà racheté 450 à ce jour, selon M. Borloo. Les PPR devront en outre tenir compte de la future hausse du niveau de la mer liée au changement climatique. 

    Après les inondations soudaines dans le Var mi-juin (25 morts et disparus), il s'agit aussi d'intégrer dans les plans le ruissellement - distinct des crues car beaucoup plus rapide : il survient en moins de 2 heures. Aucun ne le fait à ce stade, comme Draguignan l'a éprouvé à ses dépens. "Malheureusement, ce sont toujours les drames qui nous font progresser", reconnaît Chantal Jouanno. Le Plan digues veut développer la culture du risque, préconisée par la mission d'information du Sénat sur Xynthia.

    Météo France sera chargé l'an prochain de mettre en place un service d'alerte départemental sur les risques d'inondations en cas de pluies intenses, actualisé toutes les 5 minutes. Et fin 2011, un système de vigilance "fortes vagues" le long des côtes devra être créé avec l'aide des services compétents.

    Enfin, les communes dotées d'un PPR devront adopter et tester un "plan de sauvegarde" leur permettant d'alerter et, si nécessaire, d'évacuer les populations. Sur plus de 10.000 PPR aujourd'hui, moins de 2.000 sont accompagnés de plans de sauvegarde. D'où les bilans dramatiques du premier semestre 2010.

    Des travaux programmés suite à la tempête

    Lors de sa dernière réunion, le Conseil municipal a décidé de retenir l'entreprise Garèche pour les travaux du clocheton de l'église de Chenac suite à la tempête Xynthia. Le coût des travaux s'élève à 1 131,42 € TTC.Aménagement des digues

    Suite aux réunions avec le Smiddest (syndicat mixte pour le développement durable de l'estuaire de la Gironde), concernant la tempête Xynthia, Anne-Marie Moreau, maire, présente le projet de digues suivant :

    Création d'une digue de la falaise du Roc au Château, renforcement de la digue de Conchemarche jusqu'à Mortagne, création d'une digue du port des Monards à la falaise de la Motte.

    Mme Moreau souligne que les travaux envisagés ne doivent pas se situer sur des terrains privés et que les plans laissent apparaître une hauteur de digue de 3 mètres pour une pente de 45 %.

    Emprunt

    Un programme d'amélioration de la voirie communale pour 2010 a été approuvé par la commission permanente du Conseil général dans sa séance du mois d'avril. Un emprunt d'un montant de 14 400 euros, remboursable sur dix ans, sera souscrit pour financer ces travaux. Le Conseil général subventionne les intérêts à 25 %.

    Une subvention complémentaire de l'ordre de 500 euros pour la représentation de l'ensemble Artémis, à l'église de Chenac, suite au nombre insuffisant d'entrées payantes, sera versée au comité des fêtes (5 voix pour et 6 abstentions).

    PLU

    Suite à la modification simplifiée du PLU (plan local d'urbanisme), le sous-préfet fait remarquer que la zone NH (secteur d'habitat isolé), au lieu-dit La Combe, apparaît non fermée. Il convient de produire un plan de zonage avec la zone fermée afin d'éviter toute erreur d'interprétation ou d'application. La prescription de la modification simplifiée du Plan local d'urbanisme est acceptée à l'unanimité afin de procéder à la rectification de cette erreur. L'information aux habitants se fera par voie de presse et affichage à la mairie.

    Tempête Xynthia : le Sénat a présenté son rapport

    Les sénateurs aussi ont rendu le rapport. Ils déposeront à la rentrée un projet de loi

     Alain Anziani.  archives claude petit

    Alain Anziani. archives claude petit

    Développer « une véritable culture du risque en France », cette proposition des sénateurs membres de la commission Xynthia ressemble en tout point à celle formulée par les députés dans le cadre de la mission qui leur avait été confiée (nos précédentes éditions).

    Les sénateurs (la mission est présidée par Bruno Retailleau et le rapporteur est le Girondin, Alain Anziani) viennent donc également de rendre leur rapport. Si eux aussi jugent hâtive la méthode utilisée pour définir les zones de danger après le passage de la tempête, ils sont un peu plus modérés que les députés à l'égard de l'État.

    La mission sénatoriale met en évidence les enjeux qui existent sur le littoral (pression démographique, changements climatiques avec élévation du niveau de la mer, ce qui augmente le risque de submersion) et note, comme les députés, la nécessité d'améliorer le système d'alerte des populations en utilisant les technologies actuelles.

    De l'avis des sénateurs, il faut « renforcer l'efficacité des règles d'urbanisme et interdire la délivrance d'autorisations d'urbanisme tacites dans les zones couvertes par un PPRN (plan de prévention des risques naturels) ou dans lesquelles un PPRN est en cours d'élaboration ».

    Eux aussi évoquent un « plan digue » qu'ils souhaitent voir « élargi à l'ensemble du trait de côte et des ouvrages hydrauliques ». Dans ce cadre, ils considèrent que le régime de propriété doit être précisé et envisagent « un transfert de propriété publique qui permettra de clarifier les responsabilités ».

    La gestion locale de proximité leur semble indispensable pour « assurer efficacement la surveillance et l'entretien de ces ouvrages ». Toutefois, les sénateurs (comme les députés) estiment que « l'État doit conserver un rôle dans la prescription de normes et le contrôle régulier des ouvrages de protection contre la mer ».

    Ils préconisent un système financier différent, à deux niveaux. National sur le fonds Barnier et local « par le déplafonnement et la modulation de la taxe locale d'équipement (taxe sur les permis de construire) ».

    La mission sénatoriale déposera sur le bureau de la Haute Assemblée, dès la rentrée prochaine, une proposition de loi pour concrétiser les dispositions d'ordre législatif qu'elle a préconisées.

    Thalasso hors d'eau

    Noyée par la tempête Xynthia, la thalasso a rouvert.

     Geneviève de Fontenay, près de Didier Giraud, a apprécié le long 
travail de remise en état.  PHOTO PICHOT

    Geneviève de Fontenay, près de Didier Giraud, a apprécié le long travail de remise en état.PHOTO PICHOT

     

    Après quatre mois de travaux supervisés par l'architecte Christophe Dumet, la page Xynthia a été définitivement tournée au Relais Thalasso Île de Ré de Sainte-Marie avec, dimanche 4 juillet à 12 heures, la réouverture de l'hôtel l'Atalante et de son restaurant, et lundi 5, dès 9 heures, celle de son espace hydromarin.

    « Ce n'était pas gagné d'avance, mais la famille Phelippeau, après le désastre du 28 février, avait un objectif clair, net et précis : se battre pour que puisse redémarrer l'établissement avant la haute saison touristique », rappelle Didier Giraud, directeur des lieux.

    Au matin du 1er mars, au sous-sol du bâtiment thalasso, toutes les installations techniques étaient sous les eaux et, côté hôtel, tout le rez-de-chaussée était noyé sous 10 cm à 1,5 mètre d'eau. La réception, le restaurant (à l'exception des cuisines) et 49 chambres étaient particulièrement touchés. « D'ailleurs, sur décision préfectorale, neuf de ces chambres ont été définitivement supprimées », précise Didier Giraud.

    Sauver l'outil de travail

    « Fort heureusement, l'établissement était très bien assuré. Ce sont également plus de 70 personnes en CDI qui ont pu être indemnisées durant quatre mois. »

    Il faut dire que ces quatre mois ne furent pas consacrés au farniente. Dans un vaste élan de solidarité, tout le personnel a répondu présent pour effectuer des tâches autres que les leurs : déblaiement des locaux, aide au gardiennage de l'établissement, remise en état des jardins et des abords.

    « Ce fut pour beaucoup une expérience humaine. Dans un établissement qui fonctionne jour et nuit toute l'année, le personnel ne se connaît pas forcément. Xynthia leur aura donné l'occasion de se rencontrer, d'échanger, de découvrir les métiers des uns et des autres. J'en retiens cette formidable solidarité vis-à-vis de l'entreprise et l'objectif, bien sûr, de sauver l'outil de travail. »

    Par ailleurs, au cours de ces quatre mois, l'entreprise en a profité pour organiser différentes formations, notamment en qualité d'accueil et de service, de management, de massages, etc. « Nous leur devions bien cela. Ils avaient du temps, ils nous ont aidés, on les a formés ».

    C'est donc une nouvelle page de l'histoire du Relais Thalasso Île de Ré qui va désormais s'écrire, avec pour la clientèle une nouvelle décoration, moderne et douce, à la fois ouverte sur l'extérieur tout en conservant une grande intimité intérieure, signée Stéphanie Phelippeau.

    Allée Geneviève de Fontenay

    Invitée d'honneur de cette renaissance : Geneviève de Fontenay. Une fidèle des lieux pour qui, à cette occasion, le directeur Didier Giraud a baptisé de son nom l'allée allant de l'hôtel au front de mer. « Là, je suis émerveillée par le travail qui a été réalisé. C'est superbe. Comme quoi il y a toujours une part de positif dans le négatif. Mais hélas, encore à ce jour, des familles victimes de Xynthia sont toujours dans la mouise la plus totale. Il reste encore beaucoup à faire pour les aider. »

    5 questions après Xynthia

    Plus de quatre mois après la tempête, l'île attire toujours les vacanciers. Mais les inquiétudes et les questions persistent.

     Christelle, avant de venir sur l'île, a juste envoyé un mail à 
son camping. Mais d'autres touristes sont allés beaucoup plus loin.  
Photo Justine Vassogne

    Christelle, avant de venir sur l'île, a juste envoyé un mail à son camping. Mais d'autres touristes sont allés beaucoup plus loin. Photo Justine Vassogne

    Souvenez-vous, il y a quatre mois, vous découvriez l'île de Ré à la télévision. Dans le petit écran, pas de vélos ni de roses trémières, mais une île submergée par les eaux. Des vidéos alarmantes qui ont nui à son image de marque. Et qui ont fait décrocher le téléphone à de nombreux touristes et habitués de l'île, inquiets pour leurs vacances d'été.

    Du boulot en plus pour les offices de tourisme rétais. Chrystelle Maitre, à La Couarde, se souvient. « Au moment de la tempête, le téléphone sonnait non-stop. Aujourd'hui, ça s'est calmé, mais les gens continuent à nous poser beaucoup de questions. »

    Lesquelles ? Tournée des offices de tourisme.

    1 L'île est-elle toujours coupée en trois ?

    Cette question est l'une de celles qui est revenue le plus souvent. « Les médias, et en particulier les chaînes de télévision, ont beaucoup insisté sur la division de l'île. Alors, forcément, les touristes se sont inquiétés. Mais, nous, on leur explique que ça n'a duré que trois jours ! », raconte Chrystelle Maitre.

    À Loix, Séverine Malichier ne cache pas son agacement. « Dire que l'île de Ré est coupée en trois, c'est revenir sur l'identité de notre pays. C'est en réunissant ces trois parties que l'île est devenue une entité. »

    2 Peut-on franchir le pont ?

    « En mars et en avril, c'est ce qui inquiétait le plus », entend-on à l'Office de tourisme de La Flotte. « Tout cela est logique. Les vacanciers voulaient être sûrs de pouvoir se rendre dans l'île de Ré sans encombre. »

    Séverine Malichier précise : « Bien sûr, on m'a déjà demandé si le pont tenait toujours debout, mais maintenant, c'est fini, les touristes sont rassurés. »

    3 Quel est l'état de l'île de Ré ?

    Symboles de l'île, les pistes cyclables ont fait l'objet de nombreux questionnements. À La Couarde, Loix et Saint-Martin, tous s'accordent sur ce point. « Les pistes cyclables, en particulier celles qui longent la mer, ont été très touchées par Xynthia », explique Virginie Tallineau, responsable de l'Office de tourisme de Saint-Martin. « Mais aujourd'hui, tout est redevenu normal. Le trajet Saint-Martin - La Couarde est légèrement dévié, mais tout à fait praticable. »

    Plus généralement, les touristes voulaient savoir si l'île de Ré était en état de les recevoir. Une inquiétude vite dissipée sur place. Et, pour certains, une déception. « Quelques personnes ont été surprises de ne pas voir les dégâts occasionnés par la tempête. Ils nous demandent où ils peuvent observer les traces de Xynthia, ils veulent ressentir la misère », explique-t-on à l'Office de tourisme de La Flotte.

    4 Combien y a-t-il eu de victimes ?

    Beaucoup d'interrogations et une pointe de voyeurisme. Parmi les questions les plus posées, celle du nombre de morts. Une demande qui a le don de choquer les membres des offices de tourisme. À La Flotte et à La Couarde, cette question agace. À Loix, Séverine Malichier est carrément outrée. « Je fais un blocage, je n'en peux plus. Ce n'est pas la majorité, mais certaines personnes vont vraiment trop loin. On me demande si ma maison a été touchée et si je peux montrer des photos. Une fois, ça va, mais au bout de la cinquantième, je craque. Moi aussi, j'ai besoin de me reconstruire. »

    5 Doit-on s'attendre à une autre tempête ?

    « Il y a une semaine, une dame, qui vient pourtant depuis six ans, est venue nous demander si l'orage de la nuit précédente pouvait provoquer une nouvelle tempête », assure Chrystelle Maitre. « On nous demande aussi les dates des grandes marées, car les gens ont peur que la mer déborde une nouvelle fois ! » Alors, dans tous les offices de tourisme de l'île, on écoute, on informe et on rassure. Mais, surtout, on veut passer à autre chose.

    Honneur rendu aux sapeurs-pompiers

     Le lieutenant Sébastien Faivre décoré par Michel Parent.  photo 
yvon vergnol

    Le lieutenant Sébastien Faivre décoré par Michel Parent. photo yvon vergnol

     

    Les élus châtelains, par la voix du conseiller général, maire, Michel Parent ont rendu un hommage appuyé aux sapeurs-pompiers lors de la traditionnelle revue du 14 juillet. Quelque peu gâchée par une pluie incessante, la cérémonie n'en a pas moins tenu toutes ses promesses. Impeccablement alignés devant les véhicules du centre de secours, les hommes du lieutenant Sébastien Faivre ont été longuement applaudis, par une foule sans doute moins nombreuse qu'à l'accoutumée, mais toujours avec la même ferveur.

    Après les sonneries interprétées par une délégation de la philharmonique oléronnaise, Michel Parent, en présence de nombreux élus et de représentants des anciens combattants, devait rappeler les très nombreuses interventions des hommes du feu « qui consacrent leur temps et leur disponibilité à assurer la sécurité des biens et de la population, et savent se montrer exceptionnels notamment comme ils l'ont été pendant la tempête de 1999 et plus récemment lors de la tempête Xynthia où ils ont été formidablement présents. »

    Ces retrouvailles annuelles auront aussi été l'occasion de remise de diplômes, grades et médailles. Après le salut aux drapeaux, tous été conviés à l'hôtel de ville pour un vin d'honneur.

    Les agriculteurs solidaires après la tempête Xynthia

     Six camions comme celui-ci sont partis chez les sinistrés du nord
 du département.  Photo Michel Yvonnet

    Six camions comme celui-ci sont partis chez les sinistrés du nord du département. Photo Michel Yvonnet

    Après la tempête Xynthia, les anciens exploitants du canton de Mirambeau ont constaté les dégâts importants chez leurs collègues éleveurs au nord du département : il n'y avait aucun doute, il fallait les aider.

    Denis Plaize a coordonné les différentes phases afin d'obtenir du foin bon marché amené chez des éleveurs de Charron (zone extrêmement atteinte et dévastée).

    Suite à l'autorisation exceptionnelle de couper les jachères, des volontaires ont fait don des herbages et l'entreprise Mottât s'est chargée de botteler le foin en bottes cubiques de 500 kg environ.

    150 tonnes de foin

    L'entreprise de transport Rousseau, de Ferrières-d'Aunis, a mis à disposition six camions pour transporter les 150 tonnes de foin collecté et c'est un chauffeur de la maison Mottay qui a fait les chargements.

    Sept agriculteurs ont donné l'herbe : Michel Durand, Monti, Dupont, Octeau, Charly Audard, Frédérique Bouchet et Jean-Claude Denis. Quelques donateurs ont permis de réduire le coût des travaux grâce à leur don en argent : le Lions Club de Jonzac, les anciens exploitants, MM. Bouchet, Bernard Louis-Joseph et Denis Plaize.

    Cette opération de solidarité n'est, peut-être, qu'une goutte d'eau pour les éleveurs sinistrés, mais, ce geste doit réconforter les collègues aunisiens qui ont partagé ces 150 tonnes de foin. À noter que la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) coordonne d'autres collectes de foin dans le département et d'autres aides.

    Le sentiment d'insécurité des Oubliés du Blayais

    Les habitants des marais du Blayais, excédés par l'état de fragilité des digues qui provoquent des inondations, ont créé une association : les Oubliés du Blayais.

     François L'Amouller, président de la nouvelle association près 
des digues qui inquiètent.  photo m.m.

    François L'Amouller, président de la nouvelle association près des digues qui inquiètent. photo m.m.

    Entre Blaye et l'écluse du Passage (commune d'Anglade), les habitants du marais (1) en ont assez. Assez de voir leurs maisons inondées. Après la tempête de 1999, ils espéraient des mesures des pouvoirs publics mais rien. Oubliés. Avec Xynthia en 2010, les digues ont de nouveau été submergées. À deux endroits dont la digue dite « des quenouilles ».

    Une réunion avait été organisée en mars à Saint-Genès-de-Blaye au cours de laquelle des spécialistes avaient affirmé que le mieux était de créer des zones d'expansion (digues moins hautes afin que l'eau se disperse). C'est alors que devant ce que les habitants considèrent comme une aberration, » une thèse farfelue », 72 d'entre eux (sur 80) avaient signé une pétition demandant une action rapide.

    Puis la semaine dernière, ils ont décidé d'inviter les élus à s'exprimer sur le sujet à la mairie de Saint-Androny. Devant une cinquantaine de personnes, trois élus avaient répondu présents : le maire de Saint-Genès Claude Farau, le vice-président de la CCB et conseiller général Xavier Loriaud, et un représentant du maire de Saint-Androny.

    Préférer la zone noire

    Les discussions ont porté sur l'état de dégradation des digues, les ouvrages (écluses par exemple) « qui tombent en ruine » et le sentiment d'abandon et d'insécurité. « Nous aimons notre marais et comptons y rester. Mais la plupart d'entre nous préférerait voir le territoire devenir zone noire et partir », souligne François L'Amouller qui vient de créer une association pour agir contre ces digues qui inquiètent.

    Des inquiétudes grandissantes que Xavier Loriaud a tenté de minimiser en affirmant que le plan digues passerait en Conseil des ministres le 13 juillet (lire également en page 16), qu'il n'était pas question de zone noire pour le moment, que dans un premier temps des travaux d'urgence seraient réalisés en attendant un plan sur dix ans.

    Les habitants des marais sont restés sceptiques. Certains propriétaires souhaitent réparer eux-mêmes les digues. « Mais c'est impossible, il faut une étude préalable trop onéreuse et les deux syndicats locaux (Petit Marais et des Quenouilles) n'ont plus d'argent », précise François L'Amouller.

    Une association

    Devant ces incertitudes qui demeurent sur l'avenir, une grande partie des personnes présentes à la réunion ont décidé de constituer une association (2).

    Comme elles se sentent délaissées par certains élus et que l'administration ne répond pas à leurs courriers, l'association s'appelle les Oubliés du Blayais.

    Les habitants ainsi réunis vont exiger un rehaussement du niveau des digues dans les plus brefs délais (avant la période hivernale) et que ces digues (de Blaye au chenal Saint-Georges) fassent l'objet d'un entretien périodique assuré par une seule entité.

    « Des décennies de querelles entre céréaliers, éleveurs, chasseurs, pêcheurs sont à l'origine de la situation actuelle, cela doit finir », note le président.

    (1) Les communes concernées par les digues abîmées sont : Blaye, Saint-Martin Lacaussade, Saint-Genès de Blaye, Fours, Saint-Androny. (2) Président de l'association les Oubliés du Blayais : François L'Amouller ; vice-présidente : Dora Vielet ; secrétaire : Jean-Paul Marcaille ; trésorière : Béatrice Chevigny.

    Toujours l'après-tempête

    Le bilan de la tempête Xynthia s'avère lourd par les dégâts engendrés mais également au niveau des démarches entreprises, les sommes financières, les nombreuses réunions pour constituer les dossiers afin d'obtenir des subventions (Europe, État, Région, Conseil général, CdA) ou les remboursements des assurances.

    Une réunion publique s'est tenue le 9 juillet dans la salle de l'Europe pour information.

    Les demandes de financements pour les biens non assurables s'élèvent à 444 404 062 euros : digues, protection de la falaise, réensablement, pistes cyclables, sen- tiers.

    Les réparations

    La commune est toujours en période de reconstruction. Beaucoup de travaux de nettoyage et de sécurisation ont été réalisés au port du Loiron, à la plage et sur la côte afin d'être prêt pour accueillir les estivants.

    Les priorités vont à la réfection de routes, la réhabilitation de digues par une surélévation, la maîtrise des entrées et sorties d'eau, la reconstruction de soutènements, d'escaliers, de sentiers, de pistes cyclables à La Platère (demande entre autres de réensablement, 2 743 750 euros), à la Belette et à la Colonelle où la mer a particulièrement pénétrée ; la réhabilitation des belvédères de la Manon et de la Chaume.

    Au port du Loiron, projet de réaménagement des mouillages en concertation avec un groupe d'usagers, création d'une charte architecturale pour les cabanes et les espaces, l'État n'autoriserait que des cabanes démontables.

    Le centre nautique actuellement fonctionne avec des locaux préfabriqués et sera reconstruit à l'identi- que, malgré un projet d'agrandissement. Concernant les carrelets, le pédagogique sera prêt au printemps 2011 et les privés ne seront pas tous reconstruits mais une demande de mise en sécurité a été déposée. Le tennis club a rouvert ses courts extérieurs et sa salle couverte est en attente d'étude. De même, la salle polyvalente qui ne peut être utilisée, sera-t-elle rénovée ou reconstruite ?

    Dans le cadre du projet de la modification du plan local d'urbanisme, la commune propose une cote à 4,70 m à l'ouest de la voie ferrée pour la délivrance de permis de construire. Elle ne deviendra officielle que lorsque le plan de prévention des risques littoraux (PLRU) sera adopté, soit dans un délai de deux à trois ans.

    Une date butoir pour le plan « digues »

    La concertation se poursuivra jusqu'en octobre. Le diagnostic prend fin.

     

    Le processus de concertation doit se poursuivre jusqu'en octobre, suite au « projet de plan de prévention des submersions marines et ces crues rapides », dit plan « digues », présenté le 13 juillet par Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie. La préfecture de la Gironde l'a confirmé hier.

    Rappelons que notre département compte 433 km de digues, dont une centaine sur l'estuaire. S'y ajoutent des cordons dunaires, ainsi que de nombreux ouvrages de protection disséminés le long du littoral.

    Même si la Gironde n'a pas connu les drames de la Charente-Maritime et de la Vendée, la tempête Xynthia du 28 février a montré la fragilité de nombre de ces ouvrages.

    Concertation

    Le préfet précise que le plan gouvernemental, « soumis à un large processus de concertation, repose sur six axes de travail dans lesquels le département a déjà engagé plusieurs actions qui seront poursuivies au cours des prochains mois ».

    D'abord la maîtrise de l'urbanisation : une campagne d'établissement des plans de prévention du risque d'inondation (PPRI) avait été engagée après la tempête de 1999. Ce document couvre aujourd'hui l'ensemble des communes.

    Mais la préfecture estime « qu'il convient aujourd'hui de les réviser pour prendre en compte les dernières connaissances, priorité étant donnée au PPRI de l'agglomération bordelaise. Un plan de prévention sera prescrit avant la fin de l'été sur les communes du bassin d'Arcachon.

    Le chiffrage des travaux

    Quant au renforcement des digues et des systèmes de protection, le diagnostic est terminé et le chiffrage en cours. Les premières opérations de renforcement au niveau national se dérouleront avant la fin de l'année.

    Par ailleurs, le Référentiel inondation Gironde (RIG) est aujourd'hui abouti. Il permet reconstitutions et simulations.

    Pour chaque ouvrage de protection, les arrêtés de classement sont signés, sauf pour le bassin d'Arcachon dont l'inventaire n'est pas terminé. Ces arrêtés définissent les obligations qui s'imposent au propriétaire.

    Enfin, outre « l'amélioration de la chaîne de vigilance et d'alerte », l'information du public sera assurée aussi par la publication d'ici à 2011 de l'ensemble des données concernant les risques naturels en Gironde.

    Le nettoyage après la tempête

     Des troncs d'arbres ont été enlevés du fond des gorges de 
Soussouéou. Un exercice périlleux.  photo jean toutu

    Des troncs d'arbres ont été enlevés du fond des gorges de Soussouéou. Un exercice périlleux. photo jean toutu

    Suite à la tempête Xynthia, la municipalité de Laruns a fait intervenir l'entreprise Juanena Aristeguy, afin de procéder à l'enlèvement des troncs d'arbres au fond des gorges de Soussouéou.

    Assistés par des professionnels de la montagne - Nicolas Terrier, président de l'association des professionnels de la descente de canyon, Benoît Dandonneau président du bureau des guides de Laruns et Bernard Pez guide de haute montagne - l'entreprise Aristeguy a, dans des conditions difficiles et périlleuses, nettoyé ces gorges très prisées des amateurs de canyoning.

    Pendant la saison estivale, 300 utilisateurs journaliers pratiquent le canyoning dans ces gorges, sous forme de parcours ludique creusé dans les granites avec une succession de toboggans, de sauts et de passages dans les rochers.

    Cette opération menée en présence de Robert Casadebaig et de ses adjoints Pierre Mounot et Régis Carrère, a été une réussite et va permettre aux amateurs de canyon de s'adonner à leur loisir favori.

     

    La Faute-sur-Mer se remet de Xynthia, les touristes répondent présent

    De Christian GAUVRY (AFP) – Il y a 3 jours

    LA FAUTE-SUR-MER (Vendée) — "Je viens toujours ici, c'est ma plage", explique Marie, fidèle visiteuse venue, comme chaque été, à La Faute-sur-Mer, où les professionnels du tourisme s'attendent à accueillir près de 8.000 touristes en moins en raison des hébergements ravagés par Xynthia.

    Malgré les dégâts de la tempête du 28 février, visibles seulement dans les quartiers dévastés situés à l'opposé de la très touristique plage, les habitués ont répondu présent.

    "Il y a eu beaucoup de solidarité après la tempête, et ça continue: les gens viennent et c'est bien", dit Adeline que sa soeur Marie rejoint chaque année en Vendée depuis l'Espagne où elle vit.

    Quatre mois après la catastrophe, la tempête revient sans cesse dans les discussions. Parmi les touristes présents, il y a quelques curieux venus "voir ce qui s'est passé" lors du passage de Xynthia. On les retrouve dans les quartiers dévastés à contempler les maisons abandonnées où 29 personnes ont trouvé la mort, note Florent qui tient une boutique de cadeau.

    Un tourisme qui dérange, "mais c'est toujours mieux que de voir le village désert", considère le commerçant.

    Avec la disparition du camping municipal, ravagé par la tempête, mais aussi l'abandon de nombreuses résidences secondaires aujourd'hui inhabitables, cette année, "il y aura peut-être 7.000 ou 8.000 personnes en moins" à fréquenter la station balnéaire, estime Marie-Claire Suire, de l'office du tourisme de La Faute-sur-Mer. La station accueille habituellement de 35.000 à 40.000 personnes lors de la saison estivale.

    "La saison se présente très bien, les gens ne nous ont pas boudés", assure-t-elle.

    "La tempête, ça ne m'empêche pas de revenir, La Faute-sur-Mer j'y ai passé toute ma jeunesse", confirme Didier. A l'ombre de la pinède qui borde la plage, cet habitué qui habite le département voisin des Deux-Sèvres s'offre une pause-déjeuner en famille. Seule entorse à ses habitudes, cette année, il ne viendra pas en location mais fera l'aller-retour plusieurs fois, tout simplement pour cause de budget serré.

    Dans les rues de cette station balnéaire populaire et bon enfant, les touristes font du shopping ou s'arrêtent boire un verre sous un soleil de plomb.

    "Nous avons beaucoup de clients des Deux-Sèvres qui ont perdu leur résidence secondaire. Alors, ils font des allers-retours dans la journée", regrette le patron d'un hôtel-restaurant du front de mer. Du coup, si la fréquentation du restaurant, "ça va", la fréquentation de l'hôtel, "c'est moins bien".

    "La fréquentation pour l'instant, c'est moyen", considère lui aussi Florent, dans sa boutique de cadeaux. Un phénomène qui, selon lui, n'est pas seulement lié au nombre d'hébergements perdus du fait de la tempête, mais aussi à la crise car, "dans d'autres stations du littoral, j'ai des collègues qui galèrent aussi".

    Ici comme ailleurs en France, l'hôtellerie de plein air a la cote, en ces temps de rigueur budgétaire. Sur les neuf campings, sept sont ouverts "et sont complets", tout comme les locations en résidence, selon l'office du tourisme. gvy/mcl/ds

    Après Xynthia, le sentier côtier réhabilité pour la saison - Saint-Brévin-les-Pins

    lundi 12 juillet 2010


    De gauche à droite : Yannick Haury, maire de Saint-Brevin; Aurore 
Gérard, directrice des services; Paul Cheneau, adjoint au maire, chargé 
du dossier et qui montre les photos avant et après les travaux et 
Danièle Sicard, conseillère municipale.</P>

    Que les Brévinois et les estivants se rassurent. Cet été, ils peuvent profiter des superbes paysages variés qu'offre la belle balade le long du chemin côtier du nord au sud de Saint-Brévin malgré les dégâts engendrés dans la nuit du 27 au 28 février 2010 par la tempête Xynthia. Des travaux d'urgence ont été réalisés fin mai. Montant de cette première phase de travaux : 117 000 €. Le conseil général versera une subvention de 23 400 € à la commune de Saint-Brevin, soit « 20 % de ce montant » divisé entre la réparation du sentier : 69 000 € et des bords de Loire : 48 000 €.

    Une seconde étape comprendra: « une étude hydraulique », d'un montant de 60 000 €, « la reconstruction de deux épis » (160 000 €), « le confortement du pied de mur », « la protection des berges de la Loire et la mise en place d'un système de drainage des eaux pluviales » (224 000 €) informe le premier magistrat de Saint-Brevin. « Dans le cadre du contrat de territoire unique 2010-2012, la Région prendra en charge environ 70 % de 444 000 € », précise Paul Cheneau, adjoint, chargé du dossier.

    De nombreux dégâts causés par Xynthia

    Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, Saint-Brevin, comme de nombreuses communes aux alentours, a été touchée par la tempête Xynthia. Ses fortes vagues conjuguées à une élévation importante du niveau de la mer et une marée haute ont mis à mal le sentier côtier de la commune. Ce sentier est situé derrière le mur de défense de côte. Des enrochements assurent sa protection, elle-même complétée par une structure d'épis dont le rôle est de maintenir le sable sur les plages. Déjà affecté lors d'une autre tempête (10 mars 2008), le mur de défense de côte avait été intégralement restauré fin 2009. Malgré tout, « Xynthia a tout de même causé de nombreux dommages » : démolition partielle d'épis, déchaussement du pied de mur, dégradations du sentier côtier... Efficacement protégée, par le mur de défense de côte sur la façade ouest, aucune habitation n'a cependant été inondée. La façade nord « plus vulnérable » a été mise à mal. La maison de retraite de Mindin a été inondée. Les bords de Loire et des pêcheries aux carrelets ont subi des dégradations. Le montant total des dégâts a été évalué à 600 000 €. L'état de catastrophe naturelle a été reconnu le 11 mars sur la commune. Une expertise est en cours pour estimer le montant de l'indemnisation.

    Communiqué

    Xynthia / Bruno Retailleau et Alain Anziani en grande partie satisfaits du plan gouvernemental

    Sénat - 16/07/2010 20:15:50

    Bruno Retailleau et Alain Anziani, Président et Rapporteur de la mission commune d'information sur les conséquences de la tempête Xynthia, sont en grande partie satisfaits du plan gouvernemental de prévention des submersions marines et des crues rapides, qui reprend une majorité de ses préconisations.

    Bruno Retailleau (NI, Vendée), Président de la mission commune d'information du Sénat sur les conséquences de la tempête Xynthia, et Alain Anziani (Soc, Gironde), se félicitent du plan de prévention des submersions marines et des crues rapides annoncé ce jour (15 juillet 2010) par le Gouvernement.

    Les propositions avancées par ce plan rejoignent pour la plupart celles que la mission d'information a formulées dans son rapport final. C'est notamment le cas concernant le renforcement des règles d'urbanisme sur les zones à risque ou encore l'amélioration des dispositifs de prévision.

    I) Tout d'abord, concernant l'urbanisme, le gouvernement a rallié les positions de la mission sur plusieurs points :

    - l'intensification du contrôle de légalité dans les zones exposées à des risques naturels et la mise en place d'un véritable contrôle de conformité pour apprécier la légalité des constructions nouvelles ;

    - la création d'un référentiel des normes de construction visant notamment à réduire, par l'imposition d'aménagements spécifiques, la vulnérabilité du bâti existant face aux risques d'inondation ;

    - la mise en place de projets d'aménagement du territoire intégrant les risques naturels :

    - le renforcement du « porter à connaissance » assuré par les préfets, qui doit devenir plus interactif et servir de base à une vision de l'urbanisme soucieuse de prendre en compte les risques naturels ;

    - l'affirmation nette de la primauté des plans de prévention des risques (PPR) sur les documents locaux d'urbanisme (PLU et POS, notamment).

    - enfin, la volonté de mieux associer les collectivités territoriales à la gestion des risques naturels.

    II) Ensuite, s'agissant de la chaîne prévision, vigilance et alerte, la mission apprécie très favorablement la mise en place d'un volet « fortes vagues - submersions marines » de la vigilance météorologique à la fin 2011, ainsi que l'affinement des modèles de prévision océanographiques, comme elle l'avait préconisé. Elle souscrit également à la volonté du Gouvernement d'accroître la couverture des communes en plans communaux de sauvegarde (PCS), élément sur lequel elle avait longuement insisté.

    Cependant, Bruno Retailleau et Alain Anziani estiment que, dans le cadre des consultations et de la concertation qui vont être menées, ce plan doit être précisé sur deux points : la gestion des digues et l'amélioration des dispositifs d'alerte.

    I) Concernant le volet « digues et systèmes de protection », si ils se félicitent que soit retenue en la matière une approche globale intégrant d'autres dispositifs - notamment les cordons dunaires - de défense contre la submersion, ils estiment que, dans le cadre des consultations et de la concertation qui seront menées, certaines postions doivent être retenues :

    - garantir la gestion de proximité, qui est la seule qui permettre d'assurer une véritable efficacité dans l'entretien des ouvrages ;

    - la création d'un financement robuste et pérenne, avec un double mécanisme financier national et local :

    - national sur le fonds Barnier ;

    - local, par le déplafonnement et la modulation de la taxe locale d'équipement (taxe sur les permis de construire) ;

    - surtout, ce plan doit éviter deux écueils importants :

    - il ne doit pas écarter systématiquement du financement de l'Etat les ouvrages de protection des zones d'intérêt économiques ;

    - il ne doit pas conduire à alourdir les procédures de confortement des ouvrages, mais au contraire les alléger.

    II) Enfin, concernant les mécanismes d'alerte, Bruno Retailleau et Alain Anziani rappellent avoir préconisé l'envoi de messages plus clairs et personnalisés aux élus locaux pour que le risque soit mieux caractérisé, ainsi qu'une meilleure information de la population par des moyens tels que sirènes et SMS groupés.

    S'ils approuvent les propositions tendant à accroître la connaissance des milieux marins et à intégrer le retour d'expérience de la tempête Xynthia, Bruno Retailleau et Alain Anziani insistent une fois de plus sur la nécessité impérieuse de renforcer une culture du risque quasi inexistante aujourd'hui dans notre pays, en prévoyant à cet effet des actions concrètes et aisément réalisables.

    A cette fin, les propositions retenues dans le rapport final de la mission d'information feront l'objet d'une proposition de loi déposée dès la rentrée au Sénat.

    Xynthia: la mission parlementaire pointe du doigt les réponses "précipitées, incomplètes et parfois absurdes" de l'Etat

    PARIS (AP) — L'Etat a apporté "des réponses précipitées, incomplètes et parfois absurdes" au passage de la tempête Xynthia sur le littoral français, estime la mission d'information de l'Assemblée nationale dans son rapport rendu public mercredi, regrettant notamment la manière dont les "zone noires" ont été définies.

    La mission, présidée par le socialiste Maxime Bono, et dont le rapporteur est l'UMP Jean-Louis Léonard, tous deux députés de Charente-Maritime, souligne le "véritable traumatisme" subi par les populations victimes de Xynthia.

    "La gestion post-catastrophe par les pouvoirs publics ne semble pas avoir tenu compte de ce choc en menant 'au pas de charge' et de façon discutable une opération de délimitation des zones considérées comme présentant un danger extrême, quasi immédiatement après la catastrophe alors que les populations concernées et leurs élus se relevaient difficilement de l'épreuve", souligne le rapport.

    "Une communication confuse et parfois même brutale sur les 'zones noires' présentées comme exigeant le déplacement à court terme des habitants (l'administration emploie le terme de 'délocalisation'), donc des destructions massives, a suscité le désarroi, l'angoisse et souvent la colère", notent les parlementaires.

    La mission consacre ainsi un chapitre entier aux "réponses précipitées, incomplètes et parfois absurdes" apportées par l'Etat après la catastrophe.

    "Les préfets se sont trouvés condamnés à agir dans la précipitation, chargés de responsabilités écrasantes dans des matières techniques", souligne le rapport.

    En ce qui concerne la délimitation des "zones noires", les députés déplorent notamment "une démarche choquante aux effets peu compréhensibles: certains oublis persistent dans les zonages alors que des approximations et des erreurs d'appréciation flagrantes ne sont pas corrigées du fait d'un entêtement administratif sans équivalent".

    "Le sort des 'zones noires' s'est, en réalité, joué en moins de dix jours pour la quasi-totalité des communes concernées, en dehors de toute véritable concertation avec les élus", ces derniers ayant été "traités de façon méprisante et montrés du doigt par les services de l'Etat", constate le rapport, qui souligne aussi "des contradictions permanentes entre les discours et des pressions inadmissibles sur les propriétaires".

    Parmi ses 22 propositions, la mission d'information suggère notamment d'établir un meilleur zonage en faisant intervenir des "experts indépendants (français et étrangers), professionnellement reconnus pour leur compétence dans la gestion et la protection des zones littorales. Le recours à des tiers arbitres (...) rétablirait une indispensable sérénité à un processus techniquement mal assuré et dont l'opacité relève de pratiques administratives d'un autre âge".

    En ce qui concerne la gestion des digues -dont certaines ont cédé lors de la tempête- le rapport souligne que "l'ensemble des ouvrages de défense contre la mer, qui constitue un dispositif complexe, souvent hérité d'un lointain passé, fait l'objet d'un encadrement juridique et administratif confus qui explique sans doute des négligences ou des carences".

    Jugeant la nécessité d'un "plan digues" comme "largement admise", la mission parlementaire ajoute qu'un tel dispositif "devra aussi s'accompagner d'une profonde refonte des textes législatifs et réglementaires" sur le sujet.

    Elle propose la création d'une "agence indépendante de l'administration centrale, dépositaire de la doctrine de gestion des digues sans assumer directement les interventions de construction et de surveillance".

    Le passage de Xynthia, dans la nuit du 27 au 28 février, a causé la mort de 53 personnes en France. AP

    sc/sb

     


    votre commentaire
  • Xynthia, revue de presse du 10 juillet 2010

     
     
     

    Quatre mois après Xynthia, l'île de Ré est redevenue le "paradis du vélo"

    SAINT-MARTIN-DE-RE (Charente-Maritime) — Quatre mois après la tempête Xynthia qui a submergé le littoral de Charente-Maritime, les pistes cyclables de l'île de Ré ont bénéficié d'une remise en état intensive pour permettre à l'île de redevenir, comme chaque été, un "paradis du vélo".

    Croisée sur son deux-roues près de Saint-Martin-de-Ré, Muriel, 45 ans, arpente pour la première fois avec son compagnon ce réseau d'une centaine de kilomètres traversant villages, marais et vignes.

    "Je ne crois pas que ce soit ça qui nous a fait venir, mais je pense que c'est un facteur qui va nous faire revenir, je ne savais pas qu'il y en avait autant et que c'était aussi plaisant", sourit l'estivante.

    Difficile, quatre mois après, de remarquer les stigmates de Xynthia qui, le 28 février, avait provoqué une brusque montée des eaux, trouant les digues et submergeant près d'une dizaine de kilomètres de pistes. Pour la saison estivale, seule une portion de quelques centaines de mètres restera inaccessible, nécessitant la mise en place d'une courte déviation.

    "Le 1er mars (au lendemain de la tempête), on était un peu inquiet, mais dès le 2, on ne l'était plus: de gros moyens ont été mis en oeuvre", témoigne-t-on chez Youtoo, l'un des nombreux loueurs de l'île, situé à Saint-Martin-de-Ré.

    Si d'autres loueurs font état d'un petit "creux" dans les réservations au printemps, tous s'attendent en revanche à une activité normale cet été.

    "Lorsqu'il y a eu la tempête, la première chose que demandaient les gens qui téléphonaient chez nous, professionnels, ou dans les offices de tourisme, c'était l'état des pistes. Aujourd'hui, il n'y a plus d'inquiétude", confirme Eric Launay, propriétaire du camping L'Océan à La Couarde-sur-mer.

    "On connaissait l'importance du vélo, mais on n'avait pas mesuré que c'était un critère aussi important" pour les touristes, ajoute ce professionnel qui, lui-même, propose des bicyclettes à la location.

    Sur l'île de Ré -- 18.000 habitants à l'année, 120.000 l'été -- le vélo fait partie intégrante du paysage. Au point d'être l'un des "visuels" les plus utilisés pour vanter la destination à l'étranger.

    "C'est un réseau unique en France. Oléron ou Noirmoutier ont aussi de petits tronçons, mais il n'y a pas une telle homogénéité. Ici, c'est le paradis du vélo", s'enthousiasme Philippe Raton, nouveau venu sur l'île qui dirige le loueur Cyclo Surf.

    "Les pistes cyclables permettent une visite ininterrompue de l'île en site propre. Il y a un côté sécuritaire pour les parents avec enfants ainsi que pour les personnes âgées. C'est aussi possible grâce à la taille de l'île et au fait qu'elle soit plate", détaille Gisèle Vergnon, maire de Sainte-Marie-en-Ré, déléguée aux pistes cyclables à la communauté de communes de Ré.

    Certains amateurs de vélo n'hésitent pas à laisser leur voiture avant le pont, côté La Rochelle, pour découvrir l'île exclusivement à deux-roues. Un mode de transport doux que Mme Vergnon souhaiterait maintenant voir se généraliser toute l'année sur l'île, et pas seulement pendant les vacances.

     

    Ouest-France / Pays de la Loire / Saint-Gilles-Croix-de-Vie / A la une de Saint-Gilles-Croix-de-Vie

    Saint Gilles Croix de Vie

    La Grande Plage a ses travailleurs en coulisses

    samedi 10 juillet 2010
    • Avant que vous n'y posiez votre serviette, Vanessa nettoie la 
Grande Plage dès 6 h du matin

      Avant que vous n'y posiez votre serviette, Vanessa nettoie la Grande Plage dès 6 h du matin

    <no></no>

    Nettoyeurs, tracteurs : ils sont aux premières heures du matin les petites mains d'une plage propre et nette pour l'accueil les touristes.

    6 h du matin sur la Grande Plage à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Le soleil n'est pas encore tout à fait levé, et la fraîcheur de l'air matinal ne laisse pas encore entrevoir la chaleur de la journée qui s'annonce. À l'exception de quelques rares pêcheurs et joggeurs courageux, la plage est déserte. Seule Vanessa s'active à quelques pas du rivage. Vêtue d'un gilet jaune fluo, la jeune femme nettoie les sanitaires, vide les poubelles, puis laisse sa chariote sur le remblai pour se rendre sur la plage.

    Armée d'une pince à déchets, elle va quadriller l'endroit jusqu'à midi, à la recherche de tout ce que les vacanciers ont pu jeter. Un travail ingrat de près de six heures. « Les gens laissent parfois n'importe quoi. La semaine dernière, j'ai dû ramasser des toilettes de camping-car », déplore-t-elle. Pelles, seaux, papiers, mégots, débris emportés par la tempête Xynthia : l'inventaire des trouvailles de Vanessa est sans fin. « On ne ferait pas ça pourtant dans son propre jardin, non ? » Le compte à rebours commence : dans quelques heures, les premiers touristes vont arriver pour profiter du beau temps. Vanessa zigzague sur le sable, et ironise sur le slogan « Vacances propres » affiché sur le sac-poubelle qu'elle a à la main.

    Le tournant Erika

    Autrefois on passait quotidiennement la cribleuse : une machine qui nettoyait mécaniquement les plages, en passant le sable à travers un tamis. Il y a plus de dix ans, la cribleuse a été abandonnée. Après le naufrage du pétrolier Erika en 1999, les plages de Saint-Gilles-Croix-de-Vie ont dû être nettoyées, et renettoyées grâce à la cribleuse. Un véritable désastre pour l'écosystème. Car « la cribleuse enlève tout : petits animaux, bactéries : elle stérilise les plages », explique Patrice Fourré, directeur des services techniques de la commune.

    Aujourd'hui, pour préserver les débris naturels ou « laisses de mer », le choix a été fait d'un nettoyage manuel, suivi du passage d'un véhicule pour les gros déchets. À 10 h, c'est Philippe qui prend le relais avec son tracteur pour finir le boulot. La mer monte, et familles et parasols se multiplient sur une plage de carte postale. La journée peut commencer.

     

     

    L'érosion littorale fait reculer la falaise de la Mine d'Or - Pénestin

    jeudi 08 juillet 2010


    Une équipe brestoise de l'Institut universitaire européen de la mer (IUEM) est venue mardi 29 juin afin d'effectuer un lever topographique de la falaise de la Mine d'Or au scanner-laser.

    Marion Jaud, doctorante au LDO, était en charge de l'acquisition et du traitement des données. 2 km de falaise ont été couverts. À chaque fois, on acquiert un nuage de plus de 5 millions de points repartis dans l'espace qui doivent ensuite être recalés dans la topographie.

    Lorsque plusieurs levés successifs auront été effectués, leur comparaison permettra de quantifier très précisément le recul de la moindre parcelle de la falaise. Le prochain lever est prévu au printemps.

    Brigitte van Vliet-Lanoë, directrice de recherche CNRS au LDO suit cette coupe depuis 1983 et estime que « depuis les années 1993, le recul a été d'un mètre par an ». Pour le moment c'est la zone de Kerfaller qui recule le plus alors que pendant la période 1993-2003, c'était le secteur compris entre la descente des Dames et la Source.

    Il faut s'attendre à un fort recul cet hiver, le pied de la falaise ayant été très bien nettoyé par le passage de Xynthia. L'effondrement de la falaise est lié au stockage d'eau pendant la période hivernale dans les alluvions rouges reposant sur les argiles d'altération blanches, argiles qui se trouvent ainsi gorgées d'eau et susceptibles de s'effondrer en se liquéfiant à la moindre vibration. L'infiltration des eaux de pluies canalisées par les lotissements a accentué le phénomène pendant la période 1999-2003.

    Feu d'artifice : « le cru 2010 sera exceptionnel »

    Coefficient de marée oblige, le feu d'artifice sera tiré cette année depuis la station météo, à terre. Grâce à cette contrainte, l'artificier promet un spectacle unique.

     Directeur artistique de Lacroix-Ruggieri, David Proteau en 
compagnie de Marc Massé et d'Henri Gomez.  Photo P. Couillaud

    Directeur artistique de Lacroix-Ruggieri, David Proteau en compagnie de Marc Massé et d'Henri Gomez. Photo P. Couillaud

    La marée sera basse mercredi prochain aux alentours de 23 heures Très basse. Coefficient annoncé : 102. Impossible dans ces conditions de tirer le traditionnel feu d'artifice du 14 juillet depuis une barge dans le chenal, comme c'est le cas depuis 1999, quand l'avènement des nouvelles normes de sécurité avait définitivement condamné le tir depuis la plage de la Concurrence, les quais du Vieux Port appartenant de plus longue date encore à l'histoire ancienne. Prestataire de luxe de cet événement pour le Comité des fêtes, lui-même agissant pour le compte de la Ville, le jeune directeur artistique du numéro 1 européen Lacroix-Ruggieri, David Proteau, a tourné les hypothèses en tous sens, réalisé de solides simulations.

    Une seule localisation rassemblait tous les avantages : les environs de la station météo, le long du chenal. Une localisation jusqu'ici interdite pour des raisons de sécurité, mais désormais située depuis Xynthia en… zone noire. À toute chose, malheur est bon : la mairie a donc donné son feu vert pour cet emplacement qualifié « d'idyllique » par David Proteau. « La qualité d'un feu d'artifice dépend de la surface de tir au sol : plus on a de la place pour les dessins à terre, plus on peut donner de l'angle aux mortiers, aux tubes et aux chandelles, afin d'amplifier la monumentalité de ce que l'on verra dans le ciel. Par contre, des erreurs que l'on peut se permettre sur la surface d'une barge ne pardonnent pas à cette échelle ».

    800 kilos de poudre

    Enthousiaste, David Proteau promet à partir de ce nouvel emplacement un feu d'artifice « totalement différent de ce que l'on a pu faire jusqu'ici. On va basculer dans la catégorie des feux événementiels, loin des belles rouges et des belles bleues, avec l'utilisation de produits que l'on ne pouvait utiliser depuis la barge ». Plus long (une vingtaine de minutes) que l'an dernier, le feu du 14 juillet sera aussi « plus intense, avec de la densité et du rythme ».

    Et si les décibels des Francos donneront comme à l'habitude le tempo de la Fête nationale, David Proteau rappelle qu'un spectacle pyrotechnique s'écoute autant qu'il se regarde, la précise alchimie visuelle ménageant à son tour des effets hurlants, sifflants et détonants. À pied d'œuvre dès lundi matin, une dizaine de personnes déballeront en une journée les 12 tonnes de matériels utiles au rendez-vous. Lequel nécessitera quelque 800 kilos de poudre. Budget consenti : 35 000 euros. Attention aux yeux…

    LES OSTRÉICULTEURS EN DÉTRESSE
    Pour la troisième année, les huîtres juvéniles meurent sur la côte. La pénurie de produit guette une profession qui se demande comment passer ce nouveau coup dur.
    Agnès MARRONCLE

     

    Le soleil inonde la côte de Charente-Maritime, le petit train de La Tremblade promène les touristes. Mais chez les ostréiculteurs, le coeur n'y est pas: pour la troisième fois en trois ans ils étaient ce milieu de semaine en réunion de crise, venus de l'île d'Oléron comme de Port-des-Barques, de Ré ou de Bourcefranc. «Il y a un peu moins de public que les fois d'avant. Les gens n'imaginent plus qu'ils pourraient apprendre quelque chose de positif», suppose Jean-Yves Rousselet, dont la famille produit des huîtres à La Tremblade depuis quatre générations.

    «Cette année, j'ai déjà constaté 70% de perte sur les juvéniles de mes parcs. C'est un peu moins qu'en 2009, mais ce n'est peut-être pas fini, affirme l'ostréiculteur. Cette surmortalité a débuté en 2008, puis 2009 et maintenant 2010. Pour continuer à vendre, je ne peux plus compter sur mes captages. Je suis obligé d'acheter des lots de coquillages pour finir de les faire grossir. Ça fait de l'argent dehors, ça fragilise les entreprises et on se demande vraiment de quoi demain sera fait

    La cause de la mortalité est toujours la même: la combinaison infectieuse d'un virus herpès et d'une bactérie qui se développent dès que l'eau de mer dépasse les 16 ou 17°C. «Les premières mortalités ont été constatées dès avril», note Gérard Viaud, le président de la section régionale conchylicole Poitou-Charentes qui rappelle qu'en prime, la profession a essuyé la tempête Xynthia. «Il y a eu des cabanes à reconstruire, des marais à remodeler.»

    Face à cette nouvelle perte de cheptel, l'état reconduit les mesures de l'an dernier: mobilisation du fonds de calamité agricole, du fonds d'allégement de charges, exonération des redevances domaniales... Reste le coeur du problème: que faire face à la mortalité des jeunes huîtres? «Ifremer et les écloseries travaillent à identifier une souche d'huîtres résistantes aux agents infectieux en cause», rappelle Laurent Champeau, le directeur de la section régionale conchylicole. La salle gronde, exprimant une méfiance de plus en plus forte vis-à-vis des «scientifiques» qui n'ont pas pu sortir de leur labo une solution miracle. «C'est qu'il n'y en a pas!», martèle Gérald Viaud. Le président a néanmoins sa propre opinion sur la crise «Elle est d'abord environnementale. Le problème, il n'est pas qu'à notre niveau, il vaut pour la planète.»

    Pour faire face à la pénurie , l'importation d'huîtres du Japon est envisagée. Une fois levée la contrainte des autorisations vétérinaires et de celles de l'Europe, autrement dit de longs délais. Réensemencer le milieu naturel prendra du temps. «Et en attendant, on fait quoi?», interroge la salle. «Moi, ce à quoi je pense, c'est surtout à ce que je pourrais faire d'autre, affirme l'Oléronnais Thierry Trousseau. J'ai 47 ans dont vingt-cinq passés dans l'ostréiculture. Mais là, j'y vois plus mon avenir.»

    Pendant ce temps, André, un retraité de l'ostréiculture, faisait son petit tour quotidien entre les cabanes des professionnels. «Il y en a plein qui servent plus. Celle-ci, c'est un docteur qui l'a rachetée pour mettre son voilier au ponton. Celle-là, c'est pareil. Ici de mon temps, on était un millier à travailler. Bientôt il n'y aura plus que des touristes.» La vision est gravement pessimiste, mais ces temps-ci à La Tremblade, le pessimisme est partagé.

    Les fameuses cabanes des ostréiculteurs - ici sur le chenal de la Grève à La Tremblade -ont-elles un avenir, c'est la question

     


    votre commentaire
  • Xynthia, revue de presse du 6 juillet 2010

     

     

     

     

    6 juillet 2010 09h18 | Par Marie-Claude Aristégui 15 commentaire(s)

    Xynthia: menace de 400€ de facture car elle ne peut pas rendre sa box

    L'opérateur d'accès à Internet, Free, réclame la restitution d'un matériel noyé rue de la Plage, à Aytré

     Céline Brusselle, rue de la Plage à Aytré où elle vivait avant la
 tempête.  Photo Xavier Léoty

    Céline Brusselle, rue de la Plage à Aytré où elle vivait avant la tempête. Photo Xavier Léoty

    <script type="text/javascript"> var t_rss = new Array; t_rss[0]= new Array('http://www.sudouest.fr/charente-maritime','Charente-Maritime'); t_rss[1]= new Array('http://www.sudouest.fr/charente-maritime/aytre','Aytré'); t_rss[2]= new Array('http://www.sudouest.fr/charente-maritime/la-rochelle','La Rochelle'); t_rss[3]= new Array('http://www.sudouest.fr/environnement/tempete-xynthia','tempête Xynthia'); writeOutils(info_id,'http%3A%2F%2Fwww.sudouest.fr%2F2010%2F07%2F06%2Fxynthia-menace-de-400eur-de-facture-car-elle-ne-peut-pas-rendre-sa-box-133667-4628.php','Xynthia%3A+menace+de+400%E2%82%AC+de+facture+car+elle+ne+peut+pas+rendre+sa+box',t_rss,'defaut','Xynthia: menace de 400€ de facture car elle ne peut pas rendre sa box'); </script>

    Hot line de Free. Allo… Tapez 1, tapez 2, 3… Longue attente… Enfin une interlocutrice au bout du fil. « Bonjour, je vous appelle à propos d'une de vos clientes dont la Freebox a été détruite lors de la tempête. » Pas de réaction. « Elle a résilié son abonnement et, maintenant, vous lui demandez la restitution du matériel, sinon vous lui enverrez une facture de 400 euros. »

    L'interlocutrice, dont l'accent témoigne d'une présence dans un call center implanté de l'autre côté de la Méditerranée, conseille d'appeler un autre numéro. On s'obstine : « Pourrais-je parler à quelqu'un de la direction ? ». Question saugrenue ! Non, il faut composer l'autre numéro. Point final.

    <script language="JavaScript" type="text/javascript"> OAS_AD('Position1'); </script>

    C'était quand la tempête ?

    1, 2, 3… Attente… Nouvelle voix. Même accent. On reparle de la tempête qui ne suscite pas davantage d'écho. On se permet de demander dans quel pays se trouve l'interlocutrice. « En France, à Paris. » « Alors, je vous disais que, pendant la tempête Xynthia, une de vos clientes… » « Oui, c'était quand cette tempête ? » Sans commentaire.

    On comprend le désarroi de Céline Brusselle. Depuis des semaines, elle parlemente en vain. Le 28 février, dans l'appartement où elle vivait en location à Aytré, rue de la Plage, tout ce qu'elle possédait a été noyé. La Freebox, comme le reste. Quelques jours après, elle a résilié sa ligne, sans difficulté. Mais voilà que presque deux mois plus tard, Free lui adresse un mail pour réclamer ce matériel. Mais Céline l'a jeté à la déchetterie. De toute façon, après avoir baigné pendant cinq jours dans l'eau de mer, il était inutilisable. Free s'entête. Et les nombreux appels de la jeune femme restent inopérants. « Chaque fois, j'ai l'impression de m'adresser à quelqu'un qui ne comprend pas ce que je lui dis. » On lui a finalement conseillé d'envoyer un courrier au service des réclamations. Elle s'est exécutée. Pas de réponse.

    « 400 euros »

    Désormais, les échanges s'effectuent par mail. Dans le dernier, en date du 22 juin, Free confirme la résiliation effective depuis le 5 mars. Et d'ajouter : « Cependant, nous vous informons n'avoir toujours pas reçu l'équipement terminal. » Exaspérant. Et, encore une fois, on la menace d'une facture de 400 euros.

    Le problème, c'est que Céline n'a pas déclaré auprès de l'assureur la perte de ce matériel. « Je ne savais pas le prix et, lors de la résiliation, on ne m'en a pas parlé. Pour moi, ce n'était pas une priorité. Free ne me l'a demandé que deux mois après, l'expert était passé depuis longtemps. »

    Pour Free, peu importe. Faute de cette déclaration, le fournisseur d'accès à Internet continuera à réclamer cette boîte noyée et flanquée à la poubelle. Ou 400 euros. Ce qui est cher, pour tout le monde et en particulier pour quelqu'un déjà accablé par le passage de Xynthia et ses conséquences. Céline n'imaginait pas que cette « box » flottante lui pourrirait la vie à ce point.

    Solidaire avec les sinistrés

    Les élus casseneuillois ont débattu d'une quinzaine de dossiers lors du dernier Conseil municipal. Ils ont notamment approuvé à l'unanimité la demande d'adhésion de Saint-Etienne-de-Fougères au sein de la Communauté de communes du Grand Villeneuvois. Puis ils ont voté les tarifs de location des gîtes touristiques (village vacances Les Trois Rivières) pour l'été et hors saison, ainsi que ceux de l'espace multiculturel. Le Conseil municipal a également statué sur les tarifs concernant les transports et la restauration scolaire (pour l'école Pascalet pour 2009-2010).

    Les conseillers ont aussi débattu d'une action de solidarité. « Après le passage de la tempête Xynthia, l'Amicale des maires de Lot-et-Garonne a invité les communes qui souhaiteraient exprimer leur solidarité ou sympathie aux communes les plus durement touchées, à se rapprocher des associations départementales de maires des zones concernées (associations de Vendée et de Charente-Maritime) », ont précisé les élus. La commune est favorable à cette demande qui relève d'un caractère d'urgence et d'entraide et a décidé d'octroyer 150 euros pour les sinistrés. La commune a aussi octroyé une subvention exceptionnelle pour les sinistrés d'Haïti et une autre subvention pour ceux du Var, de 150 euros chacune.

    Les élus ont ensuite voté l'attribution des subventions aux associations, et 95 000 euros ont été répartis entre 61 structures (associations nationales, locales, municipales, cotisations diverses, et participations aux sorties scolaires).

    Lors de ce conseil, il était aussi question de la participation pour des aménagements concernant les voiries et réseaux divers.

    Un site du gouvernement pour apprendre aux Français les bons gestes face aux risques

    (AFP) – Il y a 5 heures

    PARIS — Pour "développer une culture du risque" en France, le gouvernement vient de mettre en ligne un site internet qui détaille commune par commune les dangers encourus, des inondations à l'accident nucléaire, et décrit les gestes à adopter en cas de catastrophe.

    "La culture du risque dans notre pays n'est pas assez développée", a déploré la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno, lors d'une conférence de presse mardi à Paris.

    "On se tourne souvent vers l'Etat (...) pour essayer de limiter autant que possible, voire d'annuler le risque. Mais l'Etat ne va pas construire des digues tout autour de la France (...), ne peut pas mettre sous une cloche de béton l'ensemble des industries existantes, l'Etat ne peut pas empêcher les phénomènes comme celui qu'on a connu dans le Var", a-t-elle ajouté.

    "D'où la nécessité qu'il y ait une culture individuelle du risque", a-t-elle encore souligné.

    Le portail interministériel www.risques.gouv.fr, mis en ligne lundi soir, répertorie onze risques naturels -- grand froid, tempête, ou tsunami--, cinq risques technologiques --rupture de barrage ou accident nucléaire--, et deux risques sanitaires --pandémie grippale et épizootie.

    Il explique chacun d'eux et détaille les gestes à adopter en prévention, pendant et après la catastrophe. Aussi, en cas d'inondation, il est notamment conseillé de "ne pas sortir", et "mettre les produits toxiques en hauteur".

    En entrant le nom de sa commune, on peut connaître les risques auxquels on est exposé. Par ailleurs, une carte interactive de Météo France de "vigilance" est disponible, et actualisée deux fois par jour.

    "Ce qu'on a vu sur le Var (inondations le 15 juin, qui ont fait 23 morts et deux disparus, ndlr) et Xynthia (tempête en février dans l'ouest, 47 morts, ndlr), c'est qu'il y a eu une bonne alerte" mais une carence de "vraies connaissances" de la part des particuliers sur ce qu'ils devaient faire.

    "Parce qu'il n'y a pas d'exercices locaux par exemple pour adopter les bons comportements face à ce type d'événements", a-t-elle regretté.

    à jour le 06.07.10 à 06h10

    Transports La multiplication des chantiers perturbe fortement les déplacements jusqu'au 31 août

    Profitant de la forte baisse du trafic automobile, un maximum de travaux urbains sont programmés cet été. Plus de 8 millions d'euros seront ainsi dépensés d'ici à la fin août pour des opérations d'entretien et de sécurité principalement. Des interventions rendues particulièrement nécessaires cette année par un hiver rigoureux et le passage de la tempête Xynthia. Zoom sur les chantiers les plus lourds et les plus perturbants, pour ceux qui ne partent pas en vacances.
    Périphérique réduit à l'est. La voie intérieure est déjà fermée à la circulation entre les portes de Sainte-Luce et d'Anjou jusqu'au 17 juillet pour cause de réfection de chaussée. Elle le sera de nouveau du 6 au 8 août.
    Périph nord et A 11 ralentis. Le périph intérieur nord sera fermé le soir du 9 au 13 août. Sur l'autoroute A 11, situé dans son prolongement, on ne circulera plus que sur une seule file du 19 juillet au 6 août. Le reste des travaux s'effectuera de nuit. Pour compenser la gène, le péage de Carquefou sera gratuit.
    Bouchons assurés près de la Cité. Le pont Tbilissi, entre Saupin et la Cité des congrès, sera totalement fermé à la circulation du 19 juillet au 20 août. Les travaux de rénovation engagés coûteront la bagatelle de 850 000 €.
    L'île de Nantes pas épargnée. Axe de desserte du pont Haudaudine, la rue Louis-Blanc est fermée depuis hier et jusqu'au 31 août entre la rue de la Tour d'Auvergne et le pont. Ce dernier restera toutefois ouvert par un jeu de déviations.
    Ça coince quartier Guist'hau. Eux aussi vont causé bien des déboires aux automobilistes. Les travaux de la rue Mondésir, à l'extrémité du boulevard Guist'hau, s'étalent jusqu'au 20 août. La rue restera fermée partiellement.
    Doulon encombré. A l'est, le très fréquenté boulevard de Doulon sera mis en sens unique entre les rues Douillard et Ploermel du 12 juillet au 13 août.
    Route de la Chapelle amputée. Le pont surplombant le périph entre les portes de Gesvres et de Rennes fermera en août. La route de la Chapelle à Nantes sera donc déviée dans les deux sens.

    Frédéric brenon
     

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique