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    Toujours motivés

    Dans plusieurs communes, les sinistrés de la tempête Xynthia vendent leurs biens. À Châtelaillon et Yves, ils ne sont qu'une minorité à faire ce choix.

     

     Aux Boucholeurs, les maires de Châtelaillon et Yves ont exhorté les habitants à ne pas vendre.  photo xavier léoty

     

    Aux Boucholeurs, les maires de Châtelaillon et Yves ont exhorté les habitants à ne pas vendre. photo xavier léoty

     

     

    Une dizaine de propositions chiffrées du côté de Châtelaillon et une seule, a priori, côté Yves. Sachant que, dans ce village des Boucholeurs, 107 maisons sont situées en zone noire et donc susceptibles d'être vendues à l'État, on mesure la capacité de résistance des habitants. Les mois passent mais les sinistrés campent sur leurs positions. Ils ont envie de rester dans leur village. Point final. D'autant plus que ceux situés dans le secteur dit de solidarité, dans la fameuse « zone des 50 mètres », n'ont pas tous été très sérieusement touchés et que l'eau a été évacuée assez rapidement, alors que ce n'est pas forcément le cas ailleurs.

     

    « Ils attendent le projet de défense de côte et le bon sens prévaudra car, ainsi, nous serons protégés », commente le maire d'Yves, Didier Roblin. Et d'ajouter : « De toute façon, si les estimations des Domaines étaient trop importantes, cela modifierait les bases d'imposition et, dans ces cas-là, moi j'attaquerai. »

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    Pour ce village, les maires, Jean-Louis Léonard à Châtelaillon et Didier Roblin à Yves, ont exhorté à ne pas vendre. Et le président de l'association des sinistrés, Michel Le Bozec, est sur la même longueur d'ondes. C'est le moins qu'on puisse dire.

    « Aubaine »

    Quand il a appris que les services des Domaines proposaient 750 000 euros pour une maison et 900 000 pour une autre de quelque 120 mètres carrés (avec piscine et vue sur mer), Michel Le Bozec est devenu nerveux. « Cela finit par devenir des propositions de complaisance, voire d'aubaine », estime-t-il. Et d'ajouter : « En plus cela crée des discordes, des zizanies au sein des familles, entre ceux qui veulent vendre et ceux qui refusent. »

    Nouveau recours

    Il comprend que certains soient tentés mais l'essentiel, à son avis, c'est de rappeler que pour la grande majorité des habitants de ce village (à cheval sur les communes de Châtelaillon et Yves), le seul objectif est de reconstruire. D'ailleurs, avant dimanche dernier, un nouveau recours en suspension et annulation du zonage devait être déposé par une vingtaine d'habitants conseillés par Me Bernard-Frank Macera. L'association a également saisi le tribunal, avec Me Pielberg (de Poitiers) dans le même but.

    Michel Le Bozec ne décolère pas et répète que le zonage est incohérent. « Les Boucholeurs, dont la partie noire date de plus de 200 ans, n'est pas situé dans une zone mortelle. Ce sera encore moins le cas lorsque nous aurons entrepris les protections individuelles et collectives, et que les mesures d'avertissement et d'évacuations seront mises en œuvre. Comment, au niveau risque, assimiler une tempête que l'on voit venir, à l'écroulement d'un barrage ou à un séisme qui sont, par essence, imprévisibles ? »

    Travaux en cours

    Son association, qui fait avec succès signer des pétitions, plaide pour la réalisation de protections, d'autant plus, souligne Michel Le Bozec, que les sommes nécessaires ne sont pas forcément colossales.

    Des travaux ont déjà été entrepris entre Yves et Châtelaillon pour quelque 120 000 euros et la protection du cordon dunaire jusqu'au rocher d'Yves qui va être prochainement entreprise coûtera autant.

    Et Michel Le Bozec de conclure : « Pour rehausser le mur au centre des Boucholeurs à 5,25 NGF [Nivellement général de la France, un réseau de repères altimétriques, NDLR], avec également une porte, il ne faudrait débourser que 32 000 euros. Ce n'est pas énorme. »

     

    Préserver l'environnement et le cadre de vie

     L'Association des propriétaires de Biscarrosse-Plage et du lac tenait son assemblée générale le 14 août.  Photo A. F.

    L'Association des propriétaires de Biscarrosse-Plage et du lac tenait son assemblée générale le 14 août. Photo A. F.

     

    C'est par un constat positif - « Nous sommes de plus en plus nombreux » - que Françoise Dupuy, présidente de l'Association des propriétaires de Biscarrosse Plage et du lac, débutait l'assemblée générale qui s'est tenue le 14 août au cinéma Atlantic. Une progression de plus de 50 % en deux ans, - le cap des 300 adhérents est en ligne de mire - et qui colle aux objectifs fixés : « Promouvoir l'association pour recruter de nouveaux adhérents et être un interlocuteur qui compte. »

    Depuis plus de 50 ans, l'association s'attache à défendre les intérêts des propriétaires, préserver la qualité de vie et l'environnement de la station balnéaire, en intervenant régulièrement auprès des élus.

    À la faveur de relations régulières et des échanges sans détour avec l'équipe municipale, plusieurs réalisations ont été saluées qui répondent aux attentes des adhérents : le fleurissement du boulevard de la Plage, la mise en place d'une liaison hors saison, les mercredis et vendredis, du Biscabus entre bourg, lac et plage, des lignes de la Régie départementale vers la gare de Facture toute l'année et celle d'Arcachon durant l'été.

    La présence d'une antenne de la police municipale toute l'année à la plage avec le détachement d'un effectif supplémentaire, le nettoyage du site du lac après le passage de Klaus et l'installation d'un portique empêchant l'accès des camping-cars sur une partie de ses rives ont également provoqué le satisfecit.

    Dune et océan

    L'environnement est une préoccupation de l'association qui adhère au comité de vigilance et relaye ses actions. Ici, le renoncement du clapage en mer des boues du port d'Arcachon est considéré comme une victoire et l'on attend toujours les résultats d'analyses, datant de 2008, sur les rejets des effluents du wharf de la Salie dans l'océan.

    Alain Dudon, maire de Biscarrosse, a répondu aux questions posées sur le phénomène de l'érosion dunaire et l'évaluation des risques sur le littoral après le passage de la tempête Xynthia.

    Si la végétalisation des dunes reste la meilleure protection, d'autres aménagements ont été réalisés : installation d'un géo-textile de 400 mètres par l'équipe précédente, l'enrochement, et le ré-ensablement, une fois par an, qui donne les résultats les plus durables.

    Le trophée de l'environnement a été remis à Emmanuelle Gallouët, présidente de l'association le Littoral à cheval, qui préserve et entretient les chemins de randonnée.

     

     

  • Biscarrosse · Landes · tempête Xynthia
  • Un expert : « Il y aura d'autres Xynthia en France»

    Freddy Vinet : « Il faut agir sur les vulnérabilités humaines ».  Freddy Vinet : « Il faut agir sur les vulnérabilités humaines ».

    Freddy Vinet a visité les sites submergés par la tempête Xynthia. Il pense que, dans la prévention du risque, on a sous-estimé la vulnérabilité du bâti.


    Freddy Vinet, originaire de la Vendée, est agrégé de géographie, professeur à l'université de Montpellier et chercheur au laboratoire Gestion des territoires et des risques (Gester). Ses travaux portent sur la prévention du risque inondation.


    Depuis le 28 février, vous vous êtes déplacé trois fois dans les communes sinistrées par la tempête Xynthia. Qu'y avez-vous observé ?

    J'ai relevé l'extrême vulnérabilité du bâti. Sur les 29 victimes de La Faute-sur-Mer, 24 ont péri dans des maisons de plain-pied qui ne disposaient d'aucun refuge à l'étage. D'où mon idée qu' il faut davantage agir sur cette vulnérabilité quand il y a danger de submersion.

    Ne s'est-on pas trop concentré sur les digues, en croyant qu'elles étaient incassables ?

    Je ne dis pas qu'il ne faut pas s'occuper des digues. Mais en France, on a trop vu la protection des personnes par ce seul angle. En oubliant que le destin d'une digue, je le dis de manière provocante à dessein, est de casser. Ce faisant, on a oublié d'agir sur les vulnérabilités humaines : le manque de conscience du risque ou un bâti exposé, surtout lorsqu'il est occupé par des personnes âgées.

    L'État a tiré un trait sur une carte et défini « des zones noires », puis « de solidarité », où les maisons devaient être rasées. Que pensez-vous de la méthode ?

    Je ne mets pas en cause l'idée de délocalisation de maisons. Mais ces reconstructions, il faut les préparer. Or l'État, c'est pour le moins une maladresse, a agi à la serpe là où il fallait faire dans la dentelle. Car sur place, les situations par rapport au risque sont très hétérogènes. Du fait d'une microtopographie, il y a des maisons qui, à 50 m de distance, ont eu 1,50 m d'eau et d'autres pas. J'observe que l'État, depuis, corrige sa première approche.

    Xynthia a-t-elle fait progresser la conscience du risque de submersion marine ? Et met-elle la France à l'abri de drames semblables ?

    Les scientifiques connaissaient ce risque. Mais il y a un gouffre entre les connaissances scientifiques et la représentation mentale de cette réalité qui peut occasionner d'immenses dégâts. Ne nous méprenons pas, il y aura d'autres Xynthia, c'est probable. Car en France, bien des secteurs sont menacés : l'estuaire de la Gironde, l'île de Noirmoutier, plusieurs endroits du littoral méditerranéen...

    Comment prévenir, alors ?

    Pour prévenir, il ne faut pas s'arrêter à la seule question de la digue. Car une digue protège d'événements moyens, mais pas d'inondations gravissimes. Il faut améliorer les plans de secours, renforcer les habitations, construire des zones refuges...

    Avec l'appétit croissant pour le littoral, comment mettre les maires à l'abri de la pression immobilière ?

    L'État doit jouer son rôle de protection, de régulation, à travers les Plans de prévention des risques d'inondation (PPRI). Parce qu'on voit bien que la démocratie locale a des limites lorsqu'il s'agit de protéger les personnes dans des circonstances extrêmes.

    Recueilli par Gaspard NORRITO.


    « Le risque inondation » : tel est le titre de l'ouvrage écrit par Freddy Vinet, récemment publié aux éditions Lavoisier. 320 pages denses, abondamment illustrées de photos et de cartes. Prix : 85 €. Un ouvrage de référence en vente dans les librairies spécialisées. Disponible aussi sur commande, accompagnée du règlement, auprès de la librairie Lavoisier, 14 rue Provigny, 94236 Cachan cedex. Tél. 01 47 40 67 00. Internet : www.lavoisier.fr Mail : info@lavoisier.fr


    Ouest-France

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  • Xynthia, revue de presse du 13 août 2010

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Xynthia : 23 millions investis dans les digues en Vendée

    Au lendemain d'une manifestation à la Faute-sur-Mer, la préfecture de Vendée se veut rassurante quant aux travaux entrepris pour contenir les prochaines grandes marées.

    Des personnes participent à une chaîne humaine organisée sur la digue du  Lay, le 12 août 2010 à La Faute-sur-Mer

    Des personnes participent à une chaîne humaine organisée sur la digue du Lay, le 12 août 2010 à La Faute-sur-Mer

    Photo : Frank Perry/AFP

    Près de six mois après la tempête Xynthia et les inondations meurtrières qui avaient fait 47 morts sur la côte atlantique, dont 29 en Vendée, pour la plupart sur la commune de la Faute-sur-Mer, la préfecture du département a indiqué que "depuis le mois de mars près de 23 millions d'euros sont consacrés aux opérations d'urgence de reconstruction des ouvrages de défense contre la mer", dont plus de la moitié ont été pris en charge par l'Etat.

    "Les travaux se poursuivent chaque jour sur l'ensemble du littoral et en particulier sur les abords de l'Estuaire du Lay" et "des aménagements significatifs d'un montant de 900.000 euros viennent d'être réalisés sur la digue Est de la Faute-sur-Mer", précise le communiqué de la préfecture de Vendée, ajoutant que l'Etat a accordé un financement supplémentaire "pour permettre à la commune de la Faute d'effectuer des travaux complémentaires".

    Hier, un gros millier d'habitants des communes sinistrées le 28 février dernier avait constitué une chaîne humaine sur la digue en question pour exprimer leurs inquiétudes quant à l'efficacité des travaux en cours.

    Se voulant rassurante, la préfecture de Vendée affirme que "l'ensemble des services de l'Etat est mobilisé pour faire face aux grandes marées de septembre et assurer la protection des habitants du littoral".

    La catastrophe de février avait résulté de la conjonction de la tempête Xynthia et d'une marée de coefficient 102 sur une échelle de 120, or, avec les grandes marées du 8 au 11 septembre prochain, un coefficient de 116 est attendu.

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    Xynthia : les sinistrés veulent des digues plus hautes

    vendredi 13 août 2010
    • Ils étaient plus d'un millier, vacanciers et habitants à l'année, à être rassemblés hier sur une digue de La Faute.

      Ils étaient plus d'un millier, vacanciers et habitants à l'année, à être rassemblés hier sur une digue de La Faute.

     

    Plus d'un millier de personnes ont fait hier une chaîne humaine sur les digues de La Faute, en Vendée. Le 28 février dernier, elles avaient été impuissantes face aux assauts de l'océan.

    Gisèle Arnault tient un bouquet de roses à la main. Elle les distribue aux enfants. Tous ensemble, ils les déposent sur une banderole qui rend hommage aux victimes de la tempête Xynthia. Elle est posée, à même la digue, sur le sol.

    Plus de cinq mois que la tempête Xynthia est passée. Mais l'émotion est toujours vivace, à fleur de peau. Et la peur tenaille tout le monde. Car les choses bougent lentement. Au grand dam des habitants de La Faute-sur-Mer et de L'Aiguillon-sur-Mer. Et de l'association des victimes des inondations de La Faute-sur-Mer (AVIF), qui organisait, hier, un rassemblement sur la digue Est, celle de La Faute, qui se trouve en bordure du Lay, ce cours d'eau qui avait gonflé à cause d'une marée de 102 en février.

    Une population encore meurtrie

    Jeudi, ils étaient plus d'un millier, peut-être 1 500, des habitants à l'année, mais aussi des vacanciers, à se tenir fraternellement la main. Pour s'étonner que les travaux de renforcement de la digue n'aillent pas plus vite. « De qui se moque-t-on, s'emporte Michel Pelletier, un habitant de Luçon, qui possède une maison secondaire, à quelques mètres, juste derrière une portion de la digue qui vient d'être refaite à neuf. On se fait mener en bateau. » Les mots se bousculent.

    Le ton est plus mesuré chez François Anil, l'un des porte-parole de l'association organisatrice de l'événement. Mais derrière les mots policés, on sent poindre plus que de l'agacement. De la colère et de l'incompréhension. D'autant qu'en face, de l'autre côté du Lay, à L'Aiguillon-sur-Mer, le conseil municipal a fait bâtir, à la hâte, une digue. Depuis quelques semaines, les tractopelles brassent des mètres cubes de terre pour bâtir une protection qui n'existait pas à cet endroit. Et un autre mur est déjà dans les tuyaux. Mais rien de concret à La Faute. « Alors que les rapports se multiplient depuis la catastrophe pour dire qu'il y a urgence à se protéger, observe François Anil. Dès janvier 2010, les travaux commençaient », ironise le même. Quatre ans pour concrétiser les craintes exprimées dans un rapport particulièrement détaillé. Un scénario qui semble se répéter aujourd'hui, pour une population encore meurtrie. Et qui ne se sent pas rassurée. Pour Roger Raiffaud, un septuagénaire qui a aussi sa maison au pied de la digue de La Faute, « l'eau trouvera encore le moyen d'arriver jusqu'à nos maisons. »

    Philippe ECALLE.
     
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    Le 13/08/2010 à 07:30 - Mis à jour le 13/08/2010 à 07:34

    Principe de précaution : et maintenant la facture !

    Volcan islandais, accidents d’ascenseur, grippe H1N1… Le credo du risque zéro nous coûte désormais des fortunes. Pour des résultats parfois dérisoires.

    Principe de précaution : et maintenant la facture !
    Principe de précaution : et maintenant la facture !

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    Nom d’une pipe, ça recommence à fumer sous les ­crânes des fonctionnaires européens… Après nous avoir fatigués avec l’étanchéité des fosses septiques et tenté de pasteuriser à la hussarde nos fromages au lait cru, voilà qu’ils brûlent de nous imposer… la cigarette anti-incendie. Et ils vont y arriver, les tenaces ! «Sa commercialisation sera possible courant 2011», a acquiescé le porte-parole de British American Tobacco, numéro 2 mondial du secteur. Les autres fabricants devraient suivre, le doigt sur la couture. La bonne nouvelle, c’est que cette nouvelle tige, qui s’éteindra toute seule lorsqu’on oubliera de tirer dessus, évitera à plusieurs dizaines de distraits de mourir grillés chaque année dans leurs draps. La mauvaise, c’est que ces clopes ininflammables seront ­encore plus imbibées de goudron que les cigarettes classiques. Et qu’elles géné­reront donc plus de cancers. Misère…

    A force de vouloir nous protéger contre tous les risques possibles et imaginables, nos sociétés seraient-elles en train de sombrer dans la paranoïa ? A observer les budgets démentiels brûlés ces derniers mois dans les opérations de sécurité collective, on peut se poser la question. La mise au pas du virus H1N1, responsable d’une vague grippette ? Elle nous aura coûté un bon milliard d’euros. La protection du littoral vendéen, à la merci d’une conjonction de tempête Xynthia et de grande marée une fois tous les millénaires ? L’Etat était prêt à y consacrer plus de 600 millions d’euros, avant de reculer en rase campagne pour cause de désarroi budgétaire. Quant aux cendres islan­daises… Imposés contre l’avis des compagnies aériennes (qui s’y connaissent quand même un peu en aviation), les dix jours de fermeture totale de l’espace aérien européen auront saigné de 4 milliards d’euros les économies des pays concernés. «Notre aversion pour le risque est devenue maladive et infantilisante, dénonce le philosophe François Ewald, professeur au Cnam et spécialiste de ces questions. Elle nous conduit à prendre des mesure absurdes, sans aucune analyse coût-bénéfices.»

    © Capital
     

    Les pros du tourisme décryptent le début de saison

    vendredi 13 août 2010
    • Pas de bilan, mais des tendances qui se dégagent : le bord de mer a toujours du succès, mais les séjours sont toujours plus courts.

      Pas de bilan, mais des tendances qui se dégagent : le bord de mer a toujours du succès, mais les séjours sont toujours plus courts.

     

    Différents points de vue des professionnels du tourisme permettent de mieux comprendre le comportement des vacanciers d'aujourd'hui.

    La saison touristique est bien entamée. À défaut de tirer un bilan, des tendances se dessinent sur la fréquentation du canton. Un premier constat brossé par plusieurs acteurs de l'économie touristique à l'occasion du passage d'une délégation de l'Union départementale des offices de tourisme (UDOTSI).

    L'avant-saison. Le printemps n'aurait pas été mauvais selon Joël Giraudeau, hôtelier à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. « Notre chiffre d'affaires est en progression sur les mois d'avant-saison. » Directrice de l'office intercommunal du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Alice Plaud livre une analyse encore plus fine. « Le mois d'avril a été bon. En revanche, mai a connu une baisse sur nos sites touristiques. Le mois de juin a été mou à cause du temps maussade. Au printemps, nous avons bénéficié de l'effet de la course du Vendée-Saint-Pétersbourg qui s'est étalée jusqu'à juin. »

    « Le port de plaisance a connu une bonne fréquentation d'escale », poursuit le maire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Patrick Nayl. « À cause de Xynthia, les plaisanciers qui vont d'ordinaire vers les Sables et La Rochelle, qui ont souffert de la tempête, ont eu tendance à faire escale à Saint-Gilles. Pour chaque bateau, c'est en moyenne 150 € injectés dans l'économie locale. »

    Juillet. Pour Joël Giraudeau, vice-président de l'établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), « l'hébergement s'est globalement trouvé en situation de suroffre en juillet. Ce n'est plus le cas en ce début du mois d'août. » En tant que professionnel, il a enregistré une baisse sur ce mois. Il note« la concurrence de l'hôtellerie de plein air, et un marché du locatif plutôt tiré vers le bas. »

    Selon Alice Plaud, « juillet tient quand même ses promesses avec une stabilité de la fréquentation au vélo-rail, mais des chiffres en retrait de 5 % au moulin des gourmands. La tendance, ce sont aussi des locations meublées qui trinquent. »

    Le touriste de 2010. Les professionnels du tourisme sont confrontés à de nouveaux comportements des vacanciers. Des tendances qui se confirment : « Ce sont d'abord des séjours de plus en plus courts, même en août », note Joël Giraudeau. Une étude de 2006 pointait « un temps moyen de séjour de 11,6 jours », rappelle Alice Plaud. Un chiffre certainement revu à la baisse aujourd'hui estime Joël Giraudeau. « Les gens sont toujours attirés par le bord de mer, mais les séjours sont de plus en plus courts : 4-5 jours, voir même 2-3 jours. Les professionnels sont obligés de s'adapter, y compris dans le locatif. »

    Les réservations de dernière minute sont monnaie courante. « Ces demandes sont majoritairement fédérées par des gros opérateurs sur le web. » Le maire de Saint-Gilles, Patrick Nayl, évoque une restauration traditionnelle« qui souffre. » Pour lui, « nous sommes chers. Attention à veiller au rapport qualité-prix. Les clients recherchent le bon et pas cher. Et cela peut fonctionner comme les offres de moules à volonté... »

     

     

     

    La sécurité du berger par des relais haut perchés

    Les relais radio de l'IPHB permettent d'appeler les secours. L'administration les utilise aussi.

     Des installations qui culminent à plus de 2 600 m.  photo IPHB

    Des installations qui culminent à plus de 2 600 m.photo IPHB

    MARCEL BEDAXAGAR

    Un berger piqué par une vipère en pleine estive, près du col d'Aran à Sarrance, un touriste victime d'un malaise cardiaque, près de la cabane de Bonaris à Lescun : le tout à plusieurs heures de marche. Pourtant, ces deux personnes ont rapidement été secourues par le PGHM (Peloton de gendarmerie de haute montagne) d'Oloron, grâce à l'efficacité d'un système d'alerte. Les relais radio du pic de Sesques et du Soum Couy permettent, en effet, aux bergers d'être directement connectés avec le Sdis (service départemental d'incendie et de secours), ainsi qu'avec leur domicile et avec l'IPHB (Institution patrimoniale du haut Béarn) basée à Oloron. « Il y a de plus en plus de bergers avec leurs familles et des petits enfants, on peut même avoir des bergères enceintes. Les bergers peuvent aussi communiquer entre eux. C'est un véritable lien social, une rupture de l'isolement », estime Didier Hervé, directeur de l'IPHB.

    Les méfaits de Xynthia

    Mais en janvier dernier, Xynthia a sévi sur les vallées. Et les installations du pic de Sesques ont beaucoup souffert. Dès que la fonte des neiges l'a permis et dès que le PGHM a pu dégager le reste de neige, les constats ont été accablants. « Tous les panneaux solaires étaient détruits et toutes les batteries étaient mortes », décrit le directeur de l'IPHB.

    La quête de fonds publics a commencé. « Il y en avait pour 50 000 €, mais le fonds de solidarité qu'on pensait obtenir n'a pas marché. Il a fallu se tourner vers la Région et le Département qui sont intervenus chacun à hauteur de 40 %, soit 20 000 € chacun. Les 10 000 € restants ont été pris en charge par les utilisateurs. » La gendarmerie, le Parc national, la Dira (Direction régionale des routes d'Aquitaine) et l'IPHB, qui utilisent tous ce relais, ont donc apporté 2 500 € chacun.

    Des installations plus fiables

    Le comité de gestion consultatif des installations du pic de Sesques a décidé d'effectuer les travaux, dont la société Talazac de Montauban-de-Luchon (31) a été chargée. Et la mise en place s'est faite dès que le temps l'a permis, les samedis 24 et dimanche 25 juillet.

    Des panneaux solaires biverres et un portique en acier galvanisé ont permis de consolider l'ensemble. Depuis, ces radios ont montré leur utilité.

    « Quelques bergers sont restés sans connexion jusqu'à cette installation. Heureusement, rien de grave ne s'est produit au début du mois de juillet », souligne Didier Hervé, coordonnateur du comité de gestion.

     

     
     
     
     
     
     

    En Gironde, « l’île mystérieuse » veut continuer d’émerger

    par Gwendal Perrin, Vendredi 13 août 2010
    La plus jeune île du monde était jusqu’à présent l’île islandaise de Surtsey, apparue en 1963. Mais l’apparition d’un lopin de terre sorti des eaux dans l’estuaire de la Gironde pourrait changer cette donne.

    « L’île mystérieuse » de Jules Verne pourrait bien être apparue il y a un peu plus d’un an, près de l’estuaire de la Gironde. Mais une fois passé le charme de la découverte, ce petit bout de terre sorti des eaux voit son fragile habitat de plus en plus menacé.

    Le passage en janvier 2009 de l’ouragan « Klaus » sur le sud-ouest de la France, la plus importante tempête de la décennie, a laissé place quelques mois plus tard à l’éclosion d’une île, résultat de l’accumulation de couches sédimentaires sur plusieurs hectares. Située à proximité du phare de Cordouan, elle se situe en lieu et place d’une autre île engloutie il y a des centaines d’années : l’île de Cordouan, cadeau de l’occupation anglaise durant la guerre de Cent ans et qui avait finalement disparu en raison de l’érosion côtière. La naissance de cette île, un phénomène d’ailleurs extrêmement rare, a rapidement attiré les curieux. « Ca devient presque un lieu à la mode. Deux cents personnes sont venues faire la fête sur l’île début septembre » note Jean-Marc Thirion, écologue et président de l’association Obos (Objectifs biodiversité).

    C’est bien là que se situe le problème de cet engouement soudain : l’écosystème de cette île mystérieuse, jeune et donc fragile, risque de ne pas tenir le choc. « Ce qui est remarquable avec cette île, en dehors de sa soudaine apparition, est qu’elle restée intacte dans cet environnement maritime violent et hostile » rapporte Guy Estève, un géomorphologiste de la région à la retraite. Pour l’heure la biodiversité du lieu, bien qu’encore peu fournie, survit ici presque par miracle. « Nous avons enregistré l’apparition de douze espèces différentes de plantes et celle de trente invertébrés, parmi lesquels environ un tiers existent de manière durable sur la surface de l’île » estime M. Thirion.

    Unique en son genre

    Mais les dangers ne manquent pas de guetter. En février dernier le cyclone « Xynthia » a ainsi eu des conséquences désastreuses pour cet écosystème en formation. Sa composition a été rudement atteinte par les vents, la surface de l’île s’est même réduite mais étonnamment, elle est toujours sur place – ce qui n’a pas manqué de subjuguer les observateurs. Preuve en est que cette soudaine émergence n’est pas que mystérieuse, mais aussi durable… et toujours aussi unique puisqu’aucun cas similaire à celui-ci n’a été recensé en Europe, en dehors de quelques îlots surgis grâce à l’activité volcanique, comme l’île de Surtsey en Islande en 1963.

    L’inexistence officielle de l’île n’a toutefois pas qu’un côté charmant, mais aussi handicapant. Pas encore cartographiée, pas mieux reconnue, elle ne peut en conséquence pas être protégée comme elle en aurait besoin. Et il n’y a pas que les fêtards qui profitent du lieu : « L’autre jour, elle a servi de terrain d’atterrissage à un groupe de parachutistes. Or, c’est un lieu sensible au surpiétinement » se rappelle M. Thirion. Mais les choses pourraient rapidement être amenées à changer et sans surprise, le seul moyen de protéger cette île est d’en limiter l’accès aux curieux : « le temps en juin était très mauvais et les virées publiques sur l’île étaient devenues impossibles » note le député-maire de Royan, Bernard Giraud. « Résultat, nous avons découvert que les oiseaux y avaient fait leur nid. Mais en juillet les conditions étaient redevenues bonnes, les voyageurs sont revenus et les nids ont été abandonnés ».

    La reconnaissance officielle de « l’île mystérieuse » semble maintenant être le seul moyen de protéger efficacement cette terre sortie de la mer. Malgré les efforts de MM. Giraud et Thirion, l’état français semble sourd à leurs requêtes répétées. « Personne n’a l’air de prendre tout cela sérieusement » note M. Thirion. « Ils n’ont pas encore compris que c’est une île, pas une banque de sable ». L’espoir viendra alors peut-être d’un projet gouvernemental de longue date qui prévoit de faire de l’estuaire de la Gironde partie intégrante d’une zone maritime protégée. Et, si officialisation il y a, alors viendra le temps de nommer « l’île mystérieuse »… « Je l’appelle toujours « l’île », mais nous y travaillons » s’amuse M. Giraud.


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  • Xynthia, revue de presse du 12 août 2010



     

     

    A La Faute-sur-Mer, les sinistrés de Xynthia réclament une nouvelle digue pour protéger leurs maisons

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    La Faute-sur-Mer (Vendée), le 1er mars.
    REUTERS/REGIS DUVIGNAU
    La Faute-sur-Mer (Vendée), le 1er mars.

    Ils ont prévu de former une chaîne humaine pour dénoncer le manque de solidité de leur digue. Jeudi 12 août, à 19 h 19, un millier de personnes sont attendues à La Faute-sur-Mer, au moment précis de la journée où le coefficient de marée – de 112 – sera le plus fort. Des résidents, sinistrés de la tempête Xynthia, qui a fait 29 morts dans le village et dans la commune voisine de L'Aiguillon-sur-Mer le 28 février, mais aussi des vacanciers, solidaires de la cause.

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    "Tout le monde pourra ainsi voir qu'en cas de grosse marée, l'eau affleure à la crête de la digue. On ne sait pas comment elle va se comporter l'hiver prochain car elle a été très fragilisée par la tempête. En cas de mauvais temps, le village peut être de nouveau inondé", déplore François Anil, membre de l'Association des victimes des inondations de La Faute-sur-Mer et de ses environs.

    Car la digue est, celle qui n'a pas protégé le quartier résidentiel submergé, ne figure dans aucun des projets de reconstruction de la région, à court ou moyen terme. "On en a parlé au préfet ainsi qu'à la mission parlementaire, mais rien n'a été prévu pour construire une nouvelle digue. Le gouvernement, qui a pu débloquer 150 millions d'euros pour racheter 650 maisons sinistrées, ne pourrait donc pas trouver les cinq millions nécessaires pour la reconstruire ?", interroge François Anil.

    D'autant que c'est cette digue qui permet actuellement de protéger les 900 maisons qui ne seront pas rachetées par l'Etat et dans lesquelles certains Vendéens continuent de vivre, sans se sentir en sécurité. Frédéric Rose, directeur de cabinet de la préfecture de Vendée, assure de son côté que des travaux de consolidation ont débuté en juillet. "Ces travaux prennent du temps car il s'agit de construire des remblais sur une partie de l'estuaire du Lay, qui relève du domaine public. Nous devrions bientôt obtenir les dernières autorisations, afin d'achever la consolidation de la digue avant les grandes marées des 9 et 10 septembre", précise-t-il.

    "QUE L'ÉTAT REFASSE LA DIGUE"

    Des promesses auxquelles ne croit pas Renald Corda. Sa maison a été classée en "zone noire", rebaptisée "zones de solidarité", et doit être évacuée. Mais ce chef d'entreprise de 49 ans refuse de partir. "Mon logement n'a pas été inondé. Plutôt que de me donner de l'argent et me forcer à partir, je préfère que l'Etat refasse la digue entièrement, et que l'on puisse rester chez nous", explique-t-il.

    Anne Biraud, elle, a pour sa part accepté que l'Etat rachète sa maison, aussi classée en "zone de solidarité". "Je ne me voyais pas y revenir. L'eau est monté à 1 m 50 alors que j'étais chez moi. J'ai dû prendre tous mes papiers, dans le noir, et me réfugier sur le toit, avec mon mari", raconte cette professeure de peinture, âgée de 59 ans, qui loge actuellement chez ses beaux-parents.

    Si le prix de rachat lui paraît "correct", elle ressent encore de l'amertume. "Les autorités savaient depuis années que la digue était trop fragile. On aurait pu éviter la catastrophe", regrette-t-elle. Alors, pour éviter qu'une telle situation se reproduise, elle participera à la chaîne humaine de jeudi soir.

    "La manifestation restera pacifique, mais on ne lâchera pas. Et si les autorités ne veulent pas refaire la digue, on envisagera d'autres actions", assure François Anil.

    Audrey Garric
     
     
    A Charron, les commerçants englués dans les difficultés cinq mois après Xynthia

    De Béatrice ROMAN-AMAT (AFP) – Il y a 1 jour

    CHARRON — Cinq mois après la tempête Xynthia, les commerçants de Charron, la commune de Charente-Maritime la plus touchée, peinent à retrouver une activité normale, qu'ils aient été sinistrés ou qu'ils souffrent d'une perte de chiffre d'affaires liée au départ de nombreux habitants.

    "On a eu 1.500 couverts de moins que la normale en juillet", soupire Theddy Pinneau tout en s'activant au-dessus de portions de moules à la crème.

    Son restaurant de fruits de mer "chez Theddy", classé en "zone de solidarité", a été envahi par un mètre d'eau au cours de la nuit du 28 février.

    Aujourd'hui, le restaurateur attend l'offre de France Domaine, qui doit racheter ses locaux. Les bâtiments situés en zones de solidarité (ex-"zones noires") peuvent en effet continuer à être utilisés de jour mais pas de nuit, et le logement de Theddy est attaché à son restaurant.

    Si l'offre est intéressante, ce restaurateur de 59 ans, le seul de la commune, cessera d'exercer, contribuant à la désertification du village.

    "Les habitants continuent à partir, on est à moins 30% aujourd'hui, mais ce sera peut-être moins 50% demain !", déplore Thierry Demaegdt, président de l'association "Reconstruire Charron".

    Selon lui, la population devrait passer de 2.200 habitants au dernier recensement à environ 1.500. Faute de maisons ou de terrains constructibles disponibles, les habitants des zones de solidarité partent s'installer dans d'autres communes.

    Ainsi, Jean-Paul et Marie-Claude Bouteiller, mytiliculteurs à la retraite, sont partis faire construire une maison à Marsilly, à quelques kilomètres plus au sud, après avoir dû abandonner la leur, d'où ils voyaient passer les voiliers, "à marée haute".

    Alors que France Domaine vient de remettre ses offres pour le rachat des 200 habitations de Charron qui doivent être abandonnées, une quarantaine de commerçants et artisans patientent encore, tout en constatant l'érosion de leur clientèle.

    Alain Fillonneau, le pharmacien de la commune, est installé depuis cinq mois dans une cahute préfabriquée posée devant son officine. "Les Domaines ne sont toujours pas venus me voir et je ne veux pas continuer tout l'hiver à recevoir les gens dans 15 mètres carré", s'inquiète-t-il.

    Il risque surtout de perdre sa licence s'il arrête d'exercer pendant un an, en attendant qu'une nouvelle officine soit construite. "Ensuite, il faut qu'il y ait au moins 2.500 habitants dans la commune pour en obtenir une nouvelle", explique-t-il.

    "Je suis né à Charron et je veux absolument que cette commune se relève", insiste-t-il, rappelant le combat des habitants il y a une vingtaine d'années pour obtenir une pharmacie.

    Bien qu'ils n'aient pas été sinistrés, la boulangerie et le bar-tabac constatent également une perte d'activité de 30%. "On a licencié une employée et baissé certains salaires", raconte Angélique Genier, la boulangère. "S'il n'y a pas d'évolution dans peu de temps, les commerces vont mourir".

    Dans le village, peu de manifestations de colère sont visibles. Le silence et un air d'abandon planent sur les maisons, souvent très récentes, vouées à la démolition. La végétation reprend doucement ses droits sur les seuils des bâtiments et dans les jardins. Quelque 800 mètres plus loin, on devine la digue et l'océan.

    Pour redynamiser Charron, l'association "Reconstruire Charron" souhaite miser sur la proximité avec le marais poitevin. "Il faut intégrer des pistes cyclables et des zones de loisirs dans le réaménagement de la zone. C'est l'occasion où jamais de donner une impulsion à Charron", imagine Thierry Demaegdt.

    Baignade : Ne pas se faire piéger par les grandes marées

    Les coefficients de 112 et 111 prévus aujourd'hui font craindre quelques dangers.

     Depuis le début de la saison, les CRS ont aidé près de 8 000 personnes en Aquitaine.  photo G. Bonnaud

    Depuis le début de la saison, les CRS ont aidé près de 8 000 personnes en Aquitaine. photo G. Bonnaud

    La plus forte marée de l'été est pour ce matin. Avec un coefficient de 112, elle surpasse les deux qui l'encadrent, ce soir et hier soir. Depuis le passage hivernal de la tempête Xynthia sur les côtes charentaise et vendéenne, les grandes marées réveillent des souvenirs désagréables. Il n'y a rien à craindre cette fois-ci. N'étant associées à aucune dépression sur le golfe de Gascogne, elles n'égratigneront pas les digues.

    Leurs effets peuvent malgré tout s'avérer funestes en cette période estivale. Surtout pour des touristes de passage, peu au fait des particularités de la côte sableuse qui trace un long trait depuis l'embouchure de l'Adour, au sud, jusqu'à la côte sauvage charentaise. Les baïnes, ces piscines naturelles creusées par les courants entre la plage et les bancs de sable, peuvent se révéler piégeuses.

    « La marée descend très loin, ce qui découvre les bancs de sable. Des baigneurs traversent les baïnes pour aller jouer dans les vagues, sur les bancs. C'est au montant que la situation devient dangereuse. Les gens veulent revenir alors que le niveau de l'eau a monté dans les baïnes, ils perdent pied et risquent de se faire emporter par les courants. D'autres ne savent tout simplement pas nager. Il n'est pas rare de voir un adulte avec deux enfants dans les bras vouloir traverser une baïne où il n'a pas pied », détaille le brigadier-chef Thierry Village, l'officier qui s'occupe de la gestion opérationnelle des nageurs sauveteurs à la direction des CRS Sud-Ouest, à Cenon en Gironde.

    Pour éviter les drames, les CRS positionnent des hommes sur les bancs de sable et d'autres en paddleboard dans les baïnes. Ce qui permet de procéder au repli vers la plage en temps et en heure.

    Rouleaux de bord

    Si la houle devrait être modérée aujourd'hui dans la région (entre 1 mètre et 1,20 m), la force de la marée pourrait également rendre périlleux les rouleaux de bord, ce « shore break » qui casse directement sur le sable. Tous les ans, des estivants se font embarquer dans ce tambour de machine à laver et s'en sortent avec des contusions, des entorses ou des fractures. « Depuis le début de la saison, nous avons eu 630 accidents de ce type sur les postes sous responsabilité des CRS en Aquitaine, dont 120 accidents avec suspicion de traumatisme du rachis cervical », ajoute Thierry Village.

    Le dernier danger tient au ressac sur la pente de la plage, qui est susceptible d'aspirer dans l'eau des baigneurs qui ne savent pas nager, des enfants en particulier.

    Ces différents pièges expliquent le lourd bilan enregistré dans la région, été après été. L'enquête « Noyades » réalisée sur l'été 2009 par l'Institut national de veille sanitaire (INVS) l'a confirmé. L'Aquitaine se situait au troisième rang des régions littorales les plus meurtrières pour la baignade, au premier pour la façade atlantique. Sur les 169 décès constatés en France dans la bande littorale, la Gironde en a déploré treize, la Charente-Maritime six, les Landes cinq et les Pyrénées-Atlantiques deux.

     

    Charron : Drôle d'ambiance avant l'élection de septembre

    Une autre élue vient de démissionner. Des Charronnais souhaitent une démission collective.

     L'élection du mois de septembre s'annonce un peu crispée à Charron.  Photo Xavier Léoty

    L'élection du mois de septembre s'annonce un peu crispée à Charron. Photo Xavier Léoty

    Retour aux urnes pour les 1 604 habitants inscrits à Charron les 5 et 12 septembre. Le maire, Jean-François Faget, élu depuis 2002, très éprouvé par le passage de Xynthia, a renoncé à ses fonctions le 22 juin. Deux élus ayant également quitté le Conseil municipal en 2009 - Serge Dallet et Louis Guinaudeau -, il s'agit maintenant d'élire trois personnes pour que le Conseil municipal au complet désigne le maire.

    À moins d'un mois du premier tour de scrutin, la situation semble crispée. Il faut dire que dans un village aussi meurtri, l'ambiance ne peut pas être euphorique. Les sinistrés se soucient, pour la plupart, de vendre leurs maisons et d'en trouver d'autres, dans la commune si possible mais plus probablement ailleurs. Les autres regrettent ces départs annoncés et les commerçants craignent de voir leur chiffre d'affaires chuter de façon vertigineuse.

    Une autre démission

    Dans ces conditions, on suppose que la vie de la municipalité ne peut pas être sereine. Et tout récemment, une autre conseillère municipale, Catherine Cousin, a démissionné. Claqué la porte, pour- rait-on même dire. Elle avoue sans ambages ne pas aimer « la façon dont les choses se passent. Tout le monde décide et, en fait, personne ne décide ». Présidente de l'amicale de Charron, Catherine Cousin avait, en 2008 été particulièrement bien élue. C'est d'ailleurs la candidate qui avait recueilli le plus de voix. Aujourd'hui, elle ne veut plus entendre parler de cette municipalité et, à son avis, les élus devraient tous démissionner.

    Ce point de vue n'est pas isolé. Ici et là, on entend des Charronnais souhaiter cette démission globale, afin de provoquer une élection générale et non plus partielle. Il s'agit de murmures… assez audibles toutefois pour que Jean-Claude Marionneau, premier adjoint et maire intérimaire, en ait eu vent.

    « Oui, j'ai entendu ça. Mais, sauf retournement particulier de situation, il n'en est pas question. Peut-être cela vient-il de commerçants inquiets de moins travailler et de voir partir les habitants. Mais tout le monde ne part pas ! Je ne vois pas comment la démission du Conseil pourrait résoudre ce problème. Et qui s'occuperait alors de la gestion, des nouvelles zones commerciale et d'habitat que nous voulons créer ? » Quant à la démission de Catherine Cousin, il la garde « sous le coude » : « Je ne suis que remplaçant, c'est le prochain maire qui s'en occupera. »

    Et qui sera ce prochain maire ? Pas Jean-Claude Marionneau, il n'en a pas envie. Le troisième adjoint, Jacquy Barreau, non plus. Martine Boutet, quatrième adjointe, ne manifeste pas davantage d'ambition.

    Selon plusieurs élus, dont Jean-Claude Marionneau, c'est le deuxième adjoint, Jérémy Boisseau qui serait pressenti pour s'installer dans le fauteuil laissé vacant par Jean-François Faget.

    Qui est candidat ?

    Quant aux candidats pour le scrutin partiel, aucun, selon le premier adjoint, ne s'est encore déclaré. « On entend des choses mais officiellement, rien. Je suppose qu'ils attendent le dernier moment, ils ont jusqu'au 28 août ».

    On pourrait imaginer que des membres du bureau de l'association Reconstruire Charron, très présente après la tempête et encore aujourd'hui, soient tentés. Le président, Thierry Demaegdt, par exemple ? « Non, répond-il. Nous avons décidé au sein du bureau, qu'aucun des membres ne se porterait candidat », explique-t-il.

    Éventuellement, un changement d'avis est-il envisageable ? « Dans l'état actuel des choses, non. A priori, nous ne changerons pas d'avis. Sauf, peut-être, si les circonstances changeaient complètement ». Et d'ajouter : « Nous souhaitons que la future équipe municipale soit unie et très motivée. C'est aujourd'hui indispensable pour Charron. »

    Info Pays de la Loire - après xynthia

    Grandes marées : l'inquiétude en vendée

    Par Fabienne Beranger  

    Une digue de la Faute-sur-Mer (85).

    Une digue de la Faute-sur-Mer (85).

    Un coefficient de 112 est prévu ce soir d'où une forte mobilisation à la Faute sur Mer

    Après la tempête Xynthia, les habitants veulent attirer l'attention sur la digue Est, longue de 6 km et qui protège les habitations.

     

    Les riverains de la digue de la Faute-sur-Mer peinent à oublier Xynthia et ses 29 morts malgré les mois qui passent . Ceux qui vivent au pied de la digue redoutent que les travaux d'enrochements effectués dès 2009 ne suffisent pas à les protéger.


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  • Xynthia, revue de presse du 10 août 2010

    La Fête malgré Xynthia demain aux Boucholeurs

     Un concours d'ouvertures d'huîtres et de mangeurs d'huîtres est au programme.  photo bernadette jacquet

    Un concours d'ouvertures d'huîtres et de mangeurs d'huîtres est au programme. photo bernadette jacquet

     

    Dimanche, les habitants et les gens de la mer des Boucholeurs (communes d'Yves et de Châtelaillon), qui ont été durement frappés par la tempête Xynthia, ont voulu redonner vie à leur village en maintenant la traditionnelle Fête des huîtres et des moules.

    Cette manifestation estivale regroupe les ostréiculteurs et les mytiliculteurs qui ont à cœur de faire découvrir leur patrimoine dans une ambiance festive, avec de nombreuses animations. Un marché fermier de produits du terroir et artisanal complète le programme.

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    La fête a pris de l'ampleur au fil des années, tout en gardant son caractère. Au long de la journée, se succèderont ainsi, notamment, dégustation d'huîtres et de moules de bouchots, jeux du village (comme les pigouilleurs de plates ou le foot dans la vase), concours d'ouverture et de mangeurs d'huîtres, tir à la corde, courses de brouettes et concert de Kalffa. Les petits ne seront pas oubliés, avec le groupe Music Parade et les Bartos.

    Xynthia: premiers rachats de maisons par l'Etat la semaine prochaine

    (AFP) – Il y a 5 jours

    LA ROCHE-SUR-YON — Les premiers rachats à l'amiable de maisons de sinistrés de la tempête Xynthia par l'Etat auront lieu en Vendée à partir de la semaine prochaine, a-t-on appris auprès de la préfecture de Vendée.

    "Le processus d'acquisition doit commencer en début de semaine", a indiqué jeudi la préfecture.

    Les propriétaires de maisons sinistrées de La Faute-sur-mer et l'Aiguillon-sur-mer situées dans les "zones de solidarité" qui ont accepté les estimations de l'Etat attendent pour certains depuis près de trois mois de pouvoir signer l'acte de vente définitif de leur bien à l'Etat.

    Après le passage de la tempête Xynthia le 28 février, un zonage des endroits trop dangereux pour y permettre la reconstruction ou le maintien d'habitations avait été établi le 8 avril.

    Baptisées d'abord "zones noires" elles ont ensuite été rebaptisées "zones de solidarité" car elles permettent aux propriétaires de revendre leur bien à l'Etat au prix du marché avant la tempête.

    Ces indemnisations sont couvertes par le fonds de prévention des risques naturels majeurs dit "fonds Barnier". Neuf cent quinze habitations sont concernées en Vendée.

    Le zonage doit être revu après le passage de deux experts de l'Etat afin de présenter à l'automne, lors d'une enquête publique, la zone définitive qui sera vouée à retourner à l'état naturel et où les maisons, si les propriétaires n'ont pas choisi la solution de vente à l'amiable à l'Etat, feront l'objet de la procédure légale d'expropriation.

    En tout, 47 personnes ont trouvé la mort sur la façade Atlantique lors de cette tempête.

     

    Xynthia: premiers actes de rachat de maisons signés en Charente-Maritime

    (AFP) – Il y a 4 jours

    LA ROCHELLE — Les premiers actes définitifs de rachat à l'amiable par l'Etat de maisons sinistrées de la tempête Xynthia ont été signés en Charente-Maritime, a-t-appris vendredi auprès d'une association de victimes.

    "Une quinzaine d'actes de vente ont déjà été signés chez les notaires", a indiqué à l'AFP Thierry Demaegdt de l'association "Reconstruire Charron".

    La préfecture de Charente-Maritime, contactée par l'AFP, n'a pas souhaité confirmer cette information, précisant qu'un point d'étape serait réalisé à la rentrée.

    Selon Thierry Demaegdt, environ 200 offres ont été faites aux propriétaires de maisons sinistrées de Charron situées dans les zones noires dites "de solidarité". "La plupart étaient acceptables", a-t-il affirmé, sans donner de détails sur le montant des transactions.

    Les premiers rachats à l'amiable de maisons de sinistrés auront lieu à partir de la semaine prochaine en Vendée.

    Après le passage de la tempête Xynthia le 28 février, un zonage des sites jugés trop dangereux pour y permettre la reconstruction ou le maintien d'habitations avait été établi le 8 avril.

    Baptisées "zones noires", elles ont été renommées "zones de solidarité" car elles permettent aux propriétaires de revendre leur bien à l'Etat au prix du marché avant la tempête.

    Ces indemnisations sont couvertes par le fonds de prévention des risques naturels majeurs dit "fonds Barnier". 915 habitations sont concernées en Vendée, 619 en Charente-Maritime.

    Le zonage doit être revu, après le passage de deux experts de l'Etat, afin de présenter à l'automne, lors d'une enquête publique, la zone définitive qui sera vouée à retourner à l'état naturel. Si leurs propriétaires n'ont pas choisi la solution de vente à l'amiable à l'Etat, les maisons situées dans cette zone feront l'objet de la procédure légale d'expropriation.

    Lors de cette tempête, 47 personnes avaient trouvé la mort sur la façade atlantique.

     

    L'Etat rachète les premières maisons frappées par Xynthia


    Spectacle désolant le 3 mars en Vendée, trois jours après le passage de la tempête Xynthia.
    Spectacle désolant le 3 mars en Vendée, trois jours après le passage de la tempête Xynthia. Crédits photo : AFP

    Les premiers actes d'achat ont été signés en Charente-Maritime pour indemniser les sinistrés de la tempête. 

    Sur la pelouse du stade de la Beaujoire, à Nantes, les champions du monde de 1998, de Zinédine Zidane à David Trezeguet, en passant, même, par le tout nouveau sélectionneur de l'équipe de France, Laurent Blanc, n'étaient pas là pour faire oublier les piètres performances de leurs successeurs en Bleu. Le match de dimanche soir contre une sélection européenne avait pour objet de récolter quelque 500 000 euros pour les sinistrés de la tempête Xynthia et des inondations du Var. Car le drame qui avait frappé la côte vendéenne les 27 et 28 février derniers est d'autant plus présent dans les mémoires que la campagne de rachat par l'État des habitations situées en zone dite «de solidarité» vient de commencer.

    Dans ces espaces d'abord intitulés «zones noires», parce que considérés comme dangereux, il est prévu que l'État rachète les maisons au prix du marché avant la tempête. Ces indemnisations sont couvertes par le fonds de prévention des risques naturels majeurs dit «fonds Barnier», créé en 1995 pour couvrir les indemnisations de propriétaires de biens menacés par des catastrophes naturelles nécessitant une évacuation.

    Vendredi ont donc été signés une quinzaine d'actes de rachat à l'amiable par l'État sans que l'on ne connaisse le montant exact des transactions. Ce sont en tout 915 habitations qui sont concernées en Vendée et 619 en Charente-Maritime. Selon Thierry ­Demaegdt, de l'association Reconstruire Charron, la majorité des cas serait en passe d'être réglée. «Sur Charron même, explique-t-il, ce sont 238 demandes qui ont été formulées. Les cas les plus complexes sont ceux des 38 entreprises ou locaux professionnels, boutiques, ateliers… puisque l'habitat est souvent lié à ces locaux. Or l'indemnisation est proposée en cas de risque mortel, c'est-à-dire la nuit.» France Domaine, le service dépendant des Finances publiques et chargé du rachat, a donc enregistré ces cas particuliers, mais ne les réglera qu'en septembre.

    Des offres jugées acceptables 

    Pour les particuliers, en revanche, 90 % des propositions de rachat ont été jugées acceptables, c'est-à-dire con­formes aux estimations des notaires. Les contrats sont donc signés, ou en voie de l'être, et l'État s'est engagé à payer dans le mois suivant la signature.

    Restent deux types de cas litigieux. Certains particuliers pensent en effet que l'évaluation de leur bien par France Domaine ne correspond pas au prix du marché. À tort pour les uns, mais à raison pour d'autres qui s'appuient sur des estimations effectuées par des notaires locaux. «Mais le véritable point noir, précise Thierry Demaegdt, ce sont les maisons zonées par erreur alors qu'elles n'ont pas été sinistrées et ne correspondent à aucun des cas à risques répertoriés. Nous sommes furieux contre le préfet qui n'a répondu à aucune de nos demandes de conciliation.» Là encore, c'est en septembre que ces questions seront tranchées.

    Xynthia : ils ont vendu leur maison à l'État

    mardi 10 août 2010

    Déjà huit familles sont venues, hier en Vendée, pour se séparer de leur bien. En toute discrétion.Un véritable crève-coeur pour certains, comme les Chebardy. D'autres vont suivre.

    Le chèque est imminent. « D'ici à quelques jours », pense Jocelyne Chebardy. Hier, cette coquette mamie d'Angers (Maine-et-Loire) avait fait, avec son mari, le déplacement à La Roche-sur-Yon (Vendée) pour céder définitivement leur maison secondaire de la pointe de L'Aiguillon (Vendée) à l'État.

    Le même scénario s'est répété huit fois à la Chambre des notaires de Vendée, en présence du préfet, Jean-Jacques Brot. D'autres vont suivre, 450 propriétaires ayant déjà donné leur accord.

    Pour les Chebardy, c'est l'aboutissement d'une histoire commencée le 28 février avec Xynthia. Leur maison avait été engloutie par les flots. Montant de la transaction pour cette maison classée en zone noire par les services de l'État ? Autour de 150 000 €, même si les époux Chebardy restent discrets sur le sujet. Un montant qui n'apaise pas la douleur.

    Dans la famille depuis cinquante ans, « cette maison de 80 m2à 150 mètres de la plage » était le point de ralliement « des enfants, petits-enfants et cousins », qui avaient l'habitude de cette transhumance estivale vers cet endroit sauvage de la côte vendéenne. « Cette maison n'a pas de prix, c'est ce que j'avais dit la première fois à l'expert », se souvient Jocelyne Chebardy.

    Si la vente s'est vite imposée, la décision n'a pourtant pas été simple à prendre, « surtout pour nos enfants et petits-enfants ». Mais le couple ne voulait pas s'engager dans un long bras de fer avec l'État, « avec expropriation et une issue connue d'avance, c'est-à-dire une indemnisation moins intéressante ». Adieu la Vendée donc et bonjour la Loire-Atlantique. La famille Chebardy a déjà trouvé un nouveau pied-à-terre estival, près de Pornic.

    Philippe ECALLE.
     

     


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  • Xynthia, revue de presse du 5 août 2010

     
     
    Sinistrés de Xynthia et du Var: match de bienfaisance des champions du monde 98 dimanche à Nantes

    NANTES — L'équipe de France de football, championne du monde en 1998, se reformera pratiquement à l'identique dimanche à Nantes pour un match de bienfaisance au profit des sinistrés de la tempête Xynthia, cet hiver, ainsi que de ceux des inondations du Var, en juin.

    Les champions du Mondial 1998 et de l'Euro 2000 remettront le maillot bleu pour affronter une sélection européenne au stade de la Beaujoire, un évènement souhaité en mars par le président de France 98, l'ex Nantais Didier Deschamps, quelques jours après la tempête Xynthia.

    Ils remettront à la mi-temps un chèque d'un montant attendu de près de 500.000 euros à la Fondation de France chargée de répartir la somme au service des sinistrés.

    "Deux-tiers iront au profit des victimes de la tempête Xynthia sur la façade Atlantique et un tiers à celles des inondations du Var", a expliqué à l'AFP Manu Piumi, de l'Union nationale des footballeurs professionnels.

    La tempête Xynthia a fait 47 morts les 27 et 28 février dans l'ouest de la France, principalement en Vendée et Charente-Maritime. Les inondations du Var, consécutives à des pluies torrentielles, ont fait 23 morts et deux disparus les 15 et 16 juin.

    Comme en 1998, Zinedine Zidane, Bixente Lizarazu, Christian Karembeu, Lilian Thuram, Fabien Barthez ou encore David Trezeguet et la presque totalité de la sélection championne du monde se retrouveront derrière leur capitaine Didier Deschamps, sous la direction d'Aimé Jacquet et de son adjoint d'alors Roger Lemerre.

    Même Laurent Blanc, nouveau sélectionneur de l'équipe de France depuis le 2 juillet dernier, sera sur le terrain. Thierry Henry, parti jouer chez les Red Bull de New York en juillet, sera absent.

    L'association France-98 a notamment organisé des matches de bienfaisance au profit des sinistrés des inondations dans le sud-est en 2002, des victimes du tremblement de terre en Algérie en 2003, de la catastrophe AZF en 2005, ou encore du tremblement de terre à Haïti (match à Alger le 1er mars 2010).

    Groupama : les sinistres pénalisent les résultats

    Mots clés : assurance, tempête Xynthia, sinistres, FRANCE, Jean Azema, Jean Collin, GROUPAMA

    Par Anne de Guigné
    05/08/2010 | Mise à jour : 13:24

    Le groupe accuse le choc de la tempête Xynthia et de la forte volatilité sur les marchés financiers. Son bénéfice net a reculé de 23,6% à 127 millions à fin juin.

    L'assureur français Groupama a publié des résultats semestriels décevants. Son bénéfice net atteint 127 millions d'euros en baisse de 23,6 % sur un an. Le groupe accuse le choc de la tempête Xynthia et de la forte volatilité sur les marchés financiers.

    Son ratio combiné des activités dommages (somme des frais de gestion et du coût des sinistres sur le total des primes encaissées) se dégrade à 104,5 %: les coûts d'assurance dépassent donc les primes. Cette mauvaise performance s'explique par les ravages des tempêtes, mais aussi par la hausse des sinistres en automobile.

    Groupama maintient son ambition de réaliser à horizon 2012 un résultat opérationnel de 700 millions d'euros. Au premier semestre 2010, ce résultat se limitait à un modeste 179 millions d'euros. «Les programmes d'amélioration de la performance opérationnelle vont se poursuivre au cours du second semestre» a plaidé Jean Azéma, le directeur général du groupe mutualiste.

    Groupama s'est préparé depuis début 2006 à entrer en Bourse. L'opération devait être lancée à la suite d'une acquisition d'envergure. Acquisition, toujours attendue. L'heure de l'introduction n'a pas encore sonnée, mais l'opération reste dans la stratégie à long terme de l'assureur mutualiste, assure toutefois le directeur financier Christian Collin.

    Après Xynthia, un plan de sauvegarde à La Tranche-sur-Mer

    Faits divers mercredi 04 août 2010
     

    La Tranche-sur-Mer est la première commune de Vendée à prendre l’initiative de se doter d’un PCS (Plan Communal de Sauvegarde).

    « L’objectif est d’alerter la population dans un laps de temps le plus court possible en cas de catastrophe prévisible », comme par exemple Xynthia, explique Michel Niaux, conseiller municipal en charge de la mise en place du PCS. Il devrait être opérationnel avant fin décembre 2010.

    La commune va avoir recours à la Télé Alerte (24 heures/24, 7 jours/7 et 365 jours/an). « Dès qu’une alerte émanant de services officiels comme la préfecture, la gendarmerie, les pompiers, est reçu, la mairie contacte le service de Télé Alerte où un robot prévient les habitants dans un délai extrêmement court. À raison de 840 personnes alertées en 1 minute, toute la population tranchaise peut être informée en moins d’un 1/4 heure. » La sirène du centre de secours sera remise en fonctionnement. La Télé Alerte s’appuie sur l’annuaire téléphonique qui sera complété les autres numéros (liste rouge, les portables, les adresses mail).

    La Perrotine veut survivre à Xynthia

     Bernard Delouis, à côté du panneau mis en place par le Comité de quartier.  Photo corinne pelletier

    Bernard Delouis, à côté du panneau mis en place par le Comité de quartier. Photo corinne pelletier

    Le quartier de la Perrotine, situé de l'autre côté du chenal du même nom, en face du port de Boyardville, a subi deux déferlantes : la première, c'était Xynthia, la seconde lorsque le quartier, très peu touché par la tempête, s'est vu presque entièrement classé en zone noire, puis en zone de solidarité. Ses habitants se sont constitués en comité et veulent bien se faire entendre.

    Mme Fournier, sa mère et M. Delouis, leur voisin, expliquent : « Notre quartier a une particularité : nos 41 maisons sont construites au bord des "tannes" de la Perrotine, sorte de polders gagnés au début du XIXe siècle sur le "platin", ces terres submersibles drainées par des chenaux qui constituent les premières lignes de défense de Boyardville, en jouant le rôle d'éponge en cas de fortes tempêtes. Le 28 février, à 2 h 30, quand le bourg a été submergé, nous n'avons eu que 50 à 80 cm d'eau, repartie très vite. Nos maisons n'ont pas été envahies et les dégâts ont été minimes. »

    « Sud Ouest ». Que s'est-il donc passé alors, puisqu'il semble que l'eau ait envahi à plusieurs reprises l'arrière de vos propriétés ? M. Delouis. Le système est très efficace, à condition qu'il soit respecté et bien entretenu. Or, il n'a pas joué son rôle comme il aurait dû. Deux raisons à cela : tout d'abord une piste mixte, pédestre et cyclable, a été aménagée. Ses accès aménagés ont servi de « portes d'entrées » à la mer, la dirigeant vers l'arrière de nos propriétés où elle s'est accumulée, revenant à chaque marée haute, sept fois de suite jusqu'au mercredi. Et ensuite les « varaignes » (sortes d'écluses qui renvoient les eaux accumulées derrière les maisons de la digue dans le chenal) n'ont pas été actionnées à temps, malgré les sollicitations auprès des services techniques. L'une d'elle même a été ignorée ! Mme Fournier fille. Cette réaction tardive a causé des dégâts, que nous avons tous eu à cœur de réparer le plus vite possible. Aujourd'hui, il n'y a guère de traces et nous menons une existence normale. Nous ne nous sentons absolument pas sinistrés et n'avons aucune crainte pour nos vies. Or, l'État a décidé que nous ne pouvions rester dans nos maisons, que les 41 étaient en zones noire et orange, y compris le chantier naval et la Maison du garde, qui fait partie du patrimoine local.

    C'est contre cette décision arbitraire que nous nous insurgeons. Réunis le 19 juillet dernier, nous avons décidé de continuer la lutte car nous nous sentons plus martyrisés par l'arbitraire que sinistrés par la mer. Mais nos méthodes ne sont pas les mêmes qu'à Boyardville. Loin de nous l'idée de faire des « coups médiatiques ». Pour autant, nous ne voulons pas baisser les bras.

    Nous travaillons collectivement mais dans la discrétion, privilégiant le dialogue, de manière pacifique, avec les réprésentants de l'État et nos élus. Nous continuerons notre combat avec nos méthodes jusqu'à ce que nous entrevoyions enfin une lueur d'espoir. Ce qui nous caractérise, c'est notre acharnement tranquille.

  • Marennes · Saint-Georges-d'Oléron · Charente-Maritime
  • Tarifs Assurances : Vers une hausse inévitable de toutes les assurances

    Les Echos ont ouvert un sujet que les assureurs préféraient éviter. Après une hausse généralisée en 2010, une forte hausse des tarifs d’assurance auto en 2011 sera vraisemblablement suivie d’une nouvelle augmentation des prix de toutes les assurances…

    Après des années de baisse, les tarifs de l’assurance auto ont été relevés en 2010, tout comme les tarifs de l’assurance habitation ou des complémentaires santé (appelées « mutuelles »). S’il existe plusieurs raisons, la principale réside dans la hausse des sinistres et dans l’obligation, pour les assureurs, d’anticiper pour mieux se couvrir.

    Les chiffres des sociétés d’assurances et des mutuelles pour l’année 2009 étaient limpides. Les résultats avaient été bons uniquement grâce au relèvement des marchés financiers – et donc à la meilleure valorisation des actifs détenus – et à un regain d’intérêt pour l’assurance-vie, qui profitait alors d’un taux d’intérêt du livret A moribond.

    Dans « l’autre » métier des assureurs, celui de l’assurance des biens, 2009 a été plus compliquée. Les tempêtes, tout d’abord, ont coûté cher aux assureurs. En deux ans, Klaus et Xynthia ont très lourdement impacté les résultats des entreprises d’assurances dommages.

    A cela se rajoute une forte sinistralité en automobile. A la différence des évènements climatiques, réassurés par l’État quand ils sont considérés en catastrophe naturelle, les accidents de voiture, bris de glace, vols et autres dommages assurables des véhicules ont augmenté sans que le coût ne puisse être supporté par un tiers.

    En parallèle, les coûts de réparation (main d’œuvre, technologie, matières premières) ont également suivi cette tendance, prenant le marché de l’assurance auto à la gorge.

    Car depuis une dizaine d’années, l’automobile est bien le produit le plus concurrentiel du monde de l’assurance. Assurance obligatoire, comparée lors du rachat d’un véhicule, bénéficiant de nouveaux arrivants tous les ans, l’assurance auto est en général considérée comme « l’entrée » du client dans l’assurance.

    Seulement, tout le secteur a vu son équilibre mis à mal. Des années de baisse des tarifs face à des hausses de coût et de remboursements contraignent les assureurs à des mesures impopulaires, qui vont faire grincer des dents.

    Pour les calculs, les états-majors financiers prennent en compte le « ratio combiné ». Mettez dans une colonne « crédits » les primes encaissées et dans une autre « débits », les remboursements versés ainsi que les coûts de fonctionnement.
    Au final, et comme pour les dépenses d’un ménage, si les débits sont supérieurs aux crédits, la situation est compliquée. Mais quand elle perdure, il faut agir. Et le seul levier possible reste les tarifs.

    Cette hausse, d’un point de vue purement business, est également appelée par les analystes et les agences de notation notamment. Les experts qui suivent le marché ont répété, depuis près d’un an, la nécessaire hausse tarifaire pour retrouver des « marges techniques » plus acceptables. C’est à dire un bénéfice à la hausse et des fonds qui permettent de tenir en cas de gros coup dur.

    Cette exigence vis à vis des coups durs viendra même, d’ici 2013, des régulateurs européens. Sans entrer dans les détails, la réglementation évolue actuellement pour que les assureurs intègrent dans leurs stratégies respectives un effort de couverture important pour résister à des crises.

    Voilà pourquoi, il a été inévitable qu’en septembre 2009, une première annonce ait été faite pour préparer les consommateurs à une hausse, effective en 2010. Et au cours du premier semestre, les résultats des assureurs ont toujours donné lieu à un discours du même type, parfois à demi-mot, parfois en grande transparence. L’assurance de biens ne pourra s’en sortir qu’en augmentant les tarifs. Il en va de même pour l’habitation et pour la santé, des secteurs tout aussi sensibles aux yeux des assurés.

     


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