Plateforme pétrolière au large des USA: pas encore de fuite sous-marine
Par AFP, publié le 23/04/2010 à 07:22
LA NOUVELLE ORLÉANS - Aucune fuite de pétrole sous-marine n'a été repérée au large des côtes américaines, ont assuré les gardes-côtes vendredi, mais les risques d'une pollution majeure demeuraient après qu'une plateforme contenant 2,6 millions de litres de pétrole a sombré jeudi.
AFP/Garde-côtes américains/Ho
La plate-forme "Deep Water Horizon" en feu, le 22 avril 2010.
"Il n'y a pas de fuite sous-marine de pétrole brut provenant du puits à l'heure actuelle", a déclaré à l'AFP Mike OBerry, porte-parole des garde-côtes de la Nouvelle Orléans. "Nous ne sommes pas sortis d'affaire mais c'est une bonne nouvelle", a-t-il ajouté.
L'exploration des abords du puits a été assurée jeudi soir par un robot sous-marin spécialement équipé pour cette tâche.
La veille, les gardes-côtes avaient indiqué à l'AFP qu'une nappe considérée comme "importante" de 1,6 sur 8 km s'était échappée de la plateforme.
Ils avaient ajouté que des bateaux équipés de matériel de dépollution étaient à pied d'oeuvre pour éviter que les hydrocarbures atteignent les côtes de Louisiane, de l'Alabama et du Mississipi, des Etats dont les écosystèmes ont déjà été mis à rude épreuve par de nombreux ouragans.
Interrogé sur CNN, le contre-amiral Mary Landry a précisé vendredi que les garde-côtes recherchaient toujours la trace de 11 employés disparus depuis la forte explosion mardi qui a fait sombrer deux jours plus tard l'ensemble de la plateforme située à 70 km au large de la Nouvelle Orléans (Louisiane, sud).
Selon elle néanmoins, "les interrogatoires des survivants font penser que (les 11 disparus) étaient dans la structure quand l'explosion a eu lieu".
"S'il y avait la moindre fuite, nous serions prêts à réagir", a ajouté la responsable, assurant que les autorités se préparaient "au pire scénario".
En tout, 126 personnes se trouvaient à bord de "Deep Water Horizon" au moment de l'explosion suivie d'un important incendie, et 115 ont pu regagner la côte. Parmi eux, 17 étaient blessés dont quatre dans un état critique.
La plateforme "Deep Water Horizon" contenait 2,6 millions de litres de pétrole et extrayait 8.000 barils de pétrole par jour, soit près de 90.000 litres.
A Washington, le président américain Barack Obama a affirmé jeudi que la réaction aux conséquences de la catastrophe pétrolière était la "priorité numéro 1" du gouvernement.
Dans un communiqué, il a assuré que "le gouvernement fédéral tout entier offrait toute l'assistance nécessaire dans les efforts de sauvetage, ainsi que pour répondre à l'impact sur l'environnement et le minimiser".
Le locataire de la plateforme, le groupe pétrolier britannique BP, a déployé des bateaux afin de surveiller les fuites éventuelles et leurs conséquences sur l'environnement, dans ce qui pourrait devenir selon les autorités américaines la pire marée noire aux Etats-Unis depuis l'Exxon Valdez en 1989.
Le pétrolier Exxon Valdez s'était échoué sur les côtes de l'Alaska dans le détroit du Prince Williams et avait déversé plus de 40 millions de litres de pétrole sur une distance de 1.300 km.
D'une taille de 121 sur 78 mètres, "Deep Water Horizon" a brûlé pendant un jour et demi offrant d'impressionnantes images d'énormes balles de feu dans le ciel.
La société propriétaire Transocean, basée au Texas (sud), a indiqué qu'il n'avait pas été possible d'"enrayer la fuite d'hydrocarbures avant que la plate-forme ne sombre". "Nous travaillons en étroite collaboration avec BP Exploration et Production et les garde-côtes américains pour déterminer l'impact de l'immersion de la structure et la réponse à y apporter", a expliqué jeudi soir Transocean, première entreprise de forage off-shore du monde.
Vendredi 23 avril 2010
Marée noire contenue en Louisiane
La marée noire provoquée par le naufrage d'une plate-forme pétrolière au large de la Louisiane a été contenue, selon les garde-côtes américains. /Photo prise le 21 avril 2010/REUTERS/Garde-côte américaine/Handout
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La marée noire provoquée par le naufrage d'une plate-forme pétrolière au large de la Louisiane a été contenue, déclarent vendredi les garde-côtes américains.
"A l'heure actuelle, la nappe ne s'étend pas", a dit un porte-parole après l'inspection du site par un sous-marin.
La plate-forme, située à 70 km environ de la côte de Louisiane, dans le golfe du Mexique, a sombré jeudi après avoir brûlé pendant 36 heures. Onze personnes sont portées disparues.
Sur les 126 personnes travaillant à bord quand une explosion s'est produite mardi soir, déclenchant l'incendie, 115 ont pu être évacués, dont 17 blessés qui ont été hélitreuillés jusqu'aux hôpitaux de la région de la Nouvelle-Orléans.
L'opérateur de la plate-forme, le groupe Transocean, basé à Zoug, en Suisse, a indiqué que, selon des témoignages de l'équipage rescapé, les onze disparus avaient été dans l'incapacité d'évacuer la plate-forme en feu.
Bruce Nichols, Jean-Stéphane Brosse et Clément Dossin pour le service français, édité par Gilles Trequesser
Explosion d'une plate-forme pétrolière aux Etats-Unis: aucune nouvelle fuite signalée
THE ASSOCIATED PRESS
23 avril 2010 14:20
LA NOUVELLE-ORLEANS - Les autorités de Louisiane tentaient vendredi d'éviter une marée noire dans les eaux du Golfe du Mexique, qui menacerait un écosystème fragile, alors que les recherches se poursuivaient pour retrouver onze employés toujours portés disparus.
Le pétrole a apparemment cessé de fuir de la plate-forme pétrolière qui a sombré jeudi matin au large des côtes de Louisiane, après avoir brûlé pendant 36 heures, selon les autorités.
L'incendie a été éteint, mais les autorités craignaient dans un premier temps que jusqu'à 1,27 million de litres de pétrole brut s'échappe chaque jour de la plate-forme reposant à 1.524 mètres sous l'eau.
Le contre-amiral Mary Landry, des garde-côtes, a affirmé que ses équipes surveillaient de très près la plate-forme pétrolière pour éviter des risques de fuite sous-marine.
Le groupe pétrolier britannique BP, qui exploitait la plate-forme pétrolière et dirige les opérations de nettoyage, a fait savoir vendredi qu'il avait engagé des moyens importants pour lutter contre la pollution.
Cent onze employés qui se trouvaient sur la plate-forme ont été ramenés à terre, dont 17 qui ont été hospitalisés. Quatre se trouvaient dans un état critique vendredi.
Oil rig explodes off Louisiana coast; 11 missing
AP – In this aerial photo taken in the Gulf of Mexico more than 50 miles southeast of Venice on Louisiana's …
By KEVIN McGILL, Associated Press Writer Kevin Mcgill, Associated Press Writer – Wed Apr 21, 7:16 pm ET
NEW ORLEANS – Rescuers in helicopters and boats searched the Gulf of Mexico for 11 missing workers Wednesday after a thunderous explosion rocked a huge oil drilling platform and lit up the night sky with a pillar of flame. Seventeen people were injured, four critically.
The blast Tuesday night aboard the Deepwater Horizon rig 50 miles off the Louisiana coast could prove to be one of the nation's deadliest offshore drilling accidents of the past half-century.
The Coast Guard held out hope that the missing workers escaped in one of the platform's covered lifeboats.
Nearly 24 hours after the explosion, the roughly 400-by-250-foot rig continued to burn, and authorities could not say when the flames might die out. A column of boiling black smoke rose hundreds of feet over the Gulf of Mexico as fireboats shot streams of water at the blaze.
"We're hoping everyone's in a life raft," Coast Guard Senior Chief Petty Officer Mike O'Berry said.
Adrian Rose, vice president of rig owner Transocean Ltd., said the explosion appeared to be a blowout, in which natural gas or oil forces its way up a well pipe and smashes the equipment. But precisely what went wrong was under investigation.
Crews were doing routine work before the explosion and there were no signs of trouble, Rose said.
A total of 126 workers were aboard the rig when it blew up. The Coast Guard said 17 were taken by air or sea to hospitals. Four were reported in critical condition. Others suffered burns, broken legs and smoke inhalation.
Nearly 100 other workers made it aboard a supply boat and were expected to reach the Louisiana shore by evening.
Kelly Eugene waited with nine family members for husband Kevin Eugene, 46, a cook on the Deepwater Horizon. A catering company operating on the rig notified her he was safe.
"He's on the boat. That's all we know. And that's all we need to know," she said.
The rig was tilting as much as 10 degrees after the blast, but earlier fears that it might topple over appeared unfounded. Coast Guard environmental teams were on standby, though officials said the damage to the environment appeared minimal so far.
The rig, which was under contract to the oil giant BP, was doing exploratory drilling but was not in production, Transocean spokesman Greg Panagos said. Seventy-nine Transocean workers, six BP employees and 41 contract workers were aboard.
Ted Bourgoyne, a retired professor of petroleum engineering at Louisiana State University, said the explosion was probably caused by natural gas or a mixture of oil and gas coming up through the well, combined with some kind of ignition source.
He said there are numerous defenses on a modern rig to prevent something like that from happening. For instance, fluids used in drilling are weighted with barium sulfite to prevent gas from traveling up the well, and there are alarms to alert workers to gas. Machinery is built to prevent sparking and is placed as far away as possible from places where gas might leak.
"In almost all of these things, there's not one thing that happens; it's a series of things," Bourgoyne said.
Rose said the crew had drilled the well to its final depth, more than 18,000 feet, and was cementing the steel casing at the time of the explosion.
"They did not have a lot of time to evacuate. This would have happened very rapidly," he said.
According to Transocean's website, the Deepwater Horizon is about twice the size of a football field. Built in 2001 in South Korea, it is designed to operate in water up to 8,000 feet deep, drill 5 1/2 miles down, and accommodate a crew of 130. It floats on pontoons and is moored to the sea floor by several large anchors.
The site of the accident is known as the Macondo prospect, in 5,000 feet of water.
Workers typically spend two weeks on the rig at a time, followed by two weeks off. Offshore oil workers are typically well paid, earning $40,000 to $60,000 a year — more if they have special skills.
Last September, the Deepwater Horizon set a world deepwater record when it drilled down just over 35,000 feet at another BP site in the Gulf of Mexico, Panagos said.
"It's one of the more advanced rigs out there," he said. Panagos did not know how much the rig cost to build but said a similar one today would run $600 million to $700 million.
Kelly Eugene said her husband flew to work on the rig, and until Tuesday's explosion, that was the part of his job that scared her most. Kevin Eugene has worked in the offshore industry about 12 years and had been on the Deepwater Horizon about a month. Until now, she said, hurricane evacuations were the worst he had been through.
"My biggest fear is the helicopter ride," she said.
Working on offshore oil rigs is a dangerous job but has become safer in recent years thanks to improved training, safety systems and maintenance, said Joe Hurt, regional vice president for the International Association of Drilling Contractors.
Since 2001, there have been 69 offshore deaths, 1,349 injuries and 858 fires and explosions in the Gulf, according to the federal Minerals Management Service.
There are 42 rigs either drilling or doing upgrades and maintenance in depths of 1,000 feet or greater in the Gulf of Mexico, according to the agency. They employ an estimated 35,000 people. Transocean has 14 rigs in the Gulf and 140 worldwide.
In 1964, a catamaran-type drilling barge operated by Pan American Petroleum Corp. near Eugene Island, about 80 miles off Louisiana in the Gulf of Mexico, suffered a blowout and explosion while drilling a well. Twenty-one crew members died.
The deadliest offshore drilling accident took place in 1988, when an Occidental Petroleum platform about 120 miles off Aberdeen, Scotland, was rocked by explosions and fire. A total of 167 men were killed.
La marionnette québécoise séduit la capitale catalane
Une marionnette de L'Illusion, Théâtre de marionnettes (Montréal), exposée à Tolosa en 2009.
Photo : Isabelle Payant, AQM
La créativité et le savoir-faire des marionnettistes du Québec étaient à l’honneur le 25 mars à Barcelone. L’exposition Une Fenêtre ouverte sur les marionnettes du Québec de l’Association québécoise des marionnettistes (AQM) s’ouvrait dans le cadre du festival T•O•T (Títelles Objetes Teatre), dont la première édition a attiré des milliers de visiteurs, petits et grands.
Le festival T•O•T se tenait du 21 au 28 mars. Cet événement dédié à la marionnette, aux arts de la rue et au théâtre venait souligner en particulier la Journée internationale de la marionnette, célébrée le 21 mars. Il s’agissait d’une occasion toute désignée de lancer Une Fenêtre ouverte sur les marionnettes du Québec, qui était présentée au Poble Espanyol, un espace à l’air libre situé au Montjuïc, qui surplombe Barcelone.
Plusieurs personnalités ont pris part à cet événement festif, dont le directeur du Bureau du Québec à Barcelone, Claude Fleury, et Jacques Trudeau, secrétaire général de l'Union internationale de la marionnette (UNIMA). La commissaire de l’exposition, Isabelle Cadieux, ainsi que Denise Babin, de l’AQM, étaient sur place afin d’apporter leur point de vue sur l’univers de la marionnette au Québec. Les médias ont aussi répondu à l’appel, dont le quotidien El periódico de Catalunya.
Quinze artistes marionnettistes et compagnies étaient représentés dans cette « vitrine grande ouverte » de 400 m2, dont Micheline Legendre, Félix Mirbt, le Théâtre de l’Œil, le Théâtre Sans fil, le Théâtre de la Dame et L'Illusion, Théâtre de marionnettes. Il s’agit d’un deuxième succès pour cette exposition en sol espagnol. En 2009, Une Fenêtre ouverte sur la marionnette du Québec avait attiré des foules lors du festival international de marionnettes Titirijai de Tolosa, autre manifestation culturelle incontournable, en Pays basque.
L’exposition bat son plein jusqu’au 24 mai prochain, au musée de la Fondation Fran Daurel dédiée à l’art contemporain.
Le Bureau du Québec à Barcelone a apporté son soutien pour la présentation d’Une Fenêtre ouverte sur les marionnettes du Québec dans la capitale catalane.
Nos amis louisianais sont doublement touchés en ce moment :
la marée noire suite à l'incendie d'une plateforme pétrolière
une série de tornades qui ont traversé le Mississipi et la Louisiane
Golfe du Mexique
Marée noire
Mise à jour le dimanche 25 avril 2010 à 7 h 19
Photo: La Presse Canadienne /AP/Gerald Herbert
Photo aérienne de l'endroit où la plateforme pétrolière a sombré, dans le golfe du Mexique.
La garde côtière américaine a découvert que du pétrole s'échappait en grande quantité du puits situé sous la plateforme pétrolière qui a sombré dans le golfe du Mexique à la suite d'une explosion, jeudi dernier.
Elle estime que l'équivalent de mille barils par jour sont rejetés dans la mer, augmentant les risques de contamination de l'écosystème.
La compagnie BP, qui est propriétaire des installations, cherche un moyen de colmater la brèche, mais le mauvais temps complique les choses.
La marée noire s'étend maintenant sur 40 kilomètres carrés au large de la Louisiane.
Les tornades dans le sud des États-Unis ont considérablement nui aux opérations visant à contenir la nappe de pétrole.
La plateforme pétrolière a sombré jeudi après s'être embrasée mardi à 68 km de la côte de Louisiane.
Les recherches de 11 ouvriers disparus ont été suspendues vendredi. Les autorités n'ont plus d'espoir de les retrouver vivants.
Radio-Canada.ca avec Reuters
trogen in the town of Tallulah, which damaged one of the tanks in the local chemical factory.
3ème édition des « Journées Québec »:
Du 10 au 12 juin prochain auront lieu à Paris, la 3ème édition des « Journées Québec », mission de recrutement d’entreprises québécoises.
Les côtes de Louisiane menacées par une marée noire
LEMONDE.FR avec AFP et AP | 26.04.10 | 09h14 • Mis à jour le 26.04.10 | 11h36
u pétrole s'échappe de la plate-forme pétrolière qui a explosé mardi au large des Etats-Unis avant de sombrer dans les fonds marins du Golfe du Mexique deux jours plus tard, ont annoncé le groupe pétrolier britannique BP et les gardes-côtes. "Selon nos estimations, mais ce ne sont que des estimations, les fuites de pétrole représentent 1 000 barils par jour", a déclaré Ron Rybarczyk, porte-parole de BP, le locataire de la plate-forme.
A titre de comparaison, la plate-forme nommée Deep Water Horizon contenait 2,6 millions de litres de pétrole et extrayait 8 000 barils de pétrole par jour, soit près de 90 000 litres, avant l'accident. "C'est une fuite importante", a averti le porte-parole des gardes-côtes, Erik Swanson. "Nous déployons un dispositif adapté à une fuite importante même si nous sommes encore en train d'évaluer son ampleur." Une nappe de pétrole de 32 kilomètres sur 32 kilomètres est observable à une soixantaine de kilomètres des côtes de la Louisiane.
BP est en train de faire son choix entre deux options pour mettre fin à cet écoulement. L'une consiste à utiliser du matériel préexistant sur la plate-forme pour colmater les brèches. L'autre, qui nécessite plus de temps, consiste à injecter du ciment dans le conduit concerné par les fuites. Actuellement, le mauvais temps qui sévit sur le golfe bloque les efforts pour contenir la pollution.
Parmi les cent vingt-six personnes qui se trouvaient à bord deDeep Water Horizon au moment de l'explosion suivie d'un important incendie, dix-sept ont été blessées, dont quatre sont dans un état critique, et onze ont disparu.
USA: un couvercle sous-marin pour contenir la fuite de brut de la plate-forme
LA NOUVELLE-ORLEANS (Etats-Unis) - Un large couvercle sous-marin destiné à endiguer la fuite du puits de pétrole de la plate-forme qui a sombré dans le golfe du Mexique était en cours de construction mardi au moment où une vaste nappe de brut menaçait les côtes de Louisiane.
"C'est un couvercle qui sera placé sur la fuite (au fond de la mer). Au lieu que le pétrole se déverse dans l'eau, il ira dans cette structure", a expliqué à l'AFP un porte-parole des garde-côtes, Prentice Danner.
"Ils viennent tout juste de commencer à travailler à la fabrication de ce couvercle et on estime que sa construction pourrait prendre deux à quatre semaines", a-t-il ajouté.
"Le couvercle permettrait de récupérer le pétrole et de le pomper en dehors", a précisé M. Danner, remarquant qu'un tel dispositif n'avait "encore jamais été fait".
Quatre robots sous-marins ont également été utilisés pour tenter de bloquer la fuite en fermant le bloc obturateur (valve de sécurité destinée à contrôler la pression, ndlr) du puits mais la construction de cette cloche semble être la meilleure solution à court terme.
La compagnie pétrolière britannique BP, qui exploitait la plate-forme, envisage également de forer des conduits de secours destinés à injecter un enduit spécial pour boucher définitivement le puits. Mais cela pourrait prendre "deux à trois mois", a observé un porte-parole des opérations sur place, Bill Salvin.
La nécessité d'arrêter la fuite est d'autant plus pressante qu'une nappe de pétrole de près de 4.800 km^3 se trouvait à une cinquantaine de kilomètres des côtes de la Louisiane (sud des Etats-Unis), berceau d'un écosystème fragile composé de nombreux oiseaux aquatiques.
Des experts américains ont indiqué que la nappe ne se dirigeait pas vers ces zones, soulignant toutefois que la situation pourrait évoluer en fonction du vent.
Selon BP, les fuites libèrent environ 159.000 litres de brut par jour. A titre de comparaison, la plate-forme, nommée "Deep Water Horizon", propriété de la société Transocean, contenait 2,6 millions de litres de pétrole et extrayait près de 1,27 million de litres par jour avant l'accident.
L'arrivée d'une marée noire sur la Louisiane pourrait avoir un "impact énorme", a prévenu une spécialiste de l'environnement de cet Etat, Wilma Subra.
"La nappe commencera par toucher les crustacés, les parcs d'huîtres et les poissons", a-t-elle affirmé, soulignant que "40% des fruits de mer consommés aux Etats-Unis" provenaient de Louisiane.
La plate-forme a coulé jeudi après une explosion et un incendie survenus le 20 avril au soir. Une semaine après l'accident, onze personnes étaient toujours portées disparues et les chances de les retrouver quasi nulles.
La femme d'un membre d'équipage disparu a porté plainte contre Transocean, BP et une autre compagnie concernée, Halliburton, les accusant de négligence, selon des documents judiciaires consultés mardi.
"Après six jours, le corps de Shane Roshto n'a pas été retrouvé", souligne la plainte, qui réclame un montant non chiffré de dommages et intérêts.
L'accident a assombri l'annonce mardi d'une envolée du bénéfice de BP au premier trimestre.
Dans un message adressé à ses employés, le directeur général Tony Hayward a assuré les proches des onze disparus de son "grand chagrin et sa sympathie".
M. Hayward, qui est depuis la semaine dernière aux Etats-Unis, a également fait part de sa détermination totale à limiter l'impact de l'accident.
Le pétrole qui s’échappe de la plate-forme accidentée depuis le 20 avril dans le Golfe du Mexique, au large des Etats-Unis, menace désormais les côtes de Louisiane. Une nappe de 32 kilomètres de long a été repérée à une soixantaine de kilomètres à l’Est de l’état. Plus de 500 personnes ont été mobilisées pour prévenir une marée noire qui serait catastrophique pour la région.
BP, gestionnaire de la plate-forme pétrolière qui a explosé le 20 avril dans le Golf du Mexique, puis coulé le 22 avril, a confirmé qu’une importante fuite de pétrole avait été repérée. L’accident, qui s’est produit à environ 190 kilomètres au Sud-est de la Nouvelle-Orléans, menace maintenant les côtes de Louisiane au fragile écosystème. « Nous nous attaquons à cette fuite sur deux fronts, au sommet du puit et à la surface de la plateforme », commente dans un communiqué Tony Hayward, BP Group chief executive. Des véhicules sous-marins sont utilisés pour assister les équipes sur place et des puits de délestage sont en cours de réalisation. Un second puit sera en particulier mis en place pour relier le puit défectueux et y injecter un fluide lourd spécialement adapté. Il devrait bloquer de nouvelles sorties de gaz et pétrole, permettant de le sceller définitivement.
Plus de 500 personnes impliquées
Parallèlement, une équipe en mer essaie de récupérer le maximum de pétrole à l’aide d’une trentaine de navires qui écrèment la surface de l’eau. Cinq avions et hélicoptères sont également chargé d’asperger l’océan de dispersants pour tenter d’enrayer l’évolution de la nappe. Plus de 500 personnes s’activent ainsi sur l’océan où sur le continent afin de prévenir une marée noire qui serait un désastre écologique pour cette côte américaine particulièrement fragile. Le personnel de BP et des experts techniques travaillent en coordination avec plusieurs agences, organisations et entreprises dont United States Coast Guard, Minerals Management Service, Louisiana Department of Environmental Quality, National Oceanic and Atmospheric Administration, US Fish & Wildlife Service, Louisiana Wildlife and Fisheries, et Marine Spill Response Corporation.
Parmi les 126 personnes qui se trouvaient à bord de Deep Water Horizon au moment de l’explosion suivie d’un important incendie, dix-sept ont été blessées, dont quatre sont dans un état critique, et onze ont disparu.
L'Abbaye de Fontevraud reçoit Richard Desjardins pour deux soirées spéciales sur les traces d’Aliénor d’Aquitaine.
Aliénor, « chanson de geste » de Richard Desjardins
Après avoir mis en scène Aliénor au Festival Voix d'Amériques à Montréal en 2007, c’est à Fontevraud que Richard Desjardins interprétera en lecture publique cet étonnant poème. Édité chez Lux au Québec, Aliénor est un fabuleux monologue qui rend hommage notamment à la beauté de la langue française, à l’inventivité de la « chanson de geste », mais surtout à une femme audacieuse.
Écrit en partie en quatrain d'alexandrin, cette conversation avec Aliénor nous transporte à l'abbaye de Fontevraud le 31 mars 1204 où se meurt la reine, épouse successive de Louis VII de France et d'Henri II d'Angleterre, mère de l'héroïque Richard Cœur de Lion. Un paysan gardien des lieux, Gauthier sans Avoir, pauvre, soumis et profondément lésé par son suzerain, brave les interdits et vient se faire justice auprès d’Aliénor. Il entreprend de raconter sa misérable existence à cette reine dont le destin fastueux a si souvent croisé le sien. Avec Aliénor, le conteur donne la parole aux déshérités d'une époque marquée par le double autoritarisme de l'ordre seigneurial et de l'Église.
Récital
A l’occasion de sa venue exceptionnelle à Fontevraud, Richard Desjardins se produira en solo. L’occasion d’une rencontre rare avec le public français.
Poète, compositeur, interprète et cinéaste engagé, Richard Desjardins a depuis longtemps franchi les frontières d’Europe. En France, il s’est produit au Théâtre de la Ville, au Bataclan et à l’Olympia à Paris ainsi qu'en province. Grand Prix du disque de l’Académie Charles Cros en 2005, Richard Desjardins est un admirateur de François Villon et Bob Dylan. Auteur notamment des très inspirés Derniers Humains et Tu m’aimes-tu, Richard Desjardins fait résonner la langue à un niveau d’incandescence rarement atteint. De la poésie amoureuse aux ballades sur fond de réalité sociale, ses chansons expriment une réalité nue, reposant sur la justesse des mots, la simplicité des mélodies, la sobriété de l’accompagnement et le grain de sa voix.
Aliénor, Lux Éditeur (Québec), 2008, 118 p. - Illustrations de Shrü
Les efforts de BP restent vains. La plateforme qui a sombré dans le golfe du Mexique continue de relâcher son pétrole en pleine mer. Les côtes ne devraient pas être épargnées.
La situation évolue de mal en pis. Seuls 32 petits kilomètres séparent désormais les côtes de Louisiane de la gigantesque nappe de pétrole. Elle s’étend sur 1 000 kilomètres de long et recouvrent près de 74 000 kilomètres carrés. Ce pétrole s’échappe de la plateforme qui a sombré le 20 avril suite à l’explosion et au colossal incendie qui l’ont ravagée. 159 000 litres de brut se déversent chaque jour.
BP, l’exploitant de la plateforme, essaie d’activer une vanne afin de fermer le puit. Mais cette dernière est située à 1 500 mètres sous la surface. Malgré l’appui de 49 bateaux, 4 sous-marins et d’un millier de personnes, impossible d’actionner cette pièce de plusieurs centaines de tonnes. « Je vais être franche. Les efforts de BP pour colmater les fuites n’ont pas réussi pour le moment » a avoué le contre amiral des gardes côtes, Mary Landry.
Deux autres actions sont en cours. La première est la mise au point d’un couvercle sous-marin. Il sera prêt d’ici deux semaines au minimum, sans garantie de résultats. La seconde est le forage d’un nouveau puit pour court-circuiter le premier et le boucher. Cette dernière solution demandera deux à trois mois de travail. Alors que onze personnes sont toujours portées disparues, des enquêtes officielles et des procédures judiciaires sont d’ores et déjà engagées à l’encontre de BP, de Transocean, le pétrolier américain propriétaire de la plateforme, et du groupe parapétrolier Halliburton.
Ludovic Dupin
Les Etats-Unis tentent par tous les moyens d'endiguer la marée noire
LE MONDE | 28.04.10 | 11h45 • Mis à jour le 28.04.10 | 15h15
'espoir d'endiguer rapidement ce qui risque de devenir l'une des pires marées noires de l'histoire des Etats-Unis s'amenuisait, mercredi 28 avril, au large de la Louisiane. La nappe de pétrole de 1000 kilomètres de circonférence s'est rapprochée à une trentaine de kilomètres du littoral.Les gardes-côtes américains envisageaient d'incendier une partie de la nappe dès mercredi pour en limiter l'impact – au risque d'une sévère pollution atmosphérique.
Ravagée, le 20 avril, par une explosion et un incendie qui ont fait onze disparus, la plate-forme d'exploration Deepwater Horizon, exploitée dans le golfe du Mexique, à 70 kilomètres des côtes américaines par la compagnie British Petroleum (BP), a sombré deux jours plus tard.L'épave repose désormais par 1500 mètres de fond, mais le puits continue de déverser 160000 litres de brut par jour. Un millier de personnes sont mobilisées pour des opérations de secours qui coûtent 6 millions de dollars (4,5 millions d'euros) par jour à BP, et mettent en œuvre une batterie de solutions expérimentées pour la première fois à cette échelle, et à cette profondeur.L'échec des robots. Quatre robots sous-marins baptisés ROV — pour "remotely operated vehicules" — tentent, depuis lundi 26 avril, de fermer "manuellement" les différentes vannes de sécurité qui auraient normalement dû se déclencher automatiquement lors de l'accident.Leur cible: une valve de 450 tonnes située à la sortie du puits, à 1,5 kilomètre de profondeur, seul espoir de stopper rapidement la marée noire en arrêtant l'écoulement. "Cela n'a jamais été fait auparavant, mais nous avons les meilleurs experts du monde pour faire en sorte que ça marche", assurait un responsable de BP, Doug Suttles, lundi. Un optimisme démenti pour l'instant, même si "les robots continueront leurs tentatives aussi longtemps que nécessaire", assure Robert Wine, un porte-parole de la compagnie.Un couvercle de métal. Les ingénieurs de BP préparent une solution alternative: un couvercle métallique en forme d'entonnoir viendrait coiffer le puits pour retenir le pétrole avant qu'il se disperse dans l'océan, et l'extraire vers des barges en surface. Une méthode sans garantie, testée uniquement en eaux peu profondes, après l'ouragan Katrina, en Louisiane, en 2004. "La structure, fabriquée sur mesure, est en cours de conception et de construction. Elle devrait être prête d'ici deux à quatre semaines", indique M.Wine.Une deuxième plate-forme. Parallèlement, BP a entrepris de forer un puits de secours pour court-circuiter le premier ou pour y injecter un enduit destiné à boucher la fuite. La plate-forme Development DrillerIII, arrivée sur place lundi, devrait commencer à forer d'ici quelques jours.Cette solution prendra "deux à trois mois", selon BP. Mais face au coût d'un forage supplémentaire — 100millions de dollars —, la compagnie ne perd pas son sens des affaires: "Une fois les opérations de secours terminées, puits et plate-forme serviront à la production de pétrole en remplacement des éléments détruits par l'explosion", explique Robert Wine.L'environnement menacé. Le fragile écosystème du golfe du Mexique est soumis à une intense activité pétrolière: plus de 3500 plates-formes y exploitent des nappes profondes au très fort potentiel, mais dont le forage représente un défi technique à haut risque.Située à deux ou trois jours des côtes seulement, la marée noire menace les zones humides, les réserves naturelles et les sites de nidification de Louisiane, du Mississippi, d'Alabama et de Floride. Sans oublier que 40 % des fruits de mer consommés aux Etats-Unis proviennent de Louisiane, où le commerce des huîtres, des crabes et des crevettes pourrait être fortement touché.D'ores et déjà, "le milieu marin est certainement affecté", estime Cynthia Sarthou, directrice de l'association de protection de l'environnement Gulf Restoration Network, à La Nouvelle-Orléans, inquiète pour les cachalots, les requins et les dauphins qui peuplent ces eaux."La fine nappe que l'on observe ne montre que la part de pétrole qui remonte à la surface. On ne sait pas quelle quantité de pétrole reste en suspension dans l'océan et se disperse entre deux eaux, ou se dépose pour toujours sur le fond, deux cas de figure très nocifs pour les espèces marines et les écosystèmes", précise Mme Sarthou, selon qui l'impact de trois mois d'écoulement sous-marin de brut risque d'être catastrophique.Des enquêtes en cours. Inflammation du pétrole, explosion due au gaz, négligences? Une enquête sur les causes de la catastrophe a été confiée aux gardes-côtes des Etats-Unis et au Mineral Management Service (MMS), l'administration chargée de délivrer les permis de forer. BP et la société suisse Transocean, propriétaire de la plate-forme construite en 2001, vont diligenter leur propre enquête.BP avait rejeté, en septembre 2009, un renforcement des règles de sécurité demandé par le MMS. Un refus qui pourrait lui coûter cher si sa responsabilité était avérée: des entorses aux règles de sécurité par souci d'économie ont déjà entraîné deux accidents tragiques sur des sites de la compagnie aux Etats-Unis, l'explosion de la raffinerie de Texas City en 2005 et la pollution de Prudhoe Bay, en Alaska, en 2006.
Société
Les Etats-Unis redoutent l'«une des pires marée noire de l'histoire», selon les mots d'un garde-côte. Après l'explosion puis le naufrage jeudi d'une plateforme pétrolière dans le golfe du Mexique, non loin des côtes américaines, la crainte d'une vaste pollution en mer s'intensifie, tandis que les ingénieurs de BP se démènent pour colmater les fuites.
Des efforts restés vains jusqu'à présent, et quelque 159.000 litres de brut se libèrent chaque jour.
«Je vais être franche. Les efforts de BP (le groupe pétrolier britannique qui exploitait la plateforme, ndlr) pour colmater les fuites n'ont pas réussi pour le moment», a admis le contre-amiral Mary Landry, au cours d'une conférence de presse.
Les ingénieurs de BP tâchent de construire un large couvercle sous-marin inédit destiné à endiguer la fuite. Le consortium pétrolier britannique a, en outree activé quatre bras robotiques pour colmater deux fuites à quelque 1.500 mètres de profondeur. Il envisage enfin de forer des conduits de secours destinés à injecter un enduit spécial pour boucher définitivement le puits. Mais cela pourrait prendre «deux à trois mois», selon un responsable.
Les images de l'explosion de la plateforme pétrolière
Une nappe de pétrole de 965 km de circonférence s'est déjà formée à une trentaine de kilomètres des côtes de la Louisiane, berceau d'un écosystème fragile riche de nombreux oiseaux aquatiques. En dernière extrêmité, les autorités seraient prêtes à mettre le feu à cette nappe. Car l'arrivée d'une marée noire sur la Louisiane pourrait avoir un «impact énorme», a en effet prévenu une spécialiste de l'environnement de cet Etat, Wilma Subra.
Onze personnes toujours portées disparues
Une semaine après l'accident sur la plateforme pétrolière, onze personnes étaient toujours portées disparues et les chances de les retrouver quasi nulles. Quinze personnes avaient en outre été blessées, dont sept grièvement.
La femme d'un membre d'équipage disparu a porté plainte contre Transocean, BP et une autre compagnie concernée, Halliburton, les accusant de négligence, selon des documents judiciaires consultés mardi.
Leparisien.fr
Marée noire en Louisiane: "Le plus gros risque, c'est l'explosion du tube de forage"
Par Elodie Bousquet, publié le 28/04/2010 à 14:44
Reuters/U.S. Coast Guard/Handout
Selon les dernières estimations, la nappe de pétrole qui dérive dans les eaux du Golfe du Mexique recouvrirait 74 000 km².
Les Américains craignent l'une des plus grandes marées noires de leur histoire. Le point avec Christophe Rousseau*, spécialiste des pollutions accidentelles des eaux.
La plate-forme a brûlé et a fini par couler. La priorité a d'abord été de porter secours aux 126 personnes qui travaillaient sur cette plate-forme. Le problème aujourd'hui, c'est cette fuite continue de pétrole qui vient du puits principal qui se trouve au fond de l'eau.
Quelle quantité de pétrole s'écoule de ce puits?
Depuis que la plate-forme a coulé, on a observé que ce sont en moyenne 200 mètres cube de pétrole qui s'écoule du puits chaque jour.
Que peut-on faire pour colmater la fuite?
Les Américains s'emploient à contrôler la pression contenue dans le tube du forage pour éviter que la tête de forage explose. Pour cela, on perce un trou latéral sur le tube de forage et on injecte une sorte de béton renforcé jusqu'au puits principal.
Dans le même temps, à l'aide de robots sous-marins, les Américains tentent de renforcer la tête de puits à l'aide d'un "capuchon" plus solide.
De quoi est constituée la nappe qui dérive vers les côtes américaines?
De pétrole bien sûr mais aussi d'environ 2500 mètres cube de gasoil. Celui-ci provient directement de la plate-forme et assurait son fonctionnement. Actuellement, il y a près de deux fois plus de gasoil à la surface de l'eau que de pétrole brut. Les particules épaisses se limitent aux alentours du puits. Les particules en surface sont plutôt fines, d'où l'étendue de la nappe.
Plus de 1000 personnes sont présentes sur le site et on compte 6000 kilomètres de barrages
Comment agissent les gardes-côtes américains par rapport à cette pollution?
Ils ont instauré des barrages au cours des derniers jours, afin de contenir et d'agir sur la pollution. Plus de 1000 personnes sont présentes sur le site et on compte 6000 kilomètres de barrages ainsi que 10 navires récupérateurs et 7 navires écrémeurs.
Ensemble, ils ont déjà récupéré près de 200 mètres cube d'hydrocarbures. De plus, comme il s'agit de pétrole frais, les Américains utilisent des dispersants pour faciliter la biodégradabilité naturelle des particules de pétrole. La stratégie actuelle est simple: arrêter la source et limiter les dégâts à la surface.
Quels dommages pourrait causer cette marée noire?
La marée noire pourrait engendrer de graves dommages car la nappe dérive vers les marécages de la Nouvelle-Orléans, une zone très riche en faune et en flore et d'une grande biodiversité. Si le pétrole entre dans cette zone, non seulement les dégâts écologiques seront grands mais, surtout, il sera difficile d'intervenir étant donné les zones de passage délicates.
Aujourd'hui, la nappe d'hydrocarbures se trouve environ à 60 kilomètres de cette zone marécageuse, le puits est à environ 100 kilomètres.
Quelle est aujourd'hui la principale crainte des garde-côtes américains?
Il est primordial de contrôler la pression contenue dans le tube de forage
Le plus gros risque, c'est l'explosion du tube de forage. C'est pour cela qu'il est primordial de contrôler la pression contenue dans celui-ci. Si le tube venait à se rompre, on assisterait alors à un rejet de pétrole brut très important qui donnerait lieu à une sorte de cône jaillissant jusqu'à la surface. Il faut évidemment espérer que cela n'arrive pas.
C'est une possibilité car le pétrole est frais et donc facilement inflammable. Mais celle-ci n'est pas sans conséquence. Il faut bien comprendre qu'on transformerait une pollution marine en une pollution atmosphérique.
Après, il s'agit d'une décision propre aux Américains qui passe par la NEBA -analyse du bénéfice net environnemental. Vaut-il mieux brûler le pétrole pour arrêter sa diffusion et créer une forme "nouvelle" de pollution ou faut-il attendre qu'il atteigne les côtes? Qu'est-ce qui sera le "moins pire"?
Quand cette nappe devrait-elle atteindre les côtes?
Si les conditions climatiques restent les mêmes, on peut penser que la nappe atteindra les côtes américaines d'ici ce vendredi.
L'explosion d'une plateforme au large des côtes de la Louisiane a fait trois blessés grave et onze disparus. La nappe de pétrole s'étend déjà sur 8 km.
Une plate-forme pétrolière de Transocean Ltd, en feu depuis une explosion survenue mardi soir, a sombré au large de la Louisiane et les sauveteurs continuent de rechercher 11 employés disparus. Reuters
Une plate-forme pétrolière a sombré, jeudi 22 avril, au large des côtes de la Louisiane (Etats-Unis), après avoir brûlé pendant 36 heures à la suite de son explosion. Sur les 126 employés présents, dix-sept ont été blessés, dont trois gravement, et onze autres sont portés disparus avec peu d'espoir de les retrouver vivants. Le naufrage a provoqué une marée noire "importante" que les autorités américaines s'emploient à contenir.
Des navires avaient tenté d'éteindre l'incendie sur la plate-forme pétrolière afin de la maintenir à flots, mais elle a coulé jeudi matin à 70 km environ de la côte de Louisiane, dans le golfe du Mexique, a déclaré la garde-côte Katherine McNamara.
Les recherches se poursuivaient par mer et dans les airs pour retrouver les onze disparus. Toutefois, un proche de l'un des disparus a rapporté que les familles avaient été averties qu'il était quasiment improbable que des survivants soient retrouvés.
Sur les 126 personnes travaillant à bord quand une explosion s'est produite mardi soir, déclenchant un incendie, 115 ont pu être évacués, dont 17 blessés qui ont été hélitreuillés jusqu'aux hôpitaux de la région de la Nouvelle-Orléans.
L'opérateur suggère que les onze disparus n'ont pas pu évacuer
L'accident sur la plate-forme pourrait être l'un des plus meurtrier depuis une cinquantaine d'années aux Etats-Unis. Toutefois, les gardes-cotes espèrent que les personnes manquant encore à l'appel ont pu s'échapper sur un canot de sauvetage de la compagnie, comme une centaine de leurs coéquipiers.
L'opérateur de la plate-forme, le groupe Transocean, basé à Zoug, en Suisse, a indiqué que des témoignages de l'équipage rescapé suggéraient que les onze disparus aient été dans l'incapacité d'évacuer la plate-forme en feu.
L'explosion s'est produite vers 22h mardi soir sur la plate-forme de 120m de long sur 78m de large, située à 84km au sud-est de Venice, en Louisiane. "Elle brûle plutôt bien et on ignore quand le feu pourra être circonscrit", a indiqué le chef des garde-cotes Mike O'Berry. Cinq navires de lutte contre les incendies combattaient les flammes mercredi matin.
Début d'une marée noire "importante"
On ne sait si la plate-forme a touché le fond marin, à 1.500 mètres de profondeur, ni la quantité de pétrole qui s'est échappé de ses cuves. Des bouées flottantes, des avions chargés de produits dispersants sont prêts à contenir et nettoyer la nappe qui s'étend sur huit kilomètres et pourrait devenir, selon la garde-côte, une marée noire "importante".
Un petit sous-marin téléguidé, utilisé couramment dans l'industrie, a été envoyé sur le site pour déterminer l'état de la plate-forme, qui s'enfonce de 4.000 mètres sous le fond marin.
"Priorité numéro 1" d'Obama
Le président américain Barack Obama a estimé jeudi que le gouvernement devait avoir pour "priorité numéro 1" de réagir aux conséquences de l'accident. Barack Obama "a assuré que le gouvernement fédéral tout entier offrait toute l'assistance nécessaire dans les efforts de sauvetage ainsi que pour répondre à l'impact sur l'environnement et le minimiser", a fait savoir la Maison Blanche dans un communiqué.
Le président américain a assuré "que cette réaction (du gouvernement) devait être considérée comme la priorité numéro 1", selon le texte.
Le pétrole qui s’échappe de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon et du puits qu’elle a foré pourrait constituer la pire marée noire de l’histoire des Etats-Unis. Une nouvelle fuite semble confirmer ce sombre pronostic. C’est maintenant 5.000 barils de pétrole par jour qui noircissent la mer, cinq fois plus que les premières estimations… Une seule solution, désormais : le feu.
Alors que les tentatives de colmater les brèches de la station Deepwater Horizon, engloutie le 22 avril suite à une explosion et un incendie, ont échoué, une nouvelle fuite a été découverte. Ce sont désormais 5.000 barils de pétrole par jour qui se répandent dans le Golfe du Mexique, (soit près de 800.000, litres, un baril équivalant à 159 litres). C'est cinq fois plus que ce qui avait été initialement annoncé.
Les autorités américaines luttent à présent pour éviter que la nappe de pétrole, de près de mille kilomètres de circonférence, n’atteigne les côtes de la Louisiane et ses marais littoraux, un écosystème riche et fragile où vivent de très nombreux oiseaux. Alors que la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) annonce que la nappe, poussée par les vents, pourrait souiller le littoral à partir de vendredi, une flottille de navires des garde-côtes et de BP, la compagnie exploitante, s’est résolue à mettre le feu au pétrole.
Mesure radicale et polluante pour l’atmosphère, cet incendie a le mérite de réduire les quantités de pétrole en mer. Après avoir concentré une partie de la nappe à l’aide d’un barrage flottant, le feu y a été mis par un flotteur placé en son centre. La manœuvre devra attendre que les vents faiblissent pour être répétée.
De son côté, le gouverneur de la Louisiane a demandé une aide d’urgence au ministère de la sécurité intérieure pour faire face à la catastrophe et à son urgence. Les autres Etats américains frontaliers craignent à leur tour d’être touchés par la marée noire, ce qui serait désastreux pour leur environnement littoral, mais aussi pour l’industrie du tourisme et les pêcheries.
Ce qui semble être la pire marée noire qu’aient connue les Etats-Unis pourrait être désastreux pour l’économie locale des Etats riverains du Golfe du Mexique et marquer durablement les écosystèmes côtiers. (Vous pouvez télécharger notre fond d'écran marée noire.)
VENICE, Louisiane (AP) — La marée noire liée à l'explosion d'une plate-forme de forage dans le golfe du Mexique est bien plus importante que prévu et se rapprochait rapidement du littoral de la Louisiane jeudi. Devant le risque de catastrophe écologique majeure, Barack Obama dépêche des ministres sur place et propose l'aide de l'armée, mais ce sera au groupe BP de régler la facture.
"Nous sommes très offensifs et préparés au pire scénario", a déclaré Sally Brice-O'Hara, contre-amiral des garde-côtes à la Maison Blanche. Au-delà d'une inspection de toutes les plates-formes de forage dans le golfe du Mexique, la priorité sera d'apporter un soutien matériel au groupe BP pour lutter contre la marée noire, ont précisé des agents fédéraux. Le gouvernement se défend d'avoir tardé à réagir.
La nappe, qui s'étendrait sur une surface d'environ 160km sur 72km, dans sa partie la plus large, pourrait toucher dès vendredi soir les côtes de Louisiane, selon les autorités. Jeudi, du pétrole se trouvait à une vingtaine de kilomètres du rivage, alors qu'une troisième fuite a été découverte, laissant s'échapper, selon des représentants du gouvernement, cinq fois plus de pétrole qu'initialement estimé, soit environ 5.000 barils par jour en provenance du puits, qui a explosé à environ 65km au large.
La marée noire s'est déplacée vers le delta du Mississippi et des zones marécageuses à l'est, réserve de centaines d'espèces animales et végétales, et près de certains secteurs ostréicoles dévastés par l'ouragan Katrina en août 2005.
Doug Suttles, directeur des opérations de BP, a reconnu jeudi sur la chaîne NBC que la fuite pourrait être aussi importante que l'affirme le gouvernement et accepté l'aide de l'armée, après avoir soutenu que le groupe britannique pouvait se charger des opérations.
Face à la menace écologique, le président Barack Obama a décidé d'envoyer sur place trois membres de son cabinet pour superviser les opérations. Outre la secrétaire à la Sécurité intérieure Janet Napolitano, se rendront sur les lieux le secrétaire à l'Intérieur Ken Salazar et l'administratrice en charge de la protection de l'environnement Lisa Jackson.
D'après Robert Gibbs, porte-parole de la Maison Blanche, l'administration pourrait également dépêcher des navires militaires et du personnel pour limiter les dégâts dus à la marée noire.
Si le puits situé à 1.500m de profondeur ne peut être fermé, quasiment 100.000 barils de pétrole, soit 15,9 millions de litres, pourraient polluer le golfe du Mexique avant qu'un puits de secours, voire deux, ne puissent être percés pour réduire la pression. A titre de comparaison, 42 millions de litres de brut s'étaient déversés dans les eaux du détroit du Prince William en Alaska le 24 mars 1989, lors de la pire marée noire de l'histoire des Etats-Unis, provoquée par le naufrage de l'''Exxon Valdez".
Informé par Janet Napolitano de l'évolution de la situation, Barak Obama a ordonné au département de la Défense d'utiliser son matériel et son expertise pour aider à contenir la fuite et protéger le littoral et la faune, selon le contre-amiral des garde-côtes Mary Landry. "Il est devenu clair que (...) les services publics doivent compléter" les efforts de BP, a-t-elle ajouté.
Mais ce sera au groupe pétrolier de régler la facture, a souligné le porte-parole de la Maison Blanche Nick Shapiro. Le coût de la catastrophe continue de grimper et pourrait facilement atteindre le milliard de dollars (755 millions d'euros).
Stacey Knott, une porte-parole de la base militaire américaine de Colorado Springs qui aide régulièrement les autorités civiles dans les situations de catastrophe naturelle, a déclaré que l'armée se préparait à intervenir.
La marée noire est due à l'explosion d'origine indéterminée le 20 avril de la plate-forme de forage Deepwater Horizon, propriété de la société Transocean et exploitée par BP, dans le golfe du Mexique. Sur 126 employés de la plate-forme qui a sombré deux jours après la déflagration, onze sont portés disparus et présumés morts.
Mercredi, des équipes ont mis le feu à du pétrole pour tenter de contenir la fuite, avec succès selon le contre-amiral Landry. Le vent et les conditions en mer ont empêché de déclencher un autre incendie contrôlé jeudi. Les secours tentent également de poser des barrages flottants pour contenir la nappe noire.
Michael Sole, chef de la protection de l'environnement de l'Etat de Floride, situé dans le nord-est du golfe du Mexique, a estimé qu'il faudrait "peut-être deux ou trois mois" pour faire cesser la fuite et que toute la côte pourrait être menacée. AP
La marée noire qui sévit au large de la Louisiane prend une ampleur historique. Une troisième fuite vient d’être découverte. Ce n’est plus l’équivalent de 1 000 barils de pétrole qui s’écoule mais bien 5 000 barils qui désormais se répandent dans le Golfe du Mexique. Mercredi 28 avril, les autorités américaines ont procédé à l’incendie d’une portion de la nappe mais ont été interrompues par des vents violents…
Les côtes de la Louisiane, qui abritent une réserve naturelle, s'attendent, dès jeudi 29 avril au soir, à croiser le chemin de la marée noire
Le gouverneur de l’Etat de Louisiane a demandé aux autorités fédérales une aide d’urgence. Si les premières estimations laissaient penser que la nappe de pétrole n’atteindrait les côtes américaines que vendredi 30 avril, les vents violents qui sévissent actuellement ont quelque peu changé la donne. La nappe, d’une superficie de 74 000km2 (soit l’équivalent des régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur), s’est scindée en deux et une petite portion se rapproche inexorablement de la pointe de la Louisiane et pourrait l’atteindre dans la soirée du jeudi 29 avril. Véritable berceau d’une riche faune marine (les oiseaux aquatiques y sont très nombreux), les côtes de la Louisiane abritent une réserve naturelle mais aussi de nombreuses pêcheries, piliers de l’économie locale. Les éleveurs de crevettes de la région ont d’ailleurs déjà déposé une plainte en nom collectif pour obtenir 5 milliards de dollars de dommages pour « négligence et pollution ».
6 millions de dollars par jour
Cette marée noire, causée par l’incendie puis le naufrage d’une plate-forme de forage BP, a pris une ampleur historique depuis qu’une troisième fuite a été détectée. C’est désormais l’équivalent de 5 000 tonnes de pétrole qui dérive dans le Golfe du Mexique. Tous les efforts déployés depuis une semaine sont lourdes de conséquences, tant financières (6 millions de dollars par jour) qu’environnementales (la pire marée noire qu’aient connue les Etats-Unis). Mais en vain. Les barrages flottants n’ont pas pu empêcher une petite portion de se détacher et de se diriger vers la pointe de la Louisiane. Même la Floride, l’Alabama et le Mississippi craignent désormais que le pétrole ne vienne souiller leurs plages et leurs pêcheries.
Colmater les brèches… par le fond
Les efforts de BP pour colmater les fuites ont donc échoué mardi 27 avril. En dernier recours, mercredi 28 avril, les autorités américaines ont donc mis le feu à la nappe. Cette technique a permis, dans le passé, de consumer 50 à 90 % du pétrole. Mais la nappe orpheline poussée par les vents y a échappé et continue sa course folle vers la Louisiane. Mais cette technique n’est pas du goût de tous. Les associations de protection de l’environnement n’y sont pas favorables. L’EPA veille au grain et procèdera au contrôle de la qualité de l’air durant plusieurs jours. En effet, la combustion de la nappe de pétrole rejette dans l’atmosphère de la fumée noire ainsi que des déchets visqueux dans la mer. A long terme, pour colmater les trois brèches, une deuxième plateforme devrait creuser un puits de secours pour court-circuiter les fuites. Les ingénieurs travaillent également d’arrache-pied à la construction d’un large couvercle sous-marin pour endiguer la fuite. Mais ces travaux vont prendre du temps. Alors que la petite nappe de pétrole qui s’est détachée vogue toujours vers les pointes américaines…
Albane Wurtz
Publié le 28/04/2010 à 11:21 - Modifié le 29/04/2010 à 20:41 AFP
USA: la marée noire, "catastrophe nationale" menace la Louisiane
Par Allen JOHNSON
La marée noire qui menace la Louisiane (sud) a été décrétée jeudi "catastrophe nationale" aux Etats-Unis dont elle pourrait toucher les côtes vendredi, tandis que la Maison Blanche promettait de mobiliser "tous les moyens disponibles", dont l'armée.
La marée noire qui menace la Louisiane (sud) a été décrétée jeudi "catastrophe nationale" aux Etats-Unis dont elle pourrait toucher les côtes vendredi, le président Barack Obama promettant de mobiliser "toutes les ressources" du pays dont l'armée.
Alors que le gouverneur de Louisiane Bobby Jindal déclarait l'état d'urgence, les services de secours étaient engagés dans une course contre la montre face à l'imminence de l'arrivée de nappes de pétrole brut.
Lors d'un point de presse à la Maison Blanche, la ministre de la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, a indiqué que la marée noire provoquée par le naufrage il y a une semaine d'une plateforme pétrolière dans le golfe du Mexique avait été décrétée "catastrophe nationale", mesure permettant l'utilisation de moyens venant de tout le pays.
Une nappe pourrait toucher le delta "vendredi soir", a déclaré une responsable des garde-côtes, l'amiral Sally Brice O'Hara. La zone la plus à risque dans l'immédiat se trouve à l'extrémité sud-est de ce delta, entrelacs de bras de mer et de marais.
Mme Napolitano a insisté sur le fait que le groupe britannique BP, qui exploitait la plateforme pétrolière, était "responsable" de la marée noire et a exigé de sa part "la réaction la plus forte possible".
Intervenant deux heures plus tard, le président Obama a remarqué que "si BP est en fin de compte responsable du coût des opérations d'intervention et de nettoyage, mon gouvernement va continuer à utiliser toutes les ressources à notre disposition, dont, le cas échéant, celles du ministère de la Défense, pour réagir à cet événement".
M. Obama a dit avoir donné l'ordre à Mme Napolitano et à son collègue de l'Intérieur Ken Salazar, ainsi qu'à la directrice de l'Agence de protection de l'environnement Lisa Jackson de se rendre sur place vendredi, "pour s'assurer que BP et tout le gouvernement font tout leur possible, non seulement pour réagir à cet incident, mais aussi pour déterminer ses causes".
La plateforme pétrolière Deepwater Horizon a coulé le 22 avril après une explosion et un incendie survenus deux jours plus tôt. Elle contenait 2,6 millions de litres de pétrole et extrayait près de 1,27 million de litres par jour. Onze personnes sont portées disparues.
Les garde-côtes ont annoncé tard mercredi la découverte d'une nouvelle fuite, estimant à "plus de 5.000 barils par jour" (800.000 litres) le volume de pétrole se déversant toujours dans la mer en provenance du puits sous-marin.
Des barrages flottants ont été déployés sur 20 milles nautiques pour tenter de contenir le pétrole. Mais, selon le gouverneur Jindal, c'est insuffisant et il faudrait en déployer encore plus.
Des équipes d'intervention ont enflammé mercredi une portion de la nappe pour tenter de contenir sa progression. Mais la météo en cours de dégradation menaçait d'annuler les effets de cet essai d'incendie "contrôlé".
Les marais côtiers de la Louisiane constituent un sanctuaire pour la faune, en particulier les oiseaux aquatiques, et les autres Etats de la région, la Floride, l'Alabama et le Mississippi notamment, craignent que la nappe de pétrole ne souille leurs plages et ne pollue les pêcheries, cruciales pour l'économie locale.
Le président Obama a indiqué avoir appelé jeudi les gouverneurs des cinq Etats bordant le golfe du Mexique. Il n'a pas prévu dans l'immédiat de se rendre sur place, selon son porte-parole Robert Gibbs.
Les efforts de BP pour colmater les fuites avaient échoué mardi, malgré l'utilisation de quatre bras robotiques opérant par 1.500 mètres de fond. Les ingénieurs se démènent pour construire un couvercle sous-marin destiné à endiguer la fuite.
Monde
Marée noire aux Etats-Unis. L'état d'urgence décrété en Louisiane
29 avril 2010 à 19h40
Le gouverneur de la Louisiane a décrété ce jeudi soir l'état d'urgence face à la marée qui se profile sur le littoral de cet Etat à l'écosystème fragile.
Le gouverneur Bobby Jindal a décrété ce jeudi soir l'état d'urgence en raison de l'imminence d'une marée noire. La nappe de pétrole est censée atteindre le littoral au cours de la journée de vendredi, lit-on sur le site internet de CNN.
Cette marée noire a par ailleurs a été décrétée "catastrophe nationale", par la ministre de la Sécurité intérieure, Janet Napolitano. De son côté, le président Barack Obama a promis de mobiliser "tous les moyens disponibles", dont l'armée.
Cette catastrophe naturelle pourrait coûter très cher à BP, la compagnie qui exploitait la plate-forme où s'est produit l'explosion à l'origine du déversement d'hydrocarbure.
Golfe du Mexique : la marée noire suscite de vives inquiétudes
jeudi 29 avril 2010
Les efforts se poursuivent dans le Golfe du Mexique pour contenir la marée noire provoquée par l’explosion et le naufrage d’une plate-forme pétrolière au large de la Louisiane la semaine dernière. Les garde-côtes américains envisagent de mettre le feu à la nappe de pétrole brut.
Pour des raisons non encore élucidées, la plate-forme Deepwater Horizon a explosé à 70 km des côtes de la Louisiane. Le puits endommagé crache près de 160 000 litres de pétrole brut par jour, engendrant une marée noire qui couvre à présent quelques 4800 km2. Transocean ltd, le propriétaire de la plate-forme, et BP, l’opérateur, tentent de la contenir pour préserver les zones de pêches et les plages du Golfe du Mexique.
Les équipes de nettoyage tentent de déclencher, à 1500 m de la surface, un dispositif de sécurité destiné à empêcher l’explosion du puits de pétrole, a expliqué Ron Rybarczyk, porte-parole du Centre d’information conjoint de Louisiane. « Le robot téléguidé tente de faire marcher le dispositif de prévention d’explosion ; nous ne savons pas s’il est partiellement activé, ou non, ou pas du tout », a déclaré le porte-parole.
En attendant, le pétrole brut continue de se répandre dans le Golfe du Mexique. Les équipes de secours repandent des produits chimiques pour aider la marée noire à s’évaporer et se dissiper rapidement, mais une météo capricieuse entrave leur progression.
Les risques de cette marée noire sont immenses pour les pêcheries de Louisiane et des Etats voisins. Si elle atteint les bans de crevettes de la Louisiane, les conséquences économiques seraient catastrophiques.
« L’effet, à court terme, est que la pêche au poisson et aux crevettes sera impossible dans les eaux polluées. Non seulement le pétrole brut pollue la prise, mais il rend aussi les filets inutilisables. Si bien que la pêche devra cesser dans toute zone où le pétrole brut est visible », explique John Sackton, directeur de publication du site Internet seafood.com consacré à la pêche maritime. Sur le long terme, une eau toxique aura un impact sur la survie même des crevettes, a-t-il souligné.
La compagnie BP a proposé de faire descendre un grand dôme sur le puits sous-marin pour capter le pétrole brut et le pomper vers la surface. On envisage aussi de forer un puits de secours à proximité pour diminuer la pression dans le puits endommagé. Ces deux approches prendront plusieurs semaines à mettre en œuvre.
La pêche ayant produit plus 117 millions de dollars l’année dernière rien qu’en Louisiane, les autorités espèrent contenir la marée noire en haute mer et l’empêcher les zones de pêche.
La marée noire qui menace les côtes de Louisiane (sud des Etats-Unis) pourrait provoquer une catastrophe écologique majeure en raison des particularités de la région, qui concentre 40% des marais côtiers américains et un secteur de la pêche florissant.
Toute fuite de pétrole en mer est destructrice, mais la géographie du delta du Mississippi et son écosystème fragile en font une région particulièrement vulnérable, estiment les experts.
Et les inquiétudes sont multipliées par le fait qu'une semaine après l'explosion et le naufrage d'une plateforme pétrolière dans le golfe du Mexique, on ignore quand la fuite de pétrole, estimée aujourd'hui à 800.000 litres par jour, pourra être colmatée.
"Il ne suffira pas d'une poignée de bénévoles pour démazouter la plage", souligne LuAnn White, directrice du centre de santé publique appliquée à l'environnement de l'université de Tulane, à La Nouvelle-Orléans.
"Il y a des kilomètres de marais côtiers qu'on ne peut atteindre qu'en bateau et qui sont très délicats", explique-t-elle.
La marée et le vent peuvent conduire la nappe de pétrole à s'enfoncer profondément dans les marais, notamment la réserve de faune sauvage de Pass-a-Loutre, qui forme une avancée dans le golfe.
Le simple fait d'atteindre les zones concernées peut prendre des heures, et une fois sur place, il n'existe aucune terre ferme où poser le pied, sans même parler d'établir un QG d'urgence.
L'expérience montre que des incendies contrôlés pourraient être la meilleure solution pour que la vie reparte dans les marais, étant donné la difficulté à les démazouter, estime Mme White.
Les marais côtiers grouillent de vie: alimentés par les riches sédiments du Mississippi, ils regorgent de poissons et crustacés et les huîtres y abondent. Ils constituent aussi une étape majeure pour les oiseaux migrateurs.
Mais les mammifères et les oiseaux, si leur pelage ou leur plumage est enduit de pétrole, peuvent mourir soit par suffocation, soit d'hypothermie. Sur une côte rocheuse, des volontaires peuvent réussir à les capturer pour les nettoyer, mais ils sont plus difficiles à débusquer dans les marais.
Quant aux tortues marines, alligators, dauphins, baleines, ils peuvent inhaler ou ingérer le pétrole lorsqu'ils remontent à la surface pour respirer ou en se nourrissant de proies déjà souillées et risquent des inflammations, des lésions internes ou d'autres complications.
Bien que le pétrole flotte à la surface, certains hydrocarbures se déposent au sol et créent un environnement toxique qui peut tuer les larves de poissons et d'autres animaux marins.
"Si cela continue pendant des mois, comme certains le craignent, il y aura beaucoup d'autres conséquences", avertit M. Minello.
Les toxines pourraient tuer les végétaux qui fixent les sédiments et les empêchent de se disperser dans l'océan.
"L'un des aspects les plus dangereux de tout cela, c'est que le pétrole pourrait se déposer dans certains habitats côtiers, ce qui aura des effets à long terme sur les ressources de nos pêcheries", s'inquiète Tom Minello, spécialiste de l'environnement de l'agence fédérale océanique et atmosphérique (NOAA).
Sans attendre la marée noire, des éleveurs de crevettes ont porté plainte contre BP, exploitant de la plateforme accidentée, pour obtenir 5 millions de dollars de dommages. La Louisiane est de loin le premier producteur américain de crevettes, élevées dans d'immenses exploitations côtières.
"Cet accident prouve que l'industrie pétrolière en mer est polluante, dangereuse et meurtrière", tranche Aaron Viles, de l'association écologiste Gulf Restoration Network.